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Petitjean Robert (1887-1951)

Portrait de Petitjean Robert

Petitjean Robert, Charles, François libéral

né en 1887 à Ledeberg décédé en 1951 à Etterbeek

Ministre (instruction publique-sciences et arts) entre 1931 et 1932

Biographie

(Extrait du Pourquoi Pas ?, du 13 novembre 1931)

Comme les peuples, les ministres les plus heureux sont-ils ceux qui n'ont pas d'histoire ?...

Il faut poser la question préalable. Aux temps calamiteux où nous vivons, est-ce un bonheur que d'être appelé dans conseils de la Couronne et la rue de la Loi ressemble-t-elle au chemin du Paradis ? Un ministre est-il un homme heureux ?

Evidemment ça dépend des goûts. M. Dens, qui. depuis qu'il détient le maroquin que dut abandonner ce pauvre M. de Broqueville, rayonne, tel un astre naissant peut se dire et se croire heureux. mais M. Petitjean ?...

Il sera : il est déjà l’homme du jour puisqu’il a accepté la rude tâche de résoudre, au moins dans son département qui à ce point de vue est le plus important, l'insoluble problème de l'emploi des langues. La perspective des combats à livrer lui doit lui gâter un peu, s'il n'est ras un sot - et rien ne permet de dire que M. Petitjean soit un sot, - le plaisir d'être ministre. Toujours est-il que cet homme heureux, sans histoire, aura certainement demain beaucoup d'histoires. Sera-t-il toujours heureux ?

Qui le dira ? Ne jouons pas au prophète. Ne prenons pas demain à l'Eternel...

* * *

Mais M. Petitjean est-il vraiment l'homme sans histoire que M. Jaspar, tel Jupiter, tira un jour de l'obscurité par le seul effet de sa souveraine volonté ? Mettons qu’il se profilait avec discrétion dans la pénombre parlementaire. Toujours est-il que sa brusque accession dans l'Olympe ministériel provoqua, il y a quelques mois, des étonnements dont beaucoup de gens ne sont pas encore revenus. M. Forthomme, qui apprit la nouvelle en gravissant l'escalie rouge qui conduit à la Chambre, en fut éberlué au point qu'il résigna immédiatement sa charge ministérielle. Dans les conciliabules des gauches libérales, un bel émoi se traduisit par des ordres du jour plus ou moins virulents mais dont les échos furent bientôt étouffés par le los de tous ceux qui se disaient qu'après tout il y a toujours quelque chose à attendre d'un nouveau ministre, surtout dans les premiers temps de son règne. La gauche libérale accepta donc Petitjean : première victoire, première chance.

Cependant, il est incontestable qu'à ses débuts M. Petitjean n’eut pas une bonne presse. Les artistes disaient : « Il ne connaît rien à la peinture. » Les gens de lettres qui ne l’avaient jamais vu dans leurs cénacles : « C'est un politicien à peu près illettré. Encore un qui va ignorer totalement la littérature belge et même la littérature française » (au fait, dans son activité ministérielle, il semble ignorer beaucoup moins la littérature que le lettré qu'était M. Vauthier) ; les Wallons murmuraient : « C'est un Flamingant » ; les Flamingants : « C'est un Wallon, ou pire : un Bruxellois. »

M. Petitjean a eu l'adresse et le bon goût de laisser dire, de sorte qu'après quatre mois de vacances, on ne dit plus rien. On attend. On attend l'homme heureux : le chançard à l'épreuve.

* * *

Mais M. Robert Petitjean est-il vraiment le type du chançard ? C'est à voir. Dans tous les cas, il semble que, jusqu'ici, il ait mérité sa chance et que celle-ci ne lui soit venue qu’après quelques années de labeur et d'épreuve.

Elle n'était pas si rose que ça, l'existence de ce garçonnet traîné de garnison en garnison pour suivre son père officier et qui mourut colonel de cavalerie à Gand.

Le hasard de ces déplacements voulut donc que notre futur ministre naquit à Ledeberg, voici quelque quarante-quatre ans ; et cette enfance passée en Flandre valut à notre petit Robert, élevé dans un milieu de culture essentiellement française, la connaissance parfaite du flamand. Vous verrez comment, par la suite, cette connaissance le servit.

