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Petit Louis (1862-1914)

Portrait de Petit Louis

Petit Louis, Marie, Martin, Eugène catholiqu

né en 1862 à Auvelais décédé en 1914 à Auvelais

Représentant 1900-1914 , élu par l'arrondissement de Namur

Biographie

(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 388)

Louis PETIT

Représentant catholique pour l’arrondissement de Namur, né à Auvelais le 30 décembre 1862

Avocat du Barreau de Namur et juge de paix suppléant du canton de Fosses. — Fit ses humanités au Collège de la Paix, à Namur, et ses études universitaires à Louvain : obtint en 1886 le diplôme de docteur en droit. — Inscrit la même année au tableau de l'ordre des avocats du tribunal de. première instance de Namur, il a été nommé juge suppléant au mois d'avril 1888. - Conseiller provincial du canton d'Eghezée depuis 1888 jusqu'en 1900. – Elu conseiller communal d'Upigny en 1893. — Membre du Comité de patronage des habitations ouvrières de. Namur, du Conseil de l'industrie et du travail d'Auvelais et du Conseil d'administration du Crédit namurois pour la construction d’habitations ouvrières, trésorier de la Société de secours annuels Saint-Joseph, d'AuveIais, président de la Société de retraite Les Jeunes Prévoyants et de la Société de secours mutuels Saint-Pierre. etc. – Administrateur de la Société anonyme des Glaces nationales belges. - Nommé représentant de Namur le 27 mai 1900.


(Extrait de L’Ami de l’Ordre, du 15 janvier 1914)

Louis Petit était né à Auvelais, le 30 décembre 1862. Il fit de fortes études au Collège de la Paix, où il eut l'honneur d'être préfet de la Congrégation de la T. S. Vierge, pais acquit à Louvain son grade de docteur en droit.

Au sortir de l'Université, après un stage d'avocat chez M. Ferdinand Dohet, il fit l'apprentissage de la vie politique : il y était du reste appelé par les traditions de sa famille.

Son père fut successivement conseiller provincial pour Eghezée, pais pour Fosses.

Avec un ardent désir de servir la bonne cause, il se lança dans cette carrière de luttes et d dévouement, et maintes fois, à Eghezée, à Auvelais, à Namur, notre glorieux parti, conduit par Louis Petit, put sonner les fanfares de la victoire.

De 1888 à 1900, il fut conseiller provincial pour Eghezée. De 1900 à ce jour la confiance ininterrompue des électeurs de l'arrondissement de Namur lui maintint son mandat de député.

De 1903 à 1911, il présida comme bourgmestre aux destinés de la commune d'AuveIais.

Rarement magistrature communal connut un titulaire plus dévoué, plus serviable, plus conciliant, plus digne, plus juste vis-à-vis de tous.

Les anciens du conseil provincial de Namur se rappellent les vigoureux et éloquents appels, à l'aide desquels M. Louis Petit conjurait ses collègues de voter en faveur des Mutualités de Retraites - une de ses œuvres de prédilection - le subside de 80 mille francs, que, depuis lors, le Conseil accorde chaque année à nos chers mutualistes.


(Extrait de L’Ami de l’Ordre, du 18 janvier 1914)

Les funérailles de notre regretté député, M. Louis Petit, ancien bourgmestre d'Auvelais, ont eu lieu aujourd'hui samedi, à 11 h. du matin, à Auvelais.

Elles ont été une grandiose manifestation d'estime, de sympathie et de reconnaissance.

La foule des assistants était, malgré la rigueur de la température, nombreuse.

II y avait là de 4 à 5,000 personnes, et le défilé à la mortuaire fut interminable.

Remarqué au hasard parmi les notabilités politiques : M. Berryer, ministre de l'Intérieur, représentant le gouvernement; MM. les barons de Mévius et du Fontbaré, sénateaug ; M. Albéric de Pierpont, sénateur suppléant; MM. les représentants Mélot et Pirmez ; M. Adrien de Montpellier, représentant suppléant ; MM. le baron de Gaiffier d'Hestroy, Coppée, Everard et Lahaye, députés permanents ; de nombreux conseillers provinciaux ; M. Saintraint, ancien bourgmestre de Namur ; M. Hubert, ancien membre de la Chambre des Représentants, etc., etc.

Beaucoup de notabilités du monde industriel ; les habitants d'Auvelais, qui avaient tenu à rendre hommage à celui qui fut leur si dévoué bourgmestre ; des amis venus de tous les points de l'arrondissement étaient là, eux aussi. Les ouvriers étaient venus en masse.

