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5671585VAN DE WEYER Jean-Sylvain (1802-1874)

 

 

 

 

 

VAN DE WEYER Jean-Sylvain, né à Louvain en 1802, mort à Londres en 1875

Age en 1830 : 28 ans

Congressiste (1830-1831, Bruxelles)

Libéral. Ministre (non parlementaire) de l’intérieur de 1845 à 1846

 

 

Biographies par Bartelous (1983) et par H. Vanderlinden (1938)

Interventions au cours des sessions : 1830-1831 (Congrès national), 1845-1846

 

 

BIOGRAPHIES

 

(Extrait de J. BARTELOUS, Nos premiers ministres de Léopold Ier à Albert Ier 1831-1934, Bruxelles, Collet, 1983)

SYLVAIN VAN DE WEYER 1802-1874

Au lendemain des traités de Londres, Sylvain Van de Weyer, le très rationaliste ministre plénipotentiaire de Sa Majesté le roi des Belges auprès de la Cour de St-­James, s'en allait répétant: «La Belgique neutre et loyale n'a besoin d'autres canons que ceux de l'Eglise. »

Le spirituel ministre, qui prononçait cette boutade, aurait pu en parlant de sa naissance, déclamer comme Victor Hugo:

« Ce siècle avait deux ans ; Rome avait remplacé Sparte

« Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte. »

Seulement, le poète était né à Besançon à l'ombre du palais Granvelle et son père était général, tandis que Sylvain Van de Weyer vit le jour à Louvain près des halles universitaires et son père était commissaire de police.

Après l'annexion en 1810 de la Hollande au Grand Empire, le commissaire de police fut envoyé remplir ses fonctions à Amsterdam auprès du duc de Plaisance, ex-citoyen Lebrun, troisième consul de la République et ancien secrétaire de Maupéou, ministre de Louis XV, devenu en 1810 gouverneur des nouveaux départements. Le commissaire amena naturellement avec lui sa famille et, un moment, son fils songea à entrer dans la marine. La bataille de Leipzig lui fit abandonner les horizons lointains pour le ramener à Louvain sur les bords paisibles de la Dyle où ses parents, victimes des malheurs du temps, se livraient désormais au divin commerce de bouquiniste.

Ne pouvant être marin, Sylvain Van de Weyer décida qu'il serait avocat et il s'inscrivit à l'université de Louvain que le roi Guillaume venait de rouvrir. A 22 ans, il était inscrit au barreau de Bruxelles et ses relations familiales lui permirent de devenir bibliothécaire de la ville. Peu après, la bienveillance du ministre de l'Intérieur, Van Gobbelschroy, un des seuls Belges du Gouvernement, lui valut de recevoir la charge de conservateur des manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne qui deviendrait un jour la bibliothèque royale.

DSCN2833Le XIXème siècle fut par excellence le siècle des avocats et Sylvain Van de Weyer eut la chance d'être choisi comme conseil par de Potter, pamphlétaire de renom et doctrinaire impénitent qui publiait dans 1'«Argus», journal d'opposition, des articles violents contre le Gouvernement du roi Guillaume: « Jusqu'ici, écrivait-il,  on a traqué les Jésuites ; bafouons, honnissons, poursuivons les ministériels. » Le Roi commit l'erreur de déférer aux tribunaux l'auteur de cette « lettre à Démophile » qui devint, du jour au lendemain, l'homme le plus populaire des provinces méridionales.

Malgré le talent de son avocat, obligé de plaider en néerlandais pour un prévenu qui ne connaissait que le français, de Potter fut condamné à huit ans de bannissement et partit pour la France. La plaidoirie antiministérielle de Van de Weyer lui valut de perdre sa place de conservateur des manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne et d'acquérir une grande popularité dans la capitale.

Il se trouvait à Louvain durant les vacances judiciaires de l'été 1830 lorsque se produisirent, à Bruxelles, les événements du mois d'août. Deux jours plus tard, Van de Weyer accourait dans la capitale où sa popularité lui valut d'être nommé membre de la commission de Sûreté qui, après l'effondrement de la Régence, s'efforçait de maintenir l'ordre dans la ville.

Malheureusement, l'anarchie régnait partout et la garde bourgeoise ne tarda pas à être débordée. A la nouvelle que le roi Guillaume faisait avancer vers Bruxelles une armée de 15.000 hommes sous le commandement du prince Frédéric, la commission de Sûreté se disloqua et, Van de Weyer croyant la partie perdue, prit le chemin de la France. Il faut le dire, ce fut le peuple de Bruxelles qui, dans la journée du 23 septembre, résista seul aux troupes hollandaises.

Lorsqu'il apprit la nouvelle à Valenciennes, où il s'était arrêté à l'auberge du « Canard sauvage » pour y rencontrer de Potter, Van de Weyer décida immédiatement de regagner la capitale. Par Peruwelz, Leuze, Ath et Enghien, où il s'arrêta au soir du 24 pour se reposer et haranguer en flamand et en français, une population surexcitée par les échos de la lutte, il arriva dans la capitale dans la journée du 25 septembre. Le comité de Sureté s'était reconstitué sous le nom de commission administrative qui deviendrait, deux jours plus tard, le Gouvernement provisoire.

Dans la soirée du 27 septembre, de Potter arriva également à Bruxelles où la population lui fit un accueil triomphal. Seulement, de Potter était un esprit faux, qui rêvait d'une république laïque et démocratique, totalement impossible dans l'Europe de 1830.

Le directeur de la Sûreté, qui s'appelait Plaisant et prenait tout au tragique, accourut à l'hôtel de ville annoncer que de Potter se dirigeait vers le palais royal et se proposait de se faire proclamer dictateur. Très calme, Van de Weyer demanda au directeur de la Sûreté s'il disposait d'un appartement et comme Plaisant répondait que le second étage de sa maison était libre, Van de Weyer reprit: « Donnez-le lui, car il n'y a pas de Dictateur au second étage. »

Elu au Congrès National par les électeurs de Bruxelles, Van de Weyer montra immédiatement son intérêt pour les affaires extérieures. Sa parfaite connaissance de l'anglais qu'il devait à un ami de sa famille, lui facilitait les choses et le fit désigner pour être le premier envoyé officieux du Gouvernement Provisoire auprès du cabinet anglais. Arrivé à Londres au début du mois de novembre, il rencontra Wellington qui était sur le point de n'être plus ministre et lord Palmerston qui ne l'était pas encore. Le vainqueur de Napoléon n'aimait pas les révolutionnaires et ne s'en cacha guère. Palmerston les aimait beaucoup, à condition qu'ils ne fussent pas anglais et ne le cacha pas.

Les deux ministres conseillèrent vivement à l'envoyé du Gouvernement Provisoire de mettre fin rapidement aux combats afin de ne pas troubler la paix de l’Europe ; l'avenir, lui dirent-ils, appartiendrait à la conférence de Londres, dont le roi Guillaume venait fort imprudemment de demander la réunion. Rentré à Bruxelles pour l'ouverture du Congrès National, Van de Weyer conseilla d'accepter la suspension d'armes proposée par la Conférence, ce qui signifiait au moins la reconnaissance implicite du nouveau régime par l'Europe.

Après ce premier succès, ses collègues l'envoyèrent à Paris, aux fins de connaître les intentions de Louis-­Philippe. Il semble certain qu'à ce moment, Van de Weyer se laissa prendre au mirage français et qu'il crut pouvoir compter sur l'appui inconditionnel du cabinet de Paris, ce qui explique probablement son vote en faveur du duc de Nemours lors de l'élection d'un Roi. Il espérait pouvoir compter sur l'appui de la France pour repousser les propositions de la Conférence de Londres qui, par son protocole du 20 janvier 1831, avait accepté l'indépendance de la Belgique en laissant au roi Guillaume une partie du Limbourg et le Luxembourg tout entier. Sylvain Van de Weyer ne semblait pas saisir que les propositions de la Conférence avaient reçu l'accord de de Talleyrand, ambassadeur de Louis-Philippe à Londres.

Qu'un homme intelligent comme lui ait pu se laisser prendre au mirage français, peut paraître surprenant, mais la majorité des membres du Congrès s'y montra longtemps sensible et seuls quelques rares hommes, tels que Lebeau ou Devaux, ne crurent jamais ni au désintéressement, ni à l'appui inconditionnel du cabinet de Paris. En réalité, nous touchons de près les rayons et les ombres de Sylvain Van de Weyer. Il est un habile diplomate, plus qu'un grand homme d'Etat ; il exécute mieux les instructions qu'il reçoit, qu'il ne conçoit un grand dessein politique. Plus tard, avec un homme aussi avisé que le roi Léopold, il sera un très grand ministre plénipotentiaire ; il n'était peut-être pas fait pour occuper les premiers rangs, qu'au fond, il ne semble jamais avoir réellement ambitionnés.

Après l'échec de la candidature du duc de Nemours, l'élection du bon Régent valut à Sylvain Van de Weyer d'être le Premier ministre des Affaires Etrangères de la Belgique indépendante ; pas pour longtemps puisque le cabinet se disloqua au bout d'un mois, ce qui permit à Joseph Lebeau de montrer la maturité de son intelligence et de son caractère. Peut-être pour se réserver seul la direction des Affaires Etrangères, le nouveau ministre fut-il très heureux de pouvoir envoyer son prédécesseur en qualité de commissaire auprès de la Conférence de Londres, pour remplacer le comte d'Aerschot dont la bonne volonté n'avait d'égale que l'incompétence, mais, durant les trois mois qui suivirent, Van de Weyer eut le mérite d'apporter à Joseph Lebeau, le concours le plus loyal pour l'exécution d'une politique qu'il n'avait pas conçue. Il parvint surtout à conquérir l'estime du prince Léopold qui, à la veille de quitter l'Angleterre, obtint de lord Palmerston, l'agréation de Sylvain Van de Weyer, en qualité de ministre de Belgique à Londres. Dix jours plus tard, à Bruxelles, le Roi signa les lettres de créance.

