Terlinden Paul, François, Marie catholique
né en 1858 à Gand décédé en 1935 à Saint-Gilles
Représentant 1918-1919 , élu par l'arrondissement de Nivelles(Biographie rédigée à partie des données reprises sur le site Retrorixensart (consulté le 4 mars 2026)
Paul Terlinden (1858-1935) naquit à Gand le 4 octobre 1858, fils de Charles, président de Chambre à la Cour d’Appel de Bruxelles, et de Marie Blanquaert.
Docteur en droit, il devint bourgmestre de Rixensart en 1884. Il eut le plus long majorat de l’histoire contemporaine de Rixensart.
Le cumul des fonctions de bourgmestre et de régisseur du domaine des comtes de Mérode, qu’il habitait à titre personnel, lui valurent les critiques du mouvement ouvrier. Ainsi :
« Le domaine de Rixensart est un exemple typique de ces propriétés d'origine féodale, assez rares aujourd'hui, qui appartiennent encore aux descendants, plus ou moins directs, des anciens seigneurs (...). La section tout entière [de Rixensart-village], sauf quelques insignifiantes parcelles, appartient aux Mérode. Les propriétaires, absents, ont délégué leurs pouvoirs à un régisseur, avocat et bourgmestre, qui tient tout le village dans sa main. Les éléments étrangers, suspects de libéralisme, sont écartés avec un soin jaloux. Pour obtenir la moindre parcelle de terre, soit en propriété, soit à charge de rente annuelle, il faut montrer patte blanche. Les pauvres vivent sous la perpétuelle menace de se voir fermer, s'ils votent mal, l'accès des bois de monseigneur. Par contre, ceux qui sont bien notés jouissent de certains avantages. Quand ils se bâtissent une maison, on leur fournit le bois de charpente, gratuitement ou à très bon compte. On occupe, dans les bois ou dans les champs, à travailler aux chemins ou à étendre les bouses de vache sur les pâtures, assez bien de vieux ouvriers, repoussés de partout ailleurs. Quand ils deviennent tout à fait impotents, on leur donne des secours, voire même une petite pension de 20 francs par mois. Bref, nous trouvons en action, sur les terres de Rixensart, le système de protection et de dépendance dont Stuart Mill a fait si magistralement la critique (...). Les ouvriers qui n'ont pas de travail dépendent absolument du seigneur ou de son intendant : tandis que les habitants de La Hulpe ont le choix entre beaucoup de propriétaires, ceux de Rixensart, suivant l'expression d'un ouvrier de ce village, sont littéralement ‘attachés par la patte’. Sous peine d'être privés de la terre qu'ils cultivent et dont ils ont impérieusement besoin, ils doivent être, ou plutôt paraître, du même bord que l'unique propriétaire du village. (…) A Rixensart, aux élections communales de 1895, il s'en est fallu de bien peu, grâce au secret du vote, que la liste présentée par la Ligue ouvrière du Bourgeois ne l'emporte sur celle du bourgmestre. On nous disait même que les gens du village avaient voté contre ce dernier avec plus d'ensemble que ceux du hameau. » (Emile Vandervelde, dans une monographie sur Rixensart publiée en 1898).
Ou encore :
« Qu'il y ait ou non pression sur la population, la famille de Mérode exerce en tout cas une influence indéniable sur les autorités communales. En 1863-1864, le bourgmestre de Rixensart est un de ses principaux fermiers. Dans le dernier tiers du XIXe et au début du XXe siècle, les premiers magistrats de la localité, Jules Bosquet et Paul Terlinden, sont également régisseurs du domaine. Bien plus, la municipalité et la collectivité villageoise dépendent largement des ‘bienfaits’ des châtelains (...). Mais la situation socio-politique se complique à Rixensart. Le ’système de protection et de dépendance", mis en place jadis par la famille de Mérode, est repoussé par certains habitants. Le régisseur-bourgmestre, Paul Terlinden, voit son autorité, jusqu'alors très étendue, remise en cause lors de scrutins locaux. » (Paul Wynants)
L’influence prédominante du bourgmestre se manifeste notamment en 1908 lorsque, par suite d’un dissentiment interne, la majorité catholique se déchire au sein du conseil communal. Usant alors de son influence, Paul Terlinden n’hésite pas à agiter la menace d’une fermeture des écoles de Rixensart et du Bourgeois, ainsi que l'église de l'Exaltation de la Sainte-Croix, qui appartiennent aux de Mérode. Le ton monte entre les protagonistes de cette rivalité villageoise. Des conseillers osent dire à Paul Terlinden ce que beaucoup pensent, sans doute depuis des décennies : « Il y a trop longtemps que nous dépendons du comte de Mérode. Nous ne voulons plus de ses classes, ni de son église. »
Durant la Première Guerre mondiale, Paul Terlinden, en l’absence de ressources communales, a payé de ses propres deniers les fournitures réclamées par l’occupant allemand ainsi que les sommes dues au Comité national d’alimentation ou encore les journées de travail des ouvriers et en général toutes autres dépenses. Ces avances se sont élevées à 18.000 francs.
Paul Terlinden remplit la fonction de bourgmestre jusqu’en 1917, puis à nouveau du 20 décembre 1918 à 1921, en raison d’une condamnation à 12 mois de prison sous l’accusation d’avoir protéger un Français blessé.
Le 28 novembre 1918, il devient parlementaire pour l’arrondissement de Nivelles en remplacement de Emile de Lalieux de la Rocq, décédé en exil à Onchy-Lausanne, le 7 septembre 1918, des suites d’une longue et pénible maladie contractée pendant sa captivité en Allemagne. Paul Terlinden occupa le mandat de député catholique jusqu’aux premières élections législatives d’après-guerre en novembre 1919.
Le 8 octobre 1927, il fut créé baron par le roi Albert Ier et décéda à Saint-Gilles (Bruxelles) le 11 avril 1935. Il est inhumé à Rixensart et son nom fut donné à une avenue rixensartoise, créée en 1933.