Avant la levée da corps, quatre discours furent prononcés par M. Joseph de Dorlodot, président de l'Association catholique de Namur, au nom de l'Association et amis politiques ; le sénateur baron de Mévius, au nom de la Droite parlementaire ; M. Léon Petit, directeur des Glaces Nationales Belges ; t M. Delloy, président de l’Union Continentale Commerciale des Glaceries.

L'heure fixée pour la cérémonie était depuis longtemps dépassée lorsque, après la levée du corps par le clergé, la funèbre cortège – l’Harmonie royale d’Auvelais précédant le cercueil - put se mettre en marche vers l'église où il arriva vers midi.

Lorsque la croix pénétra dans le temple, celui-ci était déjà comble.

Le deuil était conduit par les deux jeunes fils, MM. Joseph et Herman Petit, les trois frères du regretté défunt , et Charles petit, conseillers provinciaux, et MM. Paul Denis t Joseph Delcorde, ses beaux-frères.

Les coins du poêle étaient tenus par M. le ministre Berryer, M. le sénateur de Mévius, M. Henri Bribosia, vice-président de l'Association catholique de Namur, (remplaçant le président M. de Dorlodot, qui, à cause d'une indisposition, avait dû se retirer après avoir prononcé son discours), M. Léon Petit, M. Delloye et un membre du conseil communal d’Auvelais.

Mgr l'Evèque était représenté par M. le vicaire-général Debois.

M. le doyen de Fosses, M. Etienne, inspecteur principal de l'enseignement primaire, de nombreux membres du clergé et des religieux de divers ordres assistaient à la cérémonie.

L'offrande dura longtemps, très longtemps après que la messe fut finie, tant l'affluence était considérable.

Après le service, le cortège se reforma pour conduire la dépouille mortelle du regretté défunt au caveau de la famille où ce bon et fidèle serviteur de Dieu et de la cause catholique dormira en attendant la bienheureuse résurrection.

* * *

Discours prononcé par M. Joseph de Dorlodot, Président de l'Association Catholique de Namur

Messieurs,

J'ai la profonds émotion, le douloureux devoir d’offrir, au nom des membres de l'Association catholique de Namur, à l’homme qui, pendant vingt-cinq années, fut l’un de ses plus fermes soutiens et que la mort vient de ravir si soudainement à son pays et à notre affection, l'expression du suprême adieu.

Louis Petit était un des représentants de cette forte bourgeoisie qui a la fierté de se croire un rôle à jouer el qui a la conscience de grands devoirs à remplir.

La voie dans laquelle il s'est engagé dès sa jeunesse et où nous l'avons vu persévérer et grandir lui avait été tracée par une double tradition de famille : veiller, dans les assemblées politiques, aux intérêts des populations au milieu desquelles il vivait ; considérer les dons de la fortune comme un dépôt sacré, à lui confié par Dieu afin d'être auprès des malheureux le coopérateur et l'instrument de la Providence, comme une source de production de travail et d'accroissement de la prospérité pour la classe ouvrière.

C’est ainsi que les siens comprenaient leur devoir social : il les voyait, dans les conseils communaux d’Auvelais et d'Upigny, au conseil provincial de Namur, procurant à leurs concitoyens les avantages d'une administration sage et prudente ; il les trouvait parmi les promoteurs des grandes industries de notre région : à Floreffe, où son oncle Ferdinand fut l'un de fondateurs de la plus ancienne glacerie du pays; à Arsimont, où son père mit en valeur le charbonnage auquel, dans le langage da la population. son nom reste encore attaché.

Il arrivait précisément à l'âge d’homme au moment où se livrait la lutte scolaire, honneur impérissable des catholiques belges, et dans laquelle son père devait lui donner les admirables exemples de générosité qu’il transmet lui-même aujourd'hui si magnifiquement à ses enfants.

C’est dans cette atmosphère religieuse de travail et de dévouement que se forma sa forte personnalité, guidée par des principes qu'une longue réflexion avait mûris ; c’est ainsi qu'il se préparait à élargir le cadre de son devoir social par la création d'œuvres nouvelles, réclamées par des besoins nouveaux et qu'il devait perfectionner pendant sa vie tout entière sous l’égide de la liberté.

Dès son entrée dans la vie publique, Louis Petit montra la fermeté de caractère la plus noble, une sincérité de convictions qui s’imposait à tous : jamais il n'eût consenti à subordonner ses principes au caprice de l'opinion. Il eût considéré comme une désertion ou une lâcheté de flatter les préjugés variables ou les intérêts immédiats de l'électeur au détriment du bien général ou d'un progrès durable.