Sylvain Van de Weyer resta à son poste durant près de 36 ans et, à l'exception de deux brèves interruptions, il ne devait plus quitter Londres. Profitant de la trêve intervenue en 1833, entre la Belgique et la Hollande, le Roi lui demanda d'accompagner, à Lisbonne, son neveu Ferdinand, chargé d'implanter au Portugal, la dynastie des Cobourg et le régime constitutionnel. Des raisons de santé, probablement diplomatiques, le ramenèrent bientôt à Londres où il retrouva sa légation et l'éternel problème hollando-belge.

Brusquement, en 1838, le roi Guillaume accepta, sous la pression de l'opinion hollandaise, lassée d'entretenir une armée qui ne servait à rien et de payer des dettes qui n'étaient pas entièrement les siennes, de signer le traité des XXIV articles. Mais, alors que les ministres belges se nourrissaient encore d'illusions et espéraient pouvoir procéder au rachat des territoires contestés, Sylvain Van de Weyer, bien renseigné par Lord Palmerston, ne crut jamais à la possibilité de modifier le traité. C'est en vain que le roi Léopold envoya en Angleterre son secrétaire privé, Jules Van Praet et le premier président de la Cour de Cassation, le baron de Gerlache, chargés d'offrir le rachat des provinces du Limbourg et du Luxembourg. Van Praet, célibataire endurci, écrivit à Bruxelles en parlant de Van de Weyer : « L 'amour le rend aveugle », car l'envoyé belge venait de se fiancer avec miss Bates, fille d'un des directeurs de la banque Barring et riche industriel. Les faits devaient donner raison au ministre plénipotentiaire et le roi Léopold finit par signer le contrat de mariage et le traité des XXIV articles.

Au lendemain de la signature, la situation de Van de Weyer s'améliora considérablement dans le milieu diplomatique de la capitale anglaise. Son riche mariage lui permettait de mener grand train de vie et de fréquenter le monde politique, la noblesse et la haute bourgeoisie anglaises. Il était devenu l'ami de presque tous les ministres et les salons conservateurs, longtemps demeurés hostiles à la révolution belge, lui ouvrirent leurs portes. Cette situation privilégiée lui permit en 1841 de mettre en garde le cabinet de Bruxelles et le roi Léopold, contre une union économique franco-belge, considérée par Palmerston comme une violation à peine déguisée du statut de neutralité de la Belgique.

Lorsqu'en 1845, Nothomb las et découragé, abandonna le pouvoir, le Roi, toujours fidèle à l'unionisme et ne trouvant plus personne pour le pratiquer, fit appel à Sylvain Van de Weyer, pour continuer une politique qui se mourait. Sans enthousiasme, mais par fidélité envers le Roi, Van de Weyer accepta en faisant préciser que s'il devait échouer, il retrouverait sa légation anglaise.

Le ministère constitué le 30 juillet 1845 ne dura que huit mois ; composé de trois catholiques et de trois libéraux, il porte dans l'Histoire le surnom de « Ministère de la Parenthèse », en raison de sa brièveté.

Image:Sylvainvandeweyer.JPG Le nouveau chef de cabinet n'avait jamais caché ses sentiments: il était un rationaliste convaincu, mais en politique intérieure, il entendait suivre les aspirations de la pensée libérale, non pas contre, mais avec les catholiques. Cette sagesse politique lui réussit assez bien, aussi longtemps qu'il n'aborda que des questions administratives et sans portée politique. C'est ainsi qu'avec l'aide de Quetelet, il put réorganiser l'Académie royale, fondée jadis par l'impératrice Marie- Thérèse et la diviser en classe des Sciences, classe des Lettres et des Sciences Politiques et classe des Beaux-Arts. Il eut même le mérite d'encourager les lettres flamandes dans un discours demeuré célèbre et prononcé à l'université de Gand.

Bientôt cependant, il allait se heurter au problème scolaire ; il voulut faire adopter une loi sur l'enseignement secondaire, basée sur les mêmes principes qui avaient assuré le succès de la loi de 1842, mais en tenant compte de l'évolution des esprits et en donnant aux libéraux des satisfactions qu'il estimait légitimes.

N'étant pas parvenu à concilier le point de vue des catholiques et des libéraux, il préféra se retirer à la fin du mois de mars 1846 et regagna sa légation anglaise.

Il devait demeurer ministre du Roi à Londres jusqu'en 1867. Toujours très au courant de la politique britannique, jouissant de la confiance de la Reine et du Prince Consort, il fut, comme Nothomb à Berlin, autant le ministre du Roi, que celui du Gouvernement belge.

Avec les années, sa santé s'était altérée et il souffrait de crises de goutte et de rhumatisme. On le voyait se promener, dans les salons, le bras soutenu par son Grand Cordon de l'Ordre de Léopold, et disant en souriant: « Mes honneurs me soutiennent. »

Une fois encore, il eut l'occasion de représenter la Belgique lors d'une conférence internationale en 1867, à la seconde conférence de Londres chargée de régler la question du Luxembourg. La Confédération germanique ayant été dissoute par la victoire de Sadowa, Napoléon III exigea le démembrement de la forteresse de Luxembourg, dont la garde avait été confiée en 1815 à la Prusse, pour protéger l'Europe contre les ambitions françaises : Van de Weyer croyait qu'il y avait moyen de réannexer à la Belgique le Grand­-Duché détaché en 1839. Sur les conseils de Nothomb, appuyé par Frère Orban, et plus discrètement par Léopold II, le Cabinet belge n'osa pas formuler la demande et Van de Weyer attendit des instructions qu’il ne reçut jamais.

DSCN2844La Conférence terminée, vieilli avant l'âge, le ministre belge donna sa démission et demeura à Londres. Ses enfants étaient naturalisés anglais ; lui-même s'était fait construire, à New Lodge près de Windsor, un magnifique château, doté d'une fort belle bibliothèque. Peu à peu, les compagnons des luttes de 1830 quittaient la scène de l'Histoire. Depuis longtemps le bon Régent avait remis à son Créateur, son âme naïve ; Lebeau était mort, probablement réconcilié avec Dieu et certainement avec le Roi. Le vieux Souverain qui lui écrivait de si belles lettres : « Mon cher et affectionné Ministre » s'était éteint un matin de décembre dans la solitude du château de Laeken ; de Muelenaere, le général Goblet, le comte de Mérode avaient disparu ; Rogier avait abandonné le pouvoir et le baron Nothomb était ministre à Berlin.

A demi paralysé, Van de Weyer survivait à son passé, cloîtré dans sa bibliothèque, chaque jour un peu plus seul...

 

(Extrait de la Biographie nationale de Belgique, par Herman Vander Linden, t. XXVII, 1938, col. 245-273)

WEYER (Jean-Sylvain, VAN DE), publiciste, avocat, diplomate et homme d’Etat, né à Louvain le 19 janvier 1802, mort à Londres, le 23 mai 1874.

Il était fils de Josse-Alexandre (1769-1838) et de Françoise-Martine Goubeau (fille de Josse, commissaire de police de la quatrième section de Bruxelles). Son grand-père, Jean-Baptiste, originaire de Bautersem, avait acquis le droit de bourgeoisie à Louvain en 1779.

Son père (né à Bautersem ou à Vertryck), qui avait été capitaine de volontaires lors de la Révolution brabançonne, exerça à Louvain, les fonctions d’huissier (depuis le 18 décembre 1802), puis celles de commissaire de police (20 juillet 1803) ; il acheta vers la même date une patente de bouquiniste. Il resta à Louvain jusqu’en mars 1811, lorsqu’il fut nommé commissaire spécial à Amsterdam.

Le jeune Jean-Sylvain fut d’abord destiné à la carrière de marin ; il fréquenta l’école de marine à Amsterdam, mais, après la retraite des troupes françaises, le prince d’Orange désigna le père Van De Weyer comme commissaire de police à Louvain et toute la famille retourna peu après dans cette ville.

Jean-Sylvain fit des études particulières avec son frère aîné Victor : il apprit le latin sous la direction de l’imprimeur Van Linthout, et l’anglais sous celle d’un ami de la famille, l’irlandais Thomas Stoney.

En 1819, il fut admis à la Faculté de droit de l’Université de Louvain et devint le disciple de l’avocat P.-F Van Meenen. Dès son jeune âge, il avait acquis le goût de la lecture dans la librairie que son père avait ouverte après avoir acheté la patente de bouquiniste. La mère Van De Weyer ouvrit un cabinet littéraire dans la maison occupée alors par la famille, rue des Vaches, n°15.

En 1820, Jean-Sylvain put se rendre à Paris, où il entra en relations avec Laromiguière et Arnault, auxquels il était recommandé par Van Meenen.

Les étudiants louvanistes, à l’initiative des étudiants allemands et liégeois, se lancèrent dans les discussions politiques et voulurent se grouper en corps. Ils revendiquaient le droit d’uniformes les distinguant de la masse.

Le 23 novembre 1821, au café Belge, un cinquantaine d’étudiants se réunissent et ils élisent Van De Weyer président. Celui-ci prononça un discours invitant ses camarades « à faire cause commune dans toutes les circonstances possibles et à agir de commun accord. »

L’intervention des autorités judiciaires et universitaires fit cesser ces réunions et Van De Weyer poursuivit sa solide préparation au barreau.

Le 4 août 1823, il conquit le diplôme de docteur en droit avec une « Dissertation sur la réalité, la connaissance et la pratique du devoir comme naturelles. » (Louvain, 1823), dans laquelle il s’attaquait aux théories utilitaires de J. Bentham.

