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Theunis Georges (1873-1966)

Portrait de Theunis Georges

Theunis Georges, Emile (aucune)

né en 1873 à Montegnée décédé en 1966 à Bruxelles

Ministre (finances, premier ministre et guerre) entre 1920 et 1935

Biographie

(Extrait du Soir, du 6 janvier 1966)

M. Georges Theunis, ministre d’Etat, est mort dans la nuit de mardi à mercredi.

Né à Montegnée (province de Liége), le 28 février 1873, Georges Theunis entra à l'Ecole militaire et ensuite à l'Ecole d'application de l’artillerie et du génie, passant les examens de mathématiques avec une facilité vertigineuse. Il était dc tradition dans sa famille de choisir la carrière des armes et aussi d’y garder un caractère combatif. Ce soldat, quittant l'armée en 1897, entra dans les affaires où il excella par sa compétence. Entre-temps. il avait décroché un diplôme d'ingénieur électricien à l'Institut Montefiore à Liège. Dans le monde des affaires, il fut séduit par la fée électricité et entra au service des entreprises Empain.

Le mépris des honneurs s'accompagnait chez lui d'une bonhomie de bon aloi et d’une générosité sans limites à l'égard de toutes les misères humaines. « C’est curieux, nous disait-il, ce qu’il y a de faux pauvres et de cabotins qui viennent sonner à ma porte. li est plus difficile de distinguer les vrais pauvres que de leur venir en aide. » Un des traits les plus singuliers de sa carrière fut que, président de la Fédération des patrons catholiques à ses débuts, c'est lui qui comprit, avec le nonce Micara, l’intérêt de la Jeunesse ouvrière chrétienne, de l’abbé Cardijn, aujourd’hui cardinal.

Fils d’un général, habitué aux commandements, il fit, voici bientôt quarante ans, à de jeunes officiers réunis une conférence toute en boutades et en définitions à l’emporte-pièce qu'il résuma par ce simple mot : « Servir. »

On lui doit la formule : « Bien administrer la Société anonyme Belgique. » Comme chef du gouvernement. il l’administra, en effet, avec un scrupule impitoyable. Quand il aimait quelqu'un. c'était de tout son cœur. Quand il trouvait quelque reproche à formuler, c'était en bourrasque. De ce mathématicien, ses professeurs pouvaient dire : « Ira loin si les circonstances le favorisent. »

Au premier coup de canon de 1914, il reprit l'uniforme et, après la chute d'Anvers, le ministère l'attacha à l'organisation du service belge d'achat de matériel de guerre en France. Après quoi, il fut envoyé à Londres et nommé directeur de ta Commission belge de ravitaillement de guerre.

Le 12 novembre 1918, nommé commissaire général du gouvernement belge en Angleterre, il y centralisa les divers organismes belges déjà installés. Au mois d'août 1919, nommé délégué belge de la Commission des réparations de Paris, il y donna toute sa mesure. On l'appelait alors le colonel Theunis, qualificatif' fréquent dans les milieux anglo-saxons et Loyd George ne l'appelait jamais que colonel. A côté de lui se trouvait Camille Gutt, son cadet, avocat et journaliste, devenu son ami intime. Gutt parlait l’anglais plus qu'honorablement. M. Theunis articulait de façon saugrenue mais avec une éloquence virulente dans le choix des termes et un don de communication qui pouvait captiver ses interlocuteurs. La mémoire de Georges Theunis tenait du miracle et M. Camille Gutt nous racontait comment, après un entretien confidentiel avec M. Dubois, président de la Commission des réparations, il pouvait restituer sans reprendre souffle à une sténographe quarante chiffres plus compliqué les uns que les autres sans trébucher sur un seul.

Le 20 novembre 1920, cet expert fut nommé ministre des Finances dans le cabinet Carton de Wiart et, le 16 décembre 1921 il était Premier ministre, poste qu’il garda en même temps que le portefeuille des Finances, jusqu'aux élections de mai 1925. L'homme que nous avions connu à Londres, à San Remo, à Boulogne, à Spa et au ministère des Finances de la rue de Rivoli, fut désormais un personnage historique. On l'avait vu a India House à Londres et à l'Astoria. On le vit à la tête d’un ministère où son vocabulaire d’artilleur épouvanta certains fonctionnaires mais rassura les plus éminents, comme René Lefébure et d'autres. Son éloquence torrentielle faisait dire à un de ses collaborateurs : « II est affolant. Depuis huit jours, il n'a pas terminé une phrase. Il ne parle plus qu'en incidentes. »

Rentré dans les affaires après sa carrière ministérielle. M. Theunis fut ambassadeur extraordinaire de la Belgique auprès du gouvernement de Washington, en 1939, et ne revint d'Amérique, en 1945, que pour reprendre son activité avec une même turbulence et une même efficacité.

