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d'Huart Albert (1867-1937)

Portrait de d'Huart Albert

d'Huart Albert, Marie, Edouard catholique

né en 1867 à Bruxelles décédé en 1937 à Achêne

Représentant 1902-1906 et 1910-1919 , élu par l'arrondissement de Dinant-Philippeville

Biographie

(Extrait de Vers l’Avenir, du 4 novembre 1937)

C'est avec une profonde émotion que nous apprenons la mort du baron Albert d'Huart, survenue au château de Tavier, le mercredi 3 novembre.

Le baron d'Huart avait été pris de syncope, il y a jours, lors d'une battue. chez le baron de Woot de Jannée. Il avait reçu aussitôt les derniers sacrements et se remettait lentement de cette crise.

Dimanche et lundi, il avait encore communié et rien ne faisait prévoir une issue fatale, quand, mercredi, dans la matinée, il tomba en syncope et s'éteignit doucement vers 10 heures du matin.

La mort de ce vieux lutteur de la cause catholique, de ce vaillant soldat de l'Eglise et de notre parti, causera, dans toute notre province, une profonde émotion, tant elle était inattendue et tant le baron d'Huart jouissait de la sympathie et de l’estime générales.

Dans le monde agricole, objet de la sollicitude constante du baron d'Huart, sa perte sera plus particulièrement ressentie.

Président du Conseil Supérieur de l'Agriculture et président ou membre de tous les organismes agricoles, en particulier ceux de notre province, le baron d'Huart occupait chez les agriculteurs une situation de premier plan.

Grand propriétaire terrien et grand éleveur aussi, son écurie et ses établissements figuraient avec honneur dans tous nos concours agricoles.

Connaissant à fond les agriculteurs, vivant au milieu d'eux, le regretté défunt avait toujours été leur porte-parole écouté et respecté.

A là tribune du Sénat, il intervint maintes fois avec succès en faveur de cette branche de notre activité nationale, trop souvent délaissée.

Assistant régulièrement à toutes les manifestations agricoles, ayant pour tous l'accueil le plus aimable, ne demandant qu’à soulager les infortunes - et, durant la guerre, il eut à ce point de vue une action inoubliable, - le baron d'Huart jouissait, dans notre province, d’une grande popularité.

Le baron Albert d'Huart appartenait à une lignée qui tint toujours à honneur de servir son pays.

Petit-fils du baron Edouard d’Huart, membre du Congrès provisoire, sénateur, puis gouverneur de Namur, fils du baron Alfred d'Huart, qui fut sénateur durant de longues années, petit-fils aussi de l'illustre Malou, qui demeure une des gloires les plus pures du parti catholique, héritier de ces grandes figures et de ces nobles vertus, le baron Albert d’Huart en fut le digne continuateur.

Né à Bruxelles le 22 mars 1867, c'est à l'âge de 29 ans que M. Albert d'Huart fut élu, en 1896, conseiller provincial pour le canton de Beauraing. Il devint député de Dinant, en 1902, et sénateur, succédant à son père, en 1919. Il fut choisi comme vice-président de la Haute-Assemblée. II occupa cette fonction jusqu’aux dernières élections.

On sait que ce grand catholique occupant, sur la liste, la deuxième place, traditionnellement réservée à l'arrondissement de Dinant, fut victime de l'emballement momentané en faveur du rexisme.

Le nombre impressionnant des votes de préférence qu'il recueillit, 6.213 sur 27.619, montra à suffisance combien d'électeurs restaient fidèles à l'amitié qu'ils lui avaient consacrée depuis si longtemps.

Le baron d’Huart était président de la Fédération catholique de Dinant, président du Comice Agricole de Ciney, président de la Chambre provinciale et du Conseil Supérieur de l'Agriculture de Belgique. II fut membre des Commissions d'Agriculture et de la Défense Nationale au Sénat.

Les plus hautes distinctions lui ont été accordées par le Roi qui, après l'avoir créé Grand officier de l'Ordre de Léopold, l'élevait, fin mai 1936, à la dignité de Grand cordon de l'Ordré de la Couronne.

Le 28 mai dernier, à l’occasion du quarantième anniversaire de son entrée la vie publique, les catholiques dinantais, auxquels s'étaient jointes de hautes personnalités civiles et religieuses, rendirent un émouvant hommage au baron Albert d'Huart.

