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Royers Gustave (1848-1923)

Portrait de Royers Gustave

Royers Gustave, André libéral

né en 1848 à Renaix décédé en 1923 à Anvers

Représentant 1910-1921 , élu par l'arrondissement de Anvers

Biographie

(Extrait du Matin, le 31 mars 1923)

La mort fauche impitoyablement dans les rangs des vieux libéraux. Après Georges Gits, après Jan De Vos, le sénateur Gustave Royers est mort, hier, après une pénible maladie.

Gustave Royers brillantes était né en 1849. Après de brillantes études, il sortit en 1873 de l’université de Gand, où il venait d'obtenir avec grande distinction le diplôme d'ingénieur des ponts et chaussées. Pendant deux ans. il fit parti du corps des ponts et chaussées et fut attaché au service de la côte à Ostende. En 1875, il quitta ces fonctions avec le titre d'ingénieur honoraire des ponts et chaussées, pour entrer au service de la ville d'Anvers comme ingénieur.

A cette époque. tout était encore à faire dans notre ville, qui était en pleine période de réorganisation et d'agrandissement.

M. Royers, de ce temps, était seul avec un sous-ingénieur, M. De Wit, - mort depuis - à diriger les services de la ville. Il avait la direction de tous les travaux communaux, tant du port que de la ville même. Tous les travaux d'extension du port de cette époque furent son œuvre. Ainsi, il dirigea les travaux de creusement du bassin Kattendijk, puis ceux du bassin Asia, du bassin de la Campine et ensuite ceux du bassin Lefebvre, élaborés par feu l'échevin Lefebvre. Les derniers travaux exécutés au port sous la direction de M. Royers sont les bassins. dits intercalaires, ainsi que la grande écluse à laquelle la ville a donné le nom de l'ingénieur. L'écluse Royers fut achevée en 1905.

On se souvient de sa participation toutes les discussions concernant la grande coupure, dont il était un adversaire résolu, considérant que ce travail présentait trop d'aléas, et pourrait mettre l'avenir d'Anvers en danger.

Pour ce qui concerne la ville même, c'est M. Royers qui a organisé tous les services pratiques, tels que celui de la voirie, du pavage, des plantations communales et autres. Il a dressé tous les plans d'extension et des nouveaux quartiers qui ont été construits à Anvers durant les trente-cinq années qu'il resta en service.

Entre-temps, les services techniques de Ville avaient pris une grande extension. De nouveaux départements avaient été créés, de nombreux ingénieurs avaient été adjoints à M. Royers qui fut nommé ingénieur en chef, directeur des travaux communaux.

En 1907, M. Royers, encore relativement jeune, quitta les services communaux pour se consacrer à la politique. La ville lui accorda le titre d'ingénieur en chef, directeur honoraire des travaux communaux d'Anvers.

M. Royers avait également été nommé professeur à l’Institut supérieur des beaux-arts, poste qu'il conserva jusqu'en 1919.

En 1908, Gastave Royers fut élu membre de la Chambre des représentants, où il représenta les libéraux unis et en 1911, la Ligue progressiste démocratique le fit élire au conseil communal.

En 1921, il ne sollicita pas le renouvellement de son mandatd e conseiller communal et quitta la Chambre pour entrer au Sénat. Au Parlement, comme député et comme sénateur, M. Royers fut très écouté pour ses avis techniques, spécialement en ce qui concerne le port d'Anvers, et dans les commissions d'Anvers, et dans parlementaires, son travail considérable fut très apprécié.

M. Royers fit également partie de la commission internationale rhénane et dans l'exercice de ces fonctions, rendit de très grands service à la navigation belge en général et au port d'Anvers en particulier.

