Strubbe Joseph, Philippe catholique
né en 1846 à Gand décédé en 1919 à Lemberge
Représentant 1908-1912 , élu par l'arrondissement de Bruges(Extrait de ROTSAERT K., Lexicon van de parlementariërs uit het arrondissement Brugge, 1830-1995, Brugge, 2006)
Bestuurslid van het Brugs Bureel voor Weldadigheid (1888). Leverde een grote bijdrage tot het project Brugge-Zeehaven Medestichter en beheerder van de Maatschappii voor Brugse Zeevaartinrichtingen (1895). West-Vlaams provincieraadslid van 1890 tot 1894 en Brugs gemeenteraadslid van 1878 tot 1896. Ook voorzitter van de beheerder van de Brugse metaalfabriek "La Brugeoise" , waarvan hij één van de stichters was. Beheerder van de Discontokantoor van de Nationale Bank te Brugge. Zijn parlementaire activiteit stond helemaal in het teken van de maritieme en industriële expansie van het noorden van West-Vlaanderen.
(Extrait de La Patrie, [de Brugge], du 20 décembre 1919)
Monsieur Joseph Strubbe est mort. Atteint d'un mal qui ne pardonne pas, il vient de s’éteindre, chrétiennement résigné à la volonté de Dieu.
Sans être foudroyante, la mort de M. Joseph Streubbe n’a pas laissé que de consterner ses nombreux amis pour qui sa disparition laissera un vide que rien ne pourra jamais combler. C’est que Joseph Strubbe était un homme, dans toute l’acception du terme, un homme qu'on ne remplace pas et dont la place restera inoccupée.
Le défunt venait d’entrer dans sa 74ème année et on peut dire de lui que sa longue existence fut entièrement consacrée au bien de ses semblables.
Les domaines où il exerça son activité et au service desquels il mit ses qualités d'alturisme et d'abnégation sont si nombreux qu'Il n'est guère possible de les examiner tous.
Strubbe fut avant tout, el c'est certes là son plus beau titre au souvenir et à reconnaissance de ses concitoyens, le grand ami des pauvres. On cite de lui des traits dignes d'un Saint Vincent de Paul, mais modeste à l'excès, on ne pouvait taire devant lui, cette comparaison si juste.
Ses pauvres, il les aima jusqu'au don de lui-même. Nulle fatigue, nulle peine ne lui coûtaient quand il s'agissait d'aider les malheureux et prenant sur les heures que d'autres consacreraient à leur famille, à leur repos ou à leurs délassements, le temps nécessaire, il portait dans les humbles demeures, le secours de ses bienfaits et de sa réconfortante parole.
Les ouvriers aimaient et estimaient Joseph Strubbe, parce qu'il savait à son heure, leur dire les choses qu'Il fallait dire, fussent-elles empreintes de dures ventés. Aussi, sa popularité était-elle si grande, qu'elle lui valut d'être appelé à la Chambre, sans l'avoir sollicité, pour y achever le mandat de M. de Maere.
Il se consacra aussi aux pauvres, au point d'oublier ses propres intérêts. Pas un nécessiteux de Bruges qui ne connaissait sa demeure du Quai Long. Les audiences de la misère s'y succédaient, toutes les chambres de la maison étaient transformées en salles d'attente et Joseph Strubbe, sans s’en fatiguer jamais, recevait tous les quémandeurs, Ioules les doléances et exauçait toutes les requêtes. Il y allait voir aussi, le pauvre, dans son décor de privations et pour être sûr de l’y rencontrer, il y allait aux heures qui étaient celles de ses repas et de son repos. Parlais même, lorsqu’il pouvait croire qu'un de ses visiteurs n'avait pas rencontré auprès de lui, un accueil suffisamment empressé, qu'Il fût soir et qu'il fut tard, cet homme foncièrement bon se remettait en route et allait porter encore le secours demandé.
La bienfaisance publique, fut elle aussi, l'objet de tous ses soins ; il la transforma et la réorganisa sur de nouvelles bases.
Dès son jeune âge, Joseph Strabbe apprit à la dure école de la vie, la valeur du travail.
Agé de 16 ans à peine, il entra dans cette carrière de luttes perpétuelles qu'est le commerce. Il y acquit l'expérience de la vie et un esprit de bon sens qui faisaient de lui le conseiller écouté de tous. Ces qualités le menèrent à occuper des charges publiques, celles de conseiller communal et de conseiller provincial. Au sein de ces assemblées, il fut écoute et suivi par ceux-là même qui pouvaient prendre ombrage de la rudesse avec laquelle il poursuivait l'injustice et redressait les torts.
Joseph Strubbe mena la vie du chrétien, c'est ce qui fit que ses derniers moments furent empreints de sérénité et de calme. Peu d'heures avant de mourir, il en exprima sa joie à son entourage.
Il occupa aussi des charges importantes : il était administrateur du Comptoir d’escompte de la Banque Nationale à Bruges, vice-président du conseil d’administration de la Société « La Brugeoise », administrateur des installations maritimes ; président du Bureau de bienfaisance de notre ville. Il était décoré de la croix d'officier de l'Ordre de Léopold et de nombre d'autres distinctions honorifiques.
Ce sont là des titres appréciables, mais devant le trône de celui qui a dit qu’un seul verre d’eau donné à un malheureux serait compté au centuple au Ciel, le plus beau fleuron de la couronne éternelle de Joseph Strubbe sera son inépuisable charité que les bienfaits qu'il sema sur sa route terrestre, des deux mains.
Si au milieu des regrets de sa famille et de ses amis, une consolation peut trouver place, c'est l’espoir, que le regretté défunt, récolte déjà là haut, ce qu'ici bas il a si abondamment semé.