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Laboulle Alfred (1865-1947)

Portrait de Laboulle Alfred

Laboulle Alfred, Edouard socialiste

né en 1865 à Wéris décédé en 1947 à Rocourt

Ministre (travaux publics) entre 1925 et 1926

Biographie

(Extrait du Peuple, du 17 septembre 1947)

Samedi, vers 15 heures, s’éteignait à Rocour, près de Liège, notre vieux camarade Laboulle, dont la vie entière fut consacrée au Parti et à la classe ouvrière.

Il était âgé de 82 ans et seule la robustesse de sa constitution fit qu'il supporta, il y a trois mois, une opération très dangereuse.

Depuis, il luttait contre la mort, qui, hélas ! vient de le ravir à l'affection des siens et du Parti.

D'une intelligence rare, d'une subtilité d'esprit peu commune, ses interventions, à tous les échelons du Parti et dans sa vie de mandataire public étaient, pour ceux qui les écoutaient, autant de leçons profitables.

Aucun problème ne lui échappait, qu’il fût de doctrine ou d'organisation. car il était un militant complet.

Et dans les dernières années de sa vie surtout. ses conseils marqués au coin de la plus fine spiritualité, étaient goûtés et suivis par de nombreux militants.

C'est avec une infinie tristesse que nous avons appris cette pénible nouvelle - que nous ne livrons qu'aujourd'hui à nos lecteurs sur la demande de la famille désirant que ses funérailles qui auront lieu ce mardi se déroulent dans la plus stricte intimité.

Notre journal et avec lui le Pati tout entier présentent à son épouse, notre camarade Marguerite Laboulle, son fils Gaston et toute la famille l'expression de ses condoléances émues et fraternelles.

* * *

Sa vie

Militant du P.O.B.

AIfred Laboulle est né à Wéris, dans le Luxembourg, le 12 août 1865 : employé, puis voyageur de commerce, il rallie, très jeune, les premières organisations ouvrières : affilié au P.O.B.. il en devient rapidement un des plus actifs militants et sera bientôt un des dirigeants les plus avertis et les plus estimés.

Conseiller provincial

En 1896, à l'âge de 31 ans, il entre au conseil provincial, où il représente le district de Fléron. Il y sera le porte-parole et le défenseur le plus vigilant de la classe ouvrière, s'intéressant spécialement aux questions financières et économiques. Une intervention vigoureuse et décisive sur les dangers des émanations de fumées de Prayon-Trooz le signale à l'attention de tous.

Député permanent

Quatre ans après son entrée au Conseil, il est nommé député permanent ; il remplira ce mandat pendant 25 ans au sein d'une députation libéralo-socialiste. Spécialisé dans les questions budgétaires de la province, il sera d'une grande aide au Parti et à l'Union Coopérative. Mais à un homme tel que Laboulle, aucun domaine n'est étranger : dès 1913, l'aménagement de la colonie de Lierneux retint son attention.

Après la guerre, il est le promoteur de cet admirable réseau d’établissements sociaux et hospitaliers qui fait, aujourd'hui, honneur aux mandataires socialistes et à la province de Liège. Il est le créateur, puis l'administrateur de nombreux établissements d'enseignement technique, agricole ou professionnel.

Le problème du logement et de l'habitation se pose : seules des solutions hardies peuvent le résoudre. Homme de progrès, généreux mais réaliste, Alfred Laboulle préconise ces solutions qui ne tarderont pas à porter leurs fruits.

En 1921, Alfred Laboulle, aidé par ses camarades députés permanents et par le groupe socialiste du conseil, est le promoteur du Service des Loisirs de la province de Liège. Il en suit les travaux, améliorant et perfectionnant sans cesse cette admirable réalisation.

Sénateur

En 1925, il quitte la députation permanente et le conseil provincial le présente comme sénateur. Là encore, il rendraà la classe ouvrière d'inestimables services.

En 1926, au plus fort de la crise économique et financière, le Parti ouvrier fait confiance au gouvernement Poullet-Vandervelde pour redresser une situation particulièrement grave. Alfred Laboulle, homme probe, consciencieux et compétent, est chargé du portefeuille des Travaux publics. Jusqu'à la chute de ce gouvernement d’assainissement financier, Alfred Laboulle reste à la tâche, toujours à la disposition de son parti et du pays.

Alfred Laboull est élu, en 1936, sénateur direct, et Logen, de l'Union coopérative. le remplace comme sénateur provincial. Alfred Laboulle restera au Sénat jusqu’en 1945. Aux élections législatives de février, Alfred Laboulle renonce à son mandat.

C'est dans un silence profond et au milieu de l’émotion générale qu'Alfred Laboulle renonça à ce mandat, se retirant de la vie politique.

Ce fut l'occasion pour ses amis de lui manifester, un soir dans la vieille Populaire qu'il aimait tant, dans un élan spontané et généreux, leur sympathie et leur admiration.

Peu après, AIfred LabouIIe s’alita : sa robuste constitution devait heureusement lui permettre de résister au mal qui le minait et bientôt, il entrait en convalescence.

Hélas ! une grave et pénible opération vint à bout de sa résistance physique et nous l’enlevait irrémédiablement dans l'après-midi de samedi.

Sa vie fut un exemple : sa mémoire sera respectée par tous ceux qui le connurent.


Voir aussi :

1° NEUVILLE J, Laboulle Alfred, Laboulle, Alfred, sur le site du Maîtron (consulté le 31 mars 2026)

CES TILFFOIS-E-S QUI NOUS ONT PRECEDE-E-S (exposition organisée à Tilff en 2003), pp. 49-50 (consulté le 31 mars 2026)