En décembre 1823, il alla s’établir à Bruxelles, où, tout en exerçant la profession d’avocat, il continua de s’intéresser aux choses de l’enseignement. Pendant ses études universitaires, il avait eu l’occasion de s’initier à la méthode d’enseignement « universel » préconisée par le professeur J.-J. Jacotot : en 1822, il avait même publié un sommaire du cours professé par celui-ci à l’Université de Louvain, mais il jugeait cette méthode avec beaucoup d’indépendance, ce qui lui attira une discussion avec le maître. Celui-ci publia un exposé complet pour justifier ses théories. Van De Weyer et Van Meenen critiquèrent ces innovations pédagogiques.

En 1824, il fut nommé bibliothécaire de la ville de Bruxelles. Il s’occupait beaucoup de philosophie et de littérature. En 1827, il publia, avec une introduction, « Notice sur Hemsterhuis et coup d’œil sur sa philosophie » dans une nouvelle édition des « Œuvres philosophies » du penseur hollandais.

De 1825 à 1828, il fut le collaborateur littéraire de « la Gazette générale des Pays-Bas », organe du gouvernement.

Dans l'intervalle, il créa, avec onze amis, parmi lesquels de Potter, Ph. Lesbroussart, A. Quetelet, Ed. Smits, F. Tielemans et Van Meenen, la « Société belge pour la propagation de l'instruction et de la morale » (25 avril 1826), qui s'occupa à la fois de politique et de littérature. Un « Comité hellénique », réuni à son initiative, organisa des manifestations en faveur des Grecs insurgés ; mais les membres refusèrent de placer leur société sous le patronage royal et celle-ci fut dissoute.

L'activité littéraire de Van De Weyer ne se ralentit pas, mais les problèmes de politique l'intéressent avant tout.

En 1826, il publie à Louvain un essai : « Il faut savoir dire non », où il fait l'éloge du caractère.

En août 1826, il défend, devant le Tribunal correctionnel de Bruxelles, Levae, rédacteur du « Belge », et l'éditeur du « Courrier des Pays-Bas », qui avaient critiqué l'attitude de l'armée lors des désordres, survenus le 4 juillet 1826, au théâtre de la Monnaie.

Cependant le gouvernement essayait de le gagner à sa cause : en 1827, Van de Weyer fut nommé professeur d’histoire de la philosophie au Musée de Sciences et des Lettres à Bruxelles ; il y avait pour collègues A. Quetelet et Ph. Lesbroussart. Le 18 avril, il y fit sa leçon d’ouverture, qui fut fort appréciée par les tenants de l’éclectisme. Victor Cousin ne lui ménagea pas les éloges. Le 20 juillet suivant, le gouvernement le nomma membre de la Commission pour la publication des anciennes chroniques belges, l’embryon de la future Commission royale d’Histoire. Depuis le 29 janvier, il exerçait les fonctions de conservateur des manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne.

Mais l’opposition au gouvernement de Guillaume Ier gagne en force et en étendue. Partisan déclaré de la liberté de presse, Van De Weyer met au service des écrivains poursuivis la finesse de sa dialectique. Il accepte de défendre entre autres deux jeunes Français, Bellet et Jador, qui, dans l’hebdomadaire « L’Argus » critiquaient les actes du gouvernement.

A la fin de la même année, il est l’avocat de L. de Potter, attrait devant la Cour d’assises du Brabant pour avoir dénoncé, dans le « Courrier des Pays-Bas » la tactique ministérielle tendant à séparer les divers éléments de l’opposition belge. Ses plaidoyers des 19 et 20 décembre 1828 eurent un immense retentissement. Il n’hésita pas à déclarer qu’ « il tenait à honneur d’être journaliste » et qu’il était prêt à se consacrer à la « défense de toutes nos libertés » (Procès de M. de Potter, défenseurs Me Van Meenen et Me Sylvain Van de Weyer, avocats à la Cour supérieure de justice de Bruxelles, 1829, in-8°, 107 p.) Il créa les Associations constitutionnelles, destinées à diriger les Etats provinciaux dans leur opposition au gouvernement.

Il polémiqua avec les hommes de lettres à la dévotion du gouvernement, et notamment avec le Suisse Ernst Münch et le Français Ch. Durand.

Il fut en rapports suivis avec le baron de Stassart, député de la 2ème chambre des Etats-Généraux, qui le mettaient au courant de ce qui se passait à La Haye. Au début de décembre 1829, lorsqu’il fut question d’un changement de ministère, Van de Weyer écrivit à de Stassart : « Quand donc viendra le temps où les rois diront : nous avons eu tort ? C’est à des hommes comme vous, Monsieur le baron, qu’il appartient de hâter le moment et de renverser ces préjugés de Cour, qui représentent comme incompatibles, je ne sais quels mystérieux privilèges de la couronne et la liberté des peuples. » (2 décembre 1829).

Il eut à nouveau à défendre, cette fois sans son maître Van Meenen et avec Gendebien, L. de Potter lors du second procès de celui-ci en février 1830.

La correspondance entre de Potter et Tielemans, référendaire au Ministère des Affaires étrangères à La Haye, avait été saisie. S. Van De Weyer protesta énergiquement contre l’usage d’une correspondance privée (Lettre de M. de Potter à M. S. Van De Weyer, précédée d’un avant-propos de l’éditeur, Bruxelles, mars 1830, VIII-15 p.)

Le 15 avril, le procès commença devant les assises du Brabant. Il dura quinze jours et Van De Weyer défendit avec une réelle éloquence et une sobre clarté le tribun belge : malgré tout, de Potter fut condamné à huit années de bannissement ; Van De Weyer perdait sa place de conservateur des manuscrits de Bourgogne.

En juillet, il défendit à Gand, l’éditeur du « Catholique des Pays-Bas », Beaucarne.

Le 25 août 1830, il se trouvait à Louvain lorsqu’il apprit les troubles qui éclatèrent ce jour à Bruxelles à la suite de l’exécution au théâtre de la Monnaie de la « Muette de Portici ». il se rendit immédiatement dans la capitale et pris les mesures nécessaires pour protéger la Bibliothèque. Les notables, réunis à l’Hôtel de Ville, le chargèrent, le 28 août, avec quatre délégués, de rédiger une adresse où les griefs des Belges seraient exposés. Deux jours après, il fut nommé à l’état-major de la garde bourgeoise. C’est en cette qualité qu’il fit partie de la première députation que la garde bourgeoise de Bruxelles envoya, le 31 août, à la rencontre des princes Guillaume et Frédéric, à Vilvorde.

Le 1er septembre, à la porte de Laeken, ce fut lui qui répondit au discours du Prince d’Orange à l’état-major de la garde bourgeoise, et il joua un rôle considérable dans les discussions qui mirent aux prises le prince héritier et les représentants de la bourgeoisie armée. Il refusa notamment de remplacer par les couleurs royales les couleurs arborées.

Une commission fut nommée par le Prince pour rétablir l’ordre : elle comprenait une majorité de gouvernementaux, mais Rouppe et Van De Weyer en firent également partie. Dès le 3 septembre, d’ailleurs, cette commission était dissoute.

Le 8 septembre, Van De Weyer propose aux délégués des sections de la garde bourgeoise la constitution d’une commission de sûreté. Une liste de seize candidats est présentée à la régence, qui en choisit neuf. Mais le mandat de cette commission est mal défini. Composée, après de multiples tractations, de Gendebien, Rouppe, Félix de Mérode, Ferdinand Meeus et Van De Weyer, elle n’agit pas.

Van De Weyer rendit de grands services dans les commissions par sa facilité de style. Il signa maintes pièces et rédigea une bonne partie de la correspondance.

Le 15 septembre 1830, à l'Hôtel de Ville, les délégués des sections de la garde discutèrent les termes de l'adresse aux députés belges aux Etats Généraux. Van De Weyer, au nom de la Commission de sûreté et de l'état-major de la garde, défendit la thèse modérée et s'opposa à ce que l'on discutât la constitution d'un gouvernement provisoire.

La députation aux Etats-Généraux apporta (18 septembre) de La Haye des nouvelles importantes. Van De Weyer y fait allusion dans une lettre qu'il adresse ce jour même à de Stas­sart et dans laquelle il lui fait connaître qu'on l'attend à l'Hôtel de Ville et que lui-même y siégera au moins jusqu'à dix heures.

Le 20 septembre, au milieu de la confusion générale, une liste émanée sans doute du club libéral de la Salle Saint-Georges, en vue de l'établissement d'un gouvernement provisoire, comprenait, parmi les huit noms, celui de Van De Weyer. Mais ce gouvernement ne put pas fonctionner au milieu de l'anarchie croissante. Comme les autres chefs de l'opposition, Van De Weyer désespérait du succès d’une résistance aux troupes royales qui marchaient sur Bruxelles. Il se rendit à Valenciennes, où il arriva, le 22 septembre au soir à l' Hôtel du Grand Canard, et où il rejoignit de Potter.

Le 23 au soir, il apprend la résistance de Bruxelles. Un gouvernement provisoire est proclamé ; dès le 24, il lance des « Appels au Peuple », signés du comte Félix de Mérode, de Alexandre Gendebien et de Sylvain Van De Weyer. Avec ses amis, celui-ci quitte Valenciennes le 24 pour regagner Bruxelles par Péruwelz, Leuze, Ath, Enghien, Hal. Le 25 au soir, les anciens membres de la Commission de sûreté sont à l’Hôtel de Ville et rejoignent Rogier, d’Hoogvoort et Jolly qui, depuis la veille, ont constitué la « Commission administrative. » Ils ont été témoins de la surexcitation des villes et des villages qu’ils ont traversés. Ils appuient les plus exaltés et la Commission administrative se transforme en Gouvernement provisoire. Le 28, ce gouvernement installe un « Comité central » chargé du pouvoir exécutif et dont Van De Weyer fit partie.

Au début d’octobre, le prince d’Orange tenta d’entrer en communication avec le Gouvernement provisoire. Il se heurta à un refus catégorique. Le 7 octobre le comte Félix de Mérode et Van De Weyer firent connaître au prince l’impossibilité d’une entente.