A ce loyal soldat, il fallait une mort douce. Il expira dans la nuit du 4 au 5 janvier 1966. Voici trois ans, il s'était fracturé le bras et nous disait en riant : « Et dire que j'ai fait du cheval pendant quarante-cinq ans et que je me suis démoli aussi ridiculement dans un escalier. »

Car il avait de l'humour, quand il s'agissait de lui-même, et infiniment de bonté lorsqu'il s'agissait des autres.

Les funérailles de M. Georges auront lieu dans l'intimité.

Charles d'YDEWALLE.


(Extrait du Standaard, du 6 janvier 1966)

Staatsminister Theunis in Brussel overlede. Beroepsofficier werd financieel expert

Minister van State Georges Theunis (91), gewezen eerste-minister, is in de nacht van dinsdag op woensdag in Brussel overleden. De begrafenis van de oudste minister van State zal in de familiekring plaatsvinden.

Geboren te Montegnée op 28 februari 1873 werd wijlen de h. Theunis beroepsmilitair en officier van de artillerie. In 1897 ging hij verder elektrotechniek studeren, en werd hij medewerker van de financier baron Empain, voor wie hij vooral de elektriciteitssektor bewerkte.

In 1914 hervatte hij zijn dienst bijt het leger, en na de val van Antwerpen werd hij als vertegenwoordiger van de Belgische regering naar Londen gestuurd waar hij de leiding waarnam van de oorlogsbevoorrading.

Hij nam deel aan de onderhandelingen over het verdrag van Versailles en werd naderhand vertegenwoordiger van België in de kommissie voor herstelbetalingen.

* * *

Deflatiepolitiek

In november 1920 werd hij minister van financiën in de regering van Carton de Wiart, in december 1921 vormde hij zelf een nieuwe regering die tot aan de verkiezingen van mei 1925 zich kon handhaven.

Hij voerde een krachtige deflatiepolitiek met de bedoeling te allen prijze een devaluatie van de frank te voorkomen. Daar hij aan alle onderhandelingen over de Duitse herstelbetalingen (de moderne vorm van oorlogsschatting) had deelgenomen, gaf hij als minister van financiën en als eerste-minister nieuw voedsel aan de al te optimistische verwachting dat de Belgische financiële moeilijkheden door middel van Duitse schadevergoedingen zouden kunnen worden opgelost.

In 1932 werd hij, na een periode van internationale aktiviteit op financieel en ekonomisch gebied, opnieuw enkele maanden lid van als minister van de regering als minister van landsverdediging in het kabinet de Broqueville et volgde hij daarna in november 1934 de eerste-minister op.

In de grote ekonomische en financiële krisis die op dat ogenblik de geïndustrializeerde landen teisterden, voerde hij met grote volharding een deflatiebeleid, waarvan achteraf bleek dat het slechts ten dele een geschikte methode was om de krisis te verhelpen.

In 1935 verliet hij definitief de politiek (hij is overigens nooit kandidaat geweest in rechtstreekse verkiezingen) en keerde hij naar zijn vroeger werkterrein, de partikuliere energiesektor (gas en elektriciteit) terug.

* * *

Steeds partijloos

Kort voor de tweede wereldoorlog werd hij benoemd tot buitengewoon ambassadeur in de VS en in de oorlog was hij goeverneur van de Belgische Nationale Bank voor de regering van Londen, in welke hoedanigheid hij beslag liet leggen op het in de VS gedeponeerde goud van de Banque de France in ruil voor het door de Franse nationale bank aan de Duitsers overgedragen in Frankrijk gedeponeerde Belgische goud.

De h. Theunis, die op 13 mei 1925 benoemd werd tot minister v. State, beschouwde de staat als een naamloze vennootschap en was dientengevolge van oordeel dat tussen de taak van een minister en de opdracht van een beheerder geen essentieel verschil bestaat.

Uit dezelfde basisopvatting is zijn wantrouwen tegenover de politieke partijen als elementen van het staatsbestel te verklaren, alsook zijn weigerachtige houding lidmaatschap van tegenover het een partij.

Daar hij zich sinds het einde van de tweede wereldoorlog nog slechts op diskrete wijze bezighield met liefdadigheid en maatschappelijk werk, speelde hij in het openbaar leven geen markante rol meer en was hij een vrij onbekende figuur geworden.


(Extrait du Pourquoi Pas ?, du 28 janvier 1921)

Le colonel Theunis, ministre des finances

Lorsqu'on prononça le nom de Theunis, à Bruxelles, quelques jours après l'armistice, il n'éveilla d'échos que dans un cercle assez restreint. On rencontrait Theunis, avant la guerre, à la Bourse, où il représentait la maison Empain. Ceux qui le connaissaient le disaient très malin, pas toujours commode, d'ailleurs. Fils et neveu d'officiers ancien officier lui-même, il avait repris du service, le 4 août, dans son ancienne arme ; et, ici, l'on n'avait plus entendu parler de lui, pendant la guerre.

