Verhaegen Arthur, Théodore catholique
né en 1847 à Bruxelles décédé en 1917 à Ixelles
Représentant 1900-1917 , élu par l'arrondissement de Gand-Eecloo(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 259)
Arthur VERHAEGEN
Représentant démocrate chrétien pour l’arrondissement de Gand-Eecloo, né à Bruxelles le 13 août 1847
Ingénieur honoraire des ponts et chaussées. - Fit de brillantes humanités au Collège Saint-Michel, à Bruxelles, et sortit premier de l'Ecole spéciale du Génie civil annexée à l'Université de Gand : reçu gradué en lettres le 16 septembre 1864 et nommé ingénieur honoraire le 26 octobre 1870 . Successivement sous-ingénieur des ponts et chaussées à Charleroi et à Anvers, il démissionna en 1872. - Membre du Comité de la section de peinture décorative aux Musées royaux des Arts décoratifs et industriels, secrétaire de la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc, il fait partie de diverses commissions de monuments. - A construit le Nouveau Béguinage à Mont-Saint-Amand et l'Eglise des Flamands à Paris ; a restauré plusieurs de nos anciens édifices, notamment le Château de Gérard le Diable à Gand, la Collégiale Saint-Vincent à Soignies et la Collégiale Sainte-Gertrude à Nivelles ; a, en outre, dirigé pendant vingt ans l'atelier de vitrerie d'art religieux fondé par M. le baron Bethune. - Proclamé docteur en philosophie et lettres (honoris causa) par l'Université de Louvain le 12 mai 1884, à l'occasion de la célébration du Cinquantenaire de l'Université nouvelle. - Membre du Meirelbeke.
Conseil supérieur du travail, il est à la tête de différentes œuvres charitables, mutuellistes et ouvrières. - Président de la Ligue démocratique belge et président d'honneur de la Société de secours mutuels « Vrede » de Gand. - Ancien conseiller communal de Meirelbeke (1883 à 1892), il fut élu conseiller provincial de la Flandre orientale pour le canton d'Assenede
le 24 mai 1891 et nommé député permanent le 8 juillet 1892 ; il resta en fonctions jusqu'en 1900. - Elu représentant de Gand-Eecloo le 27 mai 1900. - Fait partie de la Commission chargée de l'étude des questions relatives à la situation militaire du pays. - Outre de nombreuses brochures françaises et flamandes sur des questions économiques et sociales, il a publié, entre autres ouvrages spéciaux : La Manifestation nationale du 7 septembre 1884, Les 50 dernières années de lancienne Université de Louvain, Le Cardinal de Franckenberg, etc. - Collabore notamment la Revue sociale catholique. - Chevalier de l'Ordre de Léopold, commandeur avec plaque de l'Ordre de Pie, porteur de la Décoration spéciale de mutualité de première classe et de la Croix « Pro Ecclesia et Pontifice. »
(Extrait du Vingtième Siècle, du 16 septembre 1917)
Encore une victime des Boches : M. Auguste Melot, député de Namur, nous télégraphie qu’il vient d'apprendre la mort son beau-père, M. le député Arthur Verhaegen décédé à Bruxelles des suites de sa captivité en Allemagne.
C'est une belle figure qui disparaît, une de celles dont l'absence assombrira les joies du retour, car Arthur Verhaegen a pu, dans l'ardeur de nos luttes politiques, se heurter à des adversaires sans jamais, compter d'ennemis et ceux qui combattirent dans les mêmes rangs que lui, lui garderont un souvenir plein d'affection.
Ingénieur des Ponts et chaussées, il a attaché on nom à la restauration du château des Comtes dans cette ville de Gand où la cruauté allemande vient de l’empêcher de rentrer. Une conception très élevée de ses devoirs sociaux l'amena à s'occuper des organisations ouvrières et à se consacrer au mouvement politique et social incarné dans le parti catholique belge par la Ligue démocratique dont il devait devenir le dévoue président.
