Marck Henri, François, Clément catholique
né en 1883 à Malines décédé en 1957 à Berchem
Ministre (communications-transports et travaux publics) entre 1937 et 1940 Représentant 1918-1957 , élu par l'arrondissement de Anvers(Extrait du Standaard, du 12 avril 1957)
Hendrik Marck, gewezen minister en kwestor van de Kamer, is woensdagnacht op 73-jarige leeftijd overleden. Tot voor enkele dagen was hij in de Wetstraat bedrijvig en niets liet dit plotse verscheiden voorzien.
Marck werd op 1 oktober 1883 in een arbeidersgezin te Mechelen geboren. Als jong onderwijzer stelde hij belang in sociale vraagstukken en in politiek. In 1905 ijverde hij vooral onder de fabrieksarbeiders van Antwerpen en omgeving en twee jaar later richtte hij zelfs een Kristelijke Fabrieksarbeldersbond op. Tijdens zijn vrije uren studeerde hij rechten en behaalde aldus in 1912 het diploma van het doktoraat dat hem in staat stelde zich te doen inschrijven bij de Antwerpse balie. In Scheldestad werd hij plaatsvervangend rechter bij de rechtbank van eerste aanleg.
Na de eerste wereldoorlog te hebben meegemaakt als officier, werd hij bij de eerstvolgende verkiezingen door de katolieke partij naar de Kamer der volksvertegenwoordigers gestuurd, waar hij sedertdien onafgebroken zou zetelen.
Op 4 februari 1938 werd Marcx minister van verkeer en P.T.T. in het kabinet Janson. Hij was minis.ter van openbare welken in het kabinet Pierlot dat op 21 februari 1939 gevormd werd.
Tijdens de bezetting bleef Marck in het land maar kort voor de bevrijding moest hij onderduiken, terwijl zijn echtgenote en dochter door de Gestapo werden aangehouden.
Na de tweede wereldoorlog was hij biezonder aktief in de beweging voor de terugkeer van koning Leopold. Hij was trouwens voorzitter van het Koningsgezinde Blok te Antwerpen.
Te Berchem waar hij woonde en ijs lange jaren schepen va vas, beschikte Hendrik Marck over een stevige populariteit. In de Kamer specializeerde hij zich in de militaire vraagstukken. Hij was verslaggever van het wetsontwerp op het taalgebruik in rechtszaken en zat de kommissie voor die het taalgebruik in de stijdkrachten dient te kontroleren. Marck was ook lange tijd (tot 1954) voorzitter van het kollege der kwestoren van de Kamer. In de inwendige administratie van het Parlement was zijn invloed niet gering.
(Traduction de la notice biographique rédigée (en néerlandais) par BROSENS B. et SCHOKKAERT L. et disponibe sur le site ODIS
)Henri Marck est né à Malines en 1883. Il est le fils d’Ivo Marck, employé de profession, et de Joanna Schelkens.
Après ses études au collège Saint-Rombaut à Malines et au collège Saint-Jean Berchmans à Anvers, Henri Marck étudie le droit à Louvain. Il combinz ses études avec son service militaire dans la Compagnie universitaire du Dixième Régiment de Ligne à Louvain. Pendant ses années d’étudiant, il est également membre du comité du cercle « Eigen Taal Eigen Zeden. »
Ses études - il obtient son doctorat en 1907 - ne l’empêchent pas d’être actif dans le jeune mouvement syndical chrétien à Anvers. Marck se charge d’unir les ouvriers de fabrique. Le 28 juin 1905 il fonde l’Union chrétienne des ouvriers d’usine. En 1907, Marck réussit à rassembler toutes les petites unions en une « Federatie van Christene Fabriekswerkersbonden van Antwerpen en omstreken. ». Un an plus tard, une fédération nationale est créée à Berchem. En 1912, l’union anversoise constitue, en association les syndicats des métiers mixtes, une « Nationaal Verbond der Gemengde Vakken » (Union nationale des métiers mixtes). Marck en est l’inspirateur et le président jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Sur le plan syndical, Marck s’adresse également aux dockers. L’absence totale d’influence lors de la grève portuaire de 1907, qui dure sept semaines, réveille les syndicalistes chrétiens. Marck devient président d’une « Christene Dokwerkersbonden » (Fédération des syndicats chrétiens des dockers). À ce titre, il fait partie de la délégation qui se rendit au Ministère du Travail et de l’Industrie pour discuter du contrôle du travail sur les quais.