Petit à petit, les Belges revenant au pays, on apprenait que Theunis était devenu, à Paris d'abord, à Londres ensuite, une espèce d'assez gros monsieur. On savait vaguement qu'il avait été chargé des achats de matériel de guerre en Angleterre ; qu'il avait fortement relevé là-bas notre prestige, un peu compromis par une ou deux affaires fâcheuses ; qu'il était gobé par les Anglais, gens peu enthousiastes d'habitude, et que (chose plus invraisemblable) la légation de Belgique, elle-même, le consultait souvent. On savait, de façon plus précise (car là les bonnes langues avaient eu la partie belle), que ce petit major d'artillerie en avait fait voir de grises aux bureaux du Havre ; les fonctionnaires, galonnés ou non, tremblaient en recevant les lettres de cet officier toujours prêt à offrir sa démission et qui, redevenu pékin, eût été plus redoutable encore : lettres nettes, bourrées de faits, et dont certaines constituèrent des réquisitoires peu ordinaires. En toute occasion, Theunis, homme d'affaires, homme précis, « marquait des points. » Il en marqua même autrement que par lettres, et l'on parla beaucoup, à Sainte-Adresse, en 1918, d'une conversation, par moments bruyante, dans laquelle l'ineffable Grune Pier n'avait pas eu le dernier mot...

Dès le retour du gouvernement à Bruxelles, Theunis s'impose. Plus exactement, les circonstances l'imposent. Il est commissaire général du gouvernement belge en Angleterre, et, par hasard. l'homme convenait à la fonction. Jaspar et Delacroix font cas de lui et l'utilisent. Il leur sera beaucoup pardonné, parce qu'ils l'ont beaucoup aimé. En avril 1919, il veut rentrer à Bruxelles, s'occuper enfin de ses affaires ; pour toute réponse, on l'envoie à Paris, où le torchon brûle sur l'autel de I'Entente ! A la Conférence de la paix, il n'est rien - officiellement - et ne peut pas grand-chose, beaucoup de mal ayant déjà été fait. N'importe : il s'occupe de nos charbons, a gain de cause, et fait ajouter un mot, un seul, au texte consacrant notre priorité de deux milliards et demi de francs : le mot « or. » Ces deux petites lettres valent aujourd'hui cinq milliards - d'espérances...

A nouveau, il veut secouer le harnais officiel : on le bombarde, par une singulière anticipation, président de la Commission des économies. Il accepte, voyant dans ce poste la première étape de la voie qui le ramènera à Bruxelles ; elle le conduit droit... à Paris, où il arrive, en août 1919, comme délégué de ta Belgique à la Commission des réparations.

* * *

Ce qu'il a fait au sein de cette commission, nous serions assez en peine de le dire. On sait qu'un mystère impénétrable voile les délibérations de cet aréopage. Celles de ses décisions que l'on connaît sont rares, mais anodines. Il nous est revenu, à la vérité, que ce secret pesa fort au colonel Theunis. Celui-ci, ayant eu le bon esprit de choisir pour adjoint un journaliste, apprécie à leur valeur la presse et la publicité (qui le lui ont bien rendu, soit dit sans reproche). On se souvient encore, à l'Astoria, d'une sortie fameuse, dans laquelle il prédit à l'assemblée éberluée une fin prochaine, si elle persistait dans ses méthodes archaïques de travail et s'obstinait à garder un secret dont seules bénéficieraient ses rivales.

Ce qu’il fit, nous l'ignorons donc, et notre conscience de journaliste nous force à demeurer sceptique sur ce sujet, jusqu'à plus ample informé. Mais on nous affirme qu'il le fit très bien. Il dirigeait une équipe recrutée dans tous les milieux (officiers, avocats, industriels, fonctionnaires), qui fit bloc sous son impulsion et ahurit les autres délégations. Elle apparaissait hétéroclite, bilingue et homogène. Elle baragouinait l’anglais et usait souvent, par contre, d'un français douteux. Elle travaillait à toute heure du jour et parfois de nuit, le dimanche comme la semaine. Toute discussion la trouvait toujours prête. Les renseignements techniques, les documents précieux, c'est chez elle qu'on les cherchait, et quand quelqu'un avait égaré un papier - même unique - sa première idée était toujours : « Demandons-en copie à la délégation belge. » Le plus drôle, c'est qu’il la trouvait.

Quant au délégué même, il commença sa carrière à Paris tout doucement, comme il avait fait à Londres, intervenant peu en séance, arrangeant les affaires sans en avoir l'air, au cours d'une conversation familière dans un bureau ou à la fin d'un repas. Il affectionne un vieux proverbe qu’a inventé son ex-patron Empan : « Le plus malin est celui qui attrape l'autre. » Il le mit merveilleusement en pratique. Au bout de quelques mois, tout le monde savait que, s'il y avait une question technique difficile à débrouiller, une question de personnes délicate à traiter, c'était Theunis qui réussissait le mieux. II parlait français avec les Français, anglais avec les Britanniques, affaires avec les Américains, et politique avec les Italiens. Après quelques semaines de séjour à la Commission des réparations, Poincaré, chaque fois qu'il prenait la parole, si sûr qu'il fût de son discours et de ses idées, regardait avec insistance le délégué belge, comme pour demander son appui.