D’accord également avec de Mérode, il se prononça (12 octobre) pour la candidature du prince d’Orange et publia la réponse officielle adressée à celui-ci à la suite de la proclamation faite par le prince le 16 octobre.

Le 1er novembre, il partit pour Londres, où il arriva le 4. Il rencontra d’abord des membres de l'opposition libérale, notamment Palmerston ; le 7, il fut reçu par le ministre des Affaires étrangères, Aberdeen, grâce à l’entremise de J.C. Hobhouse, député aux Communes. Le 11, Wellington l’invita à un entretien, où il lui fit part de la volonté de l’Angleterre de ne pas intervenir, mais de s’opposer à la réunion de la Belgique à la France. Il répondit aussi à une invitation du prince d’Orange et il lui exposa les chances réduites de Restauration.

Elu membre du Congrès national par le district de Bruxelles et membre suppléant par le district de Louvain, il siégea au Congrès dès le 16 novembre et y fit rapport sur ses négociations à Londres.

Le 18 novembre, le Gouvernement provisoire le nomma président du Comité diplomatique, qui comprenait, en outre, le comte de Celles, le comte d’Arschot, Destriveaux et Nothomb.

En cherchant à concilier les intérêts français et anglais, il se prépara à se rendre à Paris afin de sonder le terrain en vue d’un mariage anglo-français à propos de l’élection d’un prince au trône de Belgique, et en vue de la reconnaissance par la France et l’Angleterre de la Belgique comme Etat indépendant.

Grâce à lui, le Gouvernement provisoire accepta la proposition faite le 7 novembre par la Conférence de Londres concernant une suspension des hostilités (10 novembre) et la confirma le 21 novembre.

Le 18 décembre 1830, accompagné de Gendebien, il se rend à Paris, chargé d’y « traiter de la reconnaissance de la Belgique et d’y préparer les voies d’un traité de commerce entre les deux pays. »

Le 21 décembre, Van De Weyer, Gendebien et Firmin Rogier sont reçus par Sebastiani. Le lendemain, Van De Weyer regagne Bruxelles et il vient exposer (26 décembre) au Congrès national les espoirs qu’on pouvait mettre dans la France.

Le Gouvernement provisoire le désigna alors avec le vicomte Vilain XIIII comme commissaire près la Conférence de Londres. Les deux commissaires arrivèrent à Londres dès le 1er janvier 1831.

Le 3 janvier, il fit visite à Talleyrand et discuta avec lui les candidatures du prince Léopold, du prince de Naples et d’Othon de Bavière. La candidature du prince d’Orange, soutenue par la France et l’Angleterre, paraissait avoir quelque chance de succès.

Van De Weyer quitta Londres le 25 janvier avec Vilain XIIII et, trois jours après, rendit compte au Congrès du résultat de sa deuxième mission en Angleterre. Il se montra à dessein très réservé. Le 29 janvier, sur sa proposition, le Congrès vota une protestation contre le protocole du 20 de ce mois, fixant les limites de la Belgique.

Lors de l’élection du souverain par le Congrès, le 3 février, Van De Weyer vota, comme la majorité de cette assemblée, pour le duc de Nemours. Il expliqua lui-même son vote à la séance du 1er juin : il avait reçu des lettres confidentielles sur la foi desquelles l’élection s’était faite, notamment des déclarations de deux envoyés de la France assurant que le duc de Nemours accepterait.

A son initiative, le Gouvernement provisoire proposa l’installation d’une Régence.

Le régent Surlet de Chokier nomma Van De Weyer provisoirement ministre des Affaires étrangères (26 février 1831) et le chargea en outre de la direction de la Marine, le 5 mars suivant.

Le 20 mars, Van De Weyer adressa des instructions au ministre belge à Paris, M. Le Hon, pour annoncer au gouvernement français que, si le refus du duc de Nemours était irrévocable, il devenait nécessaire de recourir à une autre combinaison et de songer soit au prince de Saxe-Cobourg, soit au prince Charles de Naples.

A la suite du désistement de M. de Gerlache, président du Conseil des ministres, le ministère fut dissous (27 mars). C’est alors que J. Lebeau remplaça Van De Weyer comme ministre des Affaires étrangères, mais Van De Weyer lui prêta tout son concours et fit avec lui une active propagande en faveur du prince de Saxe-Cobourg.

Le 25 mai, il apposa sa signature à la proposition de quatre-vingt-quinze membres du Congrès demandant l’élection immédiate du prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha. Il fut désigné par le Congrès (4 juin) comme l’un des délégués chargés de remettre au prince la décision de l’assemblée prise ce même jour.

Pendant son séjour à Londres, il écrivit alors une « Lettre sur la révolution belge, son origine, ses causes et ses conséquences », publiée d’abord en anglais (16 juin 1831), qu’il fit imprimer et distribuer à profusion. A son retour à Bruxelles, il informa le Congrès réuni en comité secret, des dispositions du prince Léopold et, notamment, des bons rapports que celui-ci espérait entretenir aussi bien avec la France qu’avec l’Angleterre.

Van De Weyer défendit énergiquement au Congrès les dispositions arrêtées par la Conférence dans les XVIII articles et publia, en outre, un pamphlet intitulé « Jean le Brabançon au bon peuple de la Belgique », dans lequel il déclarait entre autres que le prince Léopold viendrait sans s’inquiéter de la réponse que le roi de Hollande donnerait à la Conférence.

Le 27 juin, le prince Léopold reçut la députation belge et lui déclara qu’il acceptait la couronne du nouveau royaume.

A la fin de la séance du 2 juillet, Van De Weyer proposa un amendement tendant notamment à demander à la Conférence le maintien du statu quo du Luxembourg jusqu’à la conclusion des négociations sur l’indemnité. Mais, voyant que la majorité était acquise à l’acceptation pure et simple des XVIII articles, il retira l’amendement.

Le 12 juillet, la Conférence reçut la nouvelle de l’adhésion que le Congrès avait donnée aux XVIII articles trois jours auparavant.

Van De Weyer assista, avec les autres membres du Congrès, à l’inauguration du roi, qui eut lieu à Bruxelles, le 21 juillet.

Le 24 juillet, il était désigné en qualité d’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès de la Cour de Saint-James. Il fut secondé par l’ami intime de Léopold premier, le docteur Chr.-Fred. Von Stockmar, qui arriva à Londres vers le 15 août.

Dans la soirée du 3 août, Van De Weyer apprit que les troupes hollandaises se préparaient à envahir la Belgique. Il se rendit chez Palmerston pour lui communiquer la dénonciation de la suspension d’armes par le général Chassé, commandant de la citadelle d’Anvers.

Dès le 4 août, il était reçu par le roi Guillaume IV.

Le 5 août, à 2 heures du matin, il reçut les lettres du roi Léopold et du ministre Lebeau destinées à être transmises à la Cour de Saint-James, à l'effet d'obtenir l'intervention armée de l'Angleterre en même temps que celle de la France. En ces circonstances, le gouvernement belge se montra, d'après Lord Grey, trop exigeant en déclarant ne pas vouloir traiter avant l'acceptation des XVIII articles par le roi de Hollande. Van. De Weyer s'efforça de modérer les prétentions belges.

Le 13 août, il annonça au gouvernement de Bruxelles que les assurances données par les plénipotentiaires hollandais rendaient possible la cessation immédiate des hostilités. Le même jour, il faisait connaître les appréhensions du gouvernement anglais au sujet de la prolongation du séjour des troupes françaises en Belgique.

Talleyrand manœuvrait pour obtenir le partage de la Belgique, moyennant l’érection d'Anvers en port franc : il avait longuement exposé son projet à la réunion de la Conférence tenue le 12 août au Foreign Office.

Sur de nouvelles instances de la Conférence, le gouvernement belge envoya à Van De Weyer les pleins pouvoirs (22 août).

Le 20 septembre, le roi Léopold écrivait à celui-ci une lettre exprimant toute sa satisfaction, ayant appris de lord Palmerston les bons rapports que le plénipotentiaire belge entretenait avec la Conférence. Dans la nuit du 24 au 25 septembre, il reçut les documents contenant les prétentions du roi Guillaume relatives aux limites à imposer à la Belgique et à la participation de celle-ci aux dettes de l'ancien royaume des Pays-Bas. Van De Weyer passa quarante-huit heures à rédiger une réfutation des prétentions hollandaises. Il ne parvint pas, toutefois, à obtenir de la Conférence le maintien des XVIII articles.

Le 7 octobre, il adressa au gouvernement de Bruxelles une lettre faisant connaître que la Conférence avait décidé d’autorité, contrairement aux arguments fournis par la Belgique et aux stipulations des XVIII articles. Il insistait sur l’unanimité de la décision prise par la Conférence. « Le rejet, écrivait-il, c’est la guerre, sans le soutien de la France, c’est, en un mot, la ruine du pays. » Il conseillait au cabinet de Bruxelles de tout dire aux Chambres et de faire, au besoin, un appel au corps électoral.

Le 15 octobre, la Conférence arrêtait, par les XXIV articles, les nouvelles bases de séparation, qu’elle déclarait « finales et irrévocables. » Van De Weyer s’abstint d’y apposer sa signature, n’ayant pas reçu l’autorisation nécessaire. Palmerston l’engagea à se rendre aussitôt en Belgique pour informer le gouvernement des conditions auxquelles la Belgique obtenait la reconnaissance et la garantie de son indépendance.

Dès les 18 octobre, Van De Weyer se trouvait à Bruxelles et faisait les démarches nécessaires pour donner satisfaction à Palmerston. Il accepta de seconder le ministère devant les Chambres, en qualité de « commissaire du roi. » Les chambres se constituèrent en comité secret et, après de longs débats, votèrent le projet : la Chambre le 1er novembre, le Sénat deux jours après.

