Houtart Maurice, Jules, Marie catholique
né en 1866 à Tournai décédé en 1939 à Bruxelles
Ministre (finances et colonies) entre 1926 et 1932 Représentant 1918-1925 , élu par l'arrondissement de Tournai-Ath(Extrait du Courrier de l’Escaut, du 2 février 1939)
M. le baron Maurice Houtart est décédé à Bruxelles ce mercredi, à 2 heures.
M. le baron Houtart eut un rôle éminent dans la politique financière de la Belgique, qu'il fut appelé à diriger durant des années particulièrement difficiles.
M. le baron Houtart est né à Tournai le 5 juillet 1866.
Il entra dans la politique en 1894 conseiller provincial du Hainaut, puis fut, de 1908 à 1916, conseiller communal et échevin de Tournai.
Après la guerre il fut élu député de l'arrondissement de Tournai-Ath et en 1925 passa de Chambre au Sénat. Il occupa un siège à la Haute assemblée jusqu'en 1936.
En 1926, M. le baron Houtart assuma la lourde charge du ministère des Finances. Il redressa notre situation financière et put procéder ensuite à d'importants dégrèvements.
Au remaniement ministériel de 1932, il quitta l’équipe gouvernementale. Le Roi le nomma ministre d’Etat en reconnaissance pour les importants services rendus au pays.
M. le baron Houtart avait représenté la Belgique à la conférence de La Haye.
M. le baron Houtart était un orateur de grande clase. Son talent savait rendre attrayants les plus arides discours d'ordre financier.
La clarté de ses exposés en tous domaines était remarquable.
L'érudition de M. le baron Houtart était très étendue ; art, histoire, archéologie étaient pour lui des domaines familiers.
Avec M. le baron Maurice Houyart disparaît un grand serviteur de la nation, qui honora son pays et sa Cité.
Le défunt était Grand-Croix de l'Ordre de la Couronne et Commandeur de l'Ordre de Léopold.
(Extrait du La Nation belge, du 2 février 1939)
Le baron Maurice Houtart est mort.
Ce descendant d’un gentilhomme-verrier, qui fonda dans le Tournaisis au temps de Marie-Thérèse, une industrie florissante, naquit en 1866. Après avoir fait de solides études, il s'intéressa - car tout l’intéressait – à la politique. Comme beaucoup de grands bourgeois. Il fut conseiller provincial du Hainaut pendant dix ans, puis conseiller communal, puis échevin de sa bonne ville de Tournai. Et ce fut la guerre. On souffrait en pays occupé. Le baron Houtart se mit à la disposition de ses concitoyens, fut de toutes les œuvres d’assistance, travailla au sein du Comité national de ravitaillement, fit autour de lui tout le bien qu'il pouvait faire.
Après la bourrasque. les catholique tournaisiens l'envoyèrent à la Chambre. Et, tout de suite, à Bruxelles, on comprit qu'il serait un jour ministre.
- Ce Houtart, disait-on, est une compétence financière… Il ira loin. Vous verrez…
M. Theunis avait le portefeuille des Finances. M. Theunis, parfois, parlait de se retirer. Alors, on citait le nom du député de Tournai. La grande crise de 1926 éclata. M. Jaspar alla le chercher et - M. Francqui ayant accepté de s'occuper du Trésor - le baron Houtart, qui était sénateur depuis un an, s'occupa, lui, des Finances. Les deux hommes, qui se connaissaient et qui avaient travaillé ensemble en 1924, pendant de la Commission Dawes, des mesures sévères, on s'en souvient, destinées à stabiliser le franc. puis, M. Francqui s'en alla. Et le baron Houtart resta seul devant les coffres-forts de l'Etat qui - c’était le bon temps - se remplissaient assez facilement. Il parvint à faire accepter ses projets de dégrèvement de certains impôt. Mais des difficultés survinrent et, en 1932, le baron Houtart, abandonnant son portefeuille à M. Renkin, put retourner à d'autres occupations qui étaient, depuis toujours, celles de sa famille : les occupations financières. Il put aussi retourner à ses études historiques et archéologiques.