Sur le plan personnel et professionnel, Henri Marck devient en 1907 avocat au barreau d’Anvers. De 1913 à 1953, il siège comme juge suppléant au tribunal de première instance.
(…)
Marck, qui s’est inscrit au Parti catholique en 1907, entra à la Chambre des représentants en décembre 1918 en tant que suppléant d’Emmanuel De Meester.
Il est un des initiateurs du Christene Arbeiderspartij (Parti ouvrier chrétien), ce qui le conduit à des tensions avec le Christene Werkliedenbond (Confédération des travailleurs chrétiens) qui reproche à cette organisation de présenter un caractère trop bourgeois. La création de la Christen Werkersverbond van het arrondissement Antwerpen (Fédération des travailleurs chrétiens de l’arrondissement d’Anvers) permet d’aplanir les divergences. Marck en devient le président. Il confie l’action syndicale à John Van Dijk. Marck continue toutefois d’intervenir régulièrement comme enseignant à l’École de formation aux œuvres sociales, où il donne des cours de droit constitutionnel et de législation du travail.
C’est à partir du mouvement syndical que naissent ses ambitions politiques. Il est député du Parti catholique pour l’arrondissement d’Anvers jusqu’à sa mort en 1957 et s’y montre un flamingant convaincu. De 1931 à 1937, il est président du groupe démocratique de la Chambre. De 1936 à 1937, il en est le vice-président. En 1934, il devient membre de l’assemblée générale de l’Union catholique de Belgique en tant que délégué de la Fédération des travailleurs chrétiens. Il est également président du comité politique d’arrondissement de l’ACW. Dans ces fonctions, il réussit à redonner vie à la fraction ACW au Parlement. Il se montre comme un chrétien-démocrate anversois typique : favorable à la cause flamande, démocrate et antimilitariste. Avant la Seconde Guerre mondiale, il prend la parole à d’innombrables endroits sur le thème de la démocratie et de la dictature.
Son activité parlementaire porte notamment sur la législation linguistique, les questions sociales (statut des marins, des instituteurs et des employés) et les questions militaires (il est membre des commissions militaires mixtes en 1924, 1927, 1936 et 1946.) La loi de 1935 sur l’usage des langues en matière judiciaire est, du point de vue flamand, l’une de ses plus grandes réalisations. Il est également vice-président de l’Union interparlementaire (groupe belge) et de l’Association interparlementaire pour le tourisme.
Parallèlement à ses activités parlementaires, il est conseiller communal à Berchem de 1927 à 1938. De 1927 à 1932, il est premier échevin ainsi qu’échevin de l’enseignement et des arts. Après dix ans, lorsqu’il devint ministre, il démissionne de son mandat de conseiller communal. En 1937-1938, il reçoit le portefeuille des Communications, en 1938-1939 celui des Travaux publics, et en 1939-1940 à nouveau celui des Communications, ainsi que les PTT et l’INR. Sa carrière politique se poursuivra de 1946 à 1957 en tant que questeur de la Chambre et président du collège des questeurs.
(Extrait du Pourquoi Pas ?, du 17 novembre 1933)
M. Marck, avocat, flamingant et trouble-fête parlementaire
On entend, sur nos frontières de l’Est, une grande rumeur dont le moins qu'on puisse dire c’est qu’elle est fort inquiétante. On sent, dans tous les partis, la nécessité de réformes profondes, la réforme de l’Etat ni plus ni moins. Nos budgets sont difficiles et nos contribuables accablés d’impôts. La crise crée un mécontentement tel dans toutes les classes que des !roubles sociaux sont à craindre. Il faut veiller à la défense nationale, au chômage. Il faut tâcher de conjurer la crise industrielle, la crise minière, la crise agricole. Jamais le régime parlementaire n’a été aussi attaqué... C’est le moment que la Chambre a choisi pour perdre, on ne sait combien de séances, à la flamandisation intégrale de la Justice... Quos vult perdere... comme disent les gens qui lisent les pages roses du Petit Larousse
L’auteur de ce projet, mal conçu, mal étudié, absurde en son principe, contre lequel tous les barreaux se sont insurgés et qui ne peut qu’irriter encore notre funeste querelle linguistique, quel homme est-ce donc ? D’où sort-il, ce Marck de malheur, et qu’est-ce qui a bien pu lui dicter sa funeste initiative ?
