Donnay Samuel socialiste
né en 1866 à Flémalle-Grande décédé en 1929 à Flémalle-Grande
Représentant 1902-1904 et 1908-1925 , élu par l'arrondissement de Liège(Extrait de La Wallonie, du 22 janvier 1929)
Dimanche à 5 1/2 heures, nous recevions la triste nouvelle de la mort de notre ami Samuel Donnay, ancien député, bourgmestre de Flémalle-Grande, président de l'Union Coopérative de Liége et président de la Fédération provinciale des Mutualités socialistes.
Depuis deux mois, notre bon camarade avait dû cesser ses occupations, mais tous, nous nous imaginions bien qu'après quelque repos, nous le reverrions au sein du Parti Ouvrier remplir, comme toujours, avec dévouement, les charges des missions importantes qui lui étaient confiées.
Il y a dix jours, son état de santé s'étant empiré, il dut être transporté à la Clinique de Seraing pour subir l'opération d'un cancer à la langue. Une pneumonie s'étant déclarée, il fallut ajourner l'opération. Puis, après quelques jours, on dut constater que la maladie faisait des progrès rapides. Il est émouvant de constater que c'est dans cette Clinique de tout premier ordre, à la construction de laquelle il collabora si puissamment comme militant mutuelliste et coopérateur, que notre regretté ami Samuel chercha les suprêmes secours de la science médicale. Nous étions allé le voir samedi et c'est le cœur serré que nous avons quitté la chambre où, entouré de tous les siens qu'il chérissait, il vivait ses dernières heures.
La joie de revoir des amis du Parti Ouvrier avec lesquels Samuel Donnay a lutté toute vie, illuminait alors son beau et clair visage et son front ou rayonnait tant d'intelligence.
* * *
Né le 17 mal 1866, à Flémalle-Grande, le compagnon Donnay alla, tout jeune, travailler à Cockerill.
Métallurgiste, ouvrier d'élite, il suivit les premiers cours de l'école industrielle de Seraing.
D'origine protestante, et ayant été remarqué par le professeur Emile de Laveleye, également d'éducation évangélique, le jeune ouvrier, élève des cours industriels, se mit à lire les ouvrages de son maître intellectuel qui, tous, étaient ou favorables ou sympathiques au socialisme naissant.
Le Parti Ouvrier venait de se constituer. Samuel Donnay entra délibérément dans le parti de sa classe, défendant son idéologie sentimentale et socialiste. Un autre professeur, un Français d'origine protestante lui aussi, se faisait le propagateur de la coopération. Anseele à Gand, Jean Volders à Bruxelles, d'autres à Jolimont et à Anvers avaient constitué des sociétés coopératives socialistes. Théophile Blanvalet en parlait à Liége.
Samuel Donnay, ouvrier plus instruit que les autres travailleurs de son époque, fonda dans sa commune, vers 1886. à Flémalle-Grande, une société coopérative à laquelle il donna un beau nom : « L'Alliance. »
Sous son Influence, la nouvelle association ouvrière prospéra au point qu'elle dut créer des succursales dans les communes environnantes.
A partir de ce moment, Samuel Donnay se fait, lui aussi, le propagandiste de la coopération et du syndicalisme ouvriers.
Bien des groupements socialistes sont fondés après l’une ou l'autre de ses ardentes conférences dont il avait le secret.
Les divers mouvements créés par le Parti Ouvrier en faveur du suffrage universel comptent parmi ses plus dévoués participants.
Enfin, le droit de vote est généralisé. La campagne électorale de 1894 se présente passionnée, et Samuel Donnay est à là pointe du combat. Nous le voyons parcourir la région et porter la contradiction dans les réunions électorales de nos adversaires. Il s'y révèle un contradicteur redoutable. Certains meetings. comme celui de Saint-Georges. sont restés célèbres.
L'année suivante, aux élections communales, Samuel Donnay et ses camarades de liste sont envoyés en majorité au Conseil municipal de son village natal, où il apporte un esprit nouveau et réalise des réformes communales importantes.
Après des luttes difficiles, la majorité changea souvent de parti. Mais en 1911, les socialistes restèrent définitivement majorité à la maison communale.
