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Eekelers Willem (1883-1954)

Portrait de Eekelers Willem

Eekelers Willem socialiste

né en 1883 à Berg décédé en 1954 à Bruxelles

Ministre (intérieur et santé publique-hygiène) en 1939.

Biographie

(Extrait du Peuple, du 19 mai 1954)

Mardi matin nous parvint la pénible nouvelle : Willem Eekelers, terrassé par un mal affreux, était décédé.

En Willem Eekelers, les socialistes d'Anvers, le parti tout entier, perdent un militant de toute grande classe.

Il naquit en 1883 et, comme la plupart des militants de cette époque déjà lointaine, il était fils d'un humble travailleur.

Lui-même dut, dès sa sortie de l'école primaire, aider à gagner la subsistance de la famille.

Dans la Métropole, des apôtres du socialisme et du syndicalisme montraient aux ouvriers la voie de l’organisation et de puissance de l'unité. Willem Eekelers fut bientôt séduit par leurs paroles d'espérance.

Aux usines « Minerva », où il était occupé en qualité de mécanicien, il fut investi de la confiance de ses camarades de travail, qui en firent leur délégué auprès de la Fédération anversoise des métallurgistes.

Eekelers devint bientôt un des membres les plus influents de cette fédération.

Lorsque, en 1911, fut créée en Belgique la Centrale des métallurgistes, qui devait devenir l’organisation la plus puissante du pays, celle qui fournit une série impressionnante de dirigeants des œuvres que le Parti créa ultérieurement, Eekerers en fut un des premiers secrétaires permanents.

Vint la guerre de 1914.

Au moment de l’évacuation d'Anvers, un grand nombre de dockers. de diamantaires et de métallurgistes gagnèrent l'Angleterre pour s'y mettre au service des Alliés.

C'est encore à Willem Eekelers qu'il fut fait appel pour les organiser solidement. Et l'on vit alors se réaliser cette chose inimaginable jusqu'alors : la création d'un syndicat belge en Angleterre, doté d'un statut spécial et connaissant une vie parfaitement autonome. Ses dirigeants eurent à plusieurs reprises à défendre leurs membres contre l'incompréhension d'un patronat peu familiarisé avec les méthodes syndicales du continent.

Lorsqu’il rentra au pays, Willem Eekelers fut proclamé président du P.M B. (Fédération provinciale des métallurgistes d'Anvers).

En avril 1921 il devint conseiller communal de la Métropole, et en 1927 il est investi de la charge d'échevin, qu'il occupa jusqu'en ces derniers temps, sauf une brève interruption.

Il fut aussi ministre de l'Intérieur en 1939 et détint ensuite les portefeuilles de l'Intérieur et de la santé publique.

En septembre 1944, il redevint, à Anvers, échevin de l'Instruction publique, et d'août 1946 à avril 1947, il assuma la charge de bourgmestre intérimaire de la Métropole.

Eekelers était le du « self made man ». II apprit le français, l'anglais et l'allemand.

Membre d'une foule de comités et président de nombreuses œuvres communales et intercommunales, il déploya partout une activité débordante.

Bâti à la hache en plein chêne, c'était une sorte de force de la nature.

Il était grand officier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix Civique de première classe, honoré de la médaille d'argent de la Reconnaissance des Pays-Bas et grand officier de l'Ordre suédois de l'Etoile Polaire.

Le défunt fut également directeur et administrateur de la Volksgazet. Il présidait l'œuvre « Kindervreugd » qui organise chaque année des échanges scolaires entre Anvers et Rotterdam.

Eekelers était souffrant depuis plusieurs mois.

* * *

Il est pratiquement impossible de résumer ici toute l'activité parlementaire d'Eekelers. Elle est tellement vaste qu’un volume suffirait à peine à la contenir.

Dès la fin de la première guerre mondiale, Eekelers prit une part active aux débats parlementaires.

Auteur de nombreux exposés sur différents sujets, il fut également à l'origine de dizaines de propositions de loi et membre de nombreuses commissions parlementaires.

Dès 1920, il interpellait avec Huysmans sur les défaillances du gouvernement quant aux mesures prises pour le ravitaillement, sur la pénurie de charbon, sur l'arrêt total de l'industrie lié au chômage.

A la même époque il interpella au sujet de la pénurie de logement.

Il prit une part active aux pourparlers concernant l'instauration de la journée de huit heures et de la semaine des quarante-huit heures.

Il participa aussi aux débats concernant l'emploi de la langue flamande dans l'administration et déposa une proposition de loi sur l'instruction obligatoire.

De 1920 à 1921, il défendit avec fougue les fils d'ouvriers dans les discussions sur le temps de service militaire.

Aucun problème ne le laissait indifférent, qu'il se soit agi de l'enseignement, de la santé publique, d'affaires intérieures ou extérieures.

Il s'indigna de voir les combattants de 1914-18 abandonnés par le gouvernement. Il prit égalementune part active à la Constituante de 1920, dans le sens d'une plus grande démocratisation. En 1922, il déposa une proposition de loi en faveur de l'instauration du repos dominical, intervint dans les pourparlers au sujet de la grève des tramwaymen anversois.

En 1923, alors qu'un gouvernement fanatique avait mis à pied des milliers de travailleurs des chemins de fer, il prit violemment la défense des grévistes.

A toutes les mesures favorables à Anvers, à son port et la navigation sur l'Escaut il donna son appui. Les grèves des dockers de la Métropole furent pour lui l'occasion de houleux débats, notamment avec Straus.

En 1926, il est l'actif réalisateur de ce qui deviendra le tunnel sous l'Escaut.

Ses interventions dans les questions de contingent militaire sont célèbres et les gouvernements les craignaient.

Eekelers était un parlementaire du genre combattif.

Pendant la période de l'entre-deux-guerres il fut le partisan acharné d'un désarmement général.

Lorsque les rexistes et les V.N.V. entrèrent au Parlement, il se fit défenseur courageux des valeurs démocratiques. Il ne faisait pas bon à ce moment de se trouver dans ses parages. Surnommé le « Boxeur », il lui arrivait effectivement d'en venir aux mains.

Défenseur fidèle de la cause flamande, il fut cependant avant tout partisan d'une Belgique unie.

On se souviendra de ses interpellations faites avec Jamar, Troclet, Fisher, Melkman, Anseele (père), Vandervelde et autres grands noms du Parti ; de la part qu'il prit dans la lutte contre l'alcoolisme ; de sa lutte contre le Premier ministre de Broqueville au sujet des incidents du Borinage.

Il exigea l'institution de commissions d'enquête pour certaines affaires (financières notamment).

Défendit avec Van Acker les contrats collectifs contre le Premier ministre Theunis.

S'éleva contre l'interdiction de certaines manifestations politiques.

Membre de la commission pour la naturalisation, il aia beaucoup de gens.

Le 10 janvier 1948, fut fêté son 25e anniversaire comme membre du Parlement. A la fin de son mandat, il proposa encore plusieurs perfectionnements pour les lois provinciales et communales.

Prit plusieurs initiatives en faveur du personnel enseignant et renonça enfin lui-même à se porter candidat une fois de plus.


Voir aussi : Amsab-ISG – HUNIN J., Eekelers Willem, sur le site de la Digitale Encyclopedie van de Vlaamse Beweging (consulté le 28 avril 2026)