De Schryver August-Edmond catholique
né en 1898 à Gand décédé en 1991 à Gand
Ministre (agriculture, intérieur, justice, affaires économiques, classes moyennes, intendance-ravitaillement-reconstruction et colonies) entre 1935 et 1960August-Edmond De Schryver est né le 16 mai 1898 à Gand, dans une famille de commerçants et d’industriels originaire d’Eeklo et de Gentbrugge, d’opinion libérale.
Il entame ses études au collège Sainte-Barbe à Gand et, pendant la Première Guerre mondiale, dans un collège de Jésuites anglais. Il poursuivra par la suite ses études à l’université de Gand où il obtiendra ses diplômes en droit ainsi qu’en sciences politiques et sociales (1921). Ces diplômes lui permettent de devenir avocat à la Cour d’appel de Gand (1921-1956) et membre du conseil de la Conférence flamande du barreau.
Il se marie avec Maria Scheerders avec qui il aura pas moins de dix enfants.
De Schryver participe activement à la société associative gantoise : conseiller des organisations ouvrières chrétiennes, président de la section de la Ligue des anciens combattants flamands de Gentbrugge, rôle actif dans le mouvement franciscain laïc. Cette implication lui permet de se faire connaître et d’entamer une longue carrière politique dont les principales étapes sont les suivantes : député de l’arrondissement Gand-Eeklo (1928-1965) ; secrétaire de l’Union catholique (1933-1935), président des Vlaamse Katholieke Jonge Wachters (1928-1934), secrétaire (1931-1938) puis président (1938-1940) du groupe parlementaire catholique flamand ; ministre de l’agriculture (1935-1936), de l’intérieur (1936-1937) et de la justice (1939).
Son action politique au cours de l’entre-deux-guerres se déploient notamment dans la défense des droits linguistiques flamands. Contrairement à d’autres flamingants de cette époque, il ne cherche pas à s’émanciper de l’Etat belge mais estime que l’émancipation flamande peut très bien se réaliser par une meilleure représentativité de la Flandre dans les postes de direction, et notamment dans des domaines qui étaient jusqu’alors traditionnellement réservés aux francophones (justice, affaires étrangères…) A ce titre, Il est représentatif de la nouvelle élite flamande catholique montante. Dans le même esprit, sa candidature comme tête de liste catholique à Gand en 1932 contribue à réduire fortement l’influence de l’élément francophone et conservateur dans le parti catholique de cette ville.
Au niveau strictement personnel, Auguste De Schryver, dispose d’un bagage culturel et social qu’il en fait une figure raffinée et aristocratique, hautement instruite et cultivée, qui se concrétise notamment par sa connaissance des langues étrangères.
Lors de la défaite de mai 1940, il préfère ne pas suivre Pierlot et Spaak à Londres. Il finit toutefois pas changer d’avis et se rend dans cette ville en juillet 1942. Après de vives polémiques et une période de plusieurs mois, au cours de laquelle il effectue plusieurs missions en Amérique, il est quand même en tant que ministre de l’Intérieur dans le gouvernement belge (avril 1943).
Son rôle ministériel se perpétuera encore dans les premiers mois qui ont suivi la Libération, période au cours de laquelle il joue encore un rôle assez important dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel et dans les mises en œuvre des mesures en matière de répression et d’épuration. C’est lui notamment qui signe, au nom de la Belgique, la Charte des Nations-Unies.
Au cours des quinze années suivantes, son action fut considérable dans la réorganisation du parti catholique. Il est par exemple l’un de co-fondateurs du CVP/PSC et devient président de ce parti de 1945 à 1949. Il contribue à ce titre à rajeunir le mouvement catholique et à le rendre plus populaire et plus social. Il se heurte toutefois dans cette tentative de réforme à des résistances assez marquées de la part des groupes sociaux traditionnels et de l’Eglise qui freine la déconfessionnalisation souhaitée par De Schryver.
Bien qu’il ait eu une longue carrière politique, De Schryver n’a pas attaché son nom à une initiative législative particulièrement importante. Son influence n’en est pas moins marquée et on lui doit notamment ce sens du compromis et du pragmatisme qui a contribué à assurer la cohésion de son parti et à atténuer les conflits idéologiques et communautaires avec les autres partis. Il s’était notamment fait une spécialité des missions d’information et des concertations informelles avec des personnalités comme Paul-Henri Spaak, Achille Van Acker, Edward L. J. M. Eyskens et P.W. Segers. Dans ses mémoires, Gaston Eyskens l’a qualifié pour cette raison de « grand homme politique de l’histoire belge », d’ »homme d’Etat de stature nationale ». Sa nomination comme ministre d’État en juillet 1948 avait déjà consacré ce statut.
Ministre du Congo en 1959-0960, ses compétences de démineur politique vont toutefois se heurter aux événements qui ont conduit à l’indépendance, le monde politique belge, De Schryver y compris, étant trop soucieux de défense avant tout les intérêts de la métropole. Il doit en conséquence faire face à une décolonisation incontrôlable et rapide.
De même, par la suite, la radicalisation communautaire le déborde et marginalise son influence politique au cours des dernières années de son mandat parlementaire qu’il abandonne définitivement en 1965. Il se met par la suite au service d’organisations associatives catholiques (mouvement Pax Christi, aide aux réfugiés, associations tiers-mondistes et de développement).
Il meurt à Gand le 5 mars 1991.
(Biographie réalisée à partir d’une biographie réalisée par KWANTEN G. (lieu, éditeur et date inconnus), disponible sur le site de la KUL (consulté le 16 avril 2026)