Accueil        Séances plénières         Tables des matières         Biographies         Livres numérisés     Bibliographie et liens      Note d’intention

 

dechamps DECHAMPS Adolphe (1807-1875)

 

 

 

 

DECHAMPS Adolphe, Joseph, né en 1807 à Melle, décédé en 1875 à Seneffe.

Age en 1830 : 27 ans.

Catholique. Elu par l'arrondissement de Ath de 1834 à 1847, de Charleroi de 1847 à 1857 et de 1859 à 1864.

 

 

 

Biographie

Interventions sessions : 1833-1834, 1834-1835, 1835-1836, 1836-1837, 1837-1838, 1838-1839, 1839-1840, 1840-1841, 1841-1842, 1842-1843, 1843-1844, 1844-1845, 1845-1846, 1846-1847, 1847-1848 (1848-1864)

 

 

BIOGRAPHIE

 

(Extrait de A. SIMON, dans Biographie nationale de Belgique, tome XXXIII, 1966, col. 187-224)

DECHAMPS (Adolphe), publiciste, membre de la Chambre des représentants, ministre, né à Melle le 18 juin 1807, décédé à Scailmont le 19 juillet 1875.

Issu d'une famille d'origine française établie à Morlanwelz au début du XVIIIe siècle, il naquit à Melle, où son père Adrien dirigeait depuis 1806 un pensionnat d'enseignement primaire et moyen. La mère, Alexandrine Denuit, à la piété constante et résignée, développa en lui des sentiments chrétiens qui s'affirmèrent de plus en plus. Il écrivait, en 1869, au moment de douloureuses incertitudes : « Dans la région de mon esprit où habitaient mes chères opinions, je trouvais des conflits, des quasi-révoltes et un grand trouble ; quand je montais dans cette autre région de l'âme où l'on prie, où l'on souffre, où l'on aime, où l'on rencontre plus directement Dieu, tout m'apparaissait éclairé par une autre lumière où je retrouvais le repos... Oh, j'aime bien mes opinions, elles me tiennent aux entrailles, elles sont nées de longues et chères études, mais j'aime mieux encore ma foi. Je suis sûr de ma foi ; je ne suis pas sûr de mes opinions. » Empreinte indélébile laissée par la ferveur de sa mère, par les ouvertures intellectuelles de son père.

C'est sous la conduite de celui-ci, pédagogue consciencieux, homme éloquent à la vaste culture littéraire et philosophique, très traditionnelle d'ailleurs, qu'il fit, dès 1815, ses premières classes et puis une partie de ses humanités. Ses deux frères, l'un Joseph, né en 1809, l'autre Victor, né en 1810 et qui devint archevêque de Malines et cardinal, faisaient également leurs classes sous la direction de leur père.

A Melle, les études étaient fortes, les élèves distingués : Pierre Dedecker, futur ministre, en fut. Cependant, craignant sans doute une éducation trop unilatérale, Adrien Dechamps envoya durant 1819 et 1820, ses fils Adolphe et Victor au collège d'Alost, l'un des plus réputés de la région. Dirigé par l’abbé Van Crombrugghe dont l'action se développa, sous le régime hollandais, dans la défense de l'enseignement libre, cet établissement forma une pléiade d'hommes qui s'illustrèrent dans la vie politico-religieuse de la Belgique indépendante : de Montpellier qui devint évêque de Liège, Bracq qui occupa le siège épiscopal de Gand, les abbés Andries et De Smet qui firent partie du Congrès national de 1830.

Après ce passage à Alost, Adolphe Dechamps retourne chez lui, à Melle d'abord, puis à Scailmont, lorsque son père eut en 1822 cédé son collège. Plutôt que de confier ses enfants aux universités de l'Etat dont il craint une néfaste influence intellectuelle et morale, Adrien Dechamps s'applique lui-même à les former à la philosophie. Il suit de vieux auteurs, entre autres Purchosius, dont les « Institutiones philosophicae » étaient d'ailleurs le manuel suivi dans certaines congrégations religieuses.

Durant ces années, de 1820 à 1828, Adolphe Dechamps lit beaucoup ; non seulement les ouvrages recommandés par son mentor : Bossuet et les Pères de l'Église, mais aussi les œuvres qui, dans les milieux catholiques, ont alors le plus de faveur, celles de Joseph de Maistre, celles de Chateaubriand, celles également de Maine de Biran et de Royer-Collard. Son âme s'éveille à la poésie : il s'éprend de Lamartine, il le copie ou le paraphrase de ses propres sentiments. Il apprécie particulièrement Victor Hugo, surtout l'œuvre lyrique de ce maître ; il lui envoie ses essais poétiques : il est félicité et encouragé.