De retour à Londres, le 11 novembre, Van De Weyer eut une entrevue avec Palmerston afin d’obtenir en échange de l’acceptation des XXIV articles, la reconnaissance de l’indépendance par la Russie, la Prusse et l’Autriche qui, jusqu’alors, s’étaient abstenues. Mais Palmerston lui déclara que, la veille, la Conférence avait décidé qu’un traité serait conclu avec le roi Léopold, stipulant, outre les XXIV articles, la garantie de leur exécution et leur ratification dans les deux mois. Van De Weyer hésita à enfreindre ses instructions, mais, sur les instances de Palmerston, il se résigna à signer le traité, le 15 novembre, faisant connaître que le roi Léopold « ne cédait qu’à la loi impérieuse de la nécessité » et en adhérant aux conditions dures et onéreuses imposées par la Conférence.

Les anciennes puissances alliées de 1815 exigèrent de plus, comme condition à l’exécution des XXIV articles, le maintien des forteresses de la Barrière érigée contre la France. Le jour même de la conclusion du traité, après plus de six heures de discussion et deux séances, Van De Weyer apposa sa signature à la convention des forteresses, mais sans engager son gouvernement. Il espérait obtenir la démolition d’une partie des forteresses de la Barrière.

A la suite des protestations françaises au sujet de cette convention, Van De Weyer fut chargé (20 janvier 1832) par Palmerston de rédiger une note justificative d’après un projet de déclaration préparé par Wessemberg. Il en informa le roi Léopold, le 23 janvier suivant, jour auquel a note reçut l’approbation de la Conférence. Selon Talleyrand, il fit preuve en ces circonstances d’habilité, de sang-froid et de fermeté.

Lorsque Lord Aberdeen, dans sa campagne contre le ministère Grey-Palmerston, tenta de justifier l’attitude du roi Guillaume Ier, Van De Weyer n’hésita pas à réfuter les arguments produits par le chef du parti des tories. Il publia, sous le pseudonyme de Victor de la Marre, un pamphlet daté du 20 février 1832 : « La Belgique et la Hollande en 1813, 1815 et 1830. Lettre à lord Aberdeen. »

La ratification donné le 4 mai au traité du 25 novembre contenait une réserve qui pouvait éventuellement porter atteinte aux engagements pris envers la Belgique. Van De Weyer accepta cette ratification telle quelle, tout en faisant une contre-déclaration, mais sans attendre de nouvelles instructions de Bruxelles. Le roi Léopold songea à le rappeler, mais il se ravisa bientôt et, le 15 mai, lui écrivit pour lui renouveler ses sentiments de sympathie. Le lendemain, Van De Weyer arrivait à Bruxelles, et le 21 mai, il communiqua au roi et aux ministres un « Mémoire au Roi en son conseil, » dans lequel il en appelait à l’opinion publique, mieux éclairée et sollicitait l’appui du Roi en son conseil.

Les ministres de Theux et Raikem se ravisèrent toutefois et voulurent forcer Van De Weyer à quitter Londres et la Conférence. D’autre part, le refus de guillaume Ier d’adhérer aux XXIV articles compliqua encore la situation. Le général Goblet, envoyé à Londres comme plénipotentiaire belge près la Conférence, réitéra à plusieurs reprises les prétentions du roi Léopold. Mais le plénipotentiaire hollandais sut habilement neutraliser ses efforts en présentant, le 30 juin, un nouveau projet de traité destiné à être d’abord signé par la Hollande et les cinq grandes puissances, puis par la Hollande et la Belgique.

Léopold chargea Van De Weyer de rédiger un mémoire sous forme de lettre adressée au premier ministre ou au général Goblet (1-2 juin 1832). Ce document fut communiqué à Louis-Philippe, qui se ravisa au sujet de l’acceptation des conditions mises par le roi Guillaume à la ratification des XXIV articles. Van De Weyer eut bientôt l’occasion de mieux connaître encore les sentiments du roi des Français, puisqu’il fut invité par Léopold Ier à l’accompagner à Compiègne, où devait avoir lieu, le 9 août, le mariage du roi des Belges avec Louise-Marie d’Orléans.

Le 18 août, il repris les fonctions de ministre plénipotentiaire à Londres, mais sans pouvoir apporter de solution précise, ayant reçu pour mission d’agir de concert avec le général Goblet, qui restait aussi ministre plénipotentiaire. Ses démarches confidentielles auprès de Palmerston et des autres membres de la Conférence aboutirent à un projet en grande partie rédigé par Van De Weyer en vue d’entamer des négociations directes entre la Belgique et la Hollande, et qui fut appelé le « Thème de lord Palmerston. »

Ce projet ne fut pas agrée par de Muelenaere, qui donna sa démission et qui fut remplacé par le général Goblet (18 septembre). Van De Weyer reçut immédiatement les pleins pouvoirs nécessaires à l’ouverture de négociations avec le roi Guillaume. Il en informa la Conférence le 20 septembre.

Le 24 septembre, la Conférence arrêta les questions à poser au plénipotentiaire hollandais, H. Van Zuylen van Nyevelt, mais celui-ci ne disposait pas des pouvoirs nécessaires pour négocier avec Van De Weyer. Le 1er octobre, la Conférence décida alors de faire prendre les mesures nécessaires pour obtenir l’assentiment de Guillaume Ier.

L’accord réalisé entre les gouvernements de France et d’Angleterre amena le siège de la citadelle d’Anvers par une armée française et le blocus des côtes hollandaises par les flottes anglaise et française.

Au mois de mars 1833, Van De Weyer publia, sous le pseudonyme de G. Goubau de Rospoul, un libellé en réponse aux brochures de van Zuylen, libelle qui fut traduit en anglais par Grattan et en allemand, intitulé « La Hollande et la Conférence, ou examen raisonné des actes de la Conférence de Londres et de la conduite du cabinet de La Haye. »

Le 21 mai 1833, Van De Weyer put enfin annoncer au roi Léopold que les négociations relatives au traité définitif à intervenir entre les Pays-Bas et la Belgique allaient être engagés. Le 15 juillet, la Conférence se rouvrit à Londres. Van De Weyer y insista en vain pour transformer la convention préliminaire en traité définitif. D’accord avec le général Goblet, qui lui restait adjoint comme plénipotentiaire, il remit à la Conférence une note attribuant au roi de Hollande la responsabilité de la rupture des négociations, note qui fut reconnue exacte, communiquée ensuite, le 4 octobre, aux Chambres belges et répandue dans la presse.

En décembre 1833, Van De Weyer se rendit en Belgique. Il fut question un instant de lui confier un poste dans le ministère constitué après la démission du général Goblet, mais le comte de Mérode, qui remplaça celui-ci, renonça à la collaboration de Van De Weyer qui retourna à Londres.

Au cours de l’année 1834, les troupes orangistes et, d’autre part, la chute du ministère whig en Angleterre, inquiétèrent plus ou moins Van De Weyer. C’est alors qu’il composa la brochure : « De la situation de la Belgique en 1834 (traduit de l’anglais avec des observations du traducteur) », Londres, 1834.

Au mois de décembre 1835, Léopold Ier confia à Van De Weyer la mission d’accompagner son neveu, Ferdinand de Saxe-Cobourg, en Portugal, où celui-ci allait épouser la reine Dona Maria. Ce voyage eut lieu en mars et avril 1836 ; le mariage fut célébré le 10 avril 1836, et allait permettre l’établissement en Portugal d’un régime parlementaire analogue à celui de l’Angleterre et de la Belgique. Van De Weyer accompagne le prince dans la tournée qu’il fit dans le pays.

Ce voyage altéra la santé du diplomate, qui se réembarqua pour l’Angleterre le 25 décembre 1836.

En 1837, il fit un court séjour en Belgique, séjour pendant lequel il reçut la visite d’un de ses amis anglais, Sydney Smith, le vicaire de Combe-Florey, l’un des promoteurs du mouvement libéral en Angleterre et l’un des fondateurs de l’« Edinburgh Review » (1802).

Lorsque, le 14 mars 1838, le roi Guillaume donna son adhésion au traité du 15 novembre 1831, Van De Weyer estima que les négociations entre la Belgique et la Hollande ne devraient pas être soumises au contrôle des grandes puissances. Il ne put toutefois l’éluder. Palmerston s’entendit avec les cours de Vienne, Berlin et Saint-Pétersbourg, pour exiger de la Belgique l’exécution des XXIV articles. Van De Weyer insista pour rectifier le montant de la dette, mais il ne parvint pas à obtenir une modification des arrangements territoriaux, et cela malgré les efforts de Léopold Ier, qui envoya son conseiller particulier, J. Van Praet, à Palmerston, en mission confidentielle. Van Praet trouva Van De Weyer fort abattu au moral et au physique (27 novembre). Il persistait à croire que Palmerston entamerait de nouvelles négociations, bien que Van De Weyer lui déclarât que l’Angleterre et la Conférence avaient pris des dispositions définitives. Il expliquait le découragement de Van De Weyer par le fait qu’il était absorbé par l’idée de son mariage, qui allait avoir lieu à la fin de décembre de cette année.

Le protocole final fut adopté par la Conférence de Londres, le 6 décembre 1838. Accompagné par de Gerlache, ancien président du Congrès national, Van De Weyer se rendit, le 15 janvier 1839, au Foreign Office afin de proposer à Palmerston le rachat des territoires qui allaient être enlevés à la Belgique.

Le 4 février, la Conférence recevait l’adhésion du roi Guillaume au traité, tandis que Van De Weyer lui soumettait un nouveau projet relatif aux rapports du Luxembourg avec la Conférence germanique. Mais Palmerston se montra encore plus catégorique. Ne voulant plus traîner les choses en longueur, il déclara que la Belgique devait se borner à demander de minimes modifications à l’article relatif à la navigation de l’Escaut.

