Buyl Adolphe libéral
né en 1862 à Cherscamp décédé en 1932 à Wetteren
Représentant 1900-1929 , élu par l'arrondissement de Furnes-Dixmude-Ostende(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 232)
Adolphe BUYL
Représentant libéral progressiste pour l’arrondissement de Furnes-Dixmude-Ostende, né à Cherscamp (Flandre orientale) le 1er mai 1862.
Publiciste et ancien instituteur diplômé, sorti de l’Ecole normale de Gand. – Vice-président des Hospices civils d'Ixelles depuis 1896. - Nommé conseiller communal d’Ixelles en octobre 1899. - Elu membre de la Chambre le 27 mai 1900. - Vice-président du Cercle progressiste d'Ixelles, secrétaire de la « Volksmaatschappij De Veldbloem » de Bruxelles et vice-président d'honneur du Cercle des bourgeois et ouvriers libéraux de. Furnes. - Collaborateur du Mouvement Géographique.
(Extrait de La Dernière Heure, du 5 décembre 1932)
On annonce la mort, survenue à Wetteren, dimanche matin, de M. Adolphe Buyl, qui a succombé aux suites d'une double pneumonie.
M. Adolphe Buyl était né à Cherscamp (Flandre Orientale) le 1er mai 1862.
Il avait suivi les cours de l'Ecole normale à Gand, d'où il sortit avec le diplôme d'instituteur. Il consacra quelques années à l'enseignement, puis vint se fixer à Ixelles.
En 1896, il était vice-président des hospices d'Ixelles et, en 1899, il était élu conseiller communal.
Peu de temps après, il fut nommé échevin de l'état civil.
Le 27 mai 1900, il était élu membre de là Chambre des représentants par les libéraux de l'arrondissement de Furnes-Dixmude-Ostende.
Il fut réélu sans interruption jusqu’en 1914.
Après la guerre, M. Buyl reprit sa place au Parlement et fut nommé bourgmestre d'Ixelles.
Il démissionna en 1930, comme représentant et comme bourgmestre. Il se retira de la vie politique.
Aux récentes élections communales, il se présenta sur une liste intitulée « Bloc des Contribuables » et il fut élu.
On avait annoncé, il y a quelques jours, qu'il avait été brusquement atteint d'une double pneumonie, des suites de laquelle il vient de succomber.
(Extrait du Soir, du 5 décembre 1832)
Adolphe Buyl est décédé dimanche, à 8 heures du ma in, à Wetteren, des suites d’un pneumonie.
Il était né à Cherscamp (Flandre orientale), le 1er mai 1862. Elève de l'Ecole normale de Gand, il y obtint son diplôme d'instituteur ; après quelques années passées dans l'enseignement, il vint résider à Ixelles où il témoigna tout de suite d'une vive activité pour la chose publique.
Vice-président des Hospices civils d'Ixelles, en 1896, élu conseiller communal à Ixelles, en octobre 1899, puis nommé échevin de l'état-civil, il était élu membre de la Chambre des représentants, le 27 mai 1900, par les libéraux de l'arrondissement Furnes-Dixmude-Ostende ; il fut réélu sans interruption jusqu'en 1914.
Son attitude sous l'occupation allemande fut celle d'un brave. Les faits héroïques qui valurent à Adolphe Buyl la reconnaissance du pays sont encore trop présents à la mémoire pour qu'il soit besoin de les rappeler.
Après la libération du territoire, Adolphe Buyl reprit sa place au Parlement et fut appelé à la première magistrature de sa commune d'adoption. Il démissionna en 1930, à la suite de circonstances qui soulevèrent, depuis, de très vives polémiques.
Aux récentes' élections communales d'octobre 1932, il rentra dans la lutte politique, à Ixelles, comme tête de liste de la Ligue des contribuables, qu'il avait fondée. II fut brillamment réélu.
Cependant sa santé était assez précaire, et les efforts qu'il déploya pendant la campagne électorale communale la compromirent davantage. Il vivait, d'ailleurs, depuis plus de deux ans, retiré, à Wetteren.
(Extrait du Peuple, du 5 décembre 1932)
M. Adolphe Buyl, ancien député d'Ostende et bourgmestre d'Ixelles, est mort dimanche, à 8 heures du matin, à Wetteren. des suites d'une double pneumonie. Ainsi se termine brusquement, par la disparition de son principal personnage, une affaire politique qui fut particulièrement vive à la veille des élections communales du 9 octobre dernier.