Bien que son père se défie de Lamennais, il relit avec passion religieuse « l'Essai sur l'Indifférence » de ce talentueux écrivain, il s'inspire du « Mémorial ». La doctrine du sens commun prônée par le publiciste français ne l'intéresse guère ; mais il s'enthousiasme à la lecture des pages enflammées où, dans le désir de sauver l'Eglise, l'homme et la société, Lamennais s'insurge contre le rationalisme et les « libérâtres ». Il établit le lien entre l'ultramontanisme de Maistre et la volonté de conquête religieuse de Lamennais. Il approfondit le sens et la dignité de la liberté, source d'action. Comment ne soulignerait-il pas ces mots que Victor Hugo lui envoyait en 1830 : « J'ai essayé de trouver les grandes choses que vous m'annoncez avec l'abbé de Lamennais et nous voilà à peu près d'accord, moi sur son Dieu, lui sur ma liberté. Nous joindrons volontiers nos deux idées pour faire un homme et une société qui fussent à la fois selon la loi humaine et surtout la loi divine. » Qui ne voit affleurer dans ces mots la devise chère à Lamennais : « Dieu et liberté »  ? Elle allait devenir celle d'Adolphe Dechamps.

De 1828 à 1830, il séjourne à Bruxelles, rue d'Assaut, chez Isidore Plaisant, avocat et jurisconsulte qui avait dû abandonner le barreau par suite des exigences linguistiques du gouvernement hollandais. Plaisant était le parrain de Victor. Très érudit, il se tenait en contact avec l'élite intellectuelle bruxelloise : Sylvain Van de Weyer et Quetelet puis De Potter et Gendebien se retrouvaient dans ses salons. Il avait des idées politiques et religieuses avancées : croyant, il était du groupe de ces francs-maçons qui, à ce moment, peuvent être considérés comme des chrétiens progressistes.

Adolphe Dechamps suivait les cours du Musée des Sciences et des Lettres. Cet établissement, à défaut d'université bruxelloise, dispensait un enseignement supérieur sérieux : Van de Weyer, Quetelet et Lesbroussart y enseignaient ; Baron y faisait des conférences. Peut-être cependant, est-ce plus dans les réunions qui, à la soirée, se tenaient autour de Plaisant et de sa femme que les deux Dechamps formaient d'autant mieux leur intelligence. Comment eux, dont l'âme était vibrante de foi et l'esprit pénétré des nouveautés intellectuelles, n'auraient-ils pas pu et dû confronter leurs aspirations avec celles de leurs interlocuteurs, tous libéraux d'ailleurs ?

Ce n'était pas seulement des idées qu'on brassait dans ce milieu. Outrés par les ingérences de plus en plus exigeantes du gouvernement hollandais, les personnalités qui se retrouvaient rue d'Assaut s'organisaient de plus en plus dans une résistance, pour le moins intellectuelle et légale, aux emprises régaliennes. Il est symptomatique que certains des hommes qui se rencontraient chez Plaisant devinrent membres du gouvernement provisoire : Van de Weyer, Gendebien, De Potter ; quant à Plaisant, il fut, au lendemain de la Révolution, chargé de la sûreté.

A la rue d'Assaut, au contact de ces libéraux et à la suite des longues conversations qu'il poursuivait avec eux, Adolphe Dechamps devait inévitablement en arriver à la conviction qu'il exprimait en décembre 1830 : « La seule chose que l'on puisse organiser jusqu'à ce que l'unité se fasse... c'est la liberté ». Comment n'aurait-il pas consenti, dès 1828, à favoriser l'union catholico-libérale ? Il devait rester toute sa vie fidèle à cet idéal.

C'est à Bruxelles que Victor et Adolphe Dechamps, à la plume facile, imagée et oratoire, se lancèrent dans le journalisme. Le roi Guillaume avait fait de la presse une arme puissante et un moyen efficace de propagande : c'est sur ce terrain que les deux Dechamps voulurent rencontrer leur adversaire. Ils collaborèrent activement au « Journal des Flandres » et à « L'Emancipation ». Ils signaient AVD et faisaient souvent suivre ces lettres par les mots « ami de Lamennais ». « Le Journal des Flandres » s'inspirait nettement du publiciste français : comme seule solution au problème politique et religieux de la Belgique, il proposait « la liberté en tout et pour tous » exaltée par Lamennais.

Survint l'émeute de Bruxelles du mois d'août et la révolution. Les deux Dechamps qui étaient à Scailmont voulurent, le 24 septembre, rejoindre les volontaires ; ils ne purent rentrer à Bruxelles. Désireux de servir, ils employèrent la plume, leur arme favorite. C'est qu'il fallait encore lutter. Le Congrès national, réuni à Bruxelles à partir du 10 novembre 1830, s'embarrassait de plus en plus : libéraux et catholiques, après leur moment d'union victorieuse, paraissaient se détacher les uns des autres. Et comme les Puissances soupçonneuses et conservatrices semblaient vouloir détruire l'œuvre de 1830, l'entente était plus que jamais nécessaire.