Le défunt, qui était commandeur de l'ordre de Léopold, officier de la Légion d'honneur et d'une quinzaine d'autres ordres étrangers, laissera d'unanimes regrets non seulement à Anvers, mais dans la Belgique entière, car partout, son caractère affable, sa grande serviabilité, son cœur d'or, sa grande bonté et ses larges idées, étaient unanimement estimés comme on s'inclinait volontiers devant l’homme de science qu'était Gustave Royers.

Nous présentons à Mme veuve Royers et à la famille, nos condoléances émues.


(CAMPOS R, Gustave Royers, dans Biographie nationale de Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1965, t. 33, col. 631-634)

ROYERS (Gustave), ingénieur, né à Renaix le 20 avril 1848, décédé à Anvers le 30 mars 1923.

Il obtint, en 1870, le diplôme légal d'ingénieur honoraire des ponts et chaussées à l'Université de Gand.

Il débuta dans la carrière à l'Administration des ponts et chaussées, au Service spécial de la côte, où de grands travaux étaient alors en cours d'exécution.

Le conseil communal de la ville d'Anvers l'appela, le 7 juin 1875, aux fonctions d'ingénieur communal.

Gustave Royers se trouva aussitôt en présence d'un programme de travaux considérables : rues à tracer, égouts à construire, foyers d'épidémies périodiques - tel celui du Vuilbeek - à faire disparaître, constructions à ériger - notamment le stand de tir du Kiel et le bassin de natation -, distribution d'eau potable, conventions avec l'Etat pour la construction des quais de l'Escaut - leur outillage et l'application de celui-ci -, enfin, travaux d'extension des bassins.

Dès ses débuts au service de la métropole, Gustave Royers participa aux négociations relatives à la construction des quais de l'Escaut ; c'est grâce à son intervention que la Porte d'Eau et le Steen furent conservés. L'administration communale rendit à cette occasion hommage à sa clairvoyance. L'outillage des quais de l'Escaut ainsi que celui des quais du Sud furent son œuvre.

Plus d'un eût succombé devant l'énormité et la diversité des questions que Gustave Royers fut appelé à résoudre. Retracer sa carrière, c'est refaire non seulement l'histoire du port d'Anvers pendant la deuxième moitié du siècle dernier, mais c'est aussi faire revivre le prodigieux développement de la métropole pendant cette période.

Le service des plantations communales fut également l'objet de sa sollicitude. L'ingénieur en chef, Gustave Royers, se trouvait en fait à la tête de sept des principaux services de la ville : les travaux du port, l'outillage mécanique et son exploitation, la voirie et les extensions de la ville, les plantations communales, les bâtiments communaux, le service des propriétés à réaliser et l'hygiène qui prit bientôt, sous son impulsion, une extension allant de pair avec l'augmentation de la population. Tous ces services furent, sinon créés, du moins organisés par lui ; tous subirent l'empreinte indélébile du grand ingénieur.

Plus tard, les services que Royers dirigeait avec tant d'autorité se dispersèrent et devinrent autonomes, car nul n'était de taille à reprendre sa succession, tant ceux-là avaient crû en importance ; partout l'on y a gardé le souvenir ému du chef respecté.

L'administration qui avait ainsi concentré en une main tant de services n'eût pu être mieux inspirée ; sous la direction de ce chef remarquable, des travaux nombreux et difficiles furent menés à bonne fin.

Les quais des bassins Guillaume et Bonaparte furent élargis, les bassins du Kattendijk et Asia prolongés, les bassins de la Campine, Lefebvre et America créés, les cales sèches construites ; Gustave Royers quintuplait ainsi, en moins de vingt ans, l'étendue des bassins.

En 1901, il introduisit les plans et le cahier des charges de deux nouveaux bassins à construire au nord de la ville, en dehors de l'enceinte fortifiée, et qui ont été baptisés du nom d' « Intercalaires », parce qu'ils permettaient l'exécution ultérieure, soit du projet d'extension définitive que Gustave Royers avait dressé en 1897 et qui était partiellement en cours d'exécution à l'époque de son décès, soit du projet de la « Grande Coupure » auquel il s'était opposé de toutes ses forces.

