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Mullendorff Eugène (1834-1920)

Portrait de Mullendorff Eugène

Mullendorff Eugène, Jean libéral

né en 1834 à Verviers décédé en 1920 à Verviers

Représentant 1900-1919 , élu par l'arrondissement de Verviers

Biographie

(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 353)

Industriel et bourgmestre de Verviers. – Fit ses études au Collège municipal de Verviers. – Elu conseiller communal en 1895, il exerça les fonctions d’échevin des travaux publics et des finances de 1867 à 1891, époque à laquelle il fut nommé bourgmestre. – Représenta le canton de Verviers au Conseil provincial de Liége de 1872 à 1886. – Président de l’Association libérale et du Comité de Patronage des habitations ouvrières et des institutions de prévoyance de l’arrondissement de Verviers. – Membre de la Chambre des représentants depuis le 27 mai 1900. – Fait partie de la Commission permanente des sociétés mutualistes. – Officier de l’Ordre de Léopold, décoré de ; la Croix civique de première classe, porteur de la Décoration spéciale d prévoyance de première classe.


(Extrait de La Meuse, du 27 août 1919)

Verviers. Le Jubilé du Bourgmestre

(De notre correspondant, le 24)

Aujourd'hui devaient avoir lieu à Verviers les fêtes organisées à l'occasion du cinquantenaire de fonctions publiques de M. Eugène Mullendorff, bourgmestre et député. C’est cinquante-quatrième que nous devrions dire pour être vrais, car M. Eugène Mullendorff, né en 1834, est entré au Conseil communal en 1865.

En 1915, sous l'occupation, dans une séance à huis-clos, le Collège échevinal et le Conseil avaient fêté le mayeur, mais la population tout entière avait, dès l'armistice, émis le vœu de lui rendre, à son tour, l'hommage qu’il méritait. Au cours de sa longue carrière, M. Mullendorff a su, en effet, s'attirer les sympathies de tous et l'on peut dire que ses concitoyens ont pour lui une réelle affection.

La pluie - toujours. la drache nationale - a empêché cependant la population de saluer le bourgmestre et le cortège qui devait avoir lieu et dont les manifestants devaient faire la haie sur le passage du jubilaire, a été contremandé.

C'est donc dans notre vieil Hôtel-de-Ville que la cérémonie a eu lieu. M. Mullendorff fut accueilli, à son entrée dans la salle des Pas-Perdus, par le fameux hymne de Grétry : « Où peut-on être mieux... » qui ne fut jamais si bien de circonstance.

Il gagna, entre une double baie d'orphelins et d'orphelines massé sur les marches de l'escalier d'honneur, le salon royal où, parmi toutes les personnalités de Verviers et des environs, sénateurs, députés, conseillers communaux etc., etc., nous notons la présence de M. Falloise, échevin des Beaux-Arts de Liége et de M. Lippens, gouverneur de la Flandre Orientale.

Accueilli par de chaleureux applaudissements, M. le bourgmestre subit immédiatement le feu des discours, ouvert par M. Edouard Herla, bâtonnier, président du Comité organisateur, qui, au nom de la population, rendit hommage à M. Mullendorff, exalta ses qualités, le courage dont il a fait preuve lorsqu'en 1914, à l'issue de la séance historique des Chambres dont il était membre, il traversa les lignes allemandes pour venir reprendre sa place à la tête de la cité.

Ce discours est haché d'ovations enthousiastes, qui redoublent lorsque M. Herla remet au jubilaire un Livre d'Or renfermant les noms de toutes les Sociétés de Verviers, la date de leur fondation, les signatures des président et secrétaire. L'orateur annonce ensuite que les sommes recueillies par souscriptions populaires en vue de la manifestation d'aujourd'hui, seront réparties en deux bourses d'études, les bourses « Mullendorff », l’une réservée aux élèves des écoles communales, l’autre à ceux des écoles libres.

M. Peltzer de Clermont, sénateur, parle au nom des protégés de la Commission des Hospices, puis M. le vicomte Simonis, au nom des sénateurs et des députés. Le sénateur se dit heureux d’attacher sur la poitrine de M. Mullendorff la Croix civile de guerre que le Roi vient de lui conférer pour le courage dont il a fait preuve pendant l'occupation.

C'est au milieu de l’émotion la plus profonde que cette cérémonie, pleine de grandeur, a lieu et l'émoi redouble lorsque d’une voix ferme, M. Paul Goffinet, au nom des Sociétés wallonnes de Verviers, déclame un magnifique poème de G. Delwaide, qui arrache les larmes des plus sceptiques.

Tremblant d'émotion, la voix mal assurée, M. le bourgmestre se défend d'avoir fait autre chose que son devoir et reporte les éloges qui ont été décernés sur ses collaborateurs.

La cérémonie se poursuit et les personnalités et les délégations apportent au jubilaire leurs hommages et des brassées de fleurs qui, tout à l'heure, seront envoyées au cimetière, sur les tombes des soldats morts pour la Patrie.

Pensée touchante, qui caractérise bien l’homme de grand cœur qu'est M. Eugène Mullendorff.

Le champagne circule enfin dans les coupes et chacun est heureux de « trinquer » avec le bourgmestre et de boire à sa sante.

Le soir, un souper intime réunit autour de lui le Comité organisateur et quelques invités qui, du haut du balcon, assistèrent au défilé d'une retraite aux flambeaux comme Verviers en connut rarement.

Ainsi se termina une journée bien remplie, au cours de laquelle la population, encore qu'elle fût éloigne de la cérémonie, fut de tout cœur avec le héros de cette fête simple mais inoubliable.


(Extrait du Soir, du 31 janvier 1920)

M. Eugène Mullendorff, bourgmestre et ancien député de Verviers, vient de mourir.

Réuni jeudi soir, le Conseil communal, déclarant que M. Eugène Mullendorff a bien mérité de la ville de Verviers, a décidé que son corps serait exposé à l'Hôtel de Ville, samedi 31 janvier, de 9 heures du matin à 6 heures de relevée et que ses funérailles seraient faites aux frais de la Ville.

Une des places ou rues de Verviers portera le nom de M. Eugène. Mullendorff, et un monument sera érigé au cimetière.

La mort de M. Mullendorff est survenue pour ainsi dire inopinément, encore que le grand âge du défunt fit prévoir une fin imminente.

M. Mullendorff était âgé de 86 ans. Elu conseiller communal en 1865, échevin en 1867 et bourgmestre en 1891, il avait également siégé, sur les bancs de la gauche libérale, au Conseil provincial de 1872 à 1886 et à la Chambre de 1900 à 1919.

Grand officier de l'Ordre de Léopold et Croix civique de première classe, le vénérable vieillard s'était aussi vu épingler sur la poitrine, lors des fêtes organisées en son honneur, en août dernier, la Croix civile de guerre 1914-1918,

Sa mort a provoqué en ville une profonde émotion.


Voir aussi : Les rues de Verviers (consulté le 3 janvier 2026)