Les enfants attachés à un foyer qui se déplace sans cesse connaissent généralement une vie morose. Sans relations familiales étendues, sans attaches intimes avec le terroir. Replié sur lui-même. Robert Petitjean fut un élève studieux, appliqué, très sérieux pour son âge, mettant dans tout ce qu'il accomplissait le respect de l'ordre, de la méthode, de la minutie. Qualités précieuses qui le serviront plus tard dans sa carrière professionnelle, au barreau et dans le déroulement de son activité administrative et politique. Mais il est constant que ces qualités-là se développent au détriment des facultés d'imagination, d'originalité, aux dépens des élans extérieurs de cordialité, d'affection expansive. Au premier abord, M. Petitjean est, en effet, sec, froid, raide, avec, dans la parole, les gestes, l'attitude, quelque chose de volontaire et d'autoritaire que l'on a tôt fait d'attribuer à son origine militaire. D'autant que c'est un lutteur dont la crânerie, surtout dans les tumultueuses assemblées publiques, ne manque pas d'impressionner ses adversaires. Mais il y a dans le regard droit, franc et bienveillant, quelque chose qui dément cette raideur et qui fait taire ceux auxquels vient tout d'abord cette pensée : « Tiens, en voilà un qui a avalé sa canne. »

C'est d'ailleurs cet esprit de combativité, cette bravoure de jeune coq en bataille qui désignèrent Robert Petitjean à l'attention des chefs libéraux quand, jeune avocat inscrit au barreau de Bruxelles, il vint se mêler à la vie politique.

C'était peu d'années avant la guerre. La vague de romantisme, de sentimentalisme, quelquefois aussi d'arrivisme qui avait précipité tant de jeunes intellectuels bourgeois de la génération précédente dans le mouvement socialiste, s'était ralentie. Le libéralisme en période de renouveau sollicitait toute une jeunesse animée d'un esprit positif, réaliste, capable de reconstituer les états-majors que la fièvre démocratique avait décimés. Dans ce vaste arrondissement de Bruxelles qui compte plus de cent communes rurales flamandes, Robert Petitiean, orateur et propagandiste bilingue, fut mis largement à contribution.

D'Esschene-Lombeek à Overyssche. de Gamerages à Campenhout, notre jeune tribun parcourut tous les villages, s'efforçant de remonter le courant d'impopularité qui grâce aux petits vicaires d’une part, et aux agitateurs syndicalistes d'autre part, avaient submergé le libéralisme.

Qui dira les meetings tumultueux où, coincé entre l’hostilité tapageuse du rouge et du noir, Robert Petitjean tint tête aux apostrophes et aux vociférations de ceux qu'il osait heurter de front, dans leur mystique agressive ou dans leur frénésie revendicative.

A ce jeu-là, il finit par s'imposer à ses adversaires et même, ce qui est plus rare, à ses amis. Les routes vicinales du Brabant furent les premières avenues de sa fortune politique.

Il arriva pour ce groupe, comme pour tant d'autres, que sa conspiration permanente fut éventée et que ces patriotes de l'armée civile furent dénoncés, arrêtés et traînés devant le tribunal militaire de Hasselt. Robert Petitjean fut condamné, ainsi que ses camarades. mais, tandis que ces derniers se virent déportés et incarcérés en Allemagne dans d'infâmes geôles réservées aux condamnés de droit commun, M. Petitjean fut admis à purger sa peine au château des cent mille briques, à Saint-Gilles.

Cela, encore, c'était de la chance de la chance relative évidemment, mais de la chance tout de même. Il n'est pas étonnant dès lors qu'à l'armistice ses concitoyens de Saint-Josse-ten-Noode, sa commune d'élection, firent, sur sa personne, coup double : ils récompensèrent son civisme et utilisèrent sa fringante activité de propagandiste libéral.

* * *

La récompensa avait du prix.