M. Adolphe Buyl était né à Cherscamp. En Flandre orientale, le 1er mati 1862. Il fut, dans sa jeunesse, instituteur, mais, fixé à Ixelles, il se lança très tôt dans la politique. Successivement conseiller communal. échevin. bourgmestre de sa commune d'adoption, il était, depuis 1900, député d'Ostende, lorsque, en 1930. il démissionna dans les conditions que l'on se rappelle.
II semblait oublié. Il y a quelques mois, il reparut sur la scène politique en fondant, à Ixelles, le bloc des contribuables, dirigé en premier lieu contre les libéraux, ses anciens amis politiques, et cela donna lieu des polémiques retentissantes dont le parti libéral n'a certes pas se féliciter. M. Buyl fut élu avec quatre de ses nouveaux coreligionnaires.
Le moins que l'on puisse dire. c'est que les derniers avatars de l'ancien député-bourgmestre n'embelliront pas son souvenir. On préférera se rappeler le parlementaire qui, avant la guerre, dénonçait avec vigueur les gaspillages financiers des ministres cléricaux. le citoyen qui pendant la guerre risqua sa vie en dirigeant un service de renseignements et l'anticlérical ardent que fut M. Buyl jusqu'au jour des plus pénibles reniements : c'est lui, en effet, qui déposa le projet de loi accordant les subsides de l’Etat aux écoles catholiques.
(Extrait de L’Etoile belge, du 5 décembre 1932)
M. Adolphe Buyl, ancien député d'Ostende, ancien bourgmestre d'Ixelles, est mort dimanche matin à Wetteren, dans la propriété d'un de ses parents.
On avait appris il y a quelques jours qu’il était gravement malade et que son état inspirait de vives inquiétudes. Il avait été, en effet, atteint d'une double pneumonie qui venait brusquement aggraver un état déjà précaire depuis quelques semaines.
M. Buyl avait été élu conseiller communal d'Ixelles le 15 octobre 1899.
Le 5 janvier 1904 il était devenu échevin de l'état civil et de la bienfaisance ; enfin le 9 juillet 1921, il avait été appelé aux fonctions de bourgmestre.
Pendant dix il avait été instituteur dans la commune aux destinées de laquelle il devait présider plus tard. Il y avait acquis, par une grande serviabilité et un grand dévouement à la chose publique, unesolide popularité. Son attitude courageuse envers l’autorité allemande pendant la guerre lui avait valu la Croix d'officier de l’Ordre de Léopold à liserés d'or avec la citation suivante à l’ordre du jour de la nation :
« Fut un des chefs de la résistance bruxellois, malgré les poursuites de l’ennemi et les mesures des activistes, dont il dénonce avec vigueur les coupables menées. Dès le début de l’occupation, entreprend l’organisation d’un service de renseignements important qu’il dirige pendant toute la guerre à travers mille dangers. Malgré l’arrestation de nombreux agents, il rfuse toujours de quitter le pays et reste au poste périlleux qu’il a librement choisi. S’est exposé cent fois à mort pour servir la Belgique. »
M. Buyl a siégé pendant plus de trente ans à la Chambre comme député de l'arrondissement Ostende-Furnes-Dixmude. Il fut parmi ceux qui pour la première fois osèrent aller porter la parole libérale dans les compagnes flamandes. Co n'était pas sans péril et l'on y était plus souvent lapidé qu'applaudi. Mais Buyl était un tribun populaire qui parlait avec une égale facilité le flamand et le français. Son éloquence pittoresque et colorée eut raison de l'hostilité des rudes paysans flamands dont il nuit par gagner la confiance. Il fut toujours réélu et la ville d'Ostende lui fit même l'honneur de donner son nom à l’une de ses rues.
Pendant près de trente ans, M. Buyl à la Chambre défendit avec ardeur les idées libérales, s'occupant particulièrement des questions d'enseignement. C'est lui qui, avec M. Destrée, dans une pensée d'apaisement et aussi d'humanité, fit admettre par la Chambre, le principe de l'égalité des subsides à l'enseignement libre comme à l'enseignement officiel.
En 1929, M. Georges Marquet père qui avait échoué à quelque 300 voix au siège de sénateur d'Ostende avait été élu premier suppléant à la Chambre. Un mouvement d'opinion s'était produit dans le parti libéral ostendais pour que M. Marquet qui avait, par sa propagande généreuse amené des milliers de nouveaux électeurs au parti, soit assuré d'un mandat effectif. MM. Buyl et Vroome, élus députés effectifs tous deux, mirent leur mandat la disposition de la Fédération Libérale d'Ostende.
