Harmignie Alphonse, Félix, Auguste catholique
né en 1851 à Mons décédé en 1931 à Bruxelles
Ministre (sciences et arts) entre 1918 et 1919 Représentant 1900-1921 , élu par l'arrondissement de Mons(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 296)
Avocat du Barreau de Mons. – Fréquenta le Collège Saint-Stanislas, à Mons, et suivit les cours de l’Université catholique de Louvain ; reçu docteur en droit le 5 août 1872. – Ancien bâtonnier de l’ordre des avocats et membre du Conseil de discipline. – Fait partie du Conseil communal de Mons depuis le 1er janvier 1882. – Président d’honneur et ancien président effectif de l’Association constitutionnelle et conservatrice de Mons. – Elu représentant de Mons le 27 mai 1900. – Chevalier d l’Ordre de Léopold, porteur de la Croix « Pro Ecclesia et Pontifice. »
(Extrait du XXème Siècle, du 22 septembre 1931)
Un homme d'élite qui exerça une grande influence dans les œuvres et dans le parti catholique, M. Alphonse Harmignie, ancien ministre, ancien député, vient de mourir à Mons, à l'âge de 78 ans.
Il jouissait dans tout le Borinage d'une grande influence due autant à ses hautes qualités morales qu'à son intelligence brillante, ouverte tous les grands problèmes de l'heure.
Le parti catholique lui doit des succès dont l'influence dure toujours. A la Chambre, dont il fut un des vice-présidents, il joua un rôle de premier plan. Il fut, après la guerre, ministre des Sciences et des Arts, dans le Cabinet Delacroix. Sa santé le força, en 1921, à renoncer à la politique. Mais, en chrétien parfait, il resta toujours attaché aux œuvres. Il aussi au barreau une place remarquée.
Nous prions la famille du regretté défunt d'agréer nos condoléances chrétiennes.
(Extrait de La Nation, du 22 septembre 1931)
M. Alphonse Harmignie, ancien ministre, vient de mourir à Bruxelles où il s’était retiré il y a quelques années après avoir renoncé à la vie politique.
Né à Mons le 13 février 1851, le défunt appartenait à une vieille famille catholique. Après ses études de droit il s'était inscrit au barreau de sa ville natale où il ne tarda pas se faire une réputation de juriste. Ancien bâtonnier, il était aujourd'hui le doyen des avocats montois.
La confiance de ses amis le fit entrer jeune dans les luttes politiques. II fut un des premiers catholiques qui entrèrent au conseil communal de Mons. C'était en 1881. Il y resta jusqu'en 1908. Mais c'est surtout comme représentant de l'arrondissement de Mons qu'il fut appelé à donner toute la mesure de son dévouement à son parti. II eut pour compagnon de luttes Victor Delporte. L'estime de ses collègues lui valut d'être appelé la vice-présidence de la Chambre.
A l'armistice. M. Delacroix Iul offrit le portefeuille des Sciences et des Arts, mais ne resta au gouvernement que pendant quelques mois. Sa santé étant ébranlée, il renonça définitivement à la politique en 1921.
C'était un homme d'une grande courtoisie, très attaché à ses idées. Il laisse le souvenir d'un bon serviteur de la chose publique.
(WERLEMONT R., Harmignie Alphonse, dans Biographie nationale de Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1969, t. 35, col. 347-349)
HARMIGNIE (Alphonse-Félix-Auguste), avocat, mandataire politique, ministre et philanthrope, né à Mons le 13 février 1851, décédé à Ixelles le 21 septembre 1931.
Alphonse Harmignie était issu d'une ancienne famille « judiciaire » du Hainaut, au sens le plus large du terme, et cinq de ses ascendants directs ont été énoncés nommément à cet égard. Il était fils d'un avocat estimé du barreau de Mons, Albert-Michel-Joseph Harmignie. Le nom de ce dernier appartient à l'histoire judiciaire. Il plaida, en qualité de défenseur de Lydie Fougnies, comtesse de Bocarmé, dans la célèbre affaire de Bitremont. Devant la Cour d'assises de la province de Hainaut, le père d'Alphonse Harmignie obtint, en 1851, l'acquittement de la comtesse de Bocarmé. Son grand-père, Auguste Harmignie, avait été procureur du Roi à Mons ; il avait été, suivant les expressions de Henri de Patoul, président du tribunal, « un des chefs les plus réputés de son parquet de première » instance ».
Alphonse Harmignie avait épousé Adèle Le Cong. Il a eu deux fils qui laissent un nom, le chanoine Pierre Harmignie, professeur à l'Université catholique de Louvain, et Maurice Harmignie qui a, comme son père, exercé les fonctions de bâtonnier. Albert, Alphonse et Maurice Harmignie se sont vu, successivement, conférer cet honneur professionnel. Alphonse Harmignie, qui fait l'objet de la présente notice, a été investi du bâtonnat successivement en 1894 et en 1904.
Alphonse Harmignie conquit le diplôme de docteur en droit à l'Université de Louvain, le 3 août 1873. Il fut nommé juge suppléant au Tribunal de première instance de Mons où il pratiqua en qualité d'avocat. Son talent personnel le prédisposait aux affaires civiles. Maître Fulgence Masson, ancien bâtonnier, lui-même, a mis en évidence qu'il « plaida avec succès en Cour d'assises, bien qu'il ne fût pas doué d'un organe dont la puissance emplit le grand prétoire et remue les assistants ; il fut, surtout, un avocat d'affaires ». L'agrément de son commerce, la sympathie qu'il réussit à inspirer dans son entourage professionnel lui valurent cette rare et estimable appréciation d'un ancien bâtonnier, son contemporain de surcroît : « le Barreau a fait plus que l'honorer, il l'a aimé profondément ». Il avait été présenté au Barreau de Mons par maître Hector Petit, avocat réputé à l'époque.
Sa carrière politique, qui s'étendra pendant une quarantaine d'années, s'affirma dès l'année 1882, au cours de laquelle il fut investi du mandat de conseiller communal de sa ville natale. En 1900, il était élu représentant catholique de l'arrondissement de Mons. Il était vice-président de la Chambre lorsqu'en l'année 1919 Léon Delacroix l'appela à faire partie du cabinet qu'il comptait former. C'est le portefeuille des Sciences et Arts qui lui échut. Il fut confronté, au cours de sa gestion ministérielle, avec le problème de la flamandisation de l'Université de Gand qui pointait à l'horizon de notre politique intérieure. A la vérité, Paul Hymans raconte, dans ses Mémoires, qu'originairement Léon Delacroix pensait confier à Harmignie le ministère des Affaires économiques. Il déclare avoir réussi a en dissuader le formateur du cabinet en faisant valoir, auprès de celui-ci, le « caractère vif et entreprenant » d'Henri Jaspar, ancien animateur du Comité de secours et d'alimentation, et parfaitement désigné pour cette fonction ministérielle. Le comte Woeste, dans ses propres Mémoires, a fait également allusion à cette interversion du projet de Léon Delacroix, sans faire aucune allusion à l'influence à laquelle Delacroix aurait cédé. Alphonse Harmignie géra le portefeuille des Sciences et Arts du 26 novembre 1918 au 25 décembre 1919. Il fut remplacé par Jules Destrée. Avec les élections nouvelles de 1921 s'acheva la carrière politique d'Alphonse Harmignie.
Il a laissé le souvenir d'un homme politique loyal et probe, porté par les circonstances à des fonctions qu'il a remplies avec compétence et dévouement.