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Buysse Arthur (1864-1926)

Portrait de Buysse Arthur

Buysse Arthur, Honoré libéral

né en 1864 à Nevele décédé en 1926 à Gand

Représentant 1909-1921 et 1924-1926 , élu par l'arrondissement de Gand-Eecloo

Biographie

(Extrait de L’Indépendance belge, du 22 octobre 1926)

Mardi, à la Chambre des représentants, M. Edouard Pecher, parlant au nom de la gauche libérale, a rendu hommage à la mémoire de M. Arthur Buyss en des termes dont le caractère et la forme délicate tranchaient sur l'ordinaire banalité des éloges funèbres.

Nous ne pouvons résister au désir de reproduire ce morceau oratoire, qui apprécié par toute la Chambre :

Arthur Buysse s’en est allé doucement, miné, puis vaincu par le mal inexorable qui l'avait depuis plusieurs mois éloignés des travaux de la Chambre, et dont nous connaissions, hélas ! les terribles progrès.

Doucement, il nous a quittés, comme tombent en Flandre les ombres d'un beau soir, après une rayonnante journée d'automne - doucement, comme il sentit et vécut toutes choses, - comme semblait l'y prédestiner son âme nuancée d'artiste, sa nature subtile, sa modestie cordiale et charmante.

Issu d’une de très haute culture, qui donna aux lettres et à la peinture flamandes de vraies gloires nationales, il avait conservé de son ascendance et du milieu où il s'était formé ce cachet de distinction intellectuelle, ce sens de raffinement et d'art qui étaient la caractéristique même de son attirante personnalité et que les rudesses et les chocs de la vie publique n’étaient pas parvenus à faire disparaître.

Cet esprit original, ouvert sur tant d'horizons, cette intelligence si vive, ce cœur si ardent à la défense de ses convictions, il les mit généreusement, avec son talent, ses connaissances et toute son activité, au service du bien général au cours d'une carrière politique tout entière inspirée d'un sentiment très pur du devoir, d'une droiture et d'un désintéressement à toute épreuve.

Membre de la Chambre, Arthur Buysse siégea dans cette enceinte depuis 1909 à 1921, pour y revenir en 1924 au décès de notre cher et regretté collègue M. Mechelynck. Ardent patriote, il contribua pendant la guerre à la fondation du « Mot du Soldat » ; il fut l'un des plus fervents animateurs des institutions belges créés en Hollande pour nos compatriotes exilés, et, non content d'avoir ainsi servi la patrie en soutenant efficacement l'esprit national de résistance, il s'en aila en mission au Brésil, en République Argentine, en Uruguay et Paraguay, dire le martyre et l'héroïsme de la Belgique opprimée, y recueillir en masse les adhésions morales et y susciter les sympathies agissantes qui nous valurent d’innombrables dons d’admirateurs lointains.

Parmi nous, Buysse ne comptait que des amis. Parlementaire averti et consciencieux, li suivait de très près toutes les questions politiques et sociales, et plus spécialement les problèmes agricoles. Il était attaché profondément à sa terre de Flandre ; il la voulait riche, heureuse et prospère, notamment par l’amélioration des méthodes agricoles qu'il avait même été étudier à l’étranger. Il lui arriva souvent d’exalter ici l’effort des paysans et des travailleurs du sol, qu’il connaissait pour avoir vécu parmi eux, mais s'il intervint dans les questions de cet ordre, je me rappelle que très souvent aussi, à l'occasion de nos travaux et de congrès politiques, il nous saisissait de notes et de rapports, toujours rédigés avec une compétence approfondie, qui eussent pu faire d'excellents discours, mais que Buysse préférait ne pas extérioriser. Ainsi le voulait sa nature discrète, chez qui l’ardeur d'une vie intérieure très active et fructueuse se passait fort bien de !'emportement des élans oratoires. Mais cet effort n'en était pas moins utile, ni moins constant, ni moins inspiré par l'amour de ses chères populations flamandes, auxquelles il a donné toute sa vie, dont il représentait si pleinement le type, dont il savait faire chanter la langue dans ses discours et dont il défendit fidèlement les droit.


