Monville Alfred, Hermand, Hubert libéral
né en 1857 à Namur décédé en 1914 à Bruxelles
Représentant 1906-1914 , élu par l'arrondissement de Bruxelles(Extrait de La Gazette de Charleroi, du 23 mai 1914)
M. Alfred Monville.
Sa santé était sérieusement ébranlée depuis quelques semaines et lors des funérailles de Sam Wiener, en sortant de la maison mortuaire. il avait pris le bras d'un confrère en disant qu'il se sentait faiblir.
En dépit de cette faiblesse nerveuse qu'il ressentait dans les jambes, il déployait une certaine activité. C'est ainsi qu'il a participé à la propagande électorale, se dépensant sans compter.
M. Alfred Monville était non seulement un libéral dévoué, un excellent représentant et un patriote convaincu, mais c'était encore un excellent homme, serviable. cordial, ne manquant pas de bonhomie.
Aucune pose, rien de théâtral, pas même dans son éloquence, presque toujours claire, limpide, d'une belle argumentation.
Il excellait dans certaines questions où trahissait le juriste.
A la Chambre. il ne comptait que de amis dans tous les partis. Aussi la nouvelle de sa mort a-t-elle été connue avec regret par les députés de la majorité comme par ceux de l'opposition.
Si le 2 juin, le cartel eut triomphé. qui sait si M. Monville ne fît pas devenu ministre de la guerre. Il était sympathique aux chefs de l’armée ; il reçut leurs confidences et souvent il posa à M. de Broqueville des questions embarrassantes.
Comme M. Sam Wiener, Alfred Monville combattit dès 1894 au profit du service personnel et du service général Et il a contribué aussi à la réorganisation de l'armée.
(Extrait de La Gazette de Charleroi, du 23 mai 1914)
Une triste nouvelle : M. Alfred Monvile, député libéral de Bruxelles, est mort subitement jeudi, vers 2 heures, à son domicile.
« M. Alfred Monville, dit « L’Etoile Belge », avait mis au service du parti libéral, dont il était, au Parlement, l'un des mandataires les plus écoutés, le meilleur d'un talent fait d'expérience et de précision et la plus grande part d'une activité à laquelle on ne faisait jamais appel en vain.
Il y a quelques encore, il prenait part à la campagne électorale, dans l’arrondissement de Charleroi et se faisait applaudir au cours d'un meeting libéral à Souvret, Et ce jeudi il devait prendre la parole à Couillet.
M. Montville était, depuis une dizaine d'années, député de Bruxelles, élu sous les auspices de la Ligue libérale.
Le parti lui avait offert une candidature la suite du rôle de premier plan qu’il jouait au conseil provincial du Brabant. Il était dans cette assemblée l’un des leaders de la gauche et le rapporteur du budget.
M. Alfred Monville parlait avec esprit et à la Chambre, on l’écoutait avec plaisir.
On sait quelle fut son intervention dans tous les problèmes touchant la défense nationale et la réorganisation de l'armée. Il contribua, par sa connaissance des problèmes militaires, par son sincère patriotisme, par la conscience qu’il apportait à traiter ces matières délicates, à l'introduction de réformes utiles et nécessaires.
M. Monville était âgé de 56 ans. Au Barreau, il occupait également une place en vue. Avocat à la cour de cassation, il plaida d'importants procès et ses confrères le tenaient en une réelle estime.
La Ligue libérale de Bruxelles qui, il y a quelques semaines à peine, était atteinte par la mort tragique de M. Sarn Wiener est, aujourd’hui frappée d’un nouveau deuil.