* * *
On assure que c’est lui le député le plus mal embouché du Parlement. On assure... mais nous avons peine à le croire. C’est, en effet, un Anversois intelligent et déluré, très prétentieux et très remuant, occupant au barreau de sa ville un emploi secondaire et se spécialisant dans ses chinoiseries de procédure en correctionnelle et en justice de paix. Mais ce n’ est pas une raison pour être mal embouché. Cette réputation de mauvaise embouchure lui viendrait-elle de son flamingantisme rabique I ? Toujours est-il que personne ne convenait mieux que lui pour le rapport de la flamandisation judiciaire ; un grand premier rôle dans une petite affaire secondaire.
Depuis plusieurs semaines, les parlementaires s’agitent comme des crabes à propos de ce projet Marck. Les parlementaires, et aussi les gens de basoche. Ceux-là, du moins, on les comprend, car si, par malheur, le projet avait passé, il aurait jeté le plus grand trouble dans les études d’avoués et les cabinets d ’avocats. Quant au public, il a d’abord eu peur. Ces machines flamingantes, on ne sait jamais ce qu’elles cachent. Puisque depuis longtemps les Flamands sont jugés dans la langue qui leur plaît, que signifiait tout ce tapage? N’était-ce pas tout simplement de la politicaillerie ?
De la politicaillerie et de l’électoralisme. En ce qui concerne M. Marck lui-même, c’ est, de plus, une lourde maladresse. Ce projet, en effet, a eu le don d ’agacer tout le monde et de mettre en lumière les petites querelles intestines du grand parti flamingant.
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Dans tout parti politique, il y a les grandes vedettes et les petites vedettes. M. Van Cauwelaert a été, pendant longtemps, la grande, la toute grande vedette du flamingantisme militant et radical. Il ne l’est plus parce que M. Sap lui a pris sa place, son journal d ’abord, son ministère ensuite. On cite encore M. Van Cauwelaert, dans le grand monde flamingant, mais au passé. Il y a une tradition Van Cauwelaert, un style et sur tout une fureur Van Cauwelaert, mais tout cela c’est d ’hier. Même à Anvers, il n ’est plus qu’un glorieux souvenir, et sa destinée, si elle veut se maintenir, doit se jouer à Bruxelles.
M. Marck, petite vedette, aurait donc, à Anvers, le champ libre. Il ne deviendra jamais Bruxellois, celui-là. Il est et se veut « Antwerpenaer » pur sang et préférerait avoir son buste au Palais de Justice d ’Anvers que sa statue équestre sur la place Poelaert. C’est très bien. Mais il y a différentes manières d ’être Anversois. Il y a la manière sympathique : celle de Van Ryswyck ou de notre ami Rotsaert ou d’Edmond De Bruyn. On connaît des Anversois raffinés, cordiaux, fastueux avec une sorte d’ostentation généreuse. Ils sont fiers de leur ville, de leur port, de leur Rubens, de leur richesse, de leur activité, de leurs défauts même, mais ils ne demandent qu’à accueillir le reste du monde dans leur bonne ville. Et puis, il y a l’autre manière d ’être Anversois. Celle de M. Marck. C’est-à-dire une hargne particulière contre beaucoup de monde en général et contre Bruxelles en particulier. « L’origine du projet Marck ? nous dit un avocat, c’ est bien simple : c’ est le désir d ’embêter les avocats de Bruxelles ! »
Toujours est-il qu'il aura donné à son auteur une célébrité au moins momentanée. M. Marck a trouvé maintenant sa place dans une Chambre, où, sans ce beau projet, il eût passé complètement inaperçu. Il apparaît au premier rang de ces parlementaires qui manquent d ’envergure pour faire partie des grands ministères et de lâcheté pour faire partie des petits, il n ’y a pas plus dangereux critiques que ces isolés vinaigreux et impuissants. A force d ’irascibilité, ils finissent par passer pour des indépendants, ces hommes, à force de prendre des allures dégagées, ils ont presque l’air d’hommes libres.