Le 11 février, Van De Weyer remit une note à la Conférence en réponse à la demande faite par celle-ci au gouvernement belge de ne pas prendre de mesures hostiles à l’égard de la Hollande. La Conférence insista, par une nouvelle note (12 février), sur la nécessité pour la Belgique de réduire ses forces militaires.

Le roi Léopold et ses ministres auraient voulu prolonger le statu quo. Van De Weyer fit savoir que la Conférence, et surtout Palmerston, tenaient à en finir le plus tôt possible avec la question belge.

En présence du retard apporté par le roi Léopold à signer le traité, Palmerston adressa, le 4 avril, des reproches à Van de Weyer qui, le 19 avril, se résigna à apposer la signature demandée pour les traités entre la Belgique et la Hollande et le traité entre la Belgique et la Confédération germanique.

Le 18 avril, Léopold Ier avait signé les pleins pouvoirs de Van De Weyer, qui, dans une note datée du lendemain, fit connaître l’adhésion du roi des Belges. Il apposa sa signature au traité le 8 juin 1839, au moment de l’échange des ratifications.

Dans le monde diplomatique, Van De Weyer jouissait d’une grande considération. Il fut chargé par Léopold Ier de plusieurs missions confidentielles en France et en Allemagne.

Le projet d’union douanière franco-belge, qui fut discuté en 1842, préoccupa particulièrement Van De Weyer, qui donna l’alarme et protesta (29 décembre 1842) auprès de lord Aberdeen contre les menées de la Prusse, désireuse de convoquer à ce propos une conférence. Certains attribuaient à Léopold Ier l’intention de favoriser la conclusion de cette union douanière. En tout cas, Van De Weyer fit connaître au Roi qu’il ne pouvait conseiller cette transaction, parce qu’elle tendait à détruire l’œuvre du traité du 19 avril 1839.

Tout en déployant une grande activité diplomatique, Van De Weyer ne cessait de s’intéresser au mouvement littéraire et intellectuel de la Belgique et également à sa politique intérieure. En 1843, il publia L’ « Autorité », la « Petite ville » et « Lettre à un ministre belge. »

Sous le pseudonyme de Jean du Fan, élève en sciences, il publia un pamphlet contre les cléricaux : « Simon Stévin et M. Dumortier », qui connut six éditions. Il s’y montrait un esprit libéral, mais non sectaire, et recommandait avant tout la plus large tolérance.

Une crise ministérielle ayant éclaté à la fin de juin 1845, après la retraite du cabinet Nothomb, le Roi chargea Van De Weyer de constituer un ministère d’union nationale. Le 27 juillet, Van De Weyer débarquait à Ostende ; le 30, le Roi lui confiait le département de l’Intérieur.

Ce ministère, composé de cinq catholiques et de trois libéraux fut le dernier essai d’union des partis. La « politique de conciliation » n’était plus possible à ce moment. Ce fut, comme on l’a dit, le fameux « ministère de la parenthèse » (31 juillet 1845-31 mars 1846).

Le 2 mars 1846, à la suite de difficultés surgies entre catholiques et libéraux à propos de l’application de la loi sur l’enseignement moyen, Van De Weyer donna sa démission avec ses collègues, et en fit part, le 7 mars, à la Chambre et ensuite au sénat. Le 31 mars, le Roi l’accepta à contre-coeur, ne sachant comment résoudre la crise ministérielle.

Pendant la courte existence de son ministère, Van De Weyer avait institué les agrégés universitaires, préparé la réorganisation des athénées et collèges et favorisé la création de nouvelles écoles primaires par les communes.

A Gand, il avait rendu hommage aux promoteurs du mouvement littéraire flamand (6 novembre 1845.)

Il avait réorganisé l’Académie royale de Belgique en collaboration avec le secrétaire perpétuel de celle-ci, A. Quetelet : c’est alors que l’Académie fut divisée en trois classes (classes des sciences, classe des lettres et des sciences morales et politiques, classe des beaux-arts.)

La révolution de Février eut une répercussion sur les relations de la Belgique avec l’Angleterre. Van De Weyer redoutait les conséquences de la politique du parti républicain en France, qui voulait étendre sa propagande en Belgique.

Il put se féliciter de la manière dont la Belgique traversa la crise de 1848. Le 5 avril de cette année, il faisait part, dans une lettre à d’Hoffschmidt, de l’heureuse influence que l’attitude de la Belgique exerçait sur l’opinion britannique. «  Notre nationalité, écrivait-il, n’est plus aux yeux de tout le monde une chose factice reposant sur de simples actes diplomatiques, mais une réalité basée sur l’inébranlable volonté d’un peuple qui comprend et pratique ses devoirs envers lui-même et envers les autres. Toutes les préventions qui existaient à cet égard ont complètement disparu. » Le 1er avril, il avait écrit au chemin de fer du gouvernement belge : « L’affaire de Mouscron est d’une immense importance, non seulement pour la Belgique, mais pour toute l’Europe. »

Au début du mois d’avril, la famille royale de France se réfugia en Angleterre. Van De Weyer mit à sa disposition la villa de son beau-père à Sheen, près de Richmond. Il hébergea même une nuit le duc de Nemours et la duchesse de Montpensier. Le 6 avril, d’Hoffschmidt lui adressa une lettre « très confidentielle » critiquant les visites rendues au comte de Neuilly (Louis-Philippe) et à d’autres membres de la famille royale de France, ainsi qu’au prince Albert de Prusse. Van De Weyer répondit qu’« un seul organe de la presse anglaise avait signalé sa visite à Claremont et qu’il ne s’était rendu à ce château que deux fois, pour remettre à Louis-Philippe la correspondance arrivée à Bruxelles à l’adresse de celui-ci. Il déclarait n’avoir rien fait qui pût nuire à la Belgique et ne pas accepter le blâme qui lui était adressé, offrant sa démission (8 avril.) d’Hoffschmidt lui répondit (11 avril) qu’il ne s’agissait pas d’un blâme, mais des recommandations, cela afin d’éviter des critiques de la part de d’Elhoungne à la Chambre des représentants. Le 15 avril, Van De Weyer renouvela l’offre de démissionner pour faciliter la tâche parlementaire du Gouvernement. Le 24, l’incident fut aplani et d’Hoffschmidt le pria de garder le poste qu’il occupait « avec tant de dévouement » (25 avril.)

Il s’attacha à assurer à la Belgique l’aide de la Grande-Bretagne contre une attaque éventuelle de la république française ; il réussit à empêcher la Russie d’intervenir sous prétexte de sauvegarder la neutralité de la Belgique. Il parvint à éviter, d’accord avec Palmerston, « tout ce qui pourrait porter couleur d’entente commune avec les puissances du Nord pour arriver à un système d’entente contre la France. » Cette fois la politique proposée par Van De Weyer rencontra l’entière approbation du gouvernement belge : il s’agissait avant tout de prendre des mesures de précaution. Il fit connaître au cabinet de Bruxelles (30 avril) que Palmerston considérait toutefois comme « prématurée et dangereuse toute entente commune sur des mesures d’exécution. » Le 31 mai, il donna au roi Léopold des détails très précis sur l’attitude du chef du Foreign Office, qui approuvait les précautions militaires prises par la Belgique et qui se défiait aussi bien de la France que de l’Allemagne.

En 1849, les relations diplomatiques qui furent rompues entre l’Espagne et l’Angleterre, furent rétablies grâce à Van De Weyer, qui, à la demande de Léopold Ier, servit d’intermédiaire entre la cour de Madrid et celle de Saint-James.

Van De Weyer collabora activement à la conclusion du traité de commerce (27 octobre 1851) entre l’Angleterre et la Belgique. Aussi lorsque le gouvernement de Bruxelles voulut modifier les dispositions de ce traité en apportant des changements au tarif douanier, Van De Weyer offrit sa démission (19 février 1852.) Le ministère fit valoir qu’il s’agissait d’une interprétation de ce traité et préconisa des démarches à faire au Board of Trade. Il refusa la démission de Van De Weyer.

Après le coup d’Etat du prince Louis-Napoléon, le roi Léopold avait chargé son ministre auprès de la cour de Saint-James de se rendre à Paris pour observer l’orientation nouvelle de la politique française. Il eut plusieurs entrevues avec le Prince-Président et ses acolytes, de Morny, Barrot, etc.

Au cours de l’année 1852, Van De Weyer fit connaître au cabinet de Bruxelles (15 février) les nouvelles alarmantes répandues par la presse anglaise sur les manœuvres des agents français en Belgique et sur la prétendue désaffection de l’armée belge, toute prête, selon cette presse, à fraterniser avec les soldats français. Le cabinet de Saint-James désavoua cette attitude de la presse anglaise et approuva les mesures militaires prises par le roi Léopold (accélération des travaux relatifs aux fortifications d’Anvers).

Van De Weyer informa le souverain de la bonne impression que ces mesures avaient produites à la cour de Saint-Pétersbourg. L’ambassadeur du tsar à Londres déclara à Van De Weyer : « Que la Belgique soit sans inquiétude, elle est, dans ses rapports avec l’Europe, dans la meilleure des conditions. »

Lord Malmesbury, ministre des affaires étrangères d’Angleterre, réitéra à Van De Weyer l’assurance que celle-ci entendait faire observer les traités et fournirait son appui aux Etats dont elle avait garanti l’indépendance. Il reçut le plénipotentiaire en audience particulière et approuva les mesures « défensives » prises par la Belgique. Il lui annonça l’accord de l’Angleterre avec la Prusse et avec la Russie.

Le 14 avril 1852, Van De Weyer fit part au gouvernement belge des démarches faites par le cabinet britannique auprès de la Russie pour obtenir une intervention combinée « dans les vingt-quatre heures » dans le cas où la Belgique serait menacée.

Les attaques de certains journaux belges conter le prince-président donnèrent lieu à des échanges de vues entre les diplomates des puissances garantes de la neutralité belge. D’après Louis-Napoléon, les articles injurieux de ces journaux équivalaient à « une violation permanente » de la neutralité belge.