(Extrait du Pourquoi Pas ?, du 28 mai 1914)
C'est avec un vrai chagrin qu’on a appris à Bruxelles la mort de M. Alfred Monville. Resté très étudiant, il était vraiment populaire dans la jeunesse, et il avait, dans les cafés de Bruxelles, d'innombrables amis à qui il prêchait la bonne parole libérale avec une inlassable bonne humeur. On tout dit de son rôle politique, et n'est pas à Pourquoi Pas ? à y revenir. mais il comptait parmi les amis de ce journal, étant de ces gens qui ne croient pas indispensable de prendre un air morose ou tragique pour commenter les événements, même politiques. Avec des convictions ardentes et fermes, Montville était un fantaisiste qui ne craignait pas la plaisanterie, même sur la politique sacrée. Il y pourtant quelque chose de particulièrement mélancolique dans son cas. Il est mort quelques heures avant d'avoir pu connaître l'heureux résultat qu'il avait prévu, de ces élections qu'il avait préparées de son et auxquelles il donné leur nom : les élections de la réflexion.
(COOSEMANS Marthe, MONVILLE (Alfred-Herman-Hubert), dans Biographie coloniale belge, Bruxelles, 1958, t. 4, col. 608-610)
MONVILLE ( Alfred-Herman-Hubert), Avocat, membre de la Chambre des représentants (Namur, 23.8.1857 - Bruxelles, 2.5.1914).
Après avoir obtenu, le 9 août 1878, le diplôme de docteur en droit, il entra à l'armée avec le grade de sous-lieutenant en 1879, accéda en 1882 au grade de major et lorsqu'il démissionna en 1897, était porteur des galons de lieutenant-colonel. Il venait à ce moment d'entrer dans la vie politique comme conseiller provincial, mandat qu'il exerça jusqu'en 1906. Aux élections législatives de 1900, il avait été élu comme suppléant pour l'arrondissement de Bruxelles à la Chambre des représentants (27 mai). Mais il ne devint membre effectif que le 27 mai 1906. Avocat à la Cour de cassation à partir de juillet 1911, Monville fut en outre délégué de la Province du Brabant à la Commission de surveillance du Conservatoire de Musique de Bruxelles et vice-président du Comité de patronage des habitations ouvrières de la capitale.
Partisan de l'entreprise congolaise, Monville ne cessa de lui manifester sa sympathie dans les débats parlementaires.
En séance du 17 juillet 1908 à la Chambre, au moment de la reprise du Congo par la Belgique et de la discussion des articles de la loi sur le gouvernement de la Colonie, Monville signala au gouvernement belge l'utilité d'une déclaration au sujet de l'interprétation de la lettre de M. de Cuvelier à M. de Trooz, concernant l'inamovibilité des fonctionnaires de l'Etat indépendant du Congo. L'orateur était d'avis qu'il fallait maintenir la hiérarchie établie, tout en reconnaissant qu'il ne pouvait être question d'en stabiliser les occupations du moment. Il s'empressait d'ajouter qu'il n'apportait dans cette question aucune animosité personnelle contre certaines personnalités éminentes en cause.
En séance du 25 juillet, au sujet de la convention de 1895 qui stipulait qu'en cas de reprise la Belgique prenait à sa charge le passif autant que l'actif de l'Etat indépendant du Congo, clause que le projet de 1901 reprenait pour l'affirmer, Monville fit remarquer que la Belgique était garante de la dette congolaise, s'appuyant sur la thèse de Rivier qui dit que si un Etat s'éteint, ses obligations survivent et passent à ses successeurs. S'il y a autonomie financière des deux nations, il est certain, disait-il, que la Belgique a la tutelle de l'Etat congolais et ne peut renier les engagements pris par lui.
En séance du 13 août à la Chambre, lors de la discussion de l'article 20 relatif à la composition du Conseil colonial, Monville, Masson et Mechelynck proposèrent de la fixer non pas à 14 membres comme le voulait le gouvernement, mais à 12 dont 4 nommés par le Roi, 4 par le Sénat et 4 par la Chambre. Cet amendement fut repoussé.
Monville était à sa mort officier de l'Ordre de Léopold et porteur de la Médaille commémorative du règne de Léopold II.