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Tonnelier Georges (1853-1909)

Portrait de Tonnelier Georges

Tonnelier Georges, César, Emile libéral

né en 1853 à Anvers décédé en 1909 à Anvers

Représentant 1900-1909 , élu par l'arrondissement de Anvers

Biographie

(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 167)

Armateur-transporteur. - Suivit les cours des Athénées royaux d'Anvers et d’Anvers. - Fait partie du Conseil communal d'Anvers depuis 1890. - A été nommé membre de la Chambre aux élections du 27 mai 1900.


(Extrait du Matin, du 29 décembre 1909)

En exprimant hier des vœux ardents pour voir Georges Tonnelier triompher de la maladie qui l’avait si brusquement assailli, nous savions bien, hélas, que ces vœux seraient probablement vains. M. Desguin nous avait dit, lundi soir : « II faudrait un miracle pour sauver notre pauvre ami! »...

Le miracle ne s'est pas accompli at Georges Tonnelier est mort dans la nuit de lundi à mardi.

On sait qu'il avait pris froid aux funérailles du roi Léopold, mercredi dernier. Le lendemain, il assista à la cérémonie de l'avènement et fit partie de la députation de la Chambre chargée de recevoir la Reine. Rentrant de là avec le Dr Degueldre, il dit à celui-ci qu'il éprouvait un certain malaise. II n'y attacha pas grande importance et se rendit à son bureau le vendredi mutin ; mais il fut pris alors de vives douleurs intercostales et fit venir le docyeur Desguin. Il voulait encore retourner à son bureau le vendredi matin, mais le docteur lui ordonna le repos et, le soir, le malade allait mieux. Samedi, malheureusement, une pneumonie infectieuse se déclara et gagna les deux poumons avec une rapidité effrayante. Dès lors tout était perdu et tous les efforts des médecins ne purent que retarder le dénouement fatal...

Malgré de terribles souffrances - la respiration ne se faisait qu’avec la plus extrême difficulté - Georges Tonnelier a gardé toute sa conscience. Dès dimanche, il se savait condamné, mais il a eu devant la mort cette belle crânerie qui caractérisa toute sa vie et il a pris ses dispositions dernières avec une émouvante force de volonté !

Ainsi fut fauchée quelques jours une existence qui semblait devoir se prolonger pendant bien des années encore et disparaît un homme en qui, il y a moins d'une semaine, tout disait encore si Intensément la volonté et la joie de vivre.

Georges Tonnelier allait avoir 57 ans : il naquit à Anvers le 17 Janvier 1853. De bonne heure, il révéla de rares qualités d'énergie et d'esprit pratique ; il voyagea beaucoup dans sa jeunesse, et, étant de ceux qui ne retiennent pas seulement ce qu'ils voient mais qui en tirent aussi tout l’enseignement possible, il fut admirablement armé pour la lutte commerciale à l’âge où beaucoup d'autres en sont encore aux tâtonnements du début.

Aussi fit-il rapidement son chemin dans le monde des affaires et devint-il le chef d'une des plus importantes firmes maritimes de notre place. Jamais l'idée ne pouvait lui venir de profiter de la situation acquise pour prendre quelque repos. Ceci était tout à fait contraire à son tempérament. Son activité s'accrut à mesure que son champ d'action s'élargissait : on le voit créer une ligne de navigation sur la Chine ; il passe des mois dans l' Amérique du Sud pour y défendre des intérêts belges ; il monte d'importants établissements industriels... Des d'affaires en Angleterre, en Allemagne, en France, ne sont pour lui que de brèves excursions. Personne ne s'étonne d'entendre dire : « Tonnelier travaille en Roumanie… » ou « Tonnelier est en Turquie... » Son autorité dans le monde commercial était très grande et chacun rendait hommage à son coup d'œil rapide, à son jugement sûr, à sa décision dans l'exécution...