Ce projet March devait être vraiment d ’un biscornu prodigieux, car il lui est arrivé une mésaventure unique dans nos annales parlementaires. C’est un projet flamingant qui a subi un échec. Il finit, provisoirement, dans l’encommissionnement. Jamais, aux années d ’irritation, de 1925 à 1930, on n’eût à songer à semblable solution. Il était entendu que les milices flamandes montaient en tempête à l’assaut de Bruxelles. M. Van Cauwelaert prêchait au Vlaamsche Landsbond qu ’après la reconquête des parties perdues de la Flandre il fallait partir à la conquête de Bruxelles. Cette fois-ci, la rengaine est revenue, mais sur un tout autre ton. Le flamingantisme parlementaire redevient doucereux. Il répudie les dynasos et les frontistes. Il plaide les circonstances atténuantes. Peut-être cela tient-il à ce que les Flamands de Bruxelles sont de plus en plus nombreux et de moins en moins flamingants. Les adversaires les plus solides du jacobinisme linguistique sont les Flamands de la capitale. C’ est un gros ennui, que les extrémistes n ’avaient pas prévu ; ils commencent à plaindre l’électeur. Or, M. Marck n ’a pas le pectus qu’il faut pour diriger un grand ras de marée électoral ou populaire. Il sent très bien qu’après le grand accouchement flamingant, son affaire judiciaire n ’est qu'un arrière-feux, qui ne passionne plus personne. Depuis longtemps, il a l’habitude des procès compliqués et ennuyeux et il a eu l’occasion d’y montrer sa dent dure. Qu’ on se rappelle l’affaire de Beernem. Il y plaidait très bien, retors, accrochant l’adversaire dans les mauvais tournants, cherchant la petite bête, ce qui a le don d ’exaspérer le partenaire échauffé et de détourner utilement l’attention du jury. Mais, ici, il avait affaire à le Chambre, non pas à un jury hostile, mais à un jury inerte. Il y a même eu un épisode comique au cours de la discussion et qui montre bien qu’il ne faut plus prendre trop au tragique le projet Marck qui se présente de plus en plus comme un avorton. Quand M. Marcel Jaspar a proclamé que « le caractère nationaliste du projet lui donnait un aspect belliqueux spécialement dangereux au moment où l’Europe est prête à reprendre par le fer et par le feu le chemin du nationalisme guerrier ». Tout monde a ri, parce que tout le monde savait que le projet, élaboré dans des conciliabules de fricoteurs, n’avait plus de force, ni nationaliste, ni belliqueuse d’aucune sorte. Ce n ’est en somme qu’un sabotage parlementaire assez bien mené, mais qui, finalement, pote beaucoup moins sur la jeunesse flamande qu’une harangue en flamand de Joris Van Severen. Quand ce magnifique projet, qui a fait peur, sortira de l’enco missionnement, beaucoup d'eau aura passé sous les ponts, et l’on aura compris même, parmi les pointus du flamingantisme, qu’il ne pouvait introduire dans le fonctionnement de la Justice que des vexations inutiles.
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Quant à M. Marck, il continuera à vivre, impuissant et solitaire, au milieu de la trentaine de flamingants irascibles d ’extrême-droite. Quand il ne lui restera plus de grand thème romantique sur la misère de la Flandre, il pourra faire de l’esprit anversois. C’est un thème électoral qui prend toujours. Ni M. Van Cauwelaert, ni M. Marck, ni M. Camille Huysmans ne sont nés à Anvers ; cela n’empêche pas que leur patriotisme anversois est plus irascible que celui des meetinguistes les plus forcenés de l’ époque de M. Jacobs. La tradition meetinguiste ne s’est pas perdue et rien ne prend mieux à Anvers que la polémique anti-bruxelloise. Par une vieille routine, les avocats anversois n’aiment pas à plaider eux-mêmes en appel à Bruxelles. Ils s’y font remplacer par des avocats de la capitale, parce qu’ils pensent que, devant ces messieurs de la place Poelaert, ils ne se sentiraient pas chez eux. De là contre les Resteau, les Devèze et les Hennebicq, une vieille rancune de concurrents inférieurs, et inférieurs volontairement. Ce complexe de M. Marck, c’est le complexe d infériorité sociale, exacerbée et anversoise. Quand un avocat de Bruxelles va plaider à Anvers, il est reçu par des brocards. On lui répond que charbonnier est maître chez lui. A cela se résume à peu près la polémique entre M. Marck et la majorité parlementaire. C’est une affaire d ’avoué, d'huissier et de petite basoche. Le beau temps est passé du romantisme flamingant. Les lauriers sont coupés...
Voir aussi : Marck, Hendrik, sur la site de la Digitale Encyclopedie van de Vlaamse Beweging (consulté le 14 mars 2026)