Mais, d'autre part, nul ne se tenait plus au courant du mouvement des idées ; aucun ne s’associait plus entièrement aux œuvres capables d'apporter plus de bien-être, plus de dignité morale, plus d'indépendance au foyer ouvrier.

S'il combattit parfois système de l'étatisme, ce ne fût, certes, ni par sécheresse de cœur, ni par égoïsme de privilégié. Il estimait, au contraire, qua la solution des questions sociales est du devoir de l'individu, que ce devoir est de ceux auxquels il n’est pas permis de se soustraire et que c’est manquer de courage et de conscience de se décharger sur l’Etat anonyme et irresponsable des obligations étroites et personnelles qui incombent au chrétien.

Aussi est-ce par l'application de la théorie catholique de la libre initiative qu'il chercha à promouvoir l'aisance et le progrès chez ses concitoyens. II fût un des premiers à comprendre et à propager les bienfaits de la mutualité ; il y voyait les avantages directs et immédiats qu'elle peut procurer aux déshérités de la fortune ;, y voyait encore ce bienfait social d'amener les hommes qui ne se connaissaient pas toujours assez à mieux s’apprécier en les unissant dans cette collectivité de l’association.

Au programme de ceux qui voudraient supprimer la propriété pour tout le monde, il répondit par cet autre programme : la propriété à tout le monde, et c’est à lui que l'œuvre des habitations ouvrières doit son efflorescence dans notre région.

Cette politique d'action plus que de paroles était appréciée par tous et lui attirait les sympathies ; sa parfaite courtoisie, sa loyauté achevaient de lui conquérir ls cœurs.

Aussi son nom est-il indissolublement lié à l’histoire politique et religieuse de la Basse-Sambre ; il sera particulièrement vénéré ici à Auvelais et à la Sarthe où de magnifiques monuments rediront aux générations futures le passage sur la terre de l’homme de bien que nous pleurons.

Messieurs, il est, à côte de cette tombe si prématurément ouverte, une douleur déchirant et profonde que toute consolation humaine ne pourrait qu'aviver. Au nom des membres de l’Association catholique de Namur, j’incline notre respect devant celle qui fut, aux heures de tristesse qui assombrirent l'existence de notre ami, un incomparable appui et je lui atteste la ferme espérance qui est la nôtre de le croire en possession du repos, après le labeur, dans l'ineffable contemplation des splendeurs divines.

* * *

Discours prononcé par M. le baron de Mévius, sénateur

Messieurs,

Depuis le dernier verdict électoral, la main de Dieu s'est réellement appesantie de façon cruelle sur notre représentation namuroise au Parlement belge. En quelques mois, nous avons eu à regretter le décès de deux mandataires libéraux, MM. Hambursin et Grafé, adversaires politiques, mais collègues sympathiques, estimés et appréciés ; et aujourd'hui au moment où l'âme angoissée, nous tremblons en demandant des nouvelles de notre cher sénateur, de homme unique, si profondément aimé de tous, le baron de Giey, hélas ! gravement malade, et pour qui nous ne pourrions trop implorer le Ciel, nous voilà réunis pour accompagner à sa dernière demeure notre cher et regretté représentant, M. Louis Petit, trop tôt et trop inopinément enlevé aux siens et à son parti.

C’est avec un sentiment de profond chagrin, d'émotion sincère et de douleur réelle que je viens m'incliner devant la dépouille mortelle de cet ami vaillant, de ce croyant convaincu, de ce fidèle compagnon d'armes de toute ma vie politique ; et cette peine je la sens dans la pensée des siens, de ses amis, de ceux qui m’entourent; dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu et apprécié selon ses mérites,

Mais quelle consolation quand réunis au seuil d'une tombe, parents et amis sont accourus en foule, pour rendre un dernier tribut d'hommages el de regrets à la mémoire de celui qui viens de s'envoler vers Dieu ; quelle consolation, quand, jetant un long regard sur la belle vie qui vient de prendre fin, de pouvoir constater que toute cette vie politique, publique, privée, au Conseil provincial, au Parlement, à La commune a été dirigée par les grands principes de l’obéissance absolue à l'honneur, au devoir, à la religion. à la charité et à la bonté !

