Bailly Charles, Maximilien catholique
né en 1854 à Morlanwelz décédé en 1906 à Morlanwelz
Représentant 1895-1898 , élu par l'arrondissement de Thuin(Extrait de La Chambre des représentants en 1894-1895, Bruxelles, Société belge de Librairie, 1896, pp. 234-235)
BAILLY, Charles-Maximilien,
Représentant catholique pour l’arrondissement de Thuin, né à Morlanwelz le 5 février 1854
Industriel à Morlanwelz, M. Bailly a été nommé membre de la Chambre des représentants, en remplacement de M. Anspach-Puissant, démissionnaire, au ballottage du 19 mai 1895, par 22,210 voix, contre 22,185, données à son concurrent socialiste, M. Lekeu. Le résultat du premier tour de scrutin était celui-ci : il y avait quatre candidats en présence. M. Lekeu obtint 18,111 voix ; M. Bailly, 16,083 voix ; M. Canon, 9,460 voix, et M. Hage, 937 voix.
M. Bailly est chevalier de l'Ordre du Christ de Portugal et commandeur de l'Ordre d'Isabelle la Catholique.
(Extrait du Journal de Bruxelles, du 10 août 1891)
DANS LE CENTRE
(De notre correspondant particulier)
LA COOPÉRATIVE « LE BON GRAIN »
La Louvière, 8 août.
La société coopérative socialiste de Jolimont, à laquelle sont annexées les boucheries et pharmacie de Jolimont et de La Louvière et les Maisons du Peuple du même nom, vient, dans un factum où les faits du déluge et de l'inquisition côtoient ceux plus récents de la vie moderne, de sonner le hallali et, provoquant le ralliement de ses troupes, de jeter aux quatre vents du ciel un cri strident d'alarme poussé par la terreur que lui inspire une naissante rivale : Annibal ad portas !
C'est que la société anonyme Le Bon grain, de Morlanwelz, appuyée sur les institutions ouvrières catholiques de la localité et des environs, patronnée par des hommes de la valeur des Cambier, des Mabille, des Bailly, menace d'enlever à la société concurrente une nombreuse clientèle qui faisait la force et la sanction du socialisme dans le Centre.
Aussi est-ce un acte de sagesse et de prévoyance que d'avoir implanté, au cœur de cette importante région industrielle, une forteresse conservatrice qui non seulement menace de tenir en échec le socialisme et ses institutions, mais pourrait bien ruiner leur prestige et leur influence.
Et, l'institution à peine sortie de l'œuf (c'est lundi passé seulement que commençait l'exploitation), si Jolimont éprouve le besoin de se serrer les coudes, c'est que cette société ne peut vendre aux conditions de bon marché de sa rivale : Jolimont vend son pain 55 centimes, Hayette 50 ; c'est que, d'autre part, par un système ingénieux, inconnu ailleurs, la société catholique offre à ses membres des conditions de sécurité et de bien-être qui sont déjà fort goûtées ; ainsi elle accorde des pensions à ceux qui se fournissent chez elle dans les conditions déterminées par les statuts.
Déjà, les installations de la société catholique sont devenues insuffisantes, un nouveau four a dû être commandé, et la demande d'achat est si considérable que les voitures de pains fabriqués sont dévalisées à peine sorties de l'usine.
Et le cri de terreur exhalé par les chefs socialistes, par ceux-là surtout qui s'accrochent à leur situation comme le naufragé à la dernière planche de salut, ce cri de terreur, dis-je, est navrant à entendre. Ecoutez-le :
« Que chacun veille à l'ennemi, car nous avons à tenir tête à toute une meute de brigands qui veulent nous maintenir sous leur domination, jusqu'à la fin des siècles... Les personnes qui s'attachent à des institutions comme celles que les catholiques viennent de fonder dans le Centre sont bien à plaindre ou à blâmer, car elles se posent en obstacle à l'établissement d'une société réellement humanitaire, comme le rêve tout homme de bon sens et tout socialiste convaincu. Il appartient à la classe ouvrière ou déshéritée de les traiter en ennemis… Ouvrier du Centre, la guerre est aujourd'hui ouverte. Les cléricaux ont juré l'écrasement de la société coopérative le Progrès de Jolimont, qui est votre propriété, votre forteresse : la laisserez-vous abattre? Nous disons, non ! A la guerre déclarée nous répondrons par la guerre également : nous irons dans le plus moindre hameau (sic) dire aux travailleurs ce que les cléricaux, qui ont couvert le monde pendant des siècles de malheurs, veulent, et ce que le Parti ouvrier fait pour affranchir l'ouvrier de son asservissement politique et économique. » Et, l'angoisse dans l'âme, sentant le terrain manquer sous leurs pas, les auteurs de l'appel socialiste ajoutent, avec la confiance du trembleur qui, dans l'obscurité, par des chemins dangereux, siffle pour s'étourdir : « Notre prix du pain reste fixé à fr. 0 55 ; nous avons confiance dans l'issue de la bataille. »
La vérité, au contraire, est que la confiance leur manque et que tout fait présager déjà que la bataille livrée au socialisme sera victorieuse.
(Extrait de La Gazette de Charleroi, du 23 janvier 1906)
On nous écrit : M. Charles Bailly, qui fut député clérical de l’arrondissement de Thuin, vient de mourir à Morlanwelz. Ancien président de la Fanfare Achille Godeau, il a spécifié dans son testament que, sitôt après son enterrement, un banquet à 5 francs par tête devait être servi aux membres de cette Société. Il a ajouté cette étrange restriction, qu’ils ne pourraient pendant le repas boire de champagne !
La volonté du défunt sera respectée.