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Journez Alfred (1864-1928)

Journez Alfred, Eugène, Florent libéral

né en 1864 à Bruxelles décédé en 1928 à Barvaux

Représentant 1898-1900 et 1914-1919 , élu par l'arrondissement de Liège

Biographie

(Extrait de LUC-JORIS Christine, La Presse de Huy, dans Cahier du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 1976, n°82, p. 182)

Selon les journaux catholiques de Huy, Alfred Journez, à peine âgé de vingt ans, et sortant de l’Université de Liège, a été choisi pour devenir rédacteur en chef de La Gazette de Huy, une feuille doctrinaire, alors qu’il affichait une tendance radicale. Mais parce qu’on a voulu lui imposer des articles qu’il n’approuvait pas, il a préféré quitter son poste de rédacteur en chef de la Gazette. Ceci permet aux feuilles catholiques de laisser sous-entendre que derrière la rédaction apparente de La Gazette de Huy, il y a une rédaction occulte qui tient en laisse la première. Les journaux catholiques s’attendent à ce que, pour s ’expliquer, La Gazette soutienne que Journez est un radical de fraîche date et que, sous sa direction, elle-même est restée franchement doctrinaire. Mais, pour toute réponse, La Gazette se contente de nier qu’elle ait jamais imposé un article à un de ses rédacteurs et ne donne pas d ’explication au sujet du départ de Journez. On peut cependant penser que ce départ n’est pas sans rapport avec son radicalisme ; dans la suite Jourez sera élu conseiller provincial.


(Extrait de La Meuse, du 20 septembre 1928)

A la fin de la matinée, une triste nouvelle est parvenue au Palais. Maitre Alfred Journez est mort la nuit dernière à Barvaux, où il possédait un manoir de campagne. Avec lui disparaît une des plus personnalités du Barreau. C'était un avocat éminent, un plus grands du Barreau belge. Sa parole avait un poids, une autorité énormes. Il avait une éloquence sûre d'elle-même, une élocution remarquable. Quand il intervenait dans un débat, il l'éclairait par une irrésistible, par une lumière éclatante. Il était servi par une puissance de travail, par une science juridique immense. Ajoutez-y une fougue, une chaleur, qui portait et élevait le procès. Il a été un rude lutteur. C'est un grand avocat qui fut supérieur et dans les affaires civiles et dans les répressives. Sa parole a retenti dans des débats célèbres. Il en renouvelait l'intérêt par son talent éminent.

Maître Journez était âgé de 67 ans. Il avait prêté serment le 20 octobre 1884. D'emblée, il avait pris au Barreau place de premier plan.

Il était malade depuis plusieurs années mais on le voyait reparaître après une absence de quelques semaines, plus vigoureux, plus éloquent que jamais. luttant avec une énergie farouche contre la maladie.

Les dernières affaires où retentit sa parole, furent : devant la Cour d’Assises de Bruxelles, l'affaire Van de Vorst d’Anvers ; à Liége, l’affaire Chèvremon d'Anvers.

Maître Alfred était le fils d'un médecin militaire. Il était né à Bruxelles.

Son activité dévorante s'exerça dans le domaine politique, tout comme dans le domaine juridique. Là aussi, il occupa, immédiatement, une place considérable. Il avait été à la tête du mouvement progressiste, s'était lancé avec sa fougue habituelle dans la lutte. Il avait été conseiller communal 1911 à 1921, membre de la Chambre des Représentants à deux reprises, de 1898 à 1900 et de 1914 à 1919. Dans toutes ces assemblées, il révéla les mêmes et éminentes qualités, la même puissance d'assimilation des questions les plus complexes, qu'Il éclairait d'un exposé lumineux. d'une force d'argumentation qui emportait la victoire, dans un mouvement impétueux.

C'était une personnalité de premier ordre, une force émouvante. tumultueuse.

En août 1914, durant toute la guerre, s'était montré d'un dévouement, d'une activité inlassable.

Sous des dehors parfois brusques, qui étaient bien de sa nature vive, Maître Journez cachait un cœur excellent, une réelle bonté, qui se cachait par une sorte de pudeur. A la barre ou la tribune, avait-il, en une riposte incisive, dans un débat animé. dans la chaleur de la plaidoirie, lancé un trait qui avait blessé l'adversaire, il venait, le lendemain, presque s'en excuser. Et il a aussi rendu à des amis et aussi à des adversaire, donné, en maintes circonstances, la preuve d'une sensibilité très tendre d'une réelle délicatesse qui se dissimulaient derrière une apparence volontairement bourrue et même brutale.


(Extrait de La Nation belge, du 21 septembre 2025)

On nous prie d'annoncer la mort de M. Alfred JOURNEZ, Avocat a la Cour d'appel de Liége, chevalier de l'Ordre de Léopold, ancien Conseiller Provincial, ancien Conseiller Communal, ancien Membre de la Chambre des Représentants ; Administrateur des Sociétés anonyme : Les Grands Hôtels Belges ; Hôtel Negresco ; Cie des Claridge's Hotels ; Cie Internationale des Wagons-Lits et Grands Express Européens ;

Décédé à Barvaux-sur-Ourthe, le 18 septembre, dans sa soixante-cinquième année.


Voir aussi : Paul DELFORGE, Alfred JOURNEZ, sur le site de l’Institut Jules Destrée