C'est lui aussi qui présida au déplacement des installations pétrolifères vers le sud et y érigea les vastes dépôts qui forcent toujours l'admiration des étrangers.

Le port qui se développait devait, d'autre part, être outillé ; des hangars spéciaux couvrirent les quais, des entrepôts s'élevèrent, des usines centrales distribuèrent la force motrice et d'innombrables grues s'érigèrent ; le remorquage des navires entrant dans le port fut organisé.

Chargé de la direction du Service des bâtiments communaux, Gustave Royers tenait à montrer que les travaux des ingénieurs ne sont pas exclusifs de tout art, comme on le proclame généralement. On lui doit notamment la création de l'Établissement horticole du Kiel, les plantations communales et la plupart des belles promenades de la vile.

Artiste de la pensée et de l'expression, artiste dans la moindre de ses œuvres, il mit aussi quelque coquetterie à élever des bâtiments qu'aucun bon architecte n'aurait renié. Le Zeemanshuis, les bâtiments de la Capitainerie et de la Recette du port, le nouvel Institut supérieur de Commerce, l'École professionnelle pour jeunes filles, à côté d'un grand nombre d'autres écoles et de bâtiments, sont de lui. Le stand de tir, le bassin de natation, le marché et la minque aux poissons furent construits d'après ses plans, à la suite d'études spéciales fort longues.

Sa conversation avait un charme prenant parce qu'il savait parler à chacun suivant ses mérites, et la véritable supériorité de Gustave Royers est peut-être de n'avoir jamais fait montre de celle-ci.

La carrière de Gustave Royers prit brusquement fin en 1908 et les vives instances du Collège des bourgmestre et échevins d'alors ne purent le décider à rester plus longtemps à la tête des services techniques.

Sa retraite volontaire fut courte d'ailleurs, car il entra bientôt au conseil communal, puis à la Chambre des représentants et ensuite au Sénat, où ses avis furent toujours écoutés avec déférence.

Il y défendit en bon citoyen, en ardent patriote, les grands intérêts de la ville et du pays.


(Extrait de : BERTELS I, Gustave Andreas Royers (1848-1923), from Antwerp city engineer to Belgian politician (partim : la carrière politique), Bruxelles, juillet 2018)

(…) 4. Political career

After thirteen years as Antwerp city engineer, and probably stimulated by the major urban transformation debates, Royers felt the need to enter the political scene. At the age of 40, on 27 May 1888, Royers for the first time stood for election on the Liberal Party list for provincial council. His first attempt was successful and he was active as provincial councillor from 1889 untill 1903. Later, he became a Member of the Belgian Parliament (1910-21) and Antwerp municipal councillor (1912-21), and finally from 1921 until his death in 1923 he was Belgian Senator.

At the end of the nineteenth century, political parties were fundamentally different from today’s organisation and of all parties the Liberal Party was most strongly characterized by its undisciplined and unanimous attitude. Moreover local priorities often dominated the national debate.

Within the Antwerp Liberal Party he belonged to the rather conservative wing, the Vooruitstrevende Democratische Verbond (VDV). However, Royers’ active political participation must not be taken for granted. Historical research clearly demonstrated that the Antwerp political scene was controlled by old nobility and upper bourgeoisie (as port traders, notaries or industrials). Royers, as technical expert and civil servant, could not rely on social descent nor on economic wealth. He fully had to rely upon his reputation as Antwerp city engineer.

Indeed, in this period (1888-1907), Royers was still active as city engineer. This cumulation was never critiqued or forbidden by the Antwerp government. Nevertheless, it did provoke criticism in the press: “... we understand that the city engineer is in charge of public works, but when he weighs in with Liberal propaganda, that's an extra for which there is no item in the budget of that department” (translated quote from: Het Handelsblad, 17 July 1895).