Faisant depuis longtemps les fonctions de bourgmestre, le gouvernement clérical ne voulait point lui en donner le titre pas plus qu'aux autres socialistes qui se trouvaient dans le même cas. Lorsque la guerre éclata, en reconnaissance des services rendus, le gouvernement changea d'attitude et Donnay fit partie du groupe des premiers socialistes nommés bourgmestres en titre.
Il ne cessa depuis lors d'exercer dignement ses délicates fonctions de premier magistrat communal.
Parmi les réalisations dont Samuel Donnay était le plus fier, Il faut citer les constructions d'écoles communales et l'impulsion qu'il donna l'instruction publique dans sa commune.
Déjà en 1898, Samuel Donnay avait été nommé conseiller de Hollogne-aux-Pierres. lors d'une élection triomphante.
En 1902, il fut délégué à la Chambre lors d'une élection partielle. Le Parti Ouvrier ayant perdu deux sièges en 1904, il rentra au Conseil provincial pour reprendre son siège à la Chambre quelques années après où il resta jusqu'en 1923.
Il y défendit avec une éloquence très prenante les intérêts des ouvriers et surtout des travailleurs au milieu desquels il vivait. A plusieurs reprises, il impressionna fortement la Chambre et on se souvient encore d'un discours particulièrement émouvant où il exposa la situation alors si malheureuse des ouvriers mineurs. Il eut la joie d'être rapporteur et de faire triompher la loi réorganisant l'inspection des mines.
A côté de l'action politique, Samuel Donnay se dévoua toujours plus spécialement à la mutualité et à la coopération.
Il fut à ce titre, et longtemps avant la guerre, le deuxième président de la Fédération des mutualités socialistes de la province de Liége, fonctions qu'il n'a cessé d'exercer depuis lors.
Pendant la guerre, il donna de nouvelles preuves de son dévouement à l'intérêt public en acceptant un poste de vice-président au Comité provincial de ravitaillement.
Ces absorbantes fonctions et celle de bourgmestre ne l'empêchèrent point de veiller avec son frère Jean-Baptiste à la prospérité de la coopérative « L'Alliance. »
Nous le retrouvons le 22 mai 1918 parmi les signataires de l'acte de fusion des sociétés qui formèrent l'Union Coopérative.
Il ne tarda pas à être appelé à la présidence de la puissante société ouvrière où il déploya un grand dévouement, beaucoup de tact et une connaissance approfondie du mouvement ouvrier.
Samuel Donnay meurt au poste de combat qu'il affectionna par dessus tout : l'action coopérative.
Le Parti Ouvrier perd en lui un de ses fondateurs et un de ses meilleurs militants.
D'allure plutôt austère, mats très bon et très franc, très cordial et bienveillant, notre regretté camarade Donnay était un orateur de premier ordre et un homme extrêmement cultivé. Grand lecteur, peu de personnes dans la province possédaient une bibliothèque aussi complète que la sienne.
Père de famille dévoué et affectueux, il adorait ses enfants, comme il restait toujours pénétré du souvenir de ses vieux parents.
Le cœur attristé, nous adressons à la citoyenne fils, tous pression de attristé. nous adressons à la citoyenne Samuel Donnay, à sa fille, à son fils, à tous es membres de sa famille l'expression de nos condoléances émues.
(Extrait de La Wallonie, du 22 janvier 1929)
Le destin
Samuel Donnay avait vingt ans quand éclatèrent la terrible pression de la misère, les événements cycloniques de 1866. Ils devaient marqués son destin.
Privilégié en quelque sorte à raison de ses études - qui furent brillantes – à l'Ecole industrielle de Seraing, il eût pu aspirer à un avenir souriant dans la carrière industrielle. Mais il avait été trop profondément remué par le spectacle qui s'offrait à lui. Quiconque avait un cœur d'homme ne pouvait rester indifférent aux souffrances qui étaient alors le lot des travailleurs.