On a dit de lui qu'il avait les manières cordiales de cette bourgeoisie industrielle dont s'honore un pays comme le nôtre. C’est exact. Cordial, il l'était avec tout le monde, les grands et les petits, les riches et les pauvres. Courtois, patient et tenace, il savait ce qu'il voulait. Causeur étincelant, orateur habile, il fut acclamé partout où il se présenta. Un jour - pourquoi n'y aurait-il pas place ici pour une courte anecdote - il prit la parole à un des dîners du Comité France-Belgique et plaça l'amitié des deux nations sous le signe de Jeanne d'Arc en rappelant les relations légendaires de Tournai et de la Lorraine. Il parla ainsi de la sainte, du libre-échange, du maréchal Foch et des surtaxes d'entrepôt. Et ce toast fut un régal, un morceau de choix. A tel point qu'un convive français dont nous avons oublié le nom - cela se passait en 1920 - demanda à son voisin : « Quel est donc ce député belge qui a tant de tact et d’esprit ? » Le voisin en question répondit : « C'est le baron Houtart - Il paraît que c'est un type très bien »
Le baron Houtart. qui disparait à 73 ans, était ministre d'Etat, président de la Banque de Bruxelles et président honoraire de la Brufina. Il était titulaire de nombreux ordres nationaux et étrangers : grand-croix de l'Ordre de la Couronne, commandeur de l’Ordre de Léopold, officier de la Légion d’Honneur, grand-cordon du Nil, grand-cordon de Pie IX, etc.
(Extrait de Vers l’Avenir, du 2 février 1939)
On annonce la mort, survenu le 1er février, du baron Maurice Houtart, ministre d'Etat.
Le baron Houtart était né à Tournai le 5 juillet 1966. Ancien ministre des Finances, ancien membre de la Chambre des Représentants, ancien sénateur, il avait représenté la Belgique à la Conférence de La Haye.
Il était président de la Banque de Bruxelles, président honoraire de la Brufina. Le baron Houtart était titulaire de nombreuses distinctions honorifiques, notamment le Grand Cordon de l'Ordre de la Couronne, la Commanderie de l’Ordre de Léopo!d, les Grands Cordons de l'Ordre de Pie XI et du Nil, la Grand-Croix de l'Ordre des Trois Etoiles., la plaquette de Grand Officier de la Légion d 'Honneur, etc.
Le baron Houtart était propriétaire du château de Gesves, dans notre province, et il y faisait de fréquents séjours. II a publié, dans « Les Annales de la Société Archéologique de Namur » une magnifique étude sur le village de Gesves depuis ses origines, se servant entre autres documents, des précieuses archives conservées au château de Gesves.
De 1894 à 1904, il avait été conseiller provincial du Hainaut, et de 1908 à 1916, il fit partie du Conseil communal de sa ville natale, dont il fut échevin.
Pendant la guerre, le baron Houtart avait collaboré au Comité national et à de nombreuses œuvres d'assistance.
Il avait été élu membre de la Chambre des Représentants le 28 novembre 1918 et y avait siégé jusqu'en avril 1925. Le 5 avril de la même année, il avait été élu sénateur et il prit dès 1926 le portefeuille des Finances.
Le défunt tint dans le Tournaisis qu'il représenta longtemps au Parlement, une place de premier plan comme défenseur des idées catholiques.
En se retirant de la vie publique, le baron Houtart a pu consacrer aux études historiques qui lui étaient chères, les dernières années de sa vie.
Le défunt était vice-président de la Société historique de Tournai et de la Société d'histoire et d'archéologie. Il faisait également partie du Conseil héraldique et de la Commission chargée d'étudier la situation économique du pays.
Comme ministre des Finances, il eut la lourde charge de gérer les intérêts du pays dans des moments difficiles, et il s'acquitta de sa tâche avec sa compétence financière qui était indiscutable.