La guerre venue, il voulut continuer à se dévouer à son pays et comme il prétendait défendre ses compatriotes contre la tyrannie de l'ennemi, celui-ci le déporta en Allemagne où il lui fit subir les pires traitements. Deux ans de ce régime eurent raison des forces du courageux vieillard sans épuiser la cruauté de ses bourreaux. Ceux-ci ne prirent-ils pas plaisir à le torturer en l'empêchant, il y a quelques mois, et après lui avoir fait espérer cette dernière joie, de venir en Suisse où il il aurait peut-être pu se rétablir ct où il aurait retrouvé les siens Renvoyé à Bruxelles, il s'est vu interdire le retour dans sa maison familiale de Gand et il vient de succomber aux mauvais traitements en connaissant dans sa propre patrie les souffrances de l’exil.
Arthur Verhaegen laissera à son pays, où il avait continué les belles traditions politiques de son beau-père Jules Lammens, le souvenir d'un grand patriote. Ses fils se montrent dignes de lui en affirmant la fierté nationale sur l’Yser et dans la captivité. Deux d'entre eux et un de ses gendres, M. de Grand’Ry, combattent vaillamment dans les rangs de notre armée. Leur aîné, Pierre Verhaegen, continue à expier dans une prison d'outre-Rhin le courage avec lequel il a dénoncé à ses compatriotes le piège de l'université von Bissing. A tous, ainsi qu'à Monsieur et Madame Henry Carton de Wiart. neveu et nièce du regretté député de Gand, nous présentons l'hommage de nos condoléances émues.
(Extrait du Télégraphe, du 24 septembre 1917)
M. le Chevalier Arthur Verhzegea, député de Gand. vient de mourir à Bruxelles. Avec lui disparaît le promoteur, l’infatigable propagandiste des œuvres sociales qui ont fait de Gand le boulevard de la démocratie chrétienne agissante en Belgique.
Groupées en un bloc solide autour de mutualités puissants, ces œuvres ont constitué pour ainsi dire le bureau de la Ligue démocratique belge dont M. Verhaegen fut, avec M. Helleputte, le véritable créateur et dont il devint, après la retraite de celui-ci, le président.
M. Vrhaegen en synthétisait le tribun flamand ; de hante taille, les membres solides mais souples, les yeux, aux sourcils épais, dénotaient l'énergie. Il s'exprimait avec une égale aisance en flamand et en français, martelant certains mots qu'il se plaisait à répéter pour les placer en vedette, il jouissait parmi nos hommes d'œuvres, dans nos Congrès. à la Chambre, d'une grande autorité.
Les vétérans de la Ligue démocratique se rappellent, comme des épopées, ces séances du Comité central où l’on voyait au x prises les démocrates de l’école liégeoise : Ficheft, Raphaël Simons, Boland, Maguinay, groupés autour de l’abbé Pottier, plutôt férus de théories, avec Arthur Vrhaegen, tout imprégné de sens pratique, adversaire des exagérations et des utopies, fort des connaissances qu’il avait acquises par la création, l’administration d’œuvres de tous genres, parvenues grâce à son initiative et à son activité en pleine prospérité.
M. Verhaeqen était un des collaborateurs assidu du Bien Public dans lequel il a encore publié au cours de la guerre, des articles remarqués.
M. Arthur Verhaegn était l’un des plus ardents parmi les citoyens méritants. Son journal Het Volk, dirigé par notre estimé confrère Eylenbosch, n’a cessé de paraître et M. Verhaegen a continué à ‘occuper des œuvres comme il le faisait avant la guerre.
M. Arthur Verhaegen habitait à Gand dans un quartier aristocratique, mais de cette aristocratie simple et de bon vieux temps, comme on en trouve encore dans les villes qui ont gardé quelque chose de leur première originalité.
Certes, si l’ordre et la clarté des idées se traduisent, d’après certains, dans les objets de la vie intime, on pouvait dire, en pénétrant chez lui, que l’on se trouvait chez un personnage à l’esprit particulièrement méthodique. Les meubles sont en vieux chêne de même que les tables de travail et les bibliothèques dont les livres, aux reliures d’or, s’alignent dans une parfaite harmonie.
M. Arthur Vrhaegen est mort à Bruxelles, là où sa jeunesse s’exerça à l’activité combattive dont il ne cessa de faire preuve au cours d’une carrière qui force au respect et commande l’admiration.
M. Arthur Verhaegen fit à Liége de nombreuses visites. Il prit fréquemment la parole aux grandes assemblés des Cercles de l’Union démocratique où sa parole était réconfortante d’énergie et régénératrice d’espoir.
