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van Limburg Stirum Adolphe (1865-1926)

Portrait de van Limburg Stirum Adolphe

van Limburg Stirum Adolphe, Louis, Thierry catholique

né en 1865 à Zétrud-Lumay décédé en 1926 à Ixelles

Représentant 1896-1900 (Arlon) et 1900-1921 (Arlon-Marche-Bastogne)

Biographie

(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 376)

Comte Adolphe van LIMBURG STIRUM

Réprésentant catholique pour l’arrondissement d’Arlon-Marche-Bastogne. Questeur de la Chambre. Né à Zétrud-Lumay, le 16 mars 1865

Propriétaire. – Fit ses études au Collège Saint-Michel à Bruxelles et à l’Université catholique de Louvain ; conquis en 1888 le diplôme de dicteur en droit. – Représenta le canton d’Houffalize au Conseil provincial de Luxembourg de 1892 à 1896 ; élu premier suppléant le 27 mai 1900, il a été proclamé membre de la Chambre le 3 juillet de la même année, à la suite de la démission de M. de Favereau, nommé sénateur provincial du Luxembourg. – Membre du Comité de la Ligue des Paysans et du Comité de la Ligue luxembourgeoise. – Président de la Fédération archéologiqu et historique de Belgique (1899). Délégué du Diocèse de Namur à la Réunion épiscopale de Malines en 1895. Collaborateur aux journaux La Voix de l’Ouvrier, <Le Luxembourg, Le Vingtième Siècle, etc., il a écrit différents articles dans les Annales de la Société scientifique, de la Société royale malacologique et de la Société géologique de Belgique ; membre du Comité de rédaction de la Revue générale, il y a publié des études sur le crédit agricole et sur le procès Dreyfus. – Nommé questeur de la Chambre le 19 juillet 1900.


(Extrait de L’Avenir du Luxembourg, du 28 février 1926)

Le nom du comte de Limburg-Stirum est le symbole, pour les Luxembourgeois, de tout un passé combien ardent el glorieux du parti catholique de notre province, aussi sa disparition sera-t-elle ressentie d'une façon douloureuse par ceux qui ont conservé le souvenir des temps héroïques, t qui se rappellent quel nom béni était pour eux, à cette époque, celui du cher disparu, quelle part il prit aux luttes les plus acharnées et les plus décisives pour l'avenir du catholicisme chez nous.

Ce passé déjà lointain, nous le retracerons dans un prochain article, car la biographie du comte dc Limburg, c'est l'histoire de notre parti, durant les périodes les plus agitées qu’il ait traversées.

Le comte de Limburg, dans ses dernières années, ne s'était pas départi de sa grande activité ni de son dévouement ; mais l'âge et l'apaisement qu'il donne avaient mis en relief chez lui les exquises qualités d'indulgence, de bienveillance souriante et d'affabilité que les jeûnes qui l'auront connu à la fin de sa vie se rappelleront avec émotion. Pour ceux-ci, ils garderont la mémoire d'un grand vieillard un peu voûté, dont la forte tête respirait une bonhomie spirituelle, une fine intelligence, et dont l'arrivée, toujours, était saluée avec respect et affection.

Ceux qui ont eu le rare plaisir de converser avec lui, en tête à tête - et il était accessible à tous, - ont pu apprécier dans toute sa finesse cette nature d’élite. Extrêmement cultivé, d'un esprit libre et agile dont l'ironie rappelait, mais avec combien plus de droiture, celle d'Anatole France, la conversation du comté de Limburg était une véritable fête de l'esprit.

Les étudiants de la « Luxembourgeoise » qui avaient eu lui un grand ami et un protecteur d'une inépuisable générosité, se le rappelleront, certes, cet esprit du comte de Limburg, qui était légendaire chez eux. Ils se rappelleront avec quelle joie il prenait part à leurs guindailles, à leurs réunions ; chez eux l'affection qui toujours l'a rendu si bienveillant aux jeunes se donnait libre carrière ; se trouver au milieu de la turbulente jeunesse estudiantine était un de ses plus grands plaisirs, et nos étudiants se rappelleront encore comme il symbolisa ces sentiments, en baptisant leur fameuse hure, selon les rites antiques, au lendemain de l'armistice.

La perte d'un tel ami retentira douloureusement dans notre ville universitaire comme dans toute notre province, et l’affection, le respect profonds avec lesquels la jeunesse luxembourgeoise saluera le nom d'un homme politique blanchi sous le harnais constitueront certes un des éloges les plus significatifs qui puissent être faits à sa mémoire.

* * *

Elle recevra un témoignage plus précieux encore, peut-être : celui de nos innombrables compatriotes qui savent quel usage il savait faire de la grande fortune que Dieu lui avait donnée.

Le comte de Limburg était, pour sa contrée, la providence des pauvres et des malheureux, auxquels il donnait sans compter.

Mais les œuvres catholiques ou charitables de notre province surtout perdent en lui un protecteur auquel on ne recourait jamais en vain, et ce qu'elles lui doivent de leur vitalité est incalculable.

Qu’il les servît sur le terrain politique, qu'il mît à leur service son énorme influence, qu'il lui consacrât sa fortune, M. le comte de Limburg a acquis des droits à la plus profonde reconnaissance des catholiques luxembourgeois, et ceux-ci sauront la lui témoigner en gardant pieusement sa mémoires.

* * *

Notre presse catholique lui doit un hommage de reconnaissance particulier. Si elle a pu, avant la guerre, prendre un si vigoureux développement ; si, après les épreuves de la guerre, elle a pu se relever et prendre un essor nouveau, c'est que le comte de Limburg, conscient du rôle important qui lui incombe, ne lui a jamais ménagé le plus précieux appui moral, ni la plus large générosité. La presse catholique, elle aussi, subit une perte irréparable, et nous tenons, en son nom, à saluer ici sa mémoire avec le plus grand respect.

* * *

Les catholiques du Luxembourg s'associeront certes tous à nous pour présenter à la famille du cher défunt leurs plus chrétiennes condoléances et l’assurance d’une sympathie émue.

A.D.


(Extrait de La Nation belge, du 27 février 1926)

Le sénateur de Limburg-Stirum est décédé, vendredi, en son hôtel, rue du Trône, des suites d'une courte et douloureuse maladie.

Né en 1865 à Zetrud-Lumay (Brabant). M. de Limburg-Stirum entra très jeune dans la politique active. Il fut conseiller provincial catholique du canton d'Houffalize de 1892 à 1896, puis il représenta la circonscription Arlon-Marche-Bastogne à la Chambre de 1896 à 1921.

N'ayant pas sollicité le renouvellement de son mandat, il fut élu sénateur provincial en 1922 pour remplacer feu M. de Favereau, ancien président du Sénat.

M. de Limburg-Stirum s’était spécialisé dans les questions forestières. II était vice-président du Conseil supérieur des forêts, correspondant de la Commission royale des Monuments, etc. Il fut pendant douze ans questeur de la Chambre ; dans l'une et l’autre des assemblées où il siégea, il intervint souvent fort à-propos avec un sens très averti des réalités.