Mais les réparations touchent à beaucoup de domaine, et beaucoup d'assemblées autres que la commission s'occupèrent de la partie 8 dg Traité de Versailles. Notamment le Conseil suprême. Depuis un an, Theunis fut de tous les Conseils suprêmes, automatiquement. Londres, San Remo, Boulogne, Spa le virent « conseiller technique ministère des affaires économiques », effacé et influent, apportant chaque fois dans les débats une autorité accrue. Ce diable d'homme était né pour ces réunions, où de graves questions sont traitées par des gens qui ne les ont en général pas étudiées, où il faut être rapide, saisir les occasions, changer au besoin son fusil d'épaule, où tout commence par des discours et où tout finit par des chiffres. Avec son coup d'œil, sa mémoire, sa capacité de travail, sa prodigieuse faculté d'assimilation, il fut là dans son élément. Quand on le félicitait d'un succès obtenu, il répondait : « C’est bien plus dur de gagner sa vie à la Bourse. »

C'est ainsi qu'on vit Lloyd George demander d plusieurs reprises les avis du colonel Theunis. C'est ainsi qu'à San Remo, Millerand, Millerand le sanglier, revenait brusquement sur ses pas pour lui serrer la main et lui dire, doucement, gentiment : « Je vous en prie : pensez à la France. »

Que tout cela allât sans heurt ni jalousies, ce n’était guère possible. Et les embûches ne manquèrent pas sous les pieds du « colonel », tant à Bruxelles qu’’à Paris. Mais c’est toujours le plus malin qui attrapait l’autre – et Theunis ne fut pas attrapé. Allègre, bon garçon avec les camarades, la dent prête (et comment) pour ceux qui tentaient de l'égratigner, il était introduit partout. Rue de Rivoli, au ministère des finances, il était de la maison. Les gens de la Treasury le choyaient. Même à l'ambassade de la rue de Berry, on devait bien ouvrir les portes toutes grandes à cet homme qui connaissait Berthelot qui s’était révélé « match » pour Loucheur et Poincaré, et qui téléphonait à Jaspar les nouvelles politiques deux jours avant que l'ambassadeur les écrivît, en grand secret diplomatique, à Hymans.

Theunis, peu à peu, était devenu un gros, très gros monsieur. Et, tout naturellement, lorsqu’on constitua le nouveau cabinet, on fut amené à lui offrir, après l’affaire branlante de Londres, après l’affaire peu stable de Paris, une affaire au regard de laquelle les deux premières étaient d’une solidité de roc : la restauration de nos finances publiques !

Il accepta.

* * *

Theunis réussira-t-il rue de la Loi comme à Indla House ou à l'Astoria? Dieu seul le sait - et encore ! Delacroix lui-même hésiterait à aventurer un pronostic.

Mais ce que nous pouvons nous demander, c'est pourquoi Theunis a réussi jusqu’ici ?

Parce qu'il a le sens des possibilités.

C'est ce sens qui lui fait voir dans une affaire, au premier coup d'œil, la limite qu'on ne doit pas franchir, les concessions qu'on peut se laisser arracher. Se battre pour un mot ? jamais ; pour une idée ? souvent; pour un résultat ? toujours . Pour un ministre des finances, c'est une précieuse disposition d'esprit.

Avoir le sens des possibilités, c’est-à-dire voir les choses dans leur vraie perspective, avec leurs dimensions réelles ; savoir qu'on n'a jamais tout à fait raison ; se mettre dans la peau du voisin ou de l'adversaire ; ne jamais croire que c'est arrivé et remuer ciel et terre pour que ça arrive… c'est sa force.

C'est elle, très probablement, qui, dès le premier jour, a fait apprécier ce Wallon francophile par les Anglais, grands amateurs de transactions, épris du give and take. C'est elle qui l'a merveilleusement servi lors des réunions interalliées. C'est elle qui l'a gardé jusqu'ici de toute exagération - et à cet égard il est demeuré un vrai Belge. Homme d'action et homme d'idées, intelligent et malin, énergique et pas entêté, ayant du bon sens et de l'imagination, le cœur sur la main, mais la main leste et la langue plus leste encore, il réalise un assemblage peu banal. Ajoutez à cela, mémoire étourdissante, culture générale étendue, don de jongler avec les chiffres, faculté de s'émouvoir à fond, don d’émouvoir les autres, et vous vous trouverez en face d'une mécanique humaine comme on en voit peu, actionnée par un moteur qu'on ne fabrique pas en série !