La Belgique perd en lui un fidèle collaborateur, un soutien puissant de toutes les bonnes œuvres. L'action féconde d’Arthur Verhaegen a auréolé les œuvres sociales d’une splendeur que le temps ne pourra jamais ternir.
(Extrait de La Patrie Belge : politique et littéraire, du 23 septembre 1917)
Au début de septembre 1915, les Allemands arrêtaient M. Arthur Verhaegen, député de Gand, et sans jugement aucun le trainèrent de prison en prison pour le reléguer finalement dans un camp homicide de la Prusse occidentale, où sa santé s'altéra bientôt.
M. Arthur Verhaegen, qui est mort à Bruxelles, le 13 de ce mois, âgé de 72 ans, fut libéré par ses bourreaux au seuil, en quelque sorte, de l'agonie. Cet homme d’une robustesse extrême, ce Flamand de race, taillé dans l’étoffe d'un géant, était méconnaissable à son retour des géhennes teutonnes ?
Peu de nos compatriotes eurent une existence plus active et plus imprégnée d'intellectualité que la sienne. Il se lança tôt dans la politique et fonda, en 1887, la Ligue démocratique chrétienne, qui devait imprimer à son parti une orientation nouvelle dans le domaine social. Il fut conseiller provincial et député permanent : il entra ensuite au Parlement en qualité de représentant de Gand.
Comme son beau-père, feu le sénateur Lammens. il était partisan du service personnel. Il prouva son patriotisme au moment de la déclaration de guerre, en donnant deux de ses fils à l’armée, où (l'un d’eux est décoré de la médaille militaire française et de la croix de guerre), ils servent comme simples soldats, tandis que son fils allié devait payer de sa liberté son attachement au pays. Il fut, en effet, condamné à treize ans de travaux forcés pour avoir flétri la tentative de flamandisation de l'Université de Gand.
Le gendre de l'ancien député de Gand. le lieutenant Georges de Grund’Ry, est également au front.
M. Arthur Verhaegen appartient à une famille considérable. Il est l'oncle de Mme Carton de Wiart, femme du ministre de la justice, dont il fut le tuteur et qui connut, elle aussi, les amertumes des geôles allemandes. et du lieutenant Verhaegen, attaché au cabinet du ministre de la Guerre. Il était le beau-frère de Jules de Burlet, ancien ministre, et du major de Gerlache, tombé glorieusement à l'ennemi ; le beau-père de M. Mélot, député de Namur, et de M. CharIes Terlinden, professeur à l’Université de Louvain.
M. Arthur Verhagen était le petit-fils de Théodore Verhaegen, le célèbre fondateur de l’Université libre de Bruxelles. ancien président de la Chambre des Représentants.
Ingénieur et architecte, épris de l'art ancien, il s'appliqua à la restauration de nos monuments ; on lui doit, notamment, les travaux de réfection du château de Gérard le Diable et du château des Comtes à Gand ; de la pittoresque cathédrale de Soignies, etc.
(NEVE DE HEVERGNIES J.-E., dans Biographie nationale de Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1936-1938, t. 26, col. 612-617)
VERHAEGEN (baron Arthur-Théodore), archéologue, homme politique et homme d'œuvres, né à Bruxelles le 31 août 1847, y décédé le 12 septembre 1917.
Il avait débuté comme ingénieur des ponts et chaussées à Charleroi. Mais, après son mariage avec Claire Lammens en 1872, il vînt s'établir à Gand et se consacra à l'archéologie et à la renaissance de l'art médiéval. C'était l'époque où l'art gothique reprenait faveur sous l'influence de Pugin en Angleterre, de Montalembert en France et de Béthune en Belgique.
Sous la direction de ce dernier et à l'exemple des artistes médiévaux, Arthur Verhnegen pratiqua toutes les branches des beaux-arts et s'initia à toutes les techniques, guidé dans ses travaux par un tempérament artistique prononcé et un goût très sûr. Son action fut d'ailleurs purement désintéressée et ne poursuivit que la réalisation d'un haut idéal par la restauration des monuments anciens et la construction d'édifices nouveaux en style médiéval, spécialement d'édifices religieux.
