Dauvister René, Fidèle socialiste
né en 1858 à Dison décédé en 1937 à Dison
Représentant 1894-1898 et 1909-1919 , élu par l'arrondissement de Verviers(Extrait de La Chambre des représentants en 1894-1895, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1896, pp. 270-271)
DAUVISTER Jean-Joseph,
Représentant socialiste, pour l’arrondissement de Verviers, né à Dison le 24 octobre 1858
M. Dauvister est tisserand et fait partie du Syndicat des tisserands depuis 1888; de ce chef il a été présenté comme candidat au Conseil de l'industrie et du travail dont il fait partie depuis sa création.
Il est membre du bureau de bienfaisance de Dison et administrateur d'une société de secours mutuels.
Fondateur de la Ligue ouvrière et commerciale de Dison, il a été son candidat aux élections du 14 octobre. M. Dauvister a été élu représentant pour l'arrondissement de Verviers au ballottage du 21 octobre 1894. Il obtint 27,402 voix, contre 22,458, accordées au plus favorisé de la liste catholique, sur laquelle figurait M. l'abbé Pottier. Au premier tour de scrutin, quatre listes étaient en présence ; elles obtinrent respectivement : catholiques, 18,000 voix en moyenne ; socialistes, 15,000 ; libéraux, 10,000 ; progressistes, 7,000.
(Extrait du Peuple, du 27 mai 1937)
Dimanche soir, s’est éteint à son domicile, place du Sablon, notre ami Jean Dauvister, ancien député socialiste de Verviers.
Il était âgé de 79 ans.
Jean Dauvister fut de la première fournée, qui entra au Parlement en 1894. Il fut élu député de Verviers, en même temps que les camarades Jean Malempré, Gierkens et Thomas Niezette.
Il devait siéger jusqu'en 1919, moment où il prit sa retraite et céda la place à Jule Hoen.
Le défunt fut également conseiller communal à Dison, sa commune natale. A partir de 1895, et en 1908, il fut désigné comme échevin de l’instruction publique.
Jusqu’à son dernier souffle, Jean Dauvister est resté attaché au Parti Ouvrier, à ses œuvres, et on l vit souvent en dépit de sa retraite de la vie politique, paraître dans nos manifestations. En janvier dernier, Emile Vandervelde, alors ministre de la Santé publique, vint le saluer chez lui, après avoir participé à une réunion de mandataires socialistes de Verviers.
Cette visite du Patron fit un grand plaisir à Jean Dauvister qui, à ce moment déjà, ne pouvait plus quitter la chambre, par ordre du médecin.
Le vétéran vient de s'éteindre doucement après avoir consacré sa vie entière au Parti.
La clase ouvrière n’oubliera pas son nom, comme elle n'a oublié ses coéquipiers, militants de la première heure.
(Extrait du Pourquoi Pas ?, du 28 mai 1937)
La mort de M. Jean Dauvister, l'ancien député socialiste de Verviers, réduit encore le nombre des survivants de cette équipe de vingt-huit députés rouges qui, il y a quarante-trois ans, fit irruption au Parlement, au grand scandale des hautes oligarchies patriciennes de ce temps.
Il n'en reste guère de ces pionniers du parlementarisme socialiste.
M. Vandervelde, dont on put apprécier l'étonnante vigueur intellectuelle dans son récent discours sur l'amnistie, est seul à les représenter sur les bancs d'extrême-gauche.
L'oncle Louis Bertrand, toujours vivant et alerte, a sagement pris sa retraite dès qu'il eut atteint soixante-cinq ans. Le père Anseele se repose à Gand en écrivant, paraît-il, l'histoire du « Vooruit ». Et le vieux carrier SchinIer fume sa pipe en pêchant dans l'Amblève qui arrose son terrain de la Wallonie liégeoise.
M. Dauvister continuait à s'intéresser aux œuvres qu'il créa dans la vallée de la Vesdre et les travailleurs de Verviers vouaient au doyen une affection filiale. C'était d'ailleurs un fort brave homme que cet ouvrier bien représentatif des qualités de cette clase laborieuse, si intelligente, si accessible aux valeurs théâtrales, de ce pays de Verviers. On ne traverse pas impunément une vie aussi longue et aussi active sans laisser le souvenir de quelques anecdotes vécues.
Celle que M. Dauvister se plaisait à raconter devrait être transcrite en ce wallon qui, comme le latin, brave l'honnêteté. Essayons quand même de la raconter.
M. Dauvister avait assisté à une assemblée électorale où M. Vandervelde, dans tout l'éclat de son éloquence imagée, avait, pour confondre ses adversaires libéraux, risqué une comparaison mythologique. Comme la liste libérale comprenait des radicaux fougueux, plaisant au peuple, et des grands magnats de l'industrie textile, beaucoup plus modérés, le leader socialiste déclara que la liste libérale était pareille à une sirène. Elle montrait son beau visage de démocratie, mais elle finissait en queue de poisson doctrinaire et conservatrice.
Ebloui par l'image, M. Dauvister se dit qu'elle était bonne à être replacée. En effet, quelques jours après, parlant devant un auditoire ouvrier, il s'écria : « Le parti libéral ! Je vais vous dire ce que c'est : c'est une belle femme. » Puis, continuant en wallon, il ajouta : on vit todi ses tettes. on n'vit mai s'cou. »
Etant donné que « cou » était prononcé à l'italienne.
Le site du Maîtron, consulté le 6 décembre 2025, indique en outre ce qui suit :
Jean Dauvister
- commence à travailler enfant : à neuf ans dans une chaudronnerie, puis dès douze ans dans le textile ;
- participe en en 1885 à la création de la section locale du POB, à Dison ;
- fonde la coopérative La Fraternité en 1886 et les Pharmacies populaires en 1888 ;
- contribue à la naissance de la Ligue ouvrière et commerciale ;
- siège au Conseil de l’industrie et du travail et à la Commission du Bureau de bienfaisance (1891-1894) ;
- est élu député en 1894 et conseiller communal de Dison en 1895 ;
- est à nouveau élu député, après plusieurs tentatives électorales, en 1912 ;
- est échevin de l’Instruction à Dison (1908 et 1912) ;
- .écrit activement dans la presse socialiste régionale ;
- participe à l’Assemblée wallonne de 1914 et au Comité d’action wallonne.
- quitte la vie politique en 1919 et continue de soutenir les institutions socialistes locales, notamment La Prévoyance Sociale.
- meurt à 79 ans, dans la pauvreté, et est enterré civilement.