C'est un merveilleux homme d'affaires, parce que, pour lui, la vie et le monde ne se bornent pas aux affaires. A Paris, la lucidité de ses exposés, l'aisance avec laquelle Il passait des petits détails aux grandes idées, la simplicité émouvante avec laquelle il parlait de notre pays, avaient conquis même ceux qui combattaient ses thèses. Et quand on discutait les textes, cet industriel, seul en présence de quatre avocats (hélas ! oui, quatre !), ne fut jamais le dernier à la réplique.

Dès le début, il montra qu'il avait une très haute idée de son pays, et mème du pays des autres. Ça n'a l'air de rien, mais ça facilite beaucoup les conversations.

Ses défauts ? un très sale caractère (tout au moins il s'en vante), une vivacité plus que méridionale, des colères aussi fréquentes qu'excessives et aussi courtes que violentes, un débit pressé qui fait frémir les journalistes, des idées plus pressées encore que son débit, un cerveau en perpétuelle ébullition, une écriture que lui-même est incapable de relire.

Ses débuts, au ministère, furent épiques. Il voulait tout voir, tout apprendre, et, de fait, jamais on ne connut ministre si rapidement maître de ses dossiers. Mais le passé ne lui suffisait pas, il songeait à l'avenir: il élaborait des réformes, échafaudait des projets. Tout cela se traduisait en quelques mots hachés, jetés à la hâte, dans la fièvre, entre deux visites. La seconde visite partie, un nouveau projet venait se greffer sur la dernière parole prononcée. Visites , lettres, scandales, projets de loi, communiqués, impôts anciens et nouveaux, se confondaient dans le torrent de cette éloquence monosyllabique. Un des secrétaires, au bout d'une semaine, se tenait la tête à deux mains en gémissant : « Il est affolant ! Depuis huit jours, il n'a pas terminé une phrase: il ne parle plus qu'en incidentes ! »

* * *

Signe particulier : le colonel Theunis... n'est pas colonel.

Il fut « de réserve pour la durée de la guerre. »

Mais l'administration militaire, ayant jugé sans doute que le cadre « de réserve pour la durée de la paix » comportait déjà assez d'officiers de valeur, s'est toujours soigneusement abstenue de l'y inscrire.

Après tout, c'est peut-être un délicat hommage.


(Extrait de BARTELOUS J., Nos premiers ministres de Léopold Ier à Albert Ier 1831-1934, Bruxelles, J.M. Collet, 1983, pp. 321-330)

(page 321) Theunis fut le premier de ces grands financiers qui, entre 1920 et 1940, apportèrent le concours de leur expérience au redressement du pays. Il ne devait pas être le seul puisque successivement Albert-Edouard Jansens, Emile Franqui, Max-Léo Gérard et Camille Gutt reçurent le portefeuille des Finances dans les divers gouvernements qui se succédèrent en Belgique entre les deux guerres. Cet appel des extra-parlementaires et techniciens était normal car les hommes politiques belges de l'époque étaient souvent d’éminents juristes dont les plus jeunes avaient reçu de vagues leçons d'économie politique au cours de leurs études universitaires, mais dont aucun n'avait suivi des leçons de finances publiques auprès d'éminents professeurs qui n'existaient pas.

Né à Montegnée près de Liège au mois de février 1873, Georges Theunis était le fils d'un général, gouverneur militaire de la province de Namur, et se destinait la carrière des armes. Il avait fréquenté avec succès l'Ecole militaire, l'Ecole d'application et la célèbre Ecole d'équitation d'Ypres lorsqu'en 1897, il quitta l'armée avec le grade de lieutenant et d’ingénieur électricien, pour entrer dans les affaires d'Edouard Empain, grand industriel spécialisé dans la production et la distribution d'énergie électrique en Belgique et l'étranger. Il devait rapidement occuper dans cette affaire une place importante, à mi-chemin entre la grande industrie et la finance. A la veille de la guerre mondiale, G. Theunis était considéré comme un des financiers les plus considérables de Bruxelles où son influence était fort importante.

(page 322) Dès les premiers jours de la guerre, il se porta volontaire, mais le comte de Broqueville était trop avisé pour ne pas utiliser les compétences de ce grand financier. Après le siège d'Anvers, le chef de cabinet l'envoya, d'abord en France puis bientôt à Londres, diriger la commission chargée d'effectuer des achats d'armes en tous genres nécessaires à l'armée belge. Il avait été nommé lieutenant-colonel quand le baron Empain avait été commissionné général et ce grade le mettait sur un pied d'égalité lui permettant de négocier directement avec ses collègues français et anglais.

Au lendemain de la victoire, Delacroix fit appel son expérience pour l'aider dans l'importante question des réparations. La Conférence de la Paix avait reconnu à la Belgique un droit de préemption de deux milliards 1/2 de marks sur les indemnités payées par l'Allemagne. Toutefois, la clause ne fut pas officiellement inscrite dans le traité, mais confirmée lors d'un échange de lettres intervenu entre les gouvernements alliés et la Belgique. Avant d'être signée, par les plénipotentiaires belges, la lettre fut soumise à Theunis qui fit ajouter derrière le mot « mark » la précision « or » ; personne n'y avait songé car nul en Europe ne prévoyait la terrible tempête monétaire qui allait secouer le monde dans les dix années suivantes. Désigné par le gouvernement pour représenter la Belgique à la commission des Réparations, il quitta ce poste lorsque Carton de Wiart lui offrit le portefeuille des Finances dans son ministère.

