Elbers Ferdinand, François socialiste
né en 1862 à Gand décédé en 1943 à Molenbeek
Représentant 1912-1929 , élu par l'arrondissement de Bruxelles(Extrait, traduit et légèrement adapté de : DE MULDER B., BOGAERT K., PEIREN L, Ferdinand Elbert (sur la base de la biographie de E. NAVARRO (Bruxelles, 1984). Site consulté le 15 mars 2026)
Ferdinand Elbers, comme beaucoup de militants socialistes de la fin du XIXème siècle, reçoit très peu d’instruction. Comme son père, il devient forgeron après l’école primaire. En 1882, il est déclaré inapte au service militaire en raison de sa myopie. Par la suite, il se retrouve au chômage et chercha du travail ailleurs. En 1883, il déménagea à Molenbeek et trouve un emploi comme ajusteur chez Demoor à Laeken.
Elbers devient ensuite un syndicaliste actif dans le secteur métallurgique bruxellois. En 1885, il est un des cofondateurs du syndicat bruxellois des mécaniciens, dont il est secrétaire pendant quinze ans. Ce syndicat fonde en 1888 une caisse de chômage (« La Métallurgique »), qui prône la création d’une fédération unique des travailleurs métallurgistes. En 1890, cependant, cette caisse cessa sa branche liée au chômage mais poursuivit ses activités en tant que mutualité. En 1911, « La Métallurgique », qui compte environ 200 membres, est intégrée au sein de la Fédération des Sociétés de Secours Mutuels pour l’arrondissement de Bruxelles.
Auparavant, en 1886, Elbert s’affilie également affilié à la Fédération nationale des travailleurs métallurgistes, qui venait d’être créée. Il en est un temps trésorier et représente cette fédération aux congrès de la Deuxième Internationale de Bruxelles (16-23 août 1891) et de Londres (26 juillet-2 août 1896).
Elbers est un militant ardent et est poursuivi à diverses reprises. Ainsi, le 23 avril 1885, le tribunal correctionnel de Bruxelles le condamne à des amendes de 26 et 30 francs pour outrage et résistance à la police ; ainsi encore, il est condamné par le même tribunal, le 4 mars 1898, à une amende de 20 francs pour avoir giflé l’anarchiste Mestdagh lors d’une réunion.
Par l’intermédiaire du mouvement syndical, Elbers entre en contact avec le Parti Ouvrier Belge (POB). Il adhére le 12 juin 1889 à l’association ouvrière socialiste de Molenbeek, dont il est un temps le secrétaire. En 1894, il figure sur la liste du POB pour les élections législatives dans l’arrondissement de Bruxelles et est également candidat au conseil provincial dans le canton de Molenbeek. Il n’est toutefois pas élu.
Lors des élections communales de l’année suivante, l’association ouvrière de Molenbeek présente sa propre liste socialiste. Comme Molenbeek était l’une des communes ouvrières les plus importantes de l’agglomération bruxelloise, Bien qu’il n’obtienne pas le succès escompté, Elbert entre néanmoins au conseil communal, par suite du retrait d’un élu de sa liste. cependant pas de succès personnel. Afin de lui permettre d’entrer au conseil communal. Le POB, pour sa part, remporte un succès remarqué (onze sièges sur trente-et-un). Elbert sera réélu en 1899 et devient même échevin de l’état civil au début de 1900.
Elbers restera conseiller communal jusqu’aux élections communales de 1938. Avant la guerre, il représente Molenbeek au Fonds intercommunal contre le chômage involontaire, dont il est vice-président vers 1909. Il reste échevin jusqu’en 1912.
Elbert exerce un part d’influence croissante au sein de la section bruxelloise du P.O.B., comme le montre sa candidature aux élections législatives de 1894, sa nomination comme secrétaire permanent de la fédération l’année suivante, fonction qu’il exerce jusqu’en 1908 et sa nomination (pendant près de 35 ans) en tant que membre du comité de la fédération bruxelloise du P.O.B, sa contribution à la création en 1898 de la Commission syndicale du POB. Le 24 mai 1904, il est par ailleurs élu au siège de sénateur pour l’arrondissement de Bruxelles le 24 mai 1904, mandat qu’il ne peut exercer, étant dans l’impossibilité de payer le cens requis par la législation électorale. Un an plus tard, le conseil provincial du Brabant le désigna toutefois comme sénateur provincial à la place du libéral Decoster décédé (23 janvier 1905).
Au Sénat, Elbers siège dans les commissions de l’Intérieur et de l’Instruction publique et plaide énergiquement pour la réduction de la durée du travail et l’abolition de l’article 310 du Code pénal.
En 1912, Ferdinand Elbers se présenta comme candidat à la Chambre des représentants. La campagne électorale est notamment marquée par un incident assez grave : lors d’une réunion à Drogenbos, un militant catholique lui lance un objet au visage qui le contraint à être hospitalisé pendant près d’un mois ; par ailleurs, Elbers écrit un article indigné dans Le Peuple, dénonçant le traitement discriminatoire réservé aux personnes d’opinion différente par des religieuses infirmières catholiques dans les hôpitaux militaires.
Avant la Première Guerre mondiale, Elbers prend souvent la parole lors de réunions « à la campagne », comme on appelle alors la périphérie flamande de Bruxelles. Elbers insiste auprès de P.O.B. sur la nécessité d’avoir un représentant socialiste flamand dans un arrondissement électoral où, dans 112 communes sur 125, on ne parle que le flamand. Il n’est cependant pas un militant flamingant et s’oppose, par exemple, à l’activisme pendant la Première Guerre mondiale : avec le reste du conseil communal de Molenbeek, il adresse notamment au début 1918 une lettre au chancelier allemand et au Reichstag pour s’opposer à la création du Conseil des Flandres, qui avait proclamé l’indépendance de la Flandre à la fin de 1917.
Avant la guerre, à la Chambre, Elbers plaide contre le militarisme et pour une démocratisation plus poussée du droit de vote. Il est également lesecrétaire du groupe parlementaire socialiste.
Après la guerre, son attention se porte davantage sur les questions culturelles. Ainsi, le 6 avril 1922, il signe une proposition de loi visant à créer une université à Anvers et, quelques mois plus tard (18 juillet 1922), une autre visant à faire participer l’Etat à la création d’une ASBL « Palais des Beaux-Arts » à Bruxelles.
Les questions sociales continuent toutefois à retenir son attention. Elbers siége également au Conseil des Hospices de Molenbeek (1907-1925), dont il est président pendant trois ans. A la Chambre, avec ses collègues Guillaume Melckmans (Anderlecht) et August Debunne (Menin), il plaide pour accorder un rôle plus actif aux communes en matière d’assistance publique. Elbers est député jusqu’en 1929.
Par la suite, Elbers se consacre exclusivement aux affaires de la commune de Molenbeek. En 1938, sa carrière prend fin brusquement en raison d’un conflit avec le P.O.B..
Il meurt le 8 août 1943, à l’âge de 80 ans.
Le 14 avril 1937, il est nommé Chevalier de l’Ordre de Léopold.