Vande Venne Raymond, Charles libéral
né en 1843 à Zweveghem décédé en 1926 à Zweveghem
Représentant 1900-1911 , élu par l'arrondissement de Courtrai(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 243)
Raymond VAN DE VENNE
Représentant libéral progressiste pour l’arrondissement de Courtrai, né à Sweveghem le 23 novembre 1843.
Notaire. – Suivit les cours de l’Athénée royal de Tournai et de l’Université de Liége, où il conquit le diplôme de docteur en droit le 3 août 1867 et celui de candidat notaire le 8 avril 1869. – Nommé notaire par arrêté royal du 16 juin 1894. – Siège au Conseil communal de Sweveghem depuis le 1er janvier 1900. – Elu membre de la Chambre le 27 mai de la même année.
(Extrait de L’Indépendance belge, du 9 mars 1926)
M. Raymond Vande Venne, ancien sénateur et député libéral progressiste de l'arrondissement de Courtrai-Ypres, vient de mourir à Courtrai, à l’âge de quatre-vingt-trois ans/
M. Vande Venne, qui avait été élu pour la première fois député aux élections de 1900, donna sa démission de représentant en 1911 et entra au Sénat, où il remplaça M. Deridder. Il fut réélu en 1912 et conserva son siège au Sénat jusqu'en 1921.
M. Raymond Venne était vice-président de la Fédération des notaires de Belgique.
Au début de l'occupation il fut déporté en Allemagne jusqu'en 1916, en raison de son attitude patriotique.
Les funérailles de M. Vande Venne seront célébrées à Courtrai, aujourd’hui mardi, à 10 heures.
(Extrait de La Dernière Heure, du 8 mars 1926)
Mort d’un libéral de vieille souche
M. Raymond ancien sénateur et député libéral progressiste de l'arrondissement de Courtrai-Ypres, vient de mourir à Courtrai à l'âge de 83 ans.
M. Raymond Vande Venne, né à Sweveghem, le 26 novembre 1843, avait été élu pour la première fois député aux élections 1900, lors de la première application de la répartition proportionnelle.
Après avoir été pendant un certain temps sénateur suppléant, il donna sa démission de représentant en 1911 et fut remplacé par M. Herman Vanleynseele.
Il entrait lui-même à ce moment au Sénat, où il remplaçait M. Deridder.
Il fut réélu en 1912 et conserva son siège au Sénat jusqu’en 1921.
M. Raymond Vande Venne était encore vice-président de la Fédération des notaires de Belgique.
Lorsque les Allemands, en 1915, exigèrent que les gens de Sweveghem travaillassent à la fabrication des fils de fers barbelés, l’administration refusa ; le bourgmestre, le secrétaire communal et M. Vande Venne furent arrêtés.
M. Vande Venne, qui avait alors 72 ans, conserva son attitude énergique. Il fut déporté dans un camp en Wesphalie, à Sannelager, et dans des conditions épouvantables ; il fut transféré ensuite au camp e Guerlok où se trouvaient MM. Theodor, Maurice Lippens et le docteur Fransen, ainsi que de nombreux Français. En été 1916, M. Vande Venne fut ramené en Belgique.
Les funérailles de M. Raymond Vande Vnne auront lieu à Courtrai, le mardi 9 mars, à 10 heures du matin.
Plusieurs discours seront prononcés sur sa tombe et notamment par l’avocat Robert Gillon, au nom du parti libéral.
(Extrait de La Dernière Heure, du 10 mars 1926)
Mardi matin, au milieu d’une affluence nombreuse, ont eu lieu, à Sweveghem, les funérailles de M. Raymond Vande Venne, ancien sénateur libéral de l’arrondissement d’Ypres-Roulers.
Les drapeaux des sociétés libérales de Courtrai entouraient le char funèbre qui disparaissait sous les couronnes.
Parmi les nombreuses personnalités, on remarquait notamment MM. Vercruysse, bourgmestre de Courtrai : Reynaert, député ; Paul Vanden Pereboom ; Robert Gillon, conseiller provincial et conseiller communal ; les conseillers Verbeek et Vandenberghe ; l’échevin Terlin ; Nolf, ancien sénateur ; Peel, ancien député, conseiller provincial ; Delaer, etc.
Le deuil était conduit par le vicomte
vicomte Louis de Breil de Pontbriand, gendre du défunt et Charles Vande Venne et Fernand Lauwick, ses neveux.
Au cimetière, deux discours furent prononcés, le premier par M. Verbrugghe, au nom de la Chambre des notaires, le second par M. Robert Gillon, au nom du parti libéral.
* * *
Le parti libéral de l'arrondissement de Courtrai, dit M. Gillon, est en deuil. Il ressent douloureusement la disparition de celui qui personnifiait au plus haut degré les principes à la défense desquels celui que nous pleurons se consacra.
Raymond Vande Venne, tour à tour conseiller communal, député et sénateur, s’est acquitté de ses différents mandats avec une scrupuleuse ponctualité.
C'était un laborieux, un modeste, préférant le travail effectif des sections aux débats souvent stériles des séances publiques. II n'aimait pas les longs discours, qui gagneraient très souvent, du reste, à être écourtés ; mais lors de la discussion des budgets, on le voyait intervenir à bon escient.
Ses observations brèves, marquées au coin du bon et dégagées toujours de l'esprit de parti qui empoisonne tant d'initiatives parlementaires, ralliait bien souvent les suffrages d’adversaires qui s’étaient cabrés un instant auparavant devant d'autres harangues, plus brillantes peut-être, mais moins persuasives.
Si le caractère de Raymond Vande Venne était exempt de toute rudes, sa fermeté était inébranlable.
Chacun se rappelle la leçon d'énergie admirable que notre ancien sénateur donna à ses compatriotes au cours de certaines heures terribles dont il nous est interdit d'oublier le souvenir.
L'intégrité de Raymond Vande Venne, la force de ses convictions, la modération avec laquelle il les exprimait, la sincérité avec laquelle il les défendait, sans jamais froisser ses antagonistes, constitue une force considérable dont le parti libéral bénéficiait largement. Puisse l'expression des regrets unanimes atténuer un peu la grande douleur de Mme Vande Venne, de ses enfants, de ses petits-enfants et de sa famille, au moment de se séparer à jamais de celui qui avec elle n’avait qu'un cerveau et qu'une pensée.
L’armée libérale incline respectueusement ses étendards sur la tombe où un brave et honnête homme dort de son dernier sommeil.
(Extrait de L’Indépendance belge, du 11 mars 1926)
Il convient de rendre hommage à Raymond Van de Venne qui vient de mourir chargé d'ans.
Raymond Van de Venne, qui représenta pendant vingt ans, à la ambre, puis au Sénat, l'arrondissement de Courtrai, eut au Parlement un rôle discret. C'est que l'homme était modeste jusqu'à la timidité.
Or, cet homme timide, courtois et bon, qui n'aimait point la lutte, pour servir des idées, se mêla pendant toute sa vie à la lutte. Dans son pays, dans cette Flandre où, si longtemps, le parti catholique fut maître absolu, où l'action libérale s'exerçait sans espoir, il poursuivit cette action, tenacement, avec un courage qui n'attendait aucune récompense, qui troublait gravement une vie que la fortune eût pu faire paisible et douce. Van de Venne avait presque soixante ans lorsque, grâce à la R. P., il entra la Chambre.
II y a eu ainsi, en Flandre, il y a encore aujourd'hui, des serviteurs de l'idée libérale, qui méritent une particulière reconnaissance pour leur effort obstiné et désintéressé.