Etre édile, édile à Saint-Josse-ten-Noode, cela ne manque pas de charmes, On a, pour appuyer sa popularité et soutenir son action, une population libérale jusqu'à la moelle, de ce libéralisme tout court de Henri Frick, qui s'établit au niveau moyen d'une bourgeoisie intelligente peu rétrograde, mais rebelle aux aventures. On siège dans un coquet hôtel de ville, ayant l'aspect cossu et élégant d'une bonne vieille maison patricienne emplie d'une atmosphère d'aménité, de politesse et de bon ton. Les besoins d'ordre public ne sont pas démesurés, le trésor municipal s'emplit aisément, grâce aux impôts qu'une grande ville peut frapper sur le luxe, le mouvement des affaires et même le commerce idyllique des chambres d'hôtels qui entourent les grandes gares.

Car la gare du Nord est établie sur le territoire de Ten Noeye, et les édiles du faubourg en tirent largement profit. Ils sont les premiers à recevoir les souverains da passage à Bruxelles ; la pluie des décorations qui accompagne généralement ces petites manifestations de courtoisie internationale ne tombe pas à côté de leur poitrine. Pour peu que l'on soit échevin dans cette heureuse et paisible commune, on ne court d'autre risque que de se voir pavoiser de rubans da chevalerie et de cravates de commanderie.

De plus, de temps à autre, quelque généreux mécène enrichit la commune d'un patrimoine, d'une forte liasse de billets de mille, d'une galerie d'un hôtel seigneurial, que sais-je encore ? Bref, tout allait pour la mieux pour Ten Noeye et pour son échevin, M. Robert Petitjean, quand, presque en même temps. deux malheurs survinrent.

Un fonctionnaire de marque détourna quelques millions de la caisse communale et M. Petitjean, promu à la dignité de ministre, se vit enlever par M. Jaspar à ses concitoyens en désarroi.

D'aucuns soutinrent qu'à ce moment-là il eût mieux valu, pour M. Petitjean, demeurer parmi les premiers en son village que d'accepter d'être parmi les seconds à Rome.

On dit ça, mais qu'on mette donc à l'épreuve ceux qui parlent ainsi.

D'ailleurs, M. Petitjean n'a pas abandonné ses collègues libéraux à leur sort. Il continue à siéger au Conseil communal, et l’on ne s'est même pas aperçu qu'il a troqué son habit argenté d'échevin contre l'habit doré du ministre. C'est au point que, pour souligner cette humilité, le bourgmestre Pètre, lors d'une récente solennité officielle, accorda, au milieu des sourires, la parole à « Monsieur le Conseiller Petitjean ».

Mais au fait, comment M. Petitjean est-il devenu ministre ?

Pourquoi M. Jaspar l'a-t-il choisi parmi tant d'autres, alors qu'il venait d'entrer à la Chambre et, disait-on, par chance ? Pourquoi a-t-il survécu ministériellement au naufrage du cabinet Jaspar ?

Car l'entrée de M. Petitjean à la Chambre avait paru une chance inespérée, non seulement pour M. Petitjean, mais aussi pour le parti libéral. Personne ne prévoyait, avant les élections, un tel succès des libéraux bruxellois et la conquête de deux sièges de députés. De plus. comme le « faubourisme » intervient pour une large part dans le choix des candidats de la capitale, on s'attendait, en cas de victoire, à voir les libéraux de Schaerbeek et d'Ixelles, les deux grosses citadelles bleues de la capitale, imposer leurs hommes au poll de la fédération d'arrondissement: ce fut l'homme de Ten Noeye qui décrocha la timbale, non parce qu’il était de Ten Noeye, mais parce qu'il était celui qui avait réveillé le libéralisme dans le canton de Wolverthem et autres lieux jadis la terreur des libéraux bruxellois, parce qu'il était l'élu des libéraux flamands.

Dès lors, puisqu'il fallait trouver une formule qui satisfît les Flamands et que les libéraux pussent accepter, n'était-ce pas M. Petitjean qui s'imposait ? Et le fait est que notre Petitjean a fini par faire accepter, au Sénat, la formule des commissions. Au point de vue parlementaire, c'est un joli succès ; s'il arrive au même résultat à la Chambre, ce sera un triomphe, un triomphe parlementaire bien entendu.

