Verdure Philibert, Florent socialiste
né en 1857 à Mons décédé en 1939 à Mons
Représentant 1918-1919 et 1924-1932 , élu par l'arrondissement de Mons(Extrait du Peuple, du 29 juillet 1939)
On nous fait part du décès de notre ami Philibert Verdure, conseiller communal, à Mons.
Philibert Verdure, qui nous avait rendu visite il y a quelque huit jours, s'est éteint jeudi soir, à son domicile, 17, rue de Saint-Denis, à Mons.
C'est un vieux serviteur du P.O.B. qui disparaît, après avoir milité dans nos rangs durant plus d'un demi-siècle.
Philibert Verdure était né Mons, le 15 septembre 1857.
Journaliste, il avait d'abord appartenu à' la rédaction d'un organe radical, La Tribune, qui s'éditait à Mons. Puis il devint correspondant du Peuple. II fonda, par la suite, avec les dirigeants disparus de la Fédération boraine, L'Avenir du Borinage qu'il ne quitta que lors de son entrée à la Chambre en 1919.
Philibert Verdure siégea au Parlement pendant une dizaine d'années. II s'y occupa activement des questions se rapportant au sort des ouvriers et plus particulièrement ceux du chemin de fer, témoignant du plus grand dévouement, en faveur de ceux dont il s'était fait le défenseur.
Par la suite, en raison de son âge avancé, il cessa de représenter sa candidature à la députation, mais il resta au Conseil communal de la ville de Mons, aux intérêts de laquelle le regretté défunt se consacra avec une totale abnégation.
Philibert Verdure était resté fidèle à ses principes socialistes et anticléricaux. Libre-penseur convaincu, il ne cessa de militer en faveur des idées rationalistes et jusqu'à son dernier souffle, il nous donna la preuve de la sincérité et de l'ardeur de ses convictions.
Notre compagnon de lutte emporte dans la tombe le souvenir affectueux de tous ceux qui l'ont côtoyé et les regrets unanimes des affiliés à nos organisations, lesquels lui avaient voué une reconnaissance profonde.
Nous présentons à la citoyenne Verdure et à sa famille nos sincères sentiments de condoléances.
Les funérailles de notre camarade auront lieu dimanche, à 4 heures
(Extrait du Peuple , du 20 août 1939)
Quand les représentants de la nation veulent se documenter, ils posent, d'ordinaire, aux ministres compétents, ce qu'on appelle des questions parlementaires. C'est une méthode de travail plus expéditive que l'interpellation ou la visite, qui, au surplus, permet de ne pas importuner les ministres et les Chambres, pour l'accessoire.
Personne n'ignore, que dans ce domaine, notre camarade Philibert Verdure, l'ancien député de Mons, qui vient de mourir, avait établi une sorte de record. S'il ne se sentait pas attiré par l'éloquence parlementaire - encore que ce fut un régal de l'entendre parler, roulant les « r » et grasseyant un peu, avec les inflexions de voix propres aux Montois caiau - il entendait avoir des lumières sur les problèmes politiques et sociaux qui l'intéressaient, et, à lui seul, pour peu qu'on l’eût voulu, il eût rempli les fascicules des « questions et réponses. ». Bref, on trouve dans ces feuillets une mine de chiffres et de faits. (…)
(Extrait du Journal de Charleroi, du 29 juillet 1939)
Philibert Verdure, conseiller communal socialiste depuis le 21 avril 1921 et qui fut député de l'arrondissement de Mons en 1919, succédant à Gustave Bastien et qui siégea au Parlement jusqu'en 1929, est mort jeudi dans sa 82ème année. Il était malade depuis longtemps mais il conserva une grande activité jusqu'en ces derniers jours.
Il était administrateur du « Foyer Montois », membre de la Commission administrative du Waux-HalI, de la Commission du jeu de balles, etc.
Ancien journaliste, il avait appartenu à L’Avenir du Borinage et polémite de grande valeur, il avait notamment, il y a cinquantaine d’années, dirigé La Tribune, organe progressiste montois, puis il entra à la rédaction de L'Avenir du Borinage quand ls socialistes créèrent ce quotidien.
Le Conseil communal se réunira d'urgence samedi midi pour décider des funérailles officielles qui auront lieu dimanche après-midi, à 4 heures.
(Extrait du Courrier de l’Escaut, du 2 août 1939)
Figures socialistes
On a appris coup sur coup cette semaine le décès de deux anciens députés socialistes, dont le passage à la Chambre des Représentants a fait contraste avec celui des élus actuels du Pur et Simple : MM. Philibert Verdure et Edouard Falony. Ni l’un ni l’autre n'ont ambitionné de prendre figure d'hommes d'Etat. Leurs interventions limitées pour Falony aux questions concernant les mineurs et pour Philibert à des problèmes plus régionaux étaient le plus souvent parsemées de réflexions à la bon enfant qui leur valaient l'audience sympathique de tous leurs collègues. Le député de Mons était particulièrement intéressant, souvent vêtu en kaki avant que la couleur de ce vêtement fut adoptée par nos soldats. Fortement chevelu et portant la barbe, il ne manquait pas d'avoir avec l'actuel député Franssen certaine analogie. Celui-ci devient aussi un personnage; dimanche, il avait tenu aux fêtes de Liége pour apporter à la cérémonie, par sa présence, l'hommage de la ville d'Anvers auquel ni son bourgmestre ni les autres édiles n'avaient cru opportun de s'associer. Les anciens de la Chambre ont eu pour M. Verdure et pour M. Falony un souvenir les reportant à une époque où il y avait au Parlement moins de prétentieux demi-savants mais plus de compréhension des valeurs respectives.