Dallemagne Jules, Jean, Joseph catholique
né en 1840 à Tilleur décédé en 1922 à Liège
Représentant 1900-1919 , élu par l'arrondissement de Liège(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 343)
Jules DALLEMAGNE
Représentant catholique pour l’arrondissement de Liége, né à Tilleur le 23 juin 184
Industriel, administrateur et commissaire de divers établissements industriels et financiers. - Fit ses études moyennes au Collège Saint-Servais à Liége et suivit les cours de l'Ecole des Mines : obtint le diplôme d'ingénieur civil des Mines en 1866 . - Vice-président de l'Union catholique de Liége et président de l'Union catholique du canton de Grivegnée, de la Fédération liégeoise des Sociétés de mutualité pour l'affiliation à la Caisse de retraite et de diverses autres œuvres sociales et philanthropiques. - A publié divers ouvrages sur la situation de l'industrie en Belgique, sur les pensions ouvrières et la question sociale ; collabore à différents journaux politiques et notamment à La Gazette de Liége. — Siégea au Conseil communal de Tilleur de 1881 à 1888. — Elu membre de la Chambre le 27 mai 1900. — Chevalier des Ordres de Léopold el de Pie.
(Extrait de La Wallonie, du 20 mai 1922)
M. Jules Dallemagne, ancien député catholique, vient de mourir à l'âge de 82 ans, après une vie très active.
Après nous être inclinés respectueusement devant sa tombe, il nous sera bien permis d’apprécier sa carrière politique et économique.
Entré à la Chambre en 1900, à l'âge de 60 ans, il ne pouvait y jouer un grand rôle. D’ailleurs, ses moyens ne le disposaient nullement à la lutte parlementaire. Ce n'est point le député que nous voulons voir dans la vie si remplie de ce catholique fervent. C’est l'homme des associations cléricales, où son activité de tous les jours et ses dons en urgent en faisaient un homme indispensable.
Dernièrement, nous rappelions que M. Magis personnifiait admirablement la période victorieuse, altière et dominatrice du monde doctrinaire et industriel.
M. Dallemagne, capitaliste catholique, mena campagne, modestement d'abord, ouvertement et activement ensuite, contre ses concurrents en capitalisme. II fonda, en 1877, l'Association catholique ; il encouragea la presse cléricale ; il mit son argent au servite du clan des bourgeois croyants et au service de l'Eglise.
Moins hautains que les doctrinaires, les très riches bourgeois cléricaux, en minorité au Pays de Liége, se rapprochèrent petit à petit de la bourgeoisie moyenne et des artisans. Par des procédés tout différents de ceux employés par les bourgeois libéraux, ils cherchèrent à gagner les couches populaires et les classes moyennes surtout.
Mais, à cette époque si utilitaire de censitarisme, il fallait autre chose que des paroles et des bénédictions.
Profitant de la défaite libérale de 1884, les cléricaux de la classe et de la génération de M. Dallemagne s’emparèrent petit à petit de l'Université, de la magistrature et de l'administration en procurant des places aux bourgeois délaissés par les vieux et durs libéraux.
Jusque-là, les conseils d'administration des charbonnages, de la haute banque et de la grande industrie liégeoise étaient aux mains des doctrinaires.
M. Dallemagne et ses amis fondèrent aussi des banques et des sociétés anonymes. Favorisés, après 1884, par la puissance politique catholiques au pouvoir, les capitalistes cléricaux entrèrent dans les conseils d'administration qui, jusque-là, les libéraux étaient les maîtres.
Les mariages riches, habilement combinés par le clergé et les Jésuites, favorisèrent encore cette mainmise des cléricaux sur l’industrie locale.
M. Jules Dallémagne, au point de vue clérical et conservateur, aura l'honneur d'avoir souvent été le pivot de l'armée catholique en marche vers la puissance matérielle au Pays de Liége. II était lui-même d’au moins sept ou huit conseils d'administration de sociétés anonymes industrielles.
Par un mélange de mentalité bourgeoise et manchestérienne et d'esprit apostolique, il parvint à se concilier des amitiés dans le monde industriel libéralisant et dans le monde des travailleurs non encore touchés par la propagande socialiste.
La sécheresse de cœur des doctrinaires voltairiens rendait plus odieux le règne de l'argent.
Les croyances religieuses des hommes comme M. Dallemagne adoucissaient, à cette époque, pour certains, ce qu'il y avait de sec et de cruel dans l'exploitation capitaliste.
Il faut reporter son esprit vers ces temps qui paraissent aujourd'hui Iointains, pour se rendre un compte exact du rôle que l'homme de persévérance qu'était M. Dallemagne a joué dans la politique, pendant un demi-siècle, au pays de Liége.
Nous l’avons combattu de toutes nos forces ; mais nous étions parfois pris d’une certaine admiration en le voyant si convaincu et si dévoué à son parti. Collègue de relations courtoises, d'ailleurs, il donnait l'impression d'un homme que le capitalisme et le cléricalisme auraient spécialement préparé pour en faire un pilier indispensable à leur hégémonie.
(Extrait de La Meuse, du 18 mai 1922)
M. Jules Dallemagne, député catholique liégeois, vient de s’éteindre en notre ville, ce mercredi matin.
M. Dallemagne était malade depuis deux semaines, à la suite d'une congestion pulmonaire ; contre toute attente, le mal triompha de sa robuste constitution.
Le défunt était né à Tilleur le 23 juin 1840. Il fit ses études au Collège Saint-Servais et à l’Ecole des Mines, à Liége, où il conquit le diplôme d'ingénieur civil en 1866.
Il siégea de 1881 à 1888 au Conseil communal de Tilleur. Il fut en 1877 l'un des fondateurs de l'Union Catholique et en était, depuis 1919, le président d'honneur.
La Chambre des Députés je reçut en son sein en 1900.
Le souvenir de M. Dallemagne durera longtemps dans les cœurs de ceux, et ils furent nombreux, qu'Il obligea.
Très actif, l'esprit toujours en éveil, la carrière de M. Dallemagne restera comme un exemple de travail fécond.
(Extrait de La Métropole<, du 19 mai 1922)
M. Jules Dallemagne, ancien député catholique de Liége, dont nous avons annoncé le décès, était âgé de 82 ans. Le défunt, qui avait fait ses étude d’ingénieur, était président et administrateur de plusieurs sociétés industrielles.
Homme d’œuvres, d’une charité profonde, M. Dallemagne était président de la Conférence de Saint-Vincent de Paul, fondateur de l’Union catholique de Liége, dont il était président d’honneur depuis 1919. Le défunt était grand officier de l’Ordre de Léopold, commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire, grand-chevalier de la Légion d’honneur, etc.