Sera-ce un triomphe national ? Ça, c'est une autre affaire. En sacrifiant le droit du père de famille à la conception germanique du droit de la race el de géographie, certains libéraux, dont M. Petitjean est le porte-parole, ont cru faire la part du feu ; il est bien possible qu'ils ne fassent qu'encourager les incendiaires, et peut-être, en son for intérieur. notre jeune ministre souffre-t-il de donner ainsi une entorse aux principes les plus vénérables du parti, mais il est d'une génération d'hommes politiques dont le réalisme se prévaut du fameux mol d'Henri IV : « Paris vaut bien une messe... »


(Extrait du Soir, du 16 mars 1934)

Les chèques Stavisky en Belgique

M. Robert Petitjean, sénateur, figure sur la liste des bénéficiaires. La réaction est très vive dans les milieux parlementaires belges

La liste des bénéficiaires des 1800 chèques Stavisky, livrée à la publicité à Paris, a suscité une vive curiosité à Bruxelles, en raison des révélations antérieures concernant les relations de Stavisky en Belgique, notamment avec M. Robert Petitjean.

Et voici qu’en effet, on retrouve sur cette liste le nom du sénateur belge, à quatre reprises, savoir N°G. 418739 - 13 juin 1933, 7,000 fr. ; n°C. 835,191 - 19 juillet 1933, 10,000 fr.; n°600,257 13 avril 1933. Débit pour chèque, M. Robert Petitjean 63, rue des Deux-Eglises, Bruxelles. Francs belges : 184,300. (Deux pièces jointes- ; n° D 209 200 - 29 juin 1932 - de M. R. Petitjean : 23,500.

Les dates ont ici une réelle importance, pour une double raison. C'est que, mardi, questionné par la Commission d'enquête à Paris, Guiboud-Ribaud a déclaré, à propos du rôle de M. Petitjean :

M. Petitjean était l’avocat des affaires belges de Stavisky, affaires dont la liquidation commença en septembre 1933.

D'autre part, les déclarations que M. Petitjean fit au Soir le 5 janvier dernier, lorsque son nom fut cité pour la première fois, ne visaient que des faits relatifs à la « Caisse autonome des Règlements internationaux » et remontant au mois d'octobre 1933 seulement.

* * *

Mercredi soir, nous avons demandé à nouveau à M. Petitjean si réellement il a touché les chèques, et à quel titre.

Voici ce qu'il nous a déclaré :

« Les chèques dont il s'agit sont des chèques strictement professionnels.

« Ils ont intégralement servi à faire face à des paiements imposée par les affaires traitées pour compte et en vertu de ma mission au Trust Foncier Belge.

« Mes honoraires ont toujours été payés et comptabilisés directement par le Trust lui-même. Aucun de ces paiements n'a trait à une rémunération quelconque, de quelque nature qu'elle soit.

« Quant au chèque de 184,300 francs, il vise la liquidation d'un compte effectué à mon intervention, au profit d’un tiers, bien entendu.»

Lorsque le nom de M. Petitjean fut cité pour la première fois a propos des affaires Stavisky, l'émotion fut grande dans les milieux parlementaires belges. Un ancien ministre belge, qui pouvait le redevenir demain, mêlé à cette affaire scandaleuse ? La réaction fut immédiate, et un certain nombre d'amis politiques de M. Petitjean lui firent admettre qu'il valait mieux qu'il abandonne ses mandats publics, ne fût-ce que pour conserver une plus grande liberté personnelle. Le sénateur partagea leur avis, se réservant simplement le choix du moment. En effet, M. Petitjean ne reparut pas au Sénat.

Pourtant, les choses paraissant se tasser, l'émotion première diminua, et M. Petitjean il y a quelques jours, reprit place à son banc à la Haute Assemblée.

Il revenait donc sur sa décision première de démissionner et confiait à des intimes qu'il estimait ne relever que de la gauche du Conseil provincial.

