Beauduin Victor, François, Joseph libéral
né en 1845 à Rosoux-Crenwick décédé en 1904 à Ixelles
Représentant 1900-1904 , élu par l'arrondissement de Louvain(Extrait de LIVRAUW F., Le Parlement belge en 1900-1902, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1901, p. 211)
Victor BEAUDUIN
Représentant libéral pour l’arrondissement de Louvain, né à Rosoux-Crenwick (Liége) le 13 avril 1845.
Raffineur et fabricant de sucre, bourgmestre de Tirlemont - Fit ses études au Petit-Séminaire de Saint-Trond et suivit les cours de l'Université de Louvain , où il conquit le diplôme de docteur en droit en 1865. - Préside l'Association libérale de Tirlemont et fait partie d'un grand nombre d'œuvres agricoles et philanthropiques, entre autres : la Société anonyme d'habitations ouvrières La Fraternité, dont il est administrateur; le Comité de patronage des habitations ouvrières et des institutions de prévoyance des cantons de Tirlemont, de Diest, de Globeek-Suerbempde et de Léau, dont il est le président.- Elu conseiller communal de Tirlemont en janvier 1892, il a été nommé bourgmestre le 4 février suivant. - Membre de la Commission extra-parlementaire des pensions ouvrières. - Vice-président de la Commission d'agriculture de la province de Brabant et du Conseil supérieur d'agriculture. - Elu député de Louvain le 27 mai 1900. - Président du groupe agricole libéral de la Chambre. - Officier de l'Ordre de Léopold, commandeur de du Lion et du Soleil, porteur de la Décoration Spéciale de prévoyance et de mutualité de première classe.
(Extrait du Peuple, du 10 novembre 1904)
M. V. Beauduin, député libéral de Louvain et bourgmestre de Tirlemont, est mort mercredi, à midi et demi, dans un sanatorium d'Ixelles, où il avait subi une douloureuse opération intestinale.
M. Victor Beauduin était une personnalité du groupe libéré modéré. Il était né à Rosoux, province de Liège, le 13 avril 1845.
Il occupait, en qualité de fabricant de sucre, une place marquée dans le monde industriel et faisait partie de la commission d'agriculture de la province de Brabant.
En 1892, il fut élu conseiller communal de Tirlemont et peu de jours après nommé bourgmestre. En 1900, grâce à la R. P., il entra au Parlement, en qualité de représentant libéral.
M. Victor Beuduin était, dans toute l'acceptation du mot tant au point de vue des idées que des allures cassantes, un doctrinaire. et les ouvriers tirlemontois n’eurent guère à se louer de son libéralisme.
Les victimes socialistes de son intolérance sectaire ne se comptent pas. Nous n'insisterons pas sur la -polémique que le Peuple dut mener à cette époque.
M. Beauduin devait à son incontestable talent la situation assez curieuse qui faisait représenter les libéraux louvanistes, très démocrates en grande majorité, par un conservateur de gauche. Néanmoins, par respect pour l'opinion de ses mandats, il s'était nettement rallié au suffrage universel.
Désormais l’arrondissement de Louvain sera représenté par un progressiste, M. Claes, avocat, qui siégea au banc de la défense pour les ouvriers louvanistes condamnés à la suite des émeutes d'avril 1902.
(Extrait du Het Laatste Nieuws, du 11 novembre 1904)
Zooals wij gisteren mededeelden is M. Victor Beauduin tengevolge eener heelkundige operatie bezweken. Niets deed dit onverwacht overlijden voorzien.
Eenige dagen geleden woonde M. Beauduin nog de vergadering der liberale Kamerleden bij. Sinds eenigen tijd, echter, was hij lijdend aan een ingewandskwaal en geneesheren hadden een gezwel in de ingewanden ontdekt, zoodat een operatie noodzakelijk bleek. Zaterdag word deze gedaan door Dr Depage van Brussel bijgestaan, door Dr. Stiénon. De kwaal, eenwel had grootere uitbreiding genomen dan men voorzag en de geneesheeren bleven weinig hoop op goeden, uitslag behouden. De lijder inderdaad, bezweek zachtjes . te 12.30 u. Woensdag noen, omringd van zijne bloedverwanten.
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M. Bauduin die een der groote nijveraars van ’t land was, bekleedde het ambt van burgemeester der stad Thienen sedert 1892. Hij was alom geacht en door de fortuin goed bedeeld bleef hij steeds een overtuigde menschenvriend. Al de goede werken vonden in hem een milden ondersteuner. Doctor in do rechten, spitsvondig en praktisch, wist hij in de verhandelingen der Kamer de ingewikkeldste zaken duidelijk uiteen te zetten. Zijn verscheiden is een groot verlies voor de liberale partij, in het arrondissement Leuven en te Thienen.
De teraardebestelling van 't stoffelijk hulsel zal plaats grijpen Zaterdag voornoen te 11 u. op de kosten der stad Thienen.