Au cours de cette grandiose manifestation, d'éloquents discours, de touchants témoignages, redirent au héros de la fête en quelle respectueuse et reconnaissante estime le tenaient ses amis, ses anciens collègues, ses électeurs, les plus éminents représentants du pays et de l'Eglise.

Au cours de sa réponse ces nombreuses marques de déférente sympathie, le baron Albert d'Huart, avec la modestie bonhomme qui le caractérisait, déclara notamment :

« On a fait allusion aux regrets que j'aurais pu ressentir de mon éviction. Eh bien, je le dis nettement, je n'en ai ressenti aucun. Je n'étais pas entré dans la politique pour y faire mes affaires, mais pour tâcher d'être utile à la cause que je sers.

« Très jeune, mes parents m'avaient appris que la fortune est un salaire qui est payé d'avance et qu'il faut mériter par son travail. Telle a été l'idée qui m'a toujours guidé. Aux jeunes de reprendre le drapeau et d'aller le planter sur de nouvelles positions. J'ai foi dans les destinées de notre pays, dans la sagesse de notre jeune Roi, dans l'avenir prospère de notre parti. »

Nous nous en voudrions d'ajouter un seul mot à ce testament politique du baron Albert d'Huart.

II es digne de celui qui n'eût jamais d'autre souci que de servir Dieu et la Patrie.

Nous présentons à la famille du vénéré défunt nos sincères et très chrétiennes condoléances.


(Extrait de Vers l’Avenir, du 5 novembre 1937)

Ce fut une stupéfaction douloureuse, dans les milieux politiques, lorsqu’on apprit la mort du baron Albert d'Huart, l'ancien sénateur catholique, emporté brusquement, deux mois après que se fut refermée la tombe de sa sœur, femme du comte de Broqueville, décédée au château de Postel.

Le baron d'Huart avait été une des figures les plus populaires de l'hémicycle sénatorial. Il avait siégé aussi à la Chambre de 1902 à 1906, puis de 1910 à 1919. C'est en cette dernière année qu'il fut appelé à représenter au Sénat l'arrondissement de Dinant-Philippeville. Il y fut si bien accueilli que, deux années plus tard, la Haute Assemblée l'appelait à exercer les fonctions de Questeur. Il devint ensuite vice-président, en 1932.

Le Baron d’Huart s'était spécialisé dans les questions agricoles et s'intéressait plus particulièrement aux choses de l'élevage. Il présidait avec autorité le Conseil Supérieur de l'Agriculture et le Conseil Supérieur de la chasse.

Il ne faisait plus partie de la Haute Assemblée depuis les élections dernières et son départ avait été très sincèrement regretté par ses collègues, qui appréciaient sa courtoisie autant que le dévouement qu'il avait manifesté au Sénat dans l'exercice de ses diverses charges.


(Extrait de Vers l’Avenir, du 6 novembre 1937)

La nouvelle de la mort de M. le baron Albert d'Huart, ancien conseiller provincial, ancien député et ancien sénateur de notre arrondissement, s'est répandue comme une traînée de poudre, mercredi après-midi, à Ciney, jetant partout la consternation et provoquant chez tous de vifs et sincères regrets. C'est que depuis son enfance, « le baron Albert », comme on l'appelait affectueusement dans la région, a été intimement mêlé à la vie de nos populations. Extrêmement sympathique, le baron Albert d'Huart a rendu d'innombrables services à tous ceux - et ils sont légion - qui ont recouru à ses obligeants offices.

Président du Conseil supérieur de l'Agriculture, membre de la Commission provinciale agricole, président du Comice agricole et du Syndicat d'élevage bovin de Ciney, M. le baron d'Huart, qui était lui-même un gentleman farmer, était très répandu dans le monde agricole et sa mort y laissera un vide très difficile à combler.

Les Cinaciens, pour qui M. le baron d'Huart a toujours marqué une prédilection, regretteront très sincèrement la disparition de cet homme de bien universellement respecté aussi bien par ses adversaires que par ses amis. Il avait su continuer les nobles et généreuses traditions séculaires de la famille d’Huart, à qui notre région est redevable de tant de bienfaits.

Rappelons encore que le baron Albert d'Huart était, depuis la mort de son père, président d'honneur de la Société Royale d'Harmonie de Ciney et qu'il a toujours porté le plus grand intérêt à ce groupement musical centenaire.

Le souvenir de ce grand citoyen restera longtemps vivace au cœur de nos populations, pour qui il incarnait l'homme public, dévoué, généreux et surtout désintéressé.