Gentilhomme courtois, descendant d'un gentilhomme verrier qui fonda une importante industrie dans le Tournaisis à l'époque de Marie-Thérèse, il était, par sa mère, née de la Vigne, l'arrière-petit-fils de Barthélémy Dumortier et le petit-neveu du général Goblet d'AlvielIa.
Le parti catholique perd dans le baron Houtart un de ceux qui l'ont bien servi, le pays, un dirigeant d'élite.
(Extrait de La Libre Belgique, du 2 février 1939)
Le défunt était né Tournai le 5 juillet 1866. II appartenait une ancienne famille de banquiers du Tournaisis. Sea origines le destinaient aux affaires financières. Mais la politique l'attira. A 28 ans, en 1894, après avoir conquis son diplôme de docteur en droit, il devenait conseiller provincial du Hainaut et le resta jusqu’en 1904.
Peu d'années après, en 1908, il était élu au conseiller communal de Tournai et se vit aussitôt confier un échevinat. Il resta échevin jusqu'en 1916.
Pendant la guerre, il fut membre du Comité national de secours et d'alimentation et de nombreuses œuvres d'assistance.
Le 28 novembre 1918, il fut élu député. Il le resta jusqu’en 1925.
Le baron Houtart fut rapporteur du budget des Finances au temps du gouvernement Delacroix. Ce rut, pour cet homme averti des choses financières, l'occasion de lancer au Parlement et au pays les premiers avertissements quant à la nécessité de pratiquer en matière financière une politique prudente et saine.
Woeste devina tout de suite dans le rapporteur l'homme politique appelé a un brillant avenir, et il souligna devant la Chambre l'importance et la qualité exceptionnelle du rapport présenté par le baron Houtart.
En effet, élu sénateur en avril 1925, le baron Houtart entra dans le cabinet Jaspar en 1926, comme ministre des Finances. Cette charge éminente et délicate, il l'occupa et l'on se rappelle qu'il y fit autorité. Avec Francqui, il s’attacha à réparer le désastre de la débâcle financière de 1926, et fit tant et si bien que quatre ans plus tard, il pouvait présenter des projets de dégrèvement d’impôts. C’est en qualité de ministre des Finances qu'il représenta la Belgique à la Conférence financière de La Haye en 1928.
En 1932, le baron Houtart quitta le ministère et ne joua plus au Sénat qu'un rôle assez effacé. En 1936, il ne sollicita plus le renouvellement de son mandat.
Cet homme distingué et érudit, membre de sociétés d'histoire et d'archéologie, et qui avait publié plusieurs écrits sur ces questions, avait-ressenti quelque amertume de n'avoir pas été écouté ? Ministre des Finances, il avait multiplié les appels à la prudence, dénoncé les charges sociales dont, d'année en année, le poids pesait davantage sur le budget de l'Etat. En vain. Il renonça à la politique pour retourner ses livres d'histoire, d'art et d'archéologie, et à ses fonctions de président du conseil d'administration de la Banque de Bruxelles.
Membre du Conseil héraldique, esprit cultivé, intelligence particulièrement fine, le baron Maurice Houtart était un homme d'un commerce très agréable. La délicatesse de son cœur, la distinction de ses manières, l'élégance et le charme de sa parole, révélaient dès l'abord le chrétien d'élite t un homme d'u agréable. La délicatesse de son cœur, la distinction de ses manières, l'élégance et le charme de sa parole, révélaient dès l'abord le chrétien d'élite qu'il fut toujours, le grand seigneur et l'homme du monde.
Le baron Houtart était titulaire de nombreuses distinctions honorifiques, notamment grand cordon de l'Ordre de Pie IX.
II fut, à notre souvenir, le seul ministre des Finances, qui accomplissait ce tour de force d'exposer une matière aride et même ennuyeuse pour beaucoup, avec une telle clarté, une telle ordonnance et dans un langage si choisi que la finance apparaissait non plus comme une science ou une technique, mais comme un art.
Nous prions la famille du baron Houtart d'agréer l'hommage de nos chrétiennes condoléances.