(Extrait de L’Indépendance belge, du 29 septembre 1926)

Après de longs mois de souffrances stoïquement endurées, après une opération chirurgicale qui, pratiquée il y a quelques semaines, avait apporté une amélioration, - hélas passagère, - dans son état, le député libéral Arthur Buysse a succombé mardi, dans la clinique où il était soigné, à la terrible affection, - cancer des intestins, - qui avait miné sa robuste constitution.

Frère du grand romancier flamand Cyriel Buysse, neveu de Mlle Virginie Loveling, l'auteur de tant d'œuvres ou se reflétait la vie de nos populations rurales, Arthur Buysse était un vrai Flamand, de vieille souche, aimant son peuple et aimé de lui, portant admirablement la langue du peuple, dont il détendit les revendications raisonnables.

Dès l'Université, il se consacra à la politique. Il était avocat.

II représenta l'arrondissement de Gand-Eecloo à la Chambre de 1900 a 1921 et y rentra en 1924, après la mort d'Albert Mechelynck. II y servit, avec un désintéressement absolu, son pays et son parti. Il y plaida souvent la cause des paysans flamands, qu'il connaissait à fond, parce qu'il vivait au milieu d'eux. Il entreprit un jour une enquête au Danemark pour mieux connaître les besoins de l'agriculture.

Ardent patriote, Buysse fonda, pendant la guerre, en Hollande, où il s'était réfugié, le « Mot du Soldat », cette belle œuvre qui procura aux mères belges des nouvelles de leurs fils luttant pour la Patrie ; il aida des milliers de jeunes gens à rejoindre l'armée belge ; il soutint toutes les œuvres créées dans les Pays-Bas au profit de nos compatriotes exilés. Le gouvernement belge le chargea d'une mission de propagande en Amérique latine. Pendant cinq mois, il y parla avec tant d'éloquence de notre pays envahi, dévasté, que les dons affluèrent de toutes parts, si nombreux qu'après la guerre, une partie put encore servir à mettre sur pied le « Foyer de l’Orphelin. »

Arthur Buysse jouissait d'une popularité très grande et très méritée. Sa mort causera des regrets unanimes, car, par la cordialité et la franchise de son caractère, il s'était concilié de très vives sympathies.

Né à Nexele, en 1864, il était donc âgé de soixante-deux ans.

Nous présentons nos plus vits regrets à Mme Buysse, née Beaucarn, qui a été pour lui la plus dévouée compagne, ainsi qu'à sa fille. si éprouvée.


(Extrait du Het Laatste Nieuws, du 29 septembre 1926)

De h. Arthur Buysse, broeder van den Vlaamschen letterkundige Cyriel Buysse en liberaal volksvertegenwoordiger voor Gent-Eekloo is Dinsdagmorgen in den ouderdom van 62 jaar te Gent overleden aan de gevolgen van een heelkundige operatie.

Arthur Buysse werd geboren te Nevele in 1964. Hij was advokaat en maakte deel uit van de Gentsche balie.

Tot Kamerlid werd hij verkozen in 1909. Tijdens den oorlog verbleef hij in Nederland, en op last van de regeering ondernam hij een propagandareis naar Brazilië.

De h. Arthur Buysse werd in 1921 niet tot Kamerlid herkozen, maar zetelde weldra als plaatsvervanger van den overleden h. A. Mechelynck. Zijn plaatsvervanger in de Kamer is de h. H. Boddaert.

Wij bieden aan de familie van den overledene onze deelneming .aan in het smartelijk verlies.


Voir aussi : Bart D'HONDT B. - DE SCHRYVER R., Buysse, Arthur, dans Digitale ncyclopedie van de Vlaamse beweging (consulté le 15 février 2026)