(Extrait du Petit Bleu du matin, du 10 novembre 1904)
Le décès inopiné du bourgmestre de Tirlemont et député libérai de Louvain a douloureusement impressionné les cercles parlementaires. M. Beauduin appartenait à l’opinion modéré du parti libéral, mais il s’était rallié un des premiers au S.U. et sur certains questions, il avait des vues d’une audace que la démocratie la plus radicale n’aurait pas désavouée. Il avait au plus haut degré le culte de la discipline, et dans la vie publique, il était resté quelque peu le grand raffineur tirlemontois, commandant à une armée d'ouvriers. Esprit cultivé, cerveau précis, économiste ingénieux, , il préférait les arguments aux phrases. Docteur eu droit et industriel, il avait la finesse de l’idéologie et la conception pratique de l’homme d’affaires.
Au Parlement, il discutait chiffres avec un art consommé et nul mieux que lui ne savait simplifier une question ardue et la rendre accessible à la moyenne de ses auditeurs. On lui reprochait parfois d’avoir le défaut de ses qualités, mais sa participation à de nombreuses œuvres philanthropiques – habitations ouvrières, institutions de prévoyance - prouvait à quel point il avait le souci de pratiquer la solidarité sociale. Son passage au Conseil supérieur de l’agriculture resta marqué dans les annales de cet organisme. M. Beauduin y défendit souvent des idées personnelles d’une incontestable originalité.
Elu conseiller communal en janvier 1892, M. Beauduin fut nommé bourgmestre le 4 février suivant. II devint député le 27 mai 1900. Son suppléant est M, Raoul CJaes, avocat à Louvain.
Il y a quelques jours, il assistait encore à la réunion du groupe libéral. Depuis sept mois, il souffrait cependant d'une tumeur de l'intestin. Plusieurs médecins qu'il avait consultés n'avaient pu diagnostiquer le mal. Il était entré à l'institut du Dr Depage, et avait fait l'opération samedi dernier, d'accord avec le Dr Stiénon. Malheureusement, l’état du malade était fort grave et la famille fût prévenue que les chances de guérison étaient minimes. La mort survint, sans souffrances, mercredi à 12 h 30.La famille de M. Beauduin se trouvait à son chevet.
(STINGLHAMBER Y., BEAUDUIN Victor, dans Biographie nationale de Belgique, Académie royale de Belgique, 1976, t. 39, col. 105-107)
BEAUDUIN (Victor-François-Joseph), raffineur et fabricant de sucre, né à Rosoux-Crenwick (province de Liège) le 13 avril 1845, décédé à Ixelles le 9 novembre 1904.
Victor Beauduin fit ses études à l'Université de Louvain, où il conquit, en 1865, le diplôme de docteur en droit.
Cultivateur à Rosoux, il fut à l'origine de la création de la Sucrerie de Rosoux. Lorsque l'agriculteur eut adopté, en raison des résultats obtenus grâce aux engrais chimiques, la culture de la betterave, Victor Beauduin renonça peu à peu à l'exploitation des fermes et consacra toute son intelligence et son expérience au développement de l'industrie sucrière et plus particulièrement de la raffinerie.
Nommé directeur de la Raffinerie Tirlemontoise, il succéda ensuite à Henri Vinckenbosch comme administrateur délégué. Il se consacra exclusivement au progrès industriel de la fabrication, et, sous son impulsion, s'ouvrit l'ère des développements techniques importants. Il était au courant de toutes les branches de l'industrie sucrière, tant au point de vue législatif qu'au point de vue technique.
En 1894, Victor Beauduin s'associa avec Paul et Frantz Wittouck, fabricants de sucre cristallisé dont les produits se disputaient le marché avec le sucre raffiné, tandis que la Raffinerie Tirlemontoise se constituait en Société anonyme. La production annuelle de sucre raffiné était alors de 7 millions de kilos. Il participa avec Raymond Raeymaeckers, son beau-frère, à la création de sucreries et de raffineries dans différents pays, notamment en Roumanie, Bulgarie et Italie.
Appartenant au parti libéral, Victor Beauduin fut membre de la Chambre des représentants à partir de 1900. Au sein de cette assemblée, il sut tracer la voie à suivre pour maintenir à son rang l'industrie sucrière belge, au moment où venaient d'aboutir à un résultat définitif, les travaux de la Conférence Internationale des Sucres. Il prit d'ailleurs une part prépondérante aux travaux de cette Conférence, et la lecture des procès-verbaux des nombreuses séances témoigne de ses connaissances approfondies des législations sucrières dans le monde entier.
Il fut également bourgmestre de Tirlemont de 1892 à 1904. C'est sous son impulsion que la ville de Tirlemont fut dotée d'un réseau complet d'égouts, d'une distribution d'eau et d'une rectification des cours d'eau. Il fut le créateur des écoles techniques de la ville. Il faisait partie de nombreuses œuvres locales et jouissait, de ce fait, d'une grande popularité à Tirlemont.
Victor Beauduin fut également membre du conseil d'administration de la Société Générale des Fabricants de Sucre de Belgique, dont il était vice-président ; administrateur des Sucreries Réunies ; collaborateur de tout premier plan de La Sucrerie belge ; et vice-président du Conseil Supérieur d'Agriculture.
Dans les réunions, tant nationales qu'internationales, il a toujours eu en vue la prospérité de l'industrie sucrière, à laquelle il a consacré inlassablement son temps, son intelligence, son activité et ses qualités d'administrateur.
A sa mort, la Raffinerie Tirlemontoise était une usine importante, bien outillée, qui occupait une place prépondérante dans l'industrie sucrière du pays, et dont le nom était connu à l'étranger.