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Denis Henri (1877-1957)

Portrait de Denis Henri

Denis Henri, Jean, Charles, Eugène (indéterminée)

né en 1877 à Marbais décédé en 1957 à Saint-Gilles

Ministre (guerre) entre 1936 et 1940

Biographie

(WANTY E., Denis, Henri, dans Biographie nationale de Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1976 t. 39, col. 258-261)

DENIS (Henri-Jean-Charles-Eugène), lieutenant général et ministre de la Défense nationale, né à Marbais (Brabant) le 10 septembre 1877, décédé à Saint-Gilles le 19 janvier 1957.

Henri Denis effectue une belle carrière militaire type. Il entre à l'Ecole Militaire en 1895 et devient sous-lieutenant au 1e r régiment d'artillerie en 1900. Entré à l'Ecole de Guerre en 1905, il est lieutenant en 1906, adjoint d'Etat-Major en 1907, capitaine en second en 1912, capitaine-commandant en mai 1914. Le 1er août 1914, Henri Denis rejoint l'Etat-Major de la 18e brigade mixte. Evacué le 22 octobre 1914 à la suite d'un accident, il est affecté au Ministère de la Guerre au Havre. En mai 1915, sur sa demande, il rejoint le front au régiment d'artillerie lourde. En février 1917, Denis devient commissaire militaire du réseau des chemins de fer de campagne belges et y restera jusqu'en 1920. Nommé major le 26 septembre 1917, il se spécialise dans les questions de transports et devient, en mars 1920, chef de division à la Direction des Transports, puis entre à la 4e section de l'Etat-Major Général de l'Armée (Transports et Ravitaillements). Lieutenant-colonel le 26 mars 1922, il est nommé en février 1927 chef de la section A de l'E.M.G.A. (Instruction et Education Physique). Colonel en juin 1927, général-major en septembre 1931 et commandant de la Province de Namur, Henri Denis devient en 1933 le Commissaire de la Commission de réseau. Lieutenant général le 26 décembre 1934, il est désigné pour commander la 3e division d'infanterie ; en 1935 il commande le IIIe Corps d'Armée et la 3e circonscription militaire.

Survient alors un tournant décisif dans cette carrière.

Ses qualités reconnues de méthode et d'organisation, peut-être aussi ses tendances libérales, le font choisir comme ministre de la Défense nationale dans le cabinet triparti formé en novembre 1937 par Paul-Emile Janson [Note du webmaster : Henri Denis était auparavant entré dans le second cabinet Van Zeeland, en juin 1936]. Il sera maintenu à ce poste dans le cabinet Spaak du 15 mai 1938, remanié le 21 janvier 1939, puis dans le cabinet Pierlot du 23 février 1939, remarié le 18 avril 1939, puis, une fois encore le 5 janvier 1940. Technicien il sera donc ministre dans six gouvernements successifs. A ce titre il est l'administrateur et l'organisateur des forces armées, y apportant son esprit de méthode, son expérience et son esprit de décision. A aucun moment il n'aura autorité pour les opérations militaires.

Il est des quatre ministres qui ont une pénible entrevue avec le roi Leopold III au château de Wynendaele le 25 mai 1940, tentent d'obtenir son repli vers la France, et, devant son refus, se désolidarisent de lui.

Le cabinet de la Défense nationale fut replié sur Poitiers le 23 mai ; le ministre l'y rejoignit pour répartir dans cette région les vingt-sept services qui relevaient de son autorité. Il organisa avec une certaine efficacité les nombreux éléments belges repliés dans le Sud-Ouest de la France, notamment les centres de renfort et d'instruction (C.R.I.) groupant 53.000 hommes. Les centres de recrutement de l'Armée belge (C.R.A.B.) totalisant 80.000 jeunes gens relevaient du ministère du Travail.

Le général Denis eut une attitude conforme à la politique du gouvernement belge : le 4 juin, refus à la demande britannique de mettre les navires et les marins belges à la disposition de la Grande-Bretagne et rejet de la proposition de céder du matériel d'aviation anglais à la Belgique à la condition que le personnel de la force aérienne belge passe en Grande-Bretagne. Le 15 juin, le lieutenant général Wibier, commandant des C.R.I., veut placer deux de ces derniers, installés près du Rhône, à la disposition des Français pour lutter contre l'agression italienne. Le ministre de la Défense nationale lui répond le 19 juin :

« Le gouvernement belge a décidé de lier son sort à celui de » la France. Il restera avec les troupes et la population belge en France. Il convient d'éviter tout combat ou toute action armée contre l'envahisseur ». Il fait prendre des contacts avec les autorités allemandes le 25 juin et le 2 juillet à Bordeaux, le 20 juillet à Bruxelles, pour négocier, sans résultat notable, le rapatriement des troupes.

Lorsque le siège du Gouvernement fut transféré à Londres en 1940, plusieurs ministres, parmi lesquels le général Denis, décidèrent de rester temporairement en France et remirent au Premier Ministre une lettre de démission marquant leur intention de mettre fin à l'exercice de leurs fonctions. Dans la lettre par laquelle Pierlot en informe De Vleeschauwer et Gutt le 2 septembre, il ajoute cependant que le général Denis serait disposé à les rejoindre en Angleterre. Les circonstances ne le permirent pas. Ayant déjà atteint l'âge de la retraite en septembre 1938, le général Denis se retire dans le Midi de la France. Il va s'établir en Suisse le 31 août 1943 et y réside désormais, replacé le 30 septembre 1944 par le gouvernement belge dans la situation de pensionné.