Roger Louis, Emile, Joeph libéral
né en 1860 à Tournai décédé en 1924 à Tournai
Représentant 1904-1908 , élu par l'arrondissement de Tournai-Ath(Extrait de La Dernière Heure, du 27 août 1924)
M. Louis Roger, ancien député de Tournai, vient de mourir subitement à l’âge de 64 ans. Fin tragique que nul ne prévoyait, ne pouvait prévoir… Hier soir encore, on le voyait causant avec des amis sur le pas de sa porte !...
Sa vie abonde d’actes et de faits. Né à la vie politique au moment où les Janson et les Feron donnaient le ralliement des forces libérales à la démocratie, il se rangea résolument derrière eux et fonda Le Cercle Progressiste, dont il fut le président actif, dévoué, jusqu’au moment où il fusionna avec l’Association Libérale.
Du nouvel organisme, il devint le vice-président.
Ce n’est pas au cours d’un articulet que nous pourrions retracer cette belle existence. Qu’il nous suffise de rappeler la campagne électorale de 1904 qui l’envoya siéger à la Chambre ; celle de 1908, au cours de laquelle, avec une superbe abnégation, il donna de tout son effort pour faire triompher la cause anticléricale.
Sa santé chancelante le tint éloigné de Tournai pendant la guerre. Revenu de France après l’armistice, il se vit offrir une candidature au Conseil communal et fut élu.
Depuis lors, il n’est nul travail, nul effort qu’il s’épargnât pour la protection des intérêts de la cité. Sans doute, il avait un caractère très personnel, mais quelle intégrité, quelle droiture dictant ses actes !
Il meurt trop tôt, sans avoir pu donner sa mesure et certes tout Tournai, pour ne pas dire tout le Tournaisis, participera à ce deuil qui frappe toute la famille libérale de l’arrondissement.
(Extrait de La Libre Belgique, du 27 août 1924)
M. Louis Rogier, conseiller communal libéral de Tournai, est décédé dans la nuit de lundi à mardi. M. Louis Roger fut jadis un avancé du parti libéral. Il fut le fondateur dans l'arrondissement de Tournai du parti progressiste, au moment où la fraction conservatrice du parti libéral de Tournai n'était pas encore rallié aux idées défendues par ce parti.
(Extrait de L’Indépendance belge, du 28 août 1924)
Le parti libéral tournaisien de faire une perte sensible en la personne de M. Louis Roger, conseiller communal et ancien député, décédé presque subitement mardi matin.
M. Roger, d'un commerce très sympathique, était un politicien sincère, ennemi de toute compromission. Né en 1860, il était avocat depuis 1884. A la Chambre, il siégea de 1904 à 1908. C'est lui qui avait créé le Cercle progressiste et avait ensuite amené sa fusion avec l'Association libérale.
(Extrait du Peuple, du 28 août 1928)
M. Louis Roger, ancien député libéral de Tournai est mort mardi matin.
Il était né le5 mai 1860. Elu conseiller communal en 1905, battu en 1907, il rentra au conseil en 1912 et fut réélu en 1921.
A la Chambre, M. Louis Roger a siégé sur les bancs de la gauche libérale, du 29 mai 1904 au 24 mai 1908. Il y défendit des idées libérales fort avancées, ne se gênant pas pour ruer dans les rangs réactionnaire de son parti.
Depuis la guerre, il considérait plutôt le socialisme comme le seul ennemi politique et, malgré le cartel conclu entre son parti et les socialistes tournaisiens, il nous combattit toujours âprement, mais avec nette et franchise. Ce fut un rude adversaire pour nous.
(Extrait du Petit bleu du matin, du 10 décembre 1911)
On a plaidé devant la première chambre du tribunal civil le procès intenté par M. Louis Rogier au Courrier de l’Escaut.
Le tribunal était composé de MM. Soil de Mariamé, Lambert et Winkelmans, juges ; M. Guillery occupait le siège du ministère publics. Le demandeur, M. Roger, était représenté par Maître Asou ; le Courrier de l’Escaut par Maître Leduc.
Maître Asou explique l'objet du procès. Dans un, article procédant d'un même système d'attaques dirigées contre M. Roger depuis plusieurs années, le Courrier représente comme exploitant, le « cabaret » de l’Excelsior, et allant, en cas d’affluence jusqu’à ceindre le tablier et servir lui-même des chopes à la clientèle. Il relate le fait comme s’étant passé le jour du festival. Longtemps, M. Roger a méprisé ces attaques, mais il ne peut lui convenir de laisser s’accréditer une légende, quelque ridicule qu’elle soit, et de permettre qu’on le représente, mensongèrement, comme exerçant un commerce et s’abaissant, par esprit de lucre, à des occupations incompatibles avec sa situation et ses fonctions. Il demande donc réparation.
Maître Leduc plaide que le Courrier s’est borné à attaquer l’homme politique en cherchant à exciter la jalousie des cafetiers de la Grand-Place contre une œuvre qui est due à son initiative. D’ailleurs, personne n’a pu prendre au sérieux le récit du Courrier, et il faut être très indulgent pour toutes les attaques personnelles qui s’accumulent en temps électoral, et donc il ne reste rien dans l’esprit du public.
Maître Guillery donne immédiatement son avis. Le Courrier ne s’est pas borné à faire ce que dit Maître Leduc ; il a inventé des faits pour pouvoir imputer à M. Roger des agissements incompatibles avec les fonctions qu’il exerce, pour l’amoindrir et le déconsidérer par conséquent. Cela n’est pas admissible : le préjudice moral est certain et la justice dont le réparer.
L’affaire est mis en délibéré ; jugement à trois semaines.