A différentes reprises, Van De Weyer signala les dangers de la situation et conseilla au cabinet de Bruxelles de prendre les mesures « qui rentrent … essentiellement dans l’esprit du principe de neutralité, que le devoir de la Belgique est d’observer envers tous les Etats » (18 novembre 1852).

Le 4 février 1853, Van De Weyer fit connaître au cabinet de Bruxelles la notification confidentielle faite par l’ambassadeur du tsar à Londres de l’envoi prochain d’un ministre russe à Bruxelles - envoi considéré comme un des événements « les plus heureux … vu la situation actuelle de l’Europe. » Mais l’établissement de rapports diplomatiques avec le cabinet de Saint-Pétersbourg fut mal interprété par la France.

Van De Weyer révéla les tentatives faites par Napoléon III en vue de détruire l’œuvre du Congrès de Vienne et de rendre à la France ce que, en langage diplomatique, on nommait la « liberté d’action. » Aussi conseilla-t-il de réaliser des mesures défensives avec la plus grande activité et d’organiser fortement et complètement l’armée. Telle était aussi, affirmait-il, la politique britannique.

Le plénipotentiaire belge à Londres disposait à Paris d’importantes sources de renseignements et pouvait ainsi être beaucoup mieux informés que le ministre belge à Paris, Firmin Rogier. Il montra entre autres que Napoléon voulait profiter de la question d’Orient pour rompre l’ancienne entraide entre la Russie et l’Angleterre et remettre ainsi en question l’œuvre de la Conférence de Londres relative à la neutralité de la Belgique.

Dans une lettre à de Brouckere, Van De Weyer fit remarquer (4 avril 1853) que la France ne devait pas considérer les questions entre elle et la Belgique comme pouvant être résolues par elle seule. Il rappelait que « tout ce qui concerne la Belgique, son indépendance, sa neutralité, est une question européenne, dans laquelle toutes les grandes puissances sont directement intéressées. »

A la suite de la mort d’une de ses filles (13 mai 1853), Van De Weyer se fit suppléer jusqu’au 22 août 1853.

Les négociations commerciales qui s’engagèrent au cours de cette année entre la France et la Belgique inquiétèrent l’Angleterre. Van De Weyer prévoyait (4 septembre 1853) les complications qu’elles produiraient au désavantage de la Belgique.

L’alliance anglo-française qu’amené la question d’Orient le rassura toutefois, et il exprima sa satisfaction à ce sujet dans une lettre au cabinet de Bruxelles (23 septembre 1853). Mais une seconde campagne française contre la presse belge suscita de nouvelles difficultés. Grâce aux démarches de Van De Weyer auprès de lord Palmerston, elles furent cependant aplanies. Le 24 septembre 1853, celui-ci lui déclara que les puissances qui avaient reconnu l’indépendance de la Belgique après l’adoption par celle-ci de la Constitution ne pouvaient prétendre que la neutralité pouvait limiter l’exercice de celle-ci.

Au mois d’août 1854, sa santé était ébranlée. On lui prescrivit un régime et des bains de mer. Il rentra en fonctions en octobre, mais son état général laissait encore à désirer : il eut à subir plusieurs atteintes de goutte.

En 1855, à l’occasion de l’heureuse issue de la guerre de Crimée, il fut chargé par Léopold Ier de plusieurs missions confidentielles en France.

En juillet 1856, il se rendit à Bruxelles pour assister à la célébration du vingt-cinquième anniversaire de l’inauguration de Léopold Ier.

L’intervention armée de la France en Italie (1859) provoqua des doutes au sujet de l'attitude éventuelle de la Prusse et de la Russie en cas de conflit général. L’Angleterre se montra avant tout soucieuse d’assurer la neutralité de la Belgique. Le 2 juillet 1859, Van De Weyer écrivait au ministre des Affaires étrangères, baron de Vrière : « Le plus petit acte d’hostilité contre nous serait considéré par elle (l’Angleterre) comme un casus belli… ; les frontières de l’Angleterre commencent à l’Escaut. »

En 1862, Van De Weyer eut à négocier un nouveau traité de commerce entre la Belgique et l’Angleterre. Au cours de ces négociations, il se rendit compte des funestes conséquences qu’aurait eues pour la Belgique l’application intégrale des théories de l’école de Manchester. Richard Cobden préconisait un véritable désarmement qui en ferait « la communauté la plus légèrement taxée et la plus prospère de l’Europe. » Il désapprouvait le projet des fortifications d’Anvers destinées à servir de réduit national et d’objectif pour les envahisseurs éventuels de la Belgique qui feraient de celle-ci le champ de bataille de l’Europe. Van De Weyer réfuta Cobden dans une brochure publiée d’abord à Bruxelles, puis à Londres, sous le pseudonyme de « ex-colonel de la grade civique », et qu’il intitula « Richard Cobden, roi des Belges ! » Elle eut un énorme retentissement. Son auteur reçut entre autres les félicitations de lord Clarendon.

Van De Weyer eut à s’occuper bientôt des pourparlers entre la Hollande et la Belgique qui aboutirent à la libération de l’Escaut (1863).

Au printemps de l’année 1864, Léopold Ier fit un court séjour à Windsor. Il invita à plusieurs reprises Van De Weyer, dont il appréciait la conversation  « aussi agréable qu’instructive », comme il le lui écrivait à son retour à Bruxelles, peu avant le 3 mai 1864.

En 1867, la question du Luxembourg suscita de graves difficultés. Van De Weyer reçut officiellement pour instruction de ne prendre aucune initiative. Il était autorisé seulement, si les puissances voulaient d’un commun accord donner le Luxembourg à la Belgique, à déclarer que son gouvernement l’acceptait.

Charles Rogier, ministre des Affaires étrangères, qui rêvait d’une Belgique rhénane, supplia vainement, dans des lettres privées (avril 1867), son compagnon de lutte de 1830 de l’aider à agir personnellement. Il faisait valoir que l’isolement du Luxembourg ne serait qu’ « un replâtrage sans solidité et sans durée. » Emile Banning fournir à Rogier tout un mémoire sous le titre « La solution belge », exposant les rapports historiques et actuels entre la Belgique et le Luxembourg. Van De Weyer dut constater que la « solution belge » n’était pas commandée, comme le croyait Rogier, par l’intérêt de la paix et de l’Europe.

Le 15 avril, Van De Weyer avait fait une démarche en ce sens auprès de la reine et ensuite auprès de lors Stanley, chef du Foreign Office. Il en rendit compte dans une lettre très confidentielle à Rogier : il lui confia que Stranley lui avait déclaré que Bismarck était prêt à sacrifier la Belgique à l’union allemande, et que, par conséquent, le gouvernement belge avait à prendre les mesures défensives nécessaires « sans bruit, sans éclat ». Van De Weyer avait sollicité de son interlocuteur une promesse de secours militaire, mais il n’obtint qu’un problématique « nous verrons ». Stanley fit connaître la démarche de Van De Weyer à Cowley, ambassadeur anglais à Paris, sous forme de communication personnelle. Mais l’affaire fut ébruitée et ainsi le gouvernement belge se trouva en mauvaise posture. Par ses instructions du 5 mai, inspirées par Frère-Orban, il désavoue Van De Weyer et déclara n’avoir aucune prétention concernant le Luxembourg. Il lui donnait pour seule mission d’écouter et d’attendre les offres qui pourraient être faites.

C’est ainsi que la question du Luxembourg fut résolue par la Conférence seule, en dehors de toute participation belge. Dès le 8 mai, tous les articles du protocole, sauf le quatrième, étaient paraphés, et le 11 mai le traité établissait l’autonomie du grand-duché désormais neutralisé.

Le 19 mai, Rogier adressa à Van De Weyer une lettre pressante : « Veuillez revoir la correspondance qui a été échangée entre nous à propos des ouvertures que M. Benedetti prétendait lui avoir été faites à Berlin relativement à la cession de la Belgique et du Luxembourg à la France. »

Les déboires (depuis 1859, il avait été souffrant presque chaque été, et, en juillet 1865, il avait demandé un congé de trois mois), et d’autre part, sa santé chancelante, déterminèrent Van De Weyer à offrir sa démission le 3 juin 1867 ; elle fut agréée le 26 du même mois. Il ne conserva que le titre de ministre d’Etat qui lui avait été conféré le 13 mai 1863.

Il continua à s’intéresser aux lettres et à la philosophie. Il s’était formé dans son château de New-Lodge, situé dans la forêt de Windsor, une riche bibliothèque.

D’autre part, il ne cessa de s’occuper de nombreuses œuvres de bienfaisance. Il faisait partie depuis de longues années du Royal Literary Fund, destiné à venir en aide aux écrivains.

Il restait en rapport avec les Belges de marque qu’il avait connus dans sa jeunesse, notamment P.F. Van Meenen et L Gruyer, avec lesquels il traitait souvent de questions philosophiques. Il resta un fervent partisan des idées de tolérance. Il préconisait avant tout « Science et conscience », qui était sa formule favorite.

Il avait publié lui-même à Londres, en 1850, « Opuscules historiques, philosophiques et littéraires, 1828 à 1850 », 2 vol., Londres, 1850.

Il laissait inachevé « Choix d’opuscules philosophiques, historiques, politiques et littéraires. » Deux séries avaient paru successivement en 1863 et en 1869. Une troisième et une quatrième furent éditées par son ami Octave Delepierre, en 1875 et 1876.

Avec la collaboration d’Emile Banning, il publia dans la collection « Patria Belgica » (t. II, p. 317), une « Histoire des relations extérieures depuis 1830. » (1873).

Il fut immobilisé pendant quelques temps dans son hôtel d’Arlington Street à Londres, à la suite d’une attaque d’apoplexie qui lui était survenue au cours d’une promenade dans Trafalgar square. Au mois d’avril 1872, il put cependant se rendre avec sa famille en Belgique ; il séjourna à Gand et à Bruxelles. En mai, il revint seul pour assister aux fêtes du centenaire de l’Académie royale de Belgique, dont il avait été élu correspondant le 11 octobre 1835 et membre le 7 mai 1840.