Comme l'a noté M. Houdez, leur situation était épouvantable. Payés par quinzaine, les ouvriers gagnaient en moyenne, pendant ce temps, 30 à 35 francs pour un labeur extrêmement prolongé. Lee chômages donnés, ce chiffre se réduisait souvent. Des carnets de houilleurs renseignaient des quinzaines de 25 à 28 francs. L'ouvrier devait avec cette somme pourvoir à sa nourriture, à son logement, à son entretien, et de même nourrir, loger, vêtir une femme et des enfants qui étaient presque toujours nombreux. Mais il ne touchait même pas cette somme. Il avait par surcroît le malheur de voir sa misère exploitée férocement. Les personnages de Maigriat de « Germinal » et de Malchair de « Happe-chair » n'ont pas été inventée. Les houilleurs étaient environnés de parasites semblables. La plupart des porions d'alors se comportaient comme des vampires. La cantine était tenue par leur femme, leur sœur ou une parente quelconque et il fallait y aller forcément à peine de renvoi et privation d'ouvrage, y boire bières et alcools. Ou bien c'était les boutiques où il fallait acheter souvent plus cher des fournitures de qualité douteuse. Le crédit trompeur pour l'ouvrier qui ne savait compter le ruinait littéralement.
A l'économat, c'était pis encore. Et puis c'était les logements hideur où l'on s'entassait à des prix invraisemblables.
Tant de misère et d'écrasement devait faire germer la révolte fulgurante.
Comment Samuel Donnat, cœur tendre, âme loyale, n’eût-il pas été bouleversé et entraîné ?
Le sentiment avait parlé. Il obéit.
La grande enquête
Et ce fut à l'occasion de la grande enquête qui suivit, sur la condition des ouvriers, qu'il lui fut donné de se révéler et de faire ses premiers pas dans l'action politique.
Il aimait à rappeler ces souvenirs déjà lointains et cependant si ardents encore. C'est au cours de la déposition pleine de courageuse audace que celui-ci faisait, qu'il vit Alfred Smeets pour la première fois. Dès ce moment, la sympathie unit ces deux hommes et ils luttèrent côte à côte toujours.
L’ère de l’action coopérative
Les sociétés de résistance, nées sous l'Impulsion de la première Internationale, étaient disparues les unes après les autres. L'esprit ouvrier n'était pas mûr encore pour le syndicalisme et, du reste, la répression patronale de toute tentative de coalition était impitoyable.
C'est pourquoi Il tourna ses efforts vers l'organisation coopérative.
A son appel, les travailleurs de Flémalle-Grande, puis ceux de Flémalle-Haute et bientôt ceux des communes environnantes se groupèrent et fondèrent « l'Alliance » qui, contrairement à beaucoup de sociétés constituées à la même époque, n'a cessé de prospérer.
Il fut dès lors l'âme du mouvement ouvrier tout entier. Car, en même temps qu'il dirigeait la coopérative, il s'attachait à l'entourer de groupements de tous genres et entreprenait avec ardeur l'éducation socialiste de ses camarades.
Jamais il ne sépara la coopération. ni la mutualité, ni le syndicalisme du Parti Ouvrier.
Dans tous ses meetings, il montrait avec orgueil les résultats politiques et éducatifs atteinte par le Parti Ouvrier en même temps que ceux acquis par la coopérative.
Au dernier congrès de la Presse socialiste, il prenait plaisir à le souligner encore. non toutefois sans une pointe de mélancolie.
Notre classe, disait-il, doit être la hauteur de développer considérablement notre presse. de la faire pénétrer dans toutes les familles ouvrières.
Quand je fais cette déclaration, il y a cependant un point qui me trompe, c'est parce que je vis dans une agglomération de communes où depuis 35 ans nous avons fait des efforts considérables de pénétration de la presse et je revoyais hier soir, par un simple hasard, un vieux journal dans lequel nous constations qu'en 1892 nous avions déjà pour les trois communes de Flémalle-Haute, Flémalle-Grande et Mons-Crotteux, 1,241 lecteurs du Peuple. Maintenant, j’ai la conviction que nous n'en avons pas 50 pour cent de plus. J'en conclus qu'à ce point de vue vous n'avez pas assez de perspicacité, assez d'énergie, que dis-je, assez d'audace, pour faire donner notre presse ce qu'elle doit donner.