En un an, il sut s'imposer au pays par la hauteur de ses connaissances techniques, sa droiture intellectuelle et l'agrément de son caractère. Avec courage, il entreprit de mettre fin à la « politique de saint Nicolas » et de largesses budgétaires basées sur le slogan « l'Allemagne paiera. » Lorsque le comte Carton de Wiart, au lendemain des élections du mois de novembre 1921, décida de quitter le pouvoir, le Roi, sur les conseils de Woeste et avec l'appui de l'opinion publique, fit appel à Georges Theunis pour constituer le nouveau cabinet. L'avis de Woeste fut, en la matière, déterminant, non que le Roi aimât beaucoup le ministre d'Etat, mais (page 323) parce que cet appui assurait au futur Premier ministre extraparlementaire, le soutien de la droite sans lequel sans lequel rien n'était possible puisque le parti catholique avait gagné sept sièges aux élections du mois de novembre La désignation de Theunis fut la dernière intervention dans la vie politique du vieux ministre d'Etat qui devait mourir au mois d'avril suivant dans sa quatre-vingt-sixième année. (…)

Chargé de former le cabinet, Theunis n’y réussit pas sans difficulté, les socialistes ne voulant plus faire partie d'un Gouvernement d'union nationale et désiraient retrouver dans l'opposition la pureté de leurs principes. (page 324) Quant aux libéraux, s’ils acceptaient de participer au gouvernement, ils voulaient en même temps éviter l’emprise socialiste et la domination cléricale. Non sans peine, Theunis réussit le 16 décembre 1921, à former un ministère composé de 7 catholiques et de 5 libéraux. Mais tandis que dans l'esprit de son chef le Gouvernement devait être un cabinet d'affaires, chargé d'achever la reconstruction nationale, la droite flamande entendait enfin obtenir la satisfaction de quelques-unes de ses revendications tandis que les libéraux désiraient le maintien d'une armée suffisamment forte pour faire face à toute crise internationale éventuelle. C'est pourquoi la vie du ministère fut dès l'origine, difficile, en raison du manque d'unité de vues de ses membres.

Une première crise survint lorsque fut discutée la flamandisation de l'université de Gand dont ni les libéraux, ni une partie de la droite ne voulaient entendre parler. Au surplus, l'opposition était à ce sujet tout aussi divisée. Tandis que Vandervelde - peut-être parce que son sens d'homme d'Etat lui faisait voir l'inéluctable nécessité de cette réforme mais peut-être aussi par tactique pour préparer cette majorité démocratique qui se réaliserait un jour lors de la formation du cabinet Poullet/Vandervelde - en était partisan, Jules Destrée y était résolument hostile. A cela était venue s'ajouter la question de la durée du service militaire que les socialistes prétendaient réduire à six mois, mais que Devèze voulait maintenir à douze en raison de l'occupation de la Ruhr. En effet, devant la mauvaise volonté mise par l'Allemagne à payer les réparations et devant ses déclarations incessantes de son insolvabilité, Bonar Law, qui depuis un an était devenu Premier ministre britannique et chef de gouvernement conservateur, avait proposé un moratoire de quatre ans sans garantie en faveur de la Belgique et il demandait notre pays de renoncer à son droit de priorité. Les Gouvernements de Paris et de Bruxelles avaient refusé les propositions anglaises et Poincaré avait fait occuper la Ruhr par l'armée française ; l'armée belge avait suivi.

Mais, cette occupation exigeait de maintenir sous les (page 325) drapeaux un plus nombre de miliciens et entraînait par le fait même la prolongation du temps de service ; ce qui fait que la flamandisation de l’université de Gand survint en même temps que le maintien de la durée du service militaire, fort mal vue par la droite flamande qui y voyait un asservissement à la politique française. Finalement, après une crise ministérielle, une formule d’accord fut trouvée par Nolf, ministre des sciences et des Arts, en vertu de laquelle il existerait à Gand deux universités, l’une flamande où les 2/3 des cours seraient donnés en néerlandais et 1/3 en français, tandis que dans l’autre université demeurée francophone, les 2/3 seraient donnés en français et 1/3 en néerlandais.

Quant à la question militaire. il fut entendu que la présence sous les armes des miliciens ne serait pas diminuée aussi longtemps que la crise de la Ruhr n’aurait pas trouvé de solution. et, qu'après cela le serait réduit de 4 mois. Dans ces conditions, les ministres retirèrent leur démission, à l’exception de Devèze, remplacé à la Défense Nationale par Forthomme.

