de Béthune Léon, Marie, Joseph, Sidonie catholique
né en 1864 à Alost décédé en 1907 à Alost
Représentant 1898-1907 , élu par l'arrondissement de Alost(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 281)
Baron Léon BETHUNE
Représentant catholique pour l’arrondissement d’Alost, né à Alost l 7 juillet 1864
Publiciste et avocat du Barreau de Termonde. - Elève de l'Université catholique d e Louvain, il conquit le diplôme de docteur en philosophie et lettres en 1884, celui de docteur en droit en 1886 et passa la même année l'examen de secrétaire de légation de première classe avec grande distinction. - Secrétaire de légation de première classe honoraire : accompagna à Rome le Prince de Ligne, Envoyé extraordinaire de S. M. le Roi, lors du jubilé pontifical de S. S. Léon XIII. - Secrétaire, puis conseiller au Conseil supérieur du Congo : fut délégué par le Roi-Souverain pour faire l'instruction en Europe du procès Lothaire ; lors du procès Stokes, fut appelé comme expert devant la Cour de l'Amirauté a Londres . - S'occupe activement de questions coloniales et de l'organisation des missions catholiques au Congo. - Commissaire général de l'tat Indépendant aux Expositions d'Anvers (1894) et de Tervueren (1897). - Nommé conseiller communal d'Alost le 17 novembre 1895 et échevin le 6 janvier 1896, - A été élu pour la première fois membre de la Chambre le 22 mai 1898 ; réélu le 27 mai 1900. - Fondateur, président, administrateur et secrétaire de comités de patronage, de cercles ouvriers et de sociétés pour la construction d'habitations ouvrières. - Se trouve à la tête de plusieurs associations ouvrières et politiques - A collaboré à diverses publications périodiques et est l'auteur d'ouvrages, français et flamands, traitant de l’enseignement de la philosophie, des missions catholiques, des habitations ouvrières, etc. - Fut l'objet, e 1er mars 1900, d'une demande de poursuite du Procureur général de Gand, pour infraction à l'article 210, S 2, du Code électoral et à l'article 195, S 3, du Code pénal. La section centrale chargée de l'examen de la question estima qu'il n'y avait pas lieu d'auto
riser la poursuite durant la session, et la Chambre des représentants, partageant cette manière de voir, repoussa la demande d'autorisation par 56 voix contre 38 et 1 abstention. Le 31 juillet suivant, la Chambre des mises en accusation de la Cour d'appel de Gand renvoya M. Bethune devant la Cour d'assises de la Flandre orientale : il se pourvut en cassation et la Cour suprême décida, de l'avis conforme de M. le premier avocat général van Schoor, que les faits n'étaient pas suffisamment précisés et qu'en aucun cas, à les supposer prouvés, ils ne pouvaient relever de la loi pénale (24 septembre 1900). - Chevalier de l'Ordre de Léopold, de l'Ordre royal du Lion, de l'Ordre de Saint-Grégoire le Grand, de l'Ordre de la Couronne de Chêne, etc. ; commandeur avec plaque de l'Ordre de Pie ; grand-officier de l'Ordre de la Rédemption africaine ; officier de l'Ordre des SS. Maurice et Lazare ; porteur de la Décoration spéciale de prévoyance de classe.
(CAMBIER R. Léon de Béthune, dans Biographie coloniale belge, Bruxelles, Institut royal colonial belge, 1953, vol. 3, col. 58 et suivantes
BETHUNE (de) (Léon-Marie-Joseph-Sidoine), Diplomate et homme politique belge (Alost, 7.7.1864-Alost, 28.7.1907). Fils du baron Paul de Béthune, vice-président du Sénat, il naquit au château d'Overhamme, près d'Alost.
Il fit de brillantes études au Collège des Jésuites d'Alost, puis à l'Université de Louvain d'où il sortit en 1886 avec le diplôme de Docteur en droit. De 1885 à 1894, il passa successivement les examens d'attaché et de secrétaire de légation. En 1899 il fit partie de la mission envoyée à Rome sous la conduite du Prince de Ligne pour le Jubilé Pontifical du Pape Léon XIII et fut à cette occasion chargé spécialement par le Roi Léopold I I d'une enquête sur l'envoi de missions au Congo. Mais auparavant il avait déjà été distingué par le Souverain pour sa haute droiture, son intelligence éclairée et sa parfaite compréhension des problèmes coloniaux.
