Accueil Séances Plénières Tables des matières Législation Biographies Documentation Note d’intention

Borboux Antoine (1863-1919)

Portrait de Borboux Antoine

Borboux Antoine, Henri, Thomas catholique

né en 1863 à Verviers décédé en 1919 à Uccle

Représentant 1898-1919 , élu par l'arrondissement de Verviers

Biographie

(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 356)

Antoine BORBOUX

Représentant catholique pour l’arrondissement de Verviers, né à Verviers le 13 janvier 1863

Avocat du Barreau de Verviers. – Fit ses études au Collège Saint-François-Xavier à Verviers et suivit les cours de Liége ; obtint le diplôme de docteur en droit devant le Jury central de Bruxelles, le 1er mai 1889. – Inscrit la même année au tableau de l’ordre des avocats du tribunal de première instance de Verviers. – Nommé premier conseiller communal suppléant de Verviers le 17 novembre 1895. – Représenta le canton de Verviers au Conseil provincial de Liége du 2 août 1896 au 5 juillet 1898. – Ancien vice-président de l’Union des étudiants catholiques de l’Université de Liége, président du Cercle royal « Vieuxtemps » et de l’Association des anciens étudiants de l’arrondissement de Verviers, fondateur et président du Cercle de propagande de l’Association catholique. – Siège à la Chambre depuis le 29 mai 1898. – Vice-président du Cercle des Arts et de la Presse, il collabore à divers journaux politique et à des publications artistiques.


(Extrait de Vers l’Avenir, du 17 novembre 1919)

Encore un qui s'en va, encore un grand et brave et noble cœur qui a cessé de battre, encore un défenseur de notre cause qui tombe !

M. Antoine Borboux, député de Verviers, secrétaire de la Chambre, vient de mourir, à Bruxelles, après une longue maladie, à l’âge de 56 ans.

Depuis un quart de siècle, il était dans la mêlée, à la tête de la jeunesse catholique, qu'il avait organisée et qui l'adorait.

Après avoir été conseiller provincial, il était entré à la Chambre en 1908 [note du webmaster : 1898] et, depuis lors, avait été réélu sans interruption. II y jouissait et de la sympathie de ses collègues de tous les partis.

Avocat, ancien bâtonnier, orateur éloquent, Antoine Borboux avait une âme d’artiste. Il était à la fois poète, musicien et peintre.

C'était le meilleur des amis.

Durant Ia guerre, qu'il passa à l'étranger, ayant accompagné le gouvernement dans son émigration, il se dépensa sans compter au service du pays et des multiples œuvres créées pour nos soldats et pour nos malheureux compatriotes que la rafale avait dispersés en Angleterre et en France.

Rentré à Verviers après l’armistice, il ne tarda pas à sentir le contre-coup de sa grande activité durant la période d’exil et des souffrances morales qu’il avait éprouvées en voyant le malheur de la Patrie.

La dernière fois que je le revis - il y a trois mois - quand je me levai pour quitter sa table hospitalière où nous venions de passer quelques heures exquises, soudain, des larmes ruisselèrent sur ses joues. J'eus l'impression qu'il se sentait atteint dans ses œuvres vives, et il me sembla que, tout à coup, la mort planait au-dessus de lui...

Il n’avait pu - vu son affaiblissement - solliciter le renouvellement de son mandat de député.

La grande faucheuse le couche au cercueil le jour même où le gouvernement, voulant récompenser ses efforts généreux durant ma période tragique de 1814 à 1918, lui octroyait la cravate de commandeur de l’Ordre de Léopold.

Dix années de lutte commune, coude à coude, m'avaient profondément attaché à Antoine Borboux. C’est le cœur brisé que je lui envoie le suprême adieu en recommandant son âme aux prières de ceux qui servent la cause qu'il a servie.

Le soir du 10 juin 1884, au milieu des acclamations, un étudiant catholique arborait, au balcon de la « Concordia » à Liége le drapeau de la victoire. C’était Antoine Borboux.

Hiert on l’a enseveli et, aujourd'hui, voici qu'on « amène » la bannière du parti catholique qui ne triomphe plus, pour la première fois depuis 35 ans, de ses adversaires coalisés, mais qui reste le bataillon serré, l’arme au poing, pour la défense de l'ordre et de la liberté !

Coïncidence...

Dors en paix, ami, nous défendrons toujours la cause que tu aimas et nous lui referons de beaux jours !

R. D.