C'est en 1888 que Louis Petit, âgé dé 26 ans, avocat au barreau de Namur, juge de paix suppléant à Fosses, débuta dans la vie politique. Une place était dans la députation d'Eghezée au Conseil provincial ; bien que Louis Petit n'habitât Upigny qu'à de rares intervalles, le souvenir de son père, conseiller provincial et bourgmestre d'Upigny, avant de remplir ces fonctions pour Fosses et Auvelais, te véritable culte voué par le canton bau vénérable, excellent et charitable chanoine Petit, ajoutés à sa valeur personnelle, en faisaient un candidat d’élite. Le corps électoral ratifia le choix de ses dirigeants et de 1888 à 1900 notre regretté ami siégea au Conseil provincial de Namur. Comme plus tard au Parlement, il y fut le défenseur des ouvriers, des humbles, des frères déshérités, et tout particulièrement le champion des revendications des populations de la Basse-Sambre. C’est à son intervention généreuse notamment, que le Conseil provincial d Namur porta à 80,000 francs le crédit annuel destiné à favoriser et encourager l'affiliation des ouvriers à la Caisse de retraite en vue de la pension de vieillesse et c'est grâce à ce subside et aux efforts de nos vaillants mutualistes namurois que notre province doit d’être classée parmi celles où le pas le plus grand a été fait vers l’assurance contre la vieillesse.

En 1900, Louis Petit entrait à la Chambre où la sincérité de ses convictions. sa droiture et sa courtoisie lui attirèrent le sympathies et l'estime de tous ses collègues, et où il ne laisse que des amis. Sa popularité ne fit que s’accroître et c'est à l’affection et la reconnaissance qu'on lui avait vouées que nous dûmes le superbe succès électoral de 1902.

Depuis lors le corps électoral lui resta inébranlablement fidèle et l'arrondissement de Namur tout entier déplore avec nous la disparition de ce mandataire distingué et dévoué.

Pendant sa carrière parlementaire, Louis Petit s’occupa tout spécialement de la situation des petits fonctionnaires du cadastre en 1902 ; de notre voirie namuroise, de la situation des gardes-rivières, de la loi sur les accidents du travail à laquelle il prit une part active, du repos dominical qu'il défendit en 1905 dans un excellent discours, et de la situation de nos ouvriers du chemin de fer.

En 1906 déjà, il prenait la défense des intérêts de nos ouvriers mineurs, victimes d'accidents du travail et son dernier discours aura été pendant cette session pour faire voter le projet de loi sur la pension des ouvriers mineurs, dont il était un des protagonistes.

Messieurs, toute la vie de Louis Petit, membre du Comité des Pensions ouvrières, président pendant de longues années de la Société de St-Vincent de Paul, vie publique comme vie privée, a été marquée du sceau de l'amour du prochain, du dévouement et de la charité chrétienne. Ce n’est pas dans ce centre industriel d'Auvelais, qu'il aimait, où il passa sa vie et dont il fut pendant huit ans le premier magistrat, qu’il est besoin de rappeler son intelligente activité et son grand cœur. Profondément convaincu de la nécessité de l’instruction populaire il agrandit les écoles catholiques et contribua à en faire de nouvelles. Croyant sincère, catholique fervent, par ses soins deux nouvelles s'élevèrent pour faire face aux besoins de la population croissante.

En évoquant le passé, en rappelant, trop brièvement, quelques points saillants de la belle vie qui vient de finir, je ne suis qu'un faible écho des sentiments du Parlement, du parti catholique namurois, de l'arrondissement de Namur tout entier. A cette heure, devant cette mort inattendue frappante par sa soudaineté, les divisions politiques s'oublient, les rancunes même se taisent ; il ne reste que la douleur et ra reconnaissance pour celui qui avait consacré à l'action sociale catholique son temps, son talent, le meilleur de sa vie et de son cœur.

Dieu a rappelé Louis Petit à Lui ; il est mort comme il a vécu, en catholique convaincu, résigné à la volonté du Souverain-Maître, fortifié par les consolations de la religion, entouré des siens, regardant la mort en face. Nous, qui avons la chrétienne espérance, ne lui disons pas adieu, mais au revoir !

Au nom de la droite parlementaire, je salue avec respect les restes mortels de cet ami très regretté el je prie ceux qui lui furent chers de recevoir l’expression de nos douloureuses condoléances.

* * *

Discours de M. Léon Petit, directeur-gérant des Glaces Nationales Belges

Mesdames, Messieurs,

Messieurs les membres du Conseil d’administration de la Société Anonyme des Glaces Nationales Belges et de la Société des Glaceries Germania, que l'éloignement ou la maladie ont empêché d'être ici aujourd’hui, m'ont chargé de témoigner publiquement les profonds regrets que leur cause la mort soudaine et imprévue de Monsieur Louis Petit qui, depuis plus de 23 ans, collabora avec eux à la fondation et au développement de ces deux sociétés et d'exprimer à sa famille si sympathique leurs plus sincères sentiments de condoléances.