Il mourut dans son hôtel d’Arlington Street, à Londres, le 23 mai 1874.

Ses funérailles eurent lieu le 28 mai à New-Lodget Windsor dans le petit cimetière attenant à une chapelle anglicane, Braywood Church, construite récemment par la famille. Elles eurent un caractère strictement privé, mais le prince de Galles, le duc d’Edimbourg et le prince C. de Sleswig-Holstein, époux de la princesse Hélène d’Angleterre, y assistèrent.

Les journaux belges et anglais (entre autres « le Morning Post » et « le Daily Telegraph » du 25 mai 1874) publièrent des articles élogieux sur le grand diplomate qui venait de disparaître.

Il avait été promu officier de la légion d’honneur en 1832 et commandeur en 1836, officier de l’ordre de Léopold en 1835, grand cordon en 1856, grand-croix de l’ordre de la Tour et de l’Epée, et de l’ordre de la branche Ernestine de Saxe (1837), grand-croix de l’ordre des SS. Maurice et Lazare (1839), etc.

A la fin de décembre 1838, il avait épousé Elisabeth-Anne Strurges Bates, fille de Joshua, directeur de la banque Baring (1788-1864). Il en eut six enfants, dont deux fils (Victor-Bates et Albert).

On trouvera son portrait gravé par F. de Meersman dans l’Annuaire de l’Académie royale, 1877, p. 123.

I. Thomson a reproduit en lithographie le portrait peint par G. Wappers, et J. Schubert (1843), celui peint par Ch. Baugniet. Van De Weyer figure sur le tableau de C. Picqué (1799-1869) représenta le Gouvernement provisoire.

La ville de Louvain lui a élevé une statue, due à G. Geefs, qui fut inaugurée le 1er octobre 1876

H. Vander Linden

Autres références biographiques : Th. JUSTE : « Sylvain Van De Weyer, ministre d’Etat » (2 vol. 1871) ; Th. Juste, « Notice sur S. Van De Weyer », dans « Annuaire royal de Belgique », 1877, pp. 123-158.

 

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1830-1831

 

Interventions en tant que membre du gouvernement provisoire ou en tant que ministre du régent, chargé des relations extérieures

 

(00) Vérification de ses pouvoirs comme membre du Congrès (10/11/1830)

(01) Lettre de Van de Weyer se solidarisant avec la précédente décision du gouvernement provisoire de présenter sa démission au congrès (16/11/1830)

(02) Rapport sur le résultat de la mission à Londres (16/11/1830)

(03) Question de la priorité à accorder à la proposition relative à l’exclusion des Nassau et à celle relative à la forme du gouvernement (16/11/1830)

(04) Négociations relatives au statut du Luxembourg (17/11/1830)

(05) Mode de publication des actes du congrès national (18/11/1830, 27/11/1830)

(06) Forme du gouvernement de la Belgique (22/11/1830)

(07) Exclusion des Nassau de tout pouvoir en Belgique (23/11/1830)

(08) Etat de l’armée (25/11/1830)

(09) Proposition tendant à demander au gouvernement des communications diplomatiques (en rapport notamment avec la suspension d’armes et la levée du blocus de l’Escaut) (02/12/1830, 15/12/1830, 16/12/1830)

(10) Initiative des lois pour la présentation des projets de décret (13/12/1830)

(11) Reconnaissance par les Puissances de l’indépendance belge (26/12/1830)

(12) Résultat de la mission des com­missaires délégués du gouvernement provisoire près la conférence de Londres (28/01/1831)

(13) Question du chef de l’Etat (Nemours-Leuchtenberg) (28/01/1831, 31/01/1831, 10/02/1831, 19/02/1831)

(14) Protestation contre le protocole du 20 janvier 1831 contenant les bases de séparation entre la Belgique et la Hollande (29/01/1831, 31/01/1831, 01/02/1831, 02/02/1831, 03/02/1831)

(15) Droit d’exprimer son opinion. Prédications saint-simoniennes (18/02/1831)

(16) Lieutenant générale du royaume et régence (19/02/1831, 22/02/1831, 23/02/1831)

(17) Emprunt de 12,000,000 de florins et situation diplomatique (04/03/1831, 05/03/1831)

(18) Taxe des barrières (06/03/1831)

 

Interventions en tant que congressiste

 

(19) Programme du deuxième ministère du régent, circonstances relatives au retrait du premier ministère (30/03/1831)

(20) Nomination d’une commission pour constater l’état des finances de l’Etat (30/03/1831)

(21) Situation diplomatique (30/03/1831, 31/03/1831, 02/04/1831)

(22) Garde civique (04/04/1831, 19/05/1831, 26/05/1831)

(23) Retenue sur les traitements des fonctionnaires de l’Etat (05/04/1831)

(24) Adhésion de la France au protocole du 20 janvier 1831 et question du Luxembourg (07/04/1831)

(25) Admission au service belge d’officiers supérieurs étrangers (10/04/1831, 11/04/1831)

(26) Bons du syndicat dits « los-renten » (12/04/1831)

(27) Délits de presse et/ou institution du jury (12/04/1831, 18/07/1831)

(28) Manifeste des griefs belges (13/04/1831)

(29) Organisation de la première brigade de l’armée (14/04/1831)

(30) Constitution d’une commission permanente des pétitions (14/04/1831)

(31) Récompenses nationales (19/05/1831)

(32) Reprise des hostilités avec la Hollande (19/05/1831)

(33) Propositions de la Conférence relatives notamment à l’abandon du Limbourg et possibilité d’obtenir le Luxembourg en échange d’une indemnité (23/05/1831)

(34) Insubordination militaire (23/05/1831)

(35) Fin des travaux législatifs du congrès (23/05/1831)

(36) Proposition sur les moyens de terminer le différend entre la Belgique et la Hollande  (24/05/1831)

(37) Question du choix du chef de l'Etat (Léopold de Saxe-Cobourg) et propositions annexes (25/05/1831, 27/05/1831, 31/05/1831, 01/06/1831, 02/06/1831)

(38) Musée des arts et de l’industrie de Bruxelles (28/05/1831)

(39) Préliminaires de paix (les dix-huit articles) (28/06/1831, 30/06/1831 (matin), 01/07/1831, 02/07/1831, 03/07/1831, 07/07/1831)

(40) Théâtre et jardin botanique de Bruxelles (18/07/1831)

(41) Election contestée de de Sauvage (20/07/1831)

(42) Crédits pour les dépenses de l’Etat pendant le troisième trimestre de 1831, notamment pour les départements des affaires étrangères et de la guerre (20/07/1831)

(43) Proposition tendant à donner à M. le baron Surlet de Chokier, régent de la Belgique, un témoignage de la reconnaissance nationale (20/07/1831)

 

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1845-1846 (en tant que ministre de l’intérieur)

 

(01) Droits sur les céréales et/ou mesures visant à lutter contre les conséquences de la maladie des pommes de terre (20/09/1845), situation sociale dans les Flandres et dépôts de mendicité (20/12/1845), travaux d’utilité publique (04/02/1846, 19/03/1846)

(02) Octrois communaux (20/09/1845, 14/11/1845)

(03) Pétitions relatives à la croix de fer (14/11/1845), à un secours à un blessé de septembre (14/11/1845), l’art vétérinaire et à la lutte contre les épizooties (19/03/1846), à une demande d’indemnités par suite des événements de la révolution (19/03/1846)

(04) Projet d’adresse en réponse au discours du trôné, notamment : question de confiance gouvernement et appel à l’unionisme (+ formation du nouveau gouvernement, notamment condition posée par Rogier de pouvoir dissoudre à volonté la chambre) (17/11/1845, 18/11/1845, 19/11/1845, 20/11/1845, 21/11/1845, 22/11/1845)

(05) Organisation de l’enseignement (notamment de l’enseignement moyen) (20/11/1845, 22/11/1845), pétitions relatives à l’organisation des examens universitaires (12/12/1845, 13/12/1845, 17/12/1845), convention conclue entre l’évêque et l’athénée de Tournay, sur la nomination des professeurs (16/01/1846), démission du gouvernement (07/03/1846)

(06) Exposition industrielle (22/11/1845)

(07) Traitements d’attente (28/11/1845)

(08) Réorganisation de l’académie des sciences et belles-lettres (06/12/1845, 08/12/1845)

(09) Vente des terrains et bâtiments de l’hôtel du gouvernement provincial à Liége à une congrégation religieuse (12/12/1845, 03/02/1846, 04/02/1846, 05/02/1846)

(10) Pétitions relatives à l’organisation des examens universitaires (12/12/1845)

(11) Pratiques abusives du paiement du salaire des ouvriers sous la forme de marchandises (22/12/1845)

(12) Budget du département des affaires étrangères pour 1846. Nécessité de régler la position des employés par des règlements généraux (17/01/1846), agents diplomatiques à Londres et position personnelle de Van de Weyer (17/01/1846), traitements des agents consulaires (19/01/1846)

(13) Réglementation du droit de chasse (19/01/1846, 21/01/1846, 22/01/1846, 23/01/1846, 24/01/1846, 26/01/1846, 27/01/1846, 28/01/1846, 30/01/1846, 31/01/1846, 06/02/1846, 07/02/1846)

(14) Séparation de communes (24/01/1846)

(15) Formation des listes électorales (31/01/1846)

(16) Loi sur la milice (02/02/1846)

(17) Ecole vétérinaire (14/02/1846, 17/03/1846)

(18) Démission du ministère par suite d’un dissentiment sur les principes d’organisation de l’enseignement moyen (07/03/1846, 18/03/1846)

(19) Encouragement de la voirie vicinale (18/03/1846, 20/03/1846)