As Antwerp city engineer and provincial councillor (1889-1903) he strongly defended Antwerp's interests, and particularly involved himself in discussions on engineering-based themes. Royers participated in the public works commission which controlled all public works on community, city and provincial level in the Antwerp province. As such, this commission also advised on the possible participation of the Antwerp province in local building costs. Moreover, within this commission Royers also plead for the introduction and application of multiple technological innovations, going from the application of new heating systems or the application of ‘macadam’ as a replacement of the traditional cobble stones taking into account both qualitative and budget reasons (Provincieraad, 20 juli 1899).

The ongoing major infrastructure projects and the polemics around what would later be called the ‘Grote Doorsteek’ (Grand Coupure, or Great Breach), would place Royers at the centre of the political debate, both on local and national level. The northern expansion of the harbour stood high on the agenda. Already in 1863 the idea had been launched at the national level to replace the irregular bends in the port section of the river Scheldt by a single, elongated and straight quayside. But Royers, along with Mayor Jan van Rijswijck (1853-1906) opposed the plan, contending that this sort of massive intervention would bring too many risks in its wake. They opted for a gradual transformation and expansion of the harbour, including the construction of a sea lock (the Royerssluis) and further enlargement of the docks. The discussion led to a political stalemate between the municipal Liberal administration and the national Catholic government, a situation that dragged on from 1894 to 1914 and which resulted in the Grote Doorsteek never being realized. This may have also been a factor leading Royers to resign as city engineer in 1907 and to go all out for a political career. There was also a lot of discord about the plan between the various groups within the Liberal Party. Traces of these frictions can be found in 1906 when Royers gave his resignation. He resigned a first time on 29 October 1906 and officially issued health problems as a reason. In the newspapers, however, a polemic arose stressing the disagreement with liberal mayor Alfons Hertogs (1843-1908) as the main raison for his departure (Le Matin, 31 October 1906; La Dernière Heure, 2 November 1906). In contrast to Royers, who was freemason, Hertogs, a general contractor active in the construction sector, was catholic and a great defender of De Grote Doorsteek. Yet, the actual decisive reason(s) for Royer's resignation remain(s) difficult to determine and presumably the answer is also versatile, whereby as Royers pointed out purely personal elements played a role as well. However, due to the press commotion, the mayor was forced to ask Royers to withdraw his dismissal request. Royers responded positive to this proposal, on the condition that he only needed to supervise the most important ongoing projects. Later, on 15 June 1907 Royers definitively resigned, this time without any commotion in the press (SAA, Personnel file Gustaaf Royers).

Three years after his resignation as city engineer, Royers pronounced his parliamentary oath in Dutch on 10 November 1910 (Parlementaire handelingen Kamer, 10 November 1910, 28). At the time both Dutch and French were official public languages, but in later discussions Royers would more and more use French, which was often used when non-Dutch speaking politicians were participating in the debate. Only Flemish radicals were continuously speaking Dutch (Beyen and Röttger, 364). The parliamentary debates illustrate that Royers showed interest in identical topics as before: mainly finances and public works. Yet, he would also actively participate in discussions about the national defense system, as there was a threat of war. Several times, Royers interrogated the Minister about the construction process of the defense systems around Antwerp, the reduit national (Parlementaire Handelingen Kamer, 17 March 1914, 183 and 29 April 1914, 231)

From 1912, Royers was also part of the Antwerp City Council, where he mainly remonstrated on education and commerce, the concerns of his VDV-fraction. His political allies also put him forward in debates where his expertise as city engineer could make an impact, particularly on commissions to do with industry and the port organization, public works and building specifications, fine arts, public health, urban planning and legislation. He occupied both of these positions, parliamentarian and city councillor, up until 1921. In that year he was directly elected as Senator. These were the first elections since implementation of universal suffrage. What should have been his crowning achievement was, however, cut short by serious and persistent problems of health.

Gustave Royers died on 30 March 1923 at the age of 75.