Mercredi soir, le bruit courait, après la séance du Sénat, que le groupe libéral s'était réuni sous la présidence de M. Digneffe, et qu'il avait décidé de prier M. Petitjean de démissionner sans plus de retard. I n'en était rien. Les sénateurs libéraux s'étaient bien réunis pour entendre, de la bouche de M. de Broqueville, les explications que le Premier ministre avait présentées le matin devant la droite sénatoriale au sujet de la portée de son récent discours, mais le cas de M. Petitjean n'y a pas été évoqué.

La vérité est celle-ci : M. Digneffe, en sa qualité de Président du Senat, estimait depuis une certain temps déjà qu'il avait pour devoir de faire auprès du sénateur provincial du Brabant une démarche personnelle, pour lui démontrer l'opportunité de démissionner de son mandat sénatorial. Survint la mort tragique du Roi et les événements récents qui retardèrent l'intervention de M. Digneffe.

Aujourd'hui, que le nom de Petitjean figure dans la liste officielle des bénéficiaires des chèques Stavisky et que M. Petitjean reconnaît les avoir reçus et touchés, il est vraisemblable, sinon certain, que M. Digneffe fera incessamment la représentation prévue auprès de M. Petitjean. Et, répétons-le, M. Digneffe agira ainsi comme président du Sénat, toute considération de parti demeurant exclue.


(Extrait du Soir, du 18 mars 1934)

Le sénateur Petitjean donne sa démission

Samedi après-midi, M. Octave Dierckx, président du Conseil national du parti libéral, nous a informé qu’il venait de recevoir une lettre de M. Robert Petitjean, le priant de remettre à M. Digneffe, président de la Haute-Assemblée, sa démission de sénateur provincial du Brabant.


(Extrait du Soir, du 18 mars 1934)

Le cas de M. Petitjean a, comme bien on pense, provoque également beaucoup d'émotion au Palais de Justice.

On sait que, depuis longtemps, un groupe important d'avocats poursuit un mouvement pour obtenir l'interdiction aux avocats de détenir des mandats d'administrateur de sociétés.

Ce groupe ne manqua pas, dès les débuts ; de faire remarquer que M. Petitjean était vice-président de la Caisse Autonome des prêts et grands travaux, la dernière création de Stavisky, et qu'il y figurait dans les actes constitutifs avec sa qualité d'ancien ministre.

Et une certaine agitation se manifesta, le barreau ne désirant nullement que la confusion entre les hommes politiques et les avocate s'établisse ici comme en France.

On sait avec quelle discrétion, mais aussi avec quelle sévérité, le Conseil de l'ordre exerce sa mission. Lorsque, ces derniers jours, éclata le « pétard » des chèques Stavisky, le Conseil demanda un rapport au parquet.

Ce rapport paraît établir que Maitre Petitjean, avocat-conseil de la Trufobel, recevait de cet organisme une mensualité régulière.

L'ordre prohibe ce genre de paiements, l'avocat ne peut recevoir que des honoraires pour chacune de ses interventions. Et, fait plus grave, le rapport signale que Maître Petitjean recevait cette mensualité, alors qu'il était ministre.

Or, on sait que le ministre doit cesser toute espèce d'activité professionnelle.

Dans la liste des chèques qui a été publiée, figure un payement de 23,500 fr., fait le 29 juin 1932. époque à laquelle M. Petitjean était ministre.

Maître Petitjean a fait valoir que ce chèque avait été créé à l'ordre de la Trufobel. Mais dans les milieux du barreau on estime que Maître Petitjean, ministre, n'avait plus en aucune façon à s'occuper des affaires de la Trufobel.

D'autre part, la Trufobel avait créé une société civile d'obligataires. dont les obligations devaient être gagées par des titres de rente belge.

Cette affaire dût être liquidée lorsque survint la liquidation de la Trufobel. Les obligataires, lésés, avaient désigné Maître Petitjean comme séquestre avec mission d'obtenir pour eux le plus grand remboursement possible.

Or, Maître Petijean fût nommé liquidateur de la Trufobel. Il avait donc ainsi la charge de deux intérêts opposés, ce qui paraît aussi contraire aux règles de l'ordre.

Aussi, croyons-nous savoir que Maître Petitjean va être invité à s'expliquer.