Grafé Joseph, Henri libéral
né en 1857 à Namur décédé en 1913 à Namur
Représentant 1913 , élu par l'arrondissement de Namur(Extrait de La Dernière Heure, du 8 décembre 1913)
Namur, dimanche. - L'assemblée de la Fédération libérale de l’arrondissement de Namur s'est tenue, aujourd'hui, à 2 heures 1/2 au café de l’Univers, sous la présidence de M. Grafé, député.
Après l'adoption du procès-verbal de la dernière assemblée générale, M. Grafé a rendu hommage à la mémoire de M. Arthur Borlée, échevin des finances de la ville de Namur.
M. Grafé a commenté ensuite le rapport sur a situation morale et matérielle de la Fédération. Il a fait observer à ce sujet que, dans le pays, l'arrondissement de Namur continue à occuper, au point de vue libéral, la belle place conquise depuis longtemps.
M. Grafé a fait le procès de la politique cléricale et il a montré que l'opposition avait moins que jamais de raisons pour désespérer de l'avenir. Il a affirmé sa volonté de lutter jusqu’au bout avec énergie.
M. Hicquet s'est ensuite associé à l'hommage rendu à la mémoire de M. Borlée et il a félicité M. Grafé du discours qu'il a prononcé à la Chambre dans le débat scolaire.
Le sénateur de Namur parlait de la politique scolaire des cléricaux. quand un triste incident est venu interrompre son discours.
M. Grafé, pris d'un malaise subit, s’affaissa et l’assemblée fut levée. au milieu d’une émotion bien compréhensible.
M. Grafé a été victime d’une violente indigestion. Il a reçu des soins immédiats et l'on peut espérer que cette indisposition n'aura pas de suites fâcheuses.
(Extrait de La Dernière Heure, du 9 décembre 1913)
Mort inopinée de M. Grafé, député de Namur
Namur, lundi. - M. le députe Joseph Grafé qui, comme I 'avons dit, au cours de la réunion tenue, dimanche, par la Fédération libérale d'arrondissement de Namur, avait été subitement frappé d’une violente indisposition. est mort cette nuit. Il a succombé à une hémorragie cérébrale.
M. Joseph Grafé n'était âgé que de 57 ans. Sa mort a causé ici la plus douloureuse stupeur, car il paraissait encore plein de vie et de force. Il venait de prononcer une éloquente improvisation.
M. Grafé était entré au Parlement cette année ; il y avait remplacé M. Eug. Hambursin. Avocat, député, conseiller communal, il se dépensait sans compter.
M. Grafé n'a pas de suppléant à la Chambre. Au conseil communal, il en est de mème.
C’est depuis un an notre troisième conseiller libéral qui meurt sans avoir de successeur.
(Extrait du Peuple, du 9 décembre 1913)
Le parti libéral de Namur qui avait perdu, l’an dernier, son chef, M. Eugène Hambursin, vient, à nouveau, d'être cruellement frappé. M. Grafè, député, est mort inopinément, succombant à la tâche. Il présidait, en effet, dimanche après-midi, l'assemblée de la Fédération libérale d'arrondissement, lorsque, soudain, il s'écroula, terrassé par l'apoplexie. Reconduit à son domicile, il y expira, dans la nuit, sans avoir repris connaissance.
Cet événement douloureux et inattendu causera une vive émotion au pays de Namur.
M. Grafé, qui se réclamait de la démocratie, et avait été, à diverses reprises, délégué au congrès progressiste, était pour le Parti ouvrier un franc allié. En 1894, il mena avec notre ami Gustave Defnet, la superbe campagne qui arracha l'arrondissement de Namur à la domination des hobereaux cléricaux et en fit un fief indisputable de la démocratie.
M. Grafé avait été élu conseiller communal et provincial de Namur et il entra à la Chambre en remplacemen tdu pauvre Eugène Hambursin.
A la Chambre, cet homme fut simple, bien qu'il fût très érudit, surtout en matière juridique, avait bien vite conquis de nombreuses sympathies. Et le discours très énergique, bourré de faits, dont, par une navrante coïncidence, Le Peuple se proposait précisément de publier aujourd’hui les extraits essentiels, fut très remarqué.
M. Grafé était le dernier suppléant de la liste du cartel. Une élection complément devra donc avoir lieu prochainement à Namur.
Nous présentons à la famille de M. Grafé et aux libéraux namurois nos très sincères condoléances.
L'enterrement de M. Grafé aura lieu mercredi à 9 heures dans l'intimité.
(Extrait de Annales parlementaires de Belgique. Chambre des représentants, séance du 9 décembre 1913, pp. 261-262)
M. le président se lève et s'adresse en ces termes à la Chambre, qui l'écoute debout. - Messieurs, le président de la Chambre a reçu hier le télégramme suivant :
« J'ai la douleur de vous faire part du décès inopiné de mon père, Joseph Grafé. (Signé) ALBERT GRAFE. »
A cette communication, M. Schollaert a répondu, dès hier, par ce télégramme :
« Apprends avec douloureuse émotion décès Inopiné de notre très aimable et très distingué collègue. Vous adresse ainsi qu'à famille profondes condoléances. (Signé) F. SCHOLLAERT. »
La Chambre sera certainement unanime à s'associer aux sentiments si justement exprimés par son honorable président, et je lui propose de charger son bureau d'adresser une lettre de condoléance à la famille du regretté défunt. (Adhésion unanime.)
M. Grafé, élu membre suppléant de la Chambre des représentants pour l'arrondissement de Namur le 27 mai 1906, puis réélu en la même qualité le 22 mai 1910 et le 2 juin 1912, fut proclamé membre effectif de la Chambre le 15 janvier 1913.
Il appartenait donc depuis moins d'un an à cette assemblée, où il n'avait pas tardé à conquérir l'estime générale par la droiture de son caractère et par l'aménité de son commerce.
Dans les rares occasions qu'il eut d'intervenir dans les débats de la Chambre, la courtoise modération de sa parole, qui n'ôtait rien à la fermeté de ses convictions, le faisait écouter avec une bienveillante attention sur tous les bancs.
Frappé par un coup inattendu, en plein accomplissement de son devoir politique, M. Grafé laissera à ses commettants le souvenir d'un mandataire actif et dévoué, il laissera aux membres de cette Chambre celui d'un collègue très distingué et très sympathique. (Très bien ! sur tous les bancs.) (…)