Artiste complet, Arthur Verhaegen s'adonna en même temps à l'architecture et à la peinture sur verre. Il fut ici l'élève direct, puis le collaborateur et enfin le successeur de Béthune dans l'atelier de vitraux que celui-ci avait fondé. Il s'adonna encore à des travaux de peinture murale, à des projets de mobiliers, à des modèles pour l'orfèvrerie, la broderie, la ferronnerie, etc.
Sa première grande œuvre fut la construction du béguinage de Mont-Saint-Amand, dont il fit les plans d'ensemble et des maisons. Seule l'église fut l'œuvre de Béthune. Il dressa les plans de restauration de nombreux édifices anciens, parmi lesquels nous citerons la collégiale de Nivelles, la collégiale de Soignies, le château de Gérard le Diable à Gand, le Pont des Trous à Tournai. Membre de la commission de restauration du château des Comtes à Gand, il prit une part importante aux travaux de celle-ci.
Parmi les édifices nouveaux dont il dressa les plans, nous citerons notamment les églises Saint-Joseph et Saint-Macaire à Gand, l'église et les locaux de l'œuvre des Flamande à Paris.
Dans le domaine archéologique, on doit à Arthur Verhaegen, outre de nombreux articles de revues, deux publications importantes : Monographie de l'église cathédrale du Saint-Sauveur à Bruges, Bruges, 1888, L’hôpital de la Biloke à Gand, Gand, 1889.
Tout en se livrant à ses travaux artistiques, Arthur Verhaegen entreprit deux études historiques : Les cinquante dernières années de l'ancienne université de Louvain (1740-1797), Liège, 1884 ; Le cardinal de Franckenberg, archevêque de Malines (1728-1804), Bruges, 1889. Ces œuvres lui valurent le titre de docteur en philosophie honoris causa, qui lui fut décerné par l'Université catholique de Louvain.
Arthur Verhaegen avait été frappé de la misère de la classe ouvrière. Il se forma bientôt la conviction que la classe ouvrière, pour obtenir l'amélioration de son sort, devait s'organiser politiquement et que cette organisation pour les ouvriers catholiques devait se faire en dehors des cadres du parti catholique traditionnel. Les sanglantes grèves de Charleroi en 1886 appelèrent l'attention générale sur la gravité de la situation de la classe ouvrière. Le premier ministre d'alors, M. Beernaert, dans un rapport retentissant, aux conclusions duquel s'était rallié le roi Leopold II, amena le parlement à entrer dans la voie de la législation sociale. L'évêque de Liège, Mgr Doutreloux, réunit les catholiques belges en des congrès, où ils mirent à l'étude les problèmes qu'imposaient les difficultés de l'heure.
Désigné avec M. Schollaert, futur premier ministre, comme secrétaire de ces congrès, Arthur Verhaegen y joua un rôle marquant et y traça le devoir des catholiques en matière sociale : créer, d'une part, des œuvres destinées à panser les plaies sociales et, d'autre part, en confier la direction aux ouvriers eux-mêmes, les intellectuels n'y intervenant que comme conseillers. Ce programme, il entendait le réaliser en même temps sur le plan social et sur le plan politique.
A ses yeux, l'une des premières œuvres à créer, c'était la presse. Sans doute, il existait des journaux populaires catholiques, mais Arthur Verhaegen les estimait très inférieurs à leur tâche, parce qu'ils se bornaient à donner des nouvelles et ne défendaient aucun programme de réformes sociales. En novembre 1890, il réussit à fonder à Gand, au milieu de graves difficultés matérielles et de l'hostilité de beaucoup de catholiques, le journal Het Volk. Il y défendait un programme de réformes sociales aujourd'hui presque toutes réalisées et qui, à cette époque, paraissaient, aux yeux de beaucoup de gens, comme marquées au coin d'une dangereuse témérité.
A cette même époque, Arthur Verhaegen réussit à grouper diverses sociétés ouvrières gantoises non inféodée au socialisme en un Ligue ouvrière antisocialiste, qui proclamait que la religion, la famille et la propriété étaient les bases nécessaires de la société. Dès le début, elle compta plus de 6,000 membres. En janvier 1891, Arthur Verhaegen en fut élu président. L'un de ses premiers actes fut de s'adresser à G. Helleputte, qui avait fondé à Louvain une Gilde des métiers, pour lui proposer l'institution d'une fédération de toutes les sociétés chrétiennes du pays. Cette idée fut adoptée d'enthousiasme et la nouvelle fédération, qui prit le nom de Ligue démocratique belge, fut définitivement constituée le 2 février 1891.