Le 6 juillet 1929, M. Buyl fit parvenir sa démission de député au Président de la Chambre. II y déclarait lui-même qu'il était désirable de voir entrer la Chambre pour y représenter l'arrondissement d'Ostende-Furnes-Dixmude, « celui qui a été plébiscité par le corps électoral et à qui notre parti doit une grande part de sa victoire dans le pays. »
Au mois d'octobre suivant, M. Buyl se disant très déprimé, était aller se reposer dans les Ardennes. Des bruits et des propos malveillants s'étant répandus dans certains milieux concernant la façon dont il se serait démis de son mandat, ses collègues libéraux du Conseil communal d'Ixelles lui demandèrent de se justifier publiquement ou de se démettre de ses mandats de conseiller et de bourgmestre. M. Buyl répondit qu’il était « dans un état de santé qui le privait de sa force de réaction habituelle » et que les médecins lui imposaient « un repos intellectuel absolu. »
M. Buyl ayant, dans la suite, persisté dans cette attitude, menacé d'undésaveu public de ses amis politiques, préféra envoyer sa démission de conseiller et de bourgmestre d'Ixelles. Peu de temps après, il envoyait au Conseil d'administration de l’Etoile Belge sa démission aux fonctions de directeur-gérant qu'il avait exercées de juillet 1928 à fin décembre 1929.
Ainsi se terminait brusquement une carrière politique qui avait été extrêmement brillante, qui avait conduit M. Buyl aux situations les plus enviées et lui avait valu les plus hautes distinctions honorifiques.
L'oubli s'était fait peu à peu sur son nom quand on eut, au mois d'août denier, la surprise d'apprendre qu'il réapparaissait brusquement sur la scène politique et qu'il allait lutter aux élections communales contre ses anciens amis, comme tête de liste du Bloc des Contribuables.
On sait les incidents qui s'ensuivirent, les meetings tumultueux où l'on vit reparaître un Buyl combatif et, bien tardivement, préoccupé de confondre ses accusateurs.
Jetons un voile sur ces faits pénibles On ne peut comprendre ce qui poussa cet homme de 72 ans qui avait paru si longtemps aspirer au repos et l'oubli, se jeter ainsi dans une bataille véhémente, passionnée et qui le faisait apparaître en posture de transfuge politique.
Pour nous qui l'avons connu, honoré, estimé, fêté, incarnant l'esprit libéral le plus ardent, menant la lutte avec une crânerie et une énergie Indomptables, nous ne pouvons songer sans tristesse à ce chapitre douloureux d'une carrière politique qui aurait pu s’achever en beauté...
Mais, devant la mort, les colère s'apaisent, les reproches 'évanouissent et l'on ne songe plus qu'à tout ce qui peut être porté à l’actif de celui qui s’en va.
P. B.
(Extrait de La Dernière Heure, du 8 décembre 1932)
Gand, 7 décembre.
C'est au milieu d'une affluence nombreuse qu'ont eu lieu, à Wetteren, mercredi matin, les funérailles de M. Adolphe Buyl, ancien député d'Ostende et ancien bourgmestre d’Ixelles.
Le défunt avait renoncé aux honneurs militaires auxquels lui donnaient droit son grade de grand officier de l'Ordre de Léopold.
M. Adolphe Buyl, lorsqu’il s'était retiré de la politique, il y a trois ans. était allé habiter une petite maison de la rue des Déportés, à Wetteren. Il se rendait de là, facilement, au village de Cherscamp d'ou il était originaire et ou son frère était bourgmestre.
Tombé malade après sa récente réélection de conseiller communal à Ixelles, sur une liste dite du « Bloc des Contribuables », M. Adolphe Buyl est venu mourir à Wetteren où la population lui a fait d'émouvantes funérailles.
De nombreux Ixellois s’étaient rendus à Wetteren et, parmi une délégation d’amis du défunt, on remarquait MM. Stoffyn, directeur des écoles d'Ixelles ; Simoens, ancien chef de division, Pirotte. etc. On remarquait également les conseillers communaux du « Bloc des Contribuables », élus en même temps que M. Buyl.
D’Ostende était venu M. Van Glabbeke, député libéral suppléant.
A de nombreuses façades, le drapeau national avait été mis en berne.
Le char funèbre disparaissait sous les fleurs.
Le cortège était précédé de plusieurs sociétés locales dont le défunt était président d’honneur.
Le deuil était conduit par M. Josph Buyl, bourgmestre de Chercamp.
Voir aussi : DE METSENAERE M., Buyl Adolf, sur le site de la Digitale encyclopedie van de Vlaamse Beweging (consulté le 22 février 2026)