Conseiller communal, puis échevin de la ville d'Alost, il était entré à la Chambre des Représentants le 22 mai 1896 et fut constamment réélu jusqu'à sa mort. Atteint déjà du mal qui devait l'emporter, il fut pressenti par le Roi, en juin 1907, pour le portefeuille des Affaires Étrangères. Il était dans les vœux du Souverain qu'un homme qui avait toute son estime et qui était parfaitement au courant de notre position en Afrique, put présenter et défendre devant le Parlement le projet de reprise du Congo par la Belgique et devenir éventuellement le premier ministre des Colonies, après cette reprise. Mais l'état de santé du baron de Béthune et sa mort survenue peu après ne permirent pas à ces vœux de se réaliser.
Léopold II savait discerner la valeur des hommes et ne plaçait pas sa confiance à mauvais escient. A maintes reprises, le baron de Béthune lui avait rendu des services qui demandaient à la fois du tact, de la prudence et de l'habileté. Des missions d'une nature particulièrement délicate lui avaient été confiées. En août 1896 il avait été désigné pour remplir les fonctions de secrétaire auprès du Conseil Supérieur de l'État Indépendant du Congo. En cette qualité il avait fait partie comme greffier de la Haute Cour réunie à Bruxelles pour juger en cassation l'affaire Stokes dans laquelle le Major Lothaire avait été accusé d'abus de pouvoirs. On sait que les débats, conduits dans une atmosphère de sereine impartialité, aboutirent à la réhabilitation complète du brillant officier.
En janvier 1898, le baron de Béthune fut appelé à témoigner devant la Haute Cour de Justice de Londres (Chambre des Homologations), dans le procès pendant entre les héritiers de Stokes, sur la validité d'un testament olographe fait sur le territoire de l'Etat Indépendant du Congo. Ce sont les précisions juridiques qu'il apporta, appuyées par une déclaration écrite du baron van Eetvelde, Secrétaire d'État, qui décidèrent de l'issue du procès.
En Belgique, à un moment où beaucoup de défiance se manifestait encore dans tous les milieux vis-à-vis du Congo, le baron de Béthune n'hésita jamais à payer de sa personne et de son influence pour soutenir la réputation et les intérêts du jeune Etat .
Il fut le Commissaire Général de la Section congolaise, aux expositions d'Anvers, en 1894 et de Tervueren, en 1897. Membre du Conseil d'Administration du Comptoir de la Bourse, puis du Lloyd Anversois, il s'employa à faciliter le lancement des emprunts destinés à soutenir l'œuvre civilisatrice qui s'accomplissait en Afrique. Quand les embarras financiers du Congo prirent fin, sa sollicitude continua à s'exercer dans d'autres directions. C'est par son intermédiaire, pour ne citer qu'un cas, que le domaine de Val Duchesse vint s'ajouter à la dotation royale.
Sa formation juridique, ses capacités diplomatiques et financières le désignaient aux plus hauts postes. Par décret du 2 juillet 1898 il avait été promu conseiller au Conseil Supérieur de l’État Indépendant du Congo, organisme qui à cette époque, jouait le rôle de Conseil de la Couronne en matière législative, et de Haute Cour en matière judiciaire.
Le baron de Béthune était profondément chrétien. Ne concevant l'émancipation de nos frères noirs que sous la tutelle de l'Église, il s'intéressait tout particulièrement à l'œuvre des missions catholiques. La propagande qu'il faisait pour les développer était d'autant plus méritoire qu'elle rencontrait parfois des résistances jusque dans les milieux belges les plus conservateurs. A ses yeux l'évangélisation des noirs était un impératif catégorique contre lequel tout argument anticolonial devait venir se briser. Lorsqu'une violente campagne se déclencha en Angleterre contre la politique du Roi Léopold et qu'en 1904 le Congrès de Liverpool, sous l'impression des calomnies répandues par Morel, Casement et consorts, fit appel à l'opinion publique d'Outre-Manche, le baron de Béthune se prodigua en démarches pour rétablir la vérité. Il est caractéristique qu'il s'adressa en premier lieu à M. Diamond, directeur de la o Catholic Press Ltd ». Mais il obtint aussi, surtout par l'intermédiaire de Lady Stanley, l'audience de personnalités politiques telles que le Marquis de Ripon et M. Hilaire Belloc. En outre il vit à diverses reprises Redmond Bang Esq. et G. G. Walford, l'armateur bien connu de Liverpool qui ne cachaient pas leur sympathie pour la Belgique.
Le baron de Béthune a laissé plusieurs filles et deux fils : le baron Jacques de Béthune, mort glorieusement au cours de la campagne 1914-1918 et le baron Robert de Béthune qui a fait les deux guerres dans l'aviation militaire et est actuellement major de réserve et invalide de guerre.