La Ligue ouvrière antisocialiste de Gand eut comme première tâche le soutien et le développement du journal Het Volk. Elle s'attacha ensuite à créer des œuvres consacrées à l'amélioration du sort de l'ouvrier et notamment une coopérative de boulangerie, d'épicerie, de vêtements, une bourse de travail, un organisme de secours aux sans travail, un cercle d'études sociales, des cours professionnels, une bibliothèque populaire, et diverses œuvres de mutualité.
Il restait à fixer l'attitude de la Ligue ouvrière antisocialiste dans un dernier domaine, celui de la politique. Beaucoup de chefs catholiques estimaient que les ouvriers devaient entrer dans les cadres du parti et s'abstenir de réclamer leur autonomie. Tel n'était pas l'avis d'Arthur Verhaegen, qui croyait que la ligue ouvrière devait conserver son indépendance, ce qui n'excluait nullement l'alliance sur le terrain électoral avec le parti catholique traditionnel.
Dès que la révision constitutionnelle de 1893 eut accordé aux ouvriers le droit de suffrage, la Ligue ouvrière antisocialiste s'adressa à l'Association catholique et constitutionnelle de Gand pour obtenir que des candidats désignés librement par elle figurassent dorénavant sur les listes présentées au suffrage des électeurs catholiques. Après de longues négociations, un accord fut conclu sur ces bases entre les deux associations en 1894. Aux élections législatives qui suivirent, deux sièges furent réservés sur la liste catholique aux représentants de la Ligue ouvrière antisocialiste. Celle-ci s'empressa d'en offrir un à son président. Verhaegen refusa, estimant que les futurs députés devaient appartenir à la classe ouvrière.
Mais une personnalité comme celle d'Arthur Verhaegen devait figurer au parlement belge. Quelques années plus tard, les électeurs catholiques de l'arrondissement d'Eecloo lui offrirent un mandat de député que, cette fois, il accepta. Dès qu'il pénétra à la Chambre des représentants, Arthur Verhaegen y joua un rôle important, qui s'accrut du jour où il fut nommé président de la Ligue démocratique belge qu'il avait contribué à fonder. Il n'est pas une question importante où il ne fît connaître son avis et celui-ci était toujours écouté et souvent suivi. Son intervention fut spécialement énergique en matière militaire. Résolument partisan du service personnel général, il n'hésita pas à défendre ses idées à la Chambre en dépit de l'hostilité d'une partie importante de ses électeurs et mit même son mandat à leur disposition plutôt que de sacrifier ses convictions.
Pendant sa carrière politique et sociale, Arthur Verhaegen publia un nombre considérable - plus d'une centaine - de brochures et d'articles de revues. Nous nous bornerons à mentionner deux œuvres importantes : Jules Lammens et les œuvres catholiques. Gand, 1909 ; Vingt-cinq années d'action sociale. Bruxelles, 1911.
Cette belle activité devait être interrompue par la guerre, en 1914. Arthur Verhaegen se mit à la disposition de l'autorité militaire belge, qui utilisa ses connaissances d'ingénieur à la surveillance des travaux exécutés pour la défense d'Anvers. Quand les Allemands occupèrent le pays, il ne put renoncer à lutter pour sa patrie et transmit aux autorités belges d'importants renseignements d'ordre militaire. Une de ses lettres, interceptée par l'envahisseur, le fit envoyer en Allemagne. Sa santé prématurément ébranlée par son trépidant labeur ne put résister aux duretés du régime auquel il fut soumis. Quand les Allemands s'en aperçurent, ils le renvoyèrent en Belgique et Arthur Verhaegen mourut à Bruxelles.
Quelques jours avant sa mort, le roi Albert, voulant reconnaître les services qu'il avait rendus, lui avait octroyé le titre de baron et la croix de grand-officier de l'Ordre de Leopold
Voir aussi :
1. DE MAEYER J., VERHAEGEN Arthur, dans Digitale Encyclopedie van de Vlaamnse Beweging (consulté le 15 février 2026)
2. Compte rendu critique du livre : Arthur Verhaegen 1847-1917, de rode baron (par DE MAEYER J).dans Journal of Belgian History