L’action mutualiste
Samuel Donnay ne borna pas son activité à la coopération. Il eut tôt fait de se rendre compte que la faiblesse ouvrière naissait de l'insécurité du sort qui est la caractéristique des salariés d'aujourd'hui. De là, ses tentatives pour y remédier partiellement par l'instauration d'œuvres d'entr'aide, au sein de Alliance 2, et son orientation vers l'action mutuelliste dont il était appelé à devenir l'incarnation en sa qualité de président de la Fédération des Unions mutuellistes socialistes de la province de Liége.
L’homme politique
Mais, il avait amassé, par ses lectures, trop de connaissances pour les garder pour soi. Forcément, il devait tendre à les essaimer au milieu de la population ouvrière. Et c'est ainsi qu'il se trouva d'emblée, dans l'arène politique, en situation d'affronter les représentants les plus autorisés des partis bourgeois.
Son passage au Conseil provincial de Liége et à la Chambre des députés en a laissé des traces profondes.
Lorsque. dans un puits du Gosson, à Montegnée, la rupture d'un câble laissa choir une cage pleine d'ouvriers au fond du « bougnou », Samuel Donnay interpella le ministre de l’Industrie d'alors. et les représentants bourgeois ne furent pas peu surpris de voir cet ancien ouvrier mécanicien faire un exposé d'ordre technique sans réplique où frémissaient par à-coups, la grande pitié de son cœur et la révolte de son âme contre l'imprévoyance criminelle de l'avidité capitaliste.
L’orateur
Nul n'a pu, toutefois, apprécier totalement son talent oratoire, qui n'a pas suivi sa campagne de meetings contradictoires aux approches des élections de 1900.
On était au lendemain du soulèvement de 1899 contre le machiavélique projet de R. P. de Vandenpeereboom qui eut assuré pendant un demi-siècle encore la domination cléricale. Entre les radicaux qui épuisaient leurs derniers feux et les doctrinaires dont l'aplatissement électoral n'avait pas réduit la morgue insolente, s'était installé comme une excroissance insolite et déjà gâtée, le Parti ouvrier libéral, dénommé par abréviation P. O. L. Il avait pour chef un sieur Heyman, nom prédestiné s'il en fut, à symboliser la domestication. Dans ce P. O. L.. qui recrutait ses candidats parmi les membres des caisses à robettes d'alors, on sentait la servilité vis-à-vis des puissances d'argent, il apparaissait comme le masque du doctrinarisme sec et mauvais. Il ne pouvait que susciter l'indignation et le dégoût de la classe ouvrière férue d'indépendance et d’émancipation.
Samuel Donnay se fit l'interprète de cette indignation répulsive et ce fut, au cours de cette campagne mémorable qu'il donna la pleine mesure de son beau talent.
Dès que, dans les salles enfumées, après l'exposé filandreux de l'orateur libéral, on voyait apparaître à la tribune Samuel Donnay, coiffé d'une casquette à visière, un profond remous se produisait dans la foule. Des paroles vengeresses allaient être proférées. Et de fait, à peine avait-il achevé son exorde, qu'il entrait dans l'amer dédale des questions lourdes de reproches. Ce n'était pas à vrai dire un exposé de doctrine qu'il faisait. Il posait un fait, fortement en clarté puis il en déduisait toute une série de considérations qui, elles-mêmes, appelaient des conclusions limpides, allant de soi, résultant du sens commun.
Les mains ramenées derrière le dos, il avait l'air un peu figé au début. Le débit était lent et sourd. Puis, soudain, il s'animait. La voix prenait de la force. Le geste devenait ample. D'un brusque mouvement, il levait les bras et, comme soulevé et grandi, il jetait la face de la société marâtre les imprécations débordant du cœur des souffrants. Il y avait du prédicateur en lui et de l'apôtre.
Aussi faisait-il sur les foules une impression considérable.
Le chrétien
On le savait Chrétien. Jamais il n'abdiqua sa foi et jamais, dans nos rangs, il n'éprouva la moindre gêne.
Il savait que le Parti Ouvrier s'interdit d'entrer dans le domaine des croyances. Samuel Donnay était la preuve vivante que si le Socialisme combat le cléricalisme qui exploite le sentiment religieux pour maintenir les travailleurs agenouillés devant les Crésus, il considère la religion comma une question d'ordre privé. Cela répond aux élucubrations de la presse conservatrice qui persiste à prétendre, pour les besoins de sa politique de division ouvrière et de réaction, que le Socialisme est essentiellement antireligieux.