Mais les affaires, même ce point absorbantes, ne suffisaient pas à occuper l’activité et la combativité de cet homme. II se lança dans la politique aussi, une politique de généreuse démocratie, et la Ligue progressiste l'envoya au Conseil communal en 1890. Là encore, son intelligence éveillée, sa facilité d'assimilation, sa parole vive et nette, le mirent tout de suite en vue. Toutes les belles causes, toutes les idées de progrès trouvèrent en lui un défenseur enthousiaste à l'hôtel de ville et, bien qu'il eût coutume d'exprimer ses idées très carrément et de ne point transiger ses convictions - peut-être à cause de cela précisément - il comptait de vives sympathies chez tous ses collègues du Conseil, à droite comme à gauche.

En 1900, Georges Tonnelier fut un des députés libéraux anversois reprenant enfin leur place au banc d'Anvers. Quoique n'étant pas un orateur à effets de grande éloquence, il as fit rapidement remarquer au Parlement et ses discours, dans les discussions à propos de questions anversoises ou de grandes questions commerciales, étaient très écoutés. Il se dévoua toujours ardemment aux intérêts d'Anvers et, poux ne parler que d'un fait récent, c'est à lui qu'on doit en grande partie que le grave danger du transbordeur fût écarté de notre rade.

Mais si !'homme d'affaires et l'homme politique étaient également remarquables, combien l'homme privé était charmant et séduisant ! Georges Tonnelier était d’une modestie parfaite. Jamais le succès ne fit naître en lui le moindre orgueil. Il aimait la lutte non pour la vanité à tirer du résultat, mais pour la lutte elle-même. Il détestait le « battage » et la réclame et, se trouvant dans une situation qui excusé quelque morgue, il était resté simple et accueillant.

C'était un amoureux de la vie, parce qu'elle est l'action. L'âge n'avait eu aucune prise sur son enthousiasme primesautier pour tout ce qui constituait un bel effort et cette ardente jeunesse de cœur et d 'esprit se reflétait dans son physique énergique et nerveux...

Georges Tonnelier laissera à Anvers un souvenir profond et durable.

Paul Salvagne


(Extrait du Soir, du 29 décembre 1909)

Notre correspondant d’Anvers nous télégraphie que M. Georges Tonnelier, membre de la Chambre des représentants et conseiller communal, est mort cette nuit.

La mort de l'honorable député fut foudroyante. Jeudi dernier, il assistait encore, rayonnant de santé, aux cérémonies de l’auguration du roi Albert C'est vers la fin de cette journée qu'il prit le froid mortel qui vient de l'enlever. II dut s'aliter dès son retour à son domicile. Les médecins diagnostiquèrent une double pneumonie.

M. Georges Tonnelier était âgé de 57 ans. Il était membre de la Chambre des représentants depuis le 25 mai 1902 et conseiller libéral d'Anvers depuis 1900,

Avec lui disparaît un homme qui, par sa profession d’armateur et de courtier maritime, était très au courant des questions coloniales. Il sera unanimement regretté.


(Extrait du Petit Bleu du matin, du 29 décembre 1909)

M. Georges Tonnelier, conseiller communal d’Anvers et membre de la Chambre des représentants, dont nous annoncions hier la grave maladie, est mort dans la nuit des suites d'une névralgie intercostale contractée jeudi lors de la prestation de serment du nouveau Roi. Cette névralgie dégénéra en pneumonie infectieuse dont le docteur Stiénon, appelé au dernier moment, ne put enrayer les effets mortels.

M. Tonnelier, armateur et courtier maritime, avait 57 ans. Les libéraux d'Anvers l’avait envoyé au conseil communal en 1900 et à la Chambre en 1902. Il était aussi membre du Conseil supérieur de l’Industrie et du Travail.

Le défunt, qui s’était beaucoup occupé des questions coloniales et maritimes, était un homme énergique, véritable incarnation du business-man moderne. D’abord sympathique, très cordial et particulièrement franc dans ses expressions et ses opinions, il était réellement aimé. A la Chambre, il avait le bon sens de ne pas parler trop souvent et lorsqu’il se levait, c’était qu’il avait vraiment quelque chose à dire.

M. Tonnelier, dont la mort imprévue sera unanimement regrettée, laissera le souvenir d’un homme probe, loyal et d’un libéral éprouvé.