Galopin François, Alfred socialiste
né en 1872 à Liège décédé en 1935 à Liège
Représentant 1913-1932 , élu par l'arrondissement de Gand(Extrait de La Wallonie, du 22 mars 1935)
Nous venons de recevoir une bien pénible nouvelle : François Galopin est mort ce jeudi soir d’une embolie au cœur. Nous le savions malade, mais nous étions loin de prévoir une issue aussi rapide.
François Galopin est né à Liége le 23 septembre 1872. En sortant de l'école moyenne, il entra comme employé de bureau au journal « L'Express » qui venait de se fonder sous l'impulsion ardente de la démocratie. Là il fut remarqué par Henri Bury et suivit celui-ci entrant au service des œuvres naissantes du Parti Ouvrier. Il milita à la jeune garde socialiste ; un moment, il y assura les fonctions de secrétaire.
En 1894, la première fois oµ les ouvriers participèrent aux élections législatives, François Galopin, âgé de 22 ans, fut désigné comme secrétaire du Comité électoral ; plein d'enthousiasme. il se donna tout entier et devint en réalité le premier secrétaire fédéral permanent.
En 1896, il abandonna ce poste pour le reprendre en 1902. Militant il s'occupa spécialement de la propagande dans le canton de Fexhe-Slins qui le fit entrer au Conseil. provincial en 1908. En 1912. il entra au Conseil communal de Liége.
Devenu député suppléant, il prit place sur les bancs de la Chambre des représentants à la mort du citoyen Hector Denis le 24 mai 1908 [Note du webmaster : en fait en 1913]. Il reste député jusqu'en 1932.
Depuis cette époque, il remplissait les fonctions d'Echevin der l'Etat-Civil de Liége.
Au cours de sa vie, c’est surtout dans les œuvres qu'il déploya la plus grande partie de son activité : à la Commission du Bureau de Bienfaisance, au Comité de patronage des Habitations ouvrières, à l'œuvre nationale des Orphelins de la guerre, au Comité provincial et local des Œuvres de l'Enfance, au des Mieux-Doués etc. On le retrouve dans les comités des syndicats et de la coopérative « La Populaire. » Il est parmi les fondateurs du syndicat des employés.
Les orphelins de la guerre n'oublieront jamais les services qu'il leur a rendus.
Au Conseil provincial et à la Chambre des Représentants il se montra un membre assidu et s'occupa des pensions de vieillesse, des assurances sociales, de la réparation des accidents et des dommages de guerre, de la police rurale, etc.
Au Conseil communal de Liége il pris une part active aux discussions relatives aux questions d'enseignement. II se préoccupait aussi attentivement de tout ce qui intéressait la vie d'Outre-Meuse et la vie théâtrale. Toute sa vie il collabora aux journaux hebdomadaires et quotidiens. En 1896. il fut correspondant liégeois au Peuple.
On ne peut dire qu'il fut un tribun, mais au temps de sa jeunesse, il prit souvent la parole dans les meetings, il s'efforçait en un langage simple et clair de faire comprendre aux travailleurs les idées directrices du socialisme. Dans les réunions paisibles, dans de petites salles il forçait les convictions des auditeurs qui lui réservaient toujours un bienveillant accueil.
Depuis quelques années, il avait dû pour des raisons de santé s'abstenir des réunions publiques, mais ayant vécu toute sa vie au sein du Parti Ouvrier, il réapparaissait toujours lorsqu'il était fait appel à lui.
A l'Echevinat, lorsque son état de santé le lui permettait, il était toujours à son poste aux séances du Collège ; il s'intéressait vivement aux questions qui sont à chaque séance l’objet des délibérations du Collège Echevinal.
C'était un brave et honnête homme, tranquille sans excès de langage et prompt à la riposte lorsqu'il s'était décidé à prendre part à la conversation.
Ceux qui. comme l'auteur de ces notes, hâtivement jetées sur le papier au moment du tirage du journal, ont vécu pendant 42 ans à côtés, éprouvent une douleur très vive et très profonde en pensant qu'ils ne le reverront plus dans les réunions du Parti Ouvrier.
François Galopin a grandi avec le Parti Ouvrier. Il a connu les heures de défaites et les heures de victoire.
Enfin, dans les derniers moments de sa vie il a pu voir le mouvement ouvrier belge prendre une grande extension et c'est avec cette vision de puissance prolétarienne qu’il nous a quitté.
Nous n'oublierons pas la part qu'il a prise à son développement.
L. T.