Six mois plus tard, le gouvernement soumit aux Chambres un nouveau traité de commerce franco-belge qui provoqua au Parlement un débat passionné. Dès l’origine, la droite flamande reprocha au ministère d’avoir signé avec la France un accord sacrifiant les intérêts nationaux et bien que le gouvernement ait posé la question de confiance, le traité fut repoussé. Theunis se rendit aussitôt au Palais remettre sa démission au Souverain, en annonçant qu'il n’accepterait plus de former un nouveau ministère.

La crise semblait d'autant plus difficile à résoudre que derrière l'opposition manifestée au sujet du traité de commerce franco-belge, se cachait en réalité l'hostilité des catholiques flamands à l'orientation trop francophile donnée, selon eux, à notre politique étrangère. La droite flamande manifestait surtout sa méfiance à l’égard de l’accord militaire signé au mois de septembre 1920 par le général Maglinse - chef d’état-major général - avec le maréchal Foch. Ce traité lui apparaissait comme une sorte de monstre du Loch Ness bien qu'il fût strictement défensif, mais son (page 326) caractère secret effrayait une part de l’opinion publique, d'autant plus que l'Angleterre avait refuser de s'associer à cette alliance. Il fallut l'insistance du Roi et de la droite unanime pour que Theunis revienne sur sa décision. Dans le nouveau ministère, Paul Hymans remplaçait Jaspar, ce qui était paradoxal, car le leader libéral était certainement plus francophile que l'ancien ministre des Affaires Etrangères, mais d autre part, Prosper Poullet - un des leaders de la droite flamande - remplaçait Berryer au ministère de l'Intérieur. En réalité, la majorité demeurait divisée, et en de nombreuses occasions, une majorité de rechange composée de socialistes et de membres de la droite flamande se formait au Parlement pour amender les projets gouvernementaux dans un sens démocratique. Pour clarifier la situation, le Premier ministre obtint du Roi d'avancer les élections législatives de quelques mois et de dissoudre le Parlement au mois de février 1925.

Dans ce climat politique instable, le Gouvernement et surtout son chef, avaient néanmoins accompli sur le plan financier et économique un effort remarquable. Alors qu'en 1921 la dette publique s'accroissait de 7 milliards par an destinés presque uniquement à couvrir le déficit des budgets ordinaires, la dette publique avait cessé de s'accroître. A la fin de 1924. le budget de l'année suivante se présentait avec un boni de plus de 18.000.000 de francs. Mais ce redressement financier n'avait pu se faire que grâce à des compressions budgétaires sévères ; parfois même pour permettre nos industries d'être concurrentielles sur les marchés étrangers, les salaires avaient été diminués. De là naquit un certain mécontentement au sein de la population. Theunis était un financier non un homme politique, il gouvernait la Belgique comme il administrait les affaires privées dont il avait la charge mais il ne comprenait pas que les hommes ont d'autres réactions que les actionnaires des sociétés anonymes. La masse des électeurs demeurait insensible à l'équilibre budgétaire mais les fonctionnaires, les employés, les salariés, les anciens combattants réclamaient des augmentations de traitements, de salaires ou de pensions et ne les (page 327) obtenant pas, malgré la hause constante du coût de la vie, s’apprêtaient à voter pour le parti socialiste qui ne parlait pas d’équilibre budgétaire mais d’augmentation des revenus. Cela, Theunis, avec sa formation de financier, était incapable de le comprendre et sa volonté, maintes fois exprimée, de se tenir éloigné des partis politiques et des intrigues électorales ne lui permettait pas de sentir la volonté du corps électoral. Le comte de Broqueville ne comprenait rien au problèmes financiers mais avait l’art suprême de gagner les élections ; Georges Theunis résolvait les problèmes financiers mais ne pouvait remporter un succès électoral.

Au lendemain des élections du 5 avril 1825, qui assuraient la victoire du parti socialiste, le ministère démissionna. Nommé, suivant la tradition, ministre d’Etat, G. Theunis accepta un siège de sénateur. Cependant il n était pas fait pour la vie parlementaire et dix-huit mois plus tard, au début de décembre 1926, il donna sa démission pour se consacrer aux affaires privées. Sa vie politique semblait finie.

La retraite du ministère Renkin au mois d’octobre 1932 le ramena aux affaires. Le comte de Broqueville, chargé par le roi Albert de reconstituer le ministère, lui confia le portefeuille de la Défense Nationale dans un cabinet éphémère, qui se retira après les élections du mois de décembre.

En 1934, après la démission de de Broqueville, il accepta, à la demande du roi Léopold III, de constituer le nouveau Gouvernement. La crise économique commencée à New York en 1929 s'étendait au monde entier, la Belgique comptait près de 300.000 chômeurs ; les banques de leur côté connaissaient de grosses difficultés de trésorerie, la banque belge du Travail - présidée par Edouard Anseele, ancien ministre socialiste - et le Boerenbond - représentant du milieu agricole flamand - avaient dû demander l'intervention de l'Etat pour sauver l'épargne de leurs clients. Sans être aussi menacées, les autres banques belges voyaient leurs liquidités gelées dans des activités industrielles incapables de faire face à leurs engagements (page 328) et épuisaient leur marge d'avances à la Banque Nationale. Le budget 1935 , malgré de sévères compressions, se présentait avec un déficit de 200 millions.