La présence de Samuel Donnay parmi nos mandataires atteste qu’il y a là un odieux et volontaire mensonge. Et c'est ainsi que notre regretté camarade aura servi doublement la grande cause des travailleurs et des sacrifiés, par son talent et par le sens même de sa vie.
J.D.
(Extrait de La Wallonie, du 22 janvier 1929)
A la mémoire de Samuel Donnay
Depuis peine deux ans la mort inexorable a fait de terribles ravages chez les militants les plus expérimentés de notre région.
Ce fut d'abord la perte que nous subîmes en janvier 1927 par la mort de notre cher et toujours si regretté, Victor Mottard. Ensuite l'accident mortel dont fut victime le citoyen Georges Berotte ; quelques temps après la mort de Jules Seeliger et aujourd'hui à nouveau la classe ouvriè re est endeuillé par la mort du citoyen Samuel Donnay.
Pauvre Camarade Donnay !
La peine que nous éprouvons, la reconnaissance que nous témoignerons envers ta chère mémoire, le pieux souvenir que nous entretiendrons vivace au cœur de l'armée des travailleurs suffiront-ils à te récompenser de tous les efforts de ton labeur de plus de quarante années de lutte ?
Nous nous souvenons comme d'un mauvais rêve des dures batailles de jadis sous le régime du vote plural en octobre 1894 comme des autres élections qui suivirent, toutes précédées de longues et ardues campagnes électorales. Notre parti manquait de militants capables de parler dans les meetings et réunions, d’écrire dans les rares journaux qui paraissaient à cette époque, de mener la propagande. Les foules dont la conscience prolétarienne s'éveillait manquaient de guides.
C'est à Samuel Donnay et Alfred Smets qu’incomba cette lourde tâche.
C'est grâce à la bonne parole qu'ils semèrent aux portes des usines et des charbonnages, aux carrefours des villes, des villages - les locaux nous étaient alors refusés - que la classe des travailleurs comprit enfin que son salut résidait dans l'organisation.
N'est-ce pas aussi en raison de leur action patiente, tenace et combien difficile que le socialisme s'infiltra lentement mais sûrement dans les conseils communaux. En 1895 la majorité catholique qui régnait en maître à l'hôtel communal de Flémalle, depuis de très longues années, fut culbutée et notre ami Donnay assuma la lourde tâche de remplir les fonctions de bourgmestre.
Dans le domaine de la coopération Samuel Donnay dirigeait la puissante coopérative « l’Alliance » de Flémalle etses nombreuses succursales qui surgirent dans les différentes communes de la région.
Il fut aussi pendant de longues années le porte parole – l’âme – du syndicat des mineurs à qui il a rendu d'éminents services au cours des grèves fréquentes, des conflits multiples, qui éclatèrent si souvent entre patrons et ouvriers.
C'est grâce à son Intervention - secondé d'auteurs par notre regretté V. Motttard - que ce syndicat des mineurs ne fut pas dissous par l'autorité occupante en 1917, qui considérait comme intolérable le fait de tenir des assemblées générales sans autorisation.
Il fit de sa commune la forteresse socialiste où fut érigée une de nos premières Maisons du Peuple avec salle de réunions.
Il fut ensuite envoyé au Conseil Provincial ainsi qu'à la Chambre des représentants où il déploya une activité remarquable.
Nous nous inclinons profondément devant cette vie toute de labeur, toute d'exemples. toute d'énergie.
Qu'elle serve d'exemple à la jeunesse qui jouit des réformes conquises par tous ses efforts.
Il a tout donné à notre cher Parti Ouvrier ! Son nom vivra dans nos mémoires, son souvenir dans nos cœurs.
Remy DAMAS.
P. S. - Afin de commémorer la mémoire de nos chers disparus, nos amis du conseil communal de Mons ont débaptisé la rue des Priesses, où notre ami Mottard avait son domicile, et elle s'appelle actuellement « Rue Victor Mottard. » A Flémalle la rue ou habitait notre ami porte le nom d'un ancien monarque . « Rue Léopold » : « Rue Samuel Donnay » ne conviendrait-il pas mieux ?
R.D.