Secrétaire du Conseil d'administration depuis la fondation de la société, Monsieur Louis Petit avait eu l'honneur d’être désigné comme administrateur-délégué a la mort. du regretté Monsieur Arthur de Limelette.

Il ne m'appartient pas d'énumérer et d'apprécier les qualités de M. Louis Petit comme administrateur, mais cependant, je ne crois pas trop m'avancer en affirmant bien haut que les qualités qu'il a montrées dans sa vie politique et que l'honorable président de la Chambre a si bien mises en évidence, il les montra aussi dans ses fonctions industrielles.

Son assiduité aux réunions, sa courtoisie dans la discussion. son dévouement aux intérêts généraux de la société, le tact qu'il apportait dans ses observations, le travail qu'il fournissait pour étudier et faire rapport sur les questions si diverses qui se posent à chaque instant dans l'administration des grandes sociétés, en faisaient un collaborateur précieux et estimé dont la perte sera vivement ressentie par ses collègues.

Mesdames, Messieurs,

Au nom du personnel de la Société des Glaces Nationales Belges, j'ai la pénible mission d'offrir un dernier hommage à la dépouille mortelle de celui qui fut notre administrateur-délégué et d'exprimer les regrets que nous cause sa fin si brusque et si prématurée.

Des voix éloquente diront ce que fut l’homme politique et l'homme d'œuvres, j'essayerai de vous dire avec brièveté et simplicité ce que fut l’homme industriel pour ses subordonnés.

Ses qualités peuvent se résumer en peu de mots : il fut accueillant, serviable et bon.

Né à Auvelais au milieu d’une population laborieuse, il connaissait les besoins et les aspirations et soucieux de lui procurer tout le bien-être moral et matériel possibles, il n'a cessé toute sa vie d'employer ses efforts à la réalisation de ce double but.

Sa collaboration à la création de la Société des Glaces Nationales Belges en 1889 fut un de ses premiers actes et nous devons reconnaître que cet acte fut fertile en résultats.

N'est-il pas en effet le point de départ de cet essor merveilleux de la commune d'Auvelais dont la vue dégage une impression d’aisance et de bien-être qui étonne et séduit l'étranger.

Ses fonctions d'administrateur le mirent tout naturellement en contact avec les ouvriers et c'est dans ses rapports avec eux qu'il put donner libre cours à ces qualités que je résumais tout à l’heure et qui ont fait de lui l'homme aimé autant que respecté de tous ceux qui l'ont approché.

Son bureau était ouvert à tous et tout ce qu'il possédait d'influence, il le mettait au service du plus humble de ses solliciteurs.

II s’enquérait de leurs désirs, compatissait à leurs peines et à leurs misères, oubliant parfois ses propres malheurs pour ne penser qu'aux leurs.

Sil eut un défaut ce fut celui d’être trop bon - si cela peut s’appeler un défaut.

Il était l'homme de la conciliation et de la paix, il savait pardonner et oublier les injures. L’ingratitude de ceux qu’il avait obligés ne laissait en lui aucune trace, ou s’il en ressentait de l'amertume, il ne la laissait pas voir.

Il arrive souvent que ces rares qualités ne sont pas appréciées à leur juste valeur du vivant d’un homme, mais lorsque la mort vient le frapper, tous ceux qu’il a obligés pendant sa vie ne peuvent s’empêcher de se ressouvenir et de lui rendre justice. Cette justice, quoique tardive, est la récompense des bons, qui ne laissent après eux que des regrets.

Monsieur Louis Petit est de ceux-là.

A l’inverse de beaucoup d’autres, plus adulés et glorifiés pendant leur vie, que la mort plonge dans l’oubli, son souvenir restera à jamais honoré et gravé dans le cœur de ses ouvriers.

M. Monsieur Louis Petit ne laisse pas que des regrets, il laisse à ses ouvriers l’exemple d’une vie et d’une fin profondément chrétienne.

Soutenu par une foi simple et robuste, il a traversé de rudes épreuves dans sa vie, il a vu venir la mort sans crainte et sans faiblesse ; et l’espoir d’être réuni un jour au ciel avec les êtres chéris qu’il laissait sur la terre, lui a rendu la séparation moins cruelle.

Puissent les bonnes actions qu'il a prodiguées pendant sa vie lui faire trouver grâce devant le Dieu Tout-Puissant.

Au nom de tous les ouvriers et employés, j'adresse à sa veuve éplorée, à ses enfants et à toute sa famille si douloureusement éprouvée, l'expression de nos plus respectueuses condoléances.

Puisse le témoignage de nos regrets être un adoucissement et une consolation à leur douleur.