Pour faire face à une telle situation les remèdes politiques étaient insuffisants, le roi Léopold III le comprit et s'adressa à Theunis, Celui-ci forma rapidement un cabinet auquel Franqui et Gutt acceptèrent d'apporter leur concours ; devant la gravité de la situation, le Premier ministre aurait voulu former un gouvernement d'union nationale ; les socialistes, accrochés au plan préparé par Henri Deman, refusèrent.

A peine constitué, le cabinet dut faire face une opposition violente, ce fut - suivant l'expression socialiste - le « gouvernement des banquiers », le mot était frappant et il resta. Avec courage, le gouvernement prit des mesures énergiques et décida la réduction immédiate de 5 p. c. des traitements et salaires, ce qui pesait davantage sur les ouvriers et les petits employés que sur les titulaires de traitements importants ; de plus il n'atteignait en rien les revenus des fortunes acquises et le ministère avait une assise populaire trop faible pour se permettre de ne pas donner l'impression de respecter une justice distributive équitable. Pour protester contre cette déflation sens unique, le parti socialiste organisa pour le 24 février 1935 une grande manifestation nationale à Bruxelles et invita Paul-Henri Spaak - jeune député socialiste fort remuant et dont les idées extrémistes étaient bien connues – à donner sa démission en même temps que tous ses suppléants. Devant cette décision, le gouvernement pour éviter tout incident grave, interdit la manifestation envisagée.

Au début du mois de mars, Theunis déposa un projet de loi demandant des pouvoirs spéciaux, mais la confiance parlementaire, accordée du reste sans enthousiasme par les libéraux et les catholiques, ne suffisait pas pour obtenir celle de l'opinion et encore moins celle du crédit. Depuis le début de l'année, les sorties d'or étaient de plus en plus importantes ; en mars après une conférence donnée à Liège par le professeur Baudhuin, économiste de l'Ecole de Louvain, qui préconisait ouvertement la dévaluation, ces sorties prirent un cours si rapide qu'entre (page 329) le 11 et le 18 mars 1935 elles atteignirent 923 millions de francs et contraignirent le gouvernement à envisage le contrôle des changes pour arrêter l’hémorragie. Toutefois, avant de prendre une telle mesure, Theunis décida de se rendre à Paris avec Hymans et Gutt pour demander l'aide du gouvernement français ; Flandin alors président du Conseil offrit 500 millions de crédit refusa d'envisager d'abaisser les barrières douanières, seule mesure capable de redonner un peu de rigueur à l'économie belge. Rentrés à Bruxelles, les ministres mirent en application le vontrôle des changes et s'en allèrent présenter au Roi leur démission.

Nommé, en 1939, ambassadeur extraordinaire aux Etats-Unis, au début des hostilités en Europe, Georges Theunis devait le demeurer durant toute la guerre, cumulant curieusement cette fonction avec celle de gouverneur de la Banque Nationale laquelle le gouvernement de Londres l'avait appelé. C'est en cette dernière qualité qu'il eut l'occasion de rendre à son pays un immense service. Au mois de mai 1940 la Banque Nationale de Belgique avec l'accord du gouvernement avait confié à la Banque Nationale de France une partie de sa réserve d'or. Par la suite, le gouvernement de Vichy avait remis ce trésor aux autorités allemandes. Toutefois, la France ayant elle-même déposé une partie de ses réserves à Washington, Theunis en sa qualité de gouverneur de notre institut national, fit saisir par la voie judiciaire l'or français à concurrence du montant confié à la Banque de France. C’est ainsi qu'à la fin des hostilités la Belgique put recouvrer le montant de son dépôt

Rentré en Belgique, Theunis se retira définitivement des affaires publiques, s'intéressant à l'art et se consacrant au mécénat. Avant de mourir, il eut la joie d’inaugurer le monument érigé en l'honneur du comte de Broqueville à qui il vouait une grande admiration. Lui-même devait s'éteindre paisiblement à Bruxelles le 4 janvier 1966, âgé de 93 ans et laissant dans l’histoire de la Belgique le souvenir d'avoir été un grand serviteur du pays, l’un grands Albertins.


Voir aussi :

1° Sur le présent site :

HOJER Carl-Henrik. Le régime parlementaire belge de 1918 à 1940 (1946) : Chapitre V. La coalition catholico-libérale (1921-1925)

HOJER Carl-Henrik. Le régime parlementaire belge de 1918 à 1940 (1946) : Chapitre VIII. La coalition catholico-libérale (1927-1935) (deuxième partie : 1932-1935)

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2° DE POORTERE R., Georges Theunis, dans Biographie nationale de Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1999, t. 5, pp. 327-331