Dans « le Journal des Flandres » et « L'Emancipation », Adolphe Dechamps et son frère se firent plus que jamais les apôtres de l'indépendance et de la liberté. Leurs prises de position sont hardies : ils défient les Puissances : « Faisons donc nous-mêmes ce que nous voulons faire et n'allons pas demander à Londres ni à Paris la permission de consommer notre indépendance. Ce n'est pas ainsi que nous avons fait le 26 et le 27 septembre, lorsque les soldats du prince Frédéric, fils de Guillaume, battirent en retraite ». S'occupant de politique intérieure, ils favorisent la candidature au trône du duc de Leuchtenberg ; puis, devant le refus de la France, ils proposent la république : « Maintenant que devons-nous faire ? Ou il faut que nous reniions cinq mois passés à nous constituer ou nous devons adopter la république ». Ils repoussent le cléricalisme : « Que le clergé ne l'oublie pas, c'est parce qu'il s'est assis à l'ombre du Trône que les peuples se méfièrent de Dieu et crurent qu'Il n'habitait pas le même sanctuaire que la liberté ». Surtout, et en cela ils sont encore unionistes, ils saluent l'émancipation politique du peuple et étendent ce désir jusque sur les Etats pontificaux ; ils s'enhardissent jusqu'à déclarer : « Aujourd'hui que la nation est devenue souveraine de fait, le temps ne paraît-il pas venu où la royauté temporelle de l'Eglise devient inutile et presque nuisible et où le pontife pour conserver la souveraineté du Christ devra devenir peuple ? »

On n'a aucune peine à retrouver dans ces déclarations toutes les idées de Lamennais, et même son style. Qui plus est, tout au long de la carrière d'Adolphe Dechamps, ces convictions, quelque peu modérées dans la forme, se découvrent dans une constante fidélité. Elles formeront la trame de sa pensée et de son action.

Cependant, en ces années 1831-1832, les attaques contre Lamennais se font de plus en plus vigoureuses. « L'Avenir », dont les Dechamps reproduisaient les idées, effarouche beaucoup de catholiques. Le 15 août 1832, l'encyclique « Mirari Vos » condamne les doctrines politiques du maître de la Chênaie.

Adolphe Dechamps se sent visé, lui aussi. Il se soumet : son élan d'action est brisé. Il se recueille à Scailmont où il est retourné ; il se tait. En somme, il recherche son équilibre intellectuel. Il suit pourtant avec attention les débats parlementaires. On lui propose diverses fois d'entrer au parlement ; il s'y refuse. Sa vie semble se stabiliser à Scailmont. Il a, le 15 mai 1832, épousé Joachime Bailly ; elle lui donnera sept enfants, dont Alphonse, le futur directeur du Moniteur belge.

Cependant, en 1834, il se décide. Il est élu député de l'arrondissement d'Ath, le 10 mai 1834. Il a vingt-sept ans, une nouvelle vie s'ouvre devant lui, il sera parlementaire et même ministre ; il restera publiciste ; surtout, il défendra, par la parole, la plume et l'action, l'idéal catholique.

En somme, jusqu'en 1834, il s'est préparé à cette activité multiforme. On retrouvera, en effet, tout au long de son existence les reflets des émotions et des idées, des enthousiasmes et des incertitudes également, qui l'ont animé durant les premières années de sa vie. Il s'est sans doute détaché de Lamennais : on serait tenté de dire de l'homme plutôt que de ses idées. Il a, en tout cas, conservé l'idéal de liberté, d' « organisation de la liberté », la volonté d'action catholique que, du moins avant 1832, le prêtre français avait développés en lui. Comment en aurait-il été autrement ? Victor Dechamps, son frère, exhortant un jour les professeurs de théologie, leur demandait d'obtenir la fidélité à la doctrine catholique « en préservant les étudiants... de l'amour de préférence que la jeunesse porte si naturellement en elle à tout ce qui est nouveau » ; il ajoutait - ce qui était un aveu de l'ancien mennaisien - « préservons-nous de cette tendance de prédilection que l'âge ne détruit pas tout entier ».

L'action d'Adolphe Dechamps s'exercera, depuis 1834, dans divers domaines. Pour la clarté de l'exposé, il est opportun de s'attacher tour à tour à sa vie parlementaire et ministérielle, à sa carrière de publiciste, à ses activités industrielles et financières. On retiendra toutefois que, dans le mouvement de la vie, tout cela se compénètre, se complète et se précise.

Devenu député en 1834, il le restera jusqu'en 1864, excepté de 1857 à 1859, époque où il ne fut pas réélu. Il représenta l'arrondissement d'Ath (1843-1847), puis celui de Charleroi (1847-1857, 1859-1864). De 1843 à 1847, il fut ministre : il géra le département des Travaux publics dans le cabinet Nothomb (1843-1845) et dans celui de Van de Weyer (1845-1846), celui des Affaires étrangères dans le cabinet de Theux (1846-1847). Il devint ministre d'Etat le 6 juin 1856.

Il y a donc trois phases dans la vie parlementaire d'Adolphe Dechamps : celle de 1834 à 1843 qu'on pourrait appeler celle de l'unionisme ; celle de 1843 à 1847 au cours de laquelle, tout en maintenant ses tendances unionistes, il s'efforce de faire prévaloir dans l'exécutif certaines préoccupations catholiques ; enfin celle de 1847 à 1864, pendant laquelle il est dans l'opposition, face aux gouvernements sécularisateurs, ceux de Rogier (1847-1852) et de Frère-Orban (1857-1870). Si, de 1834 à 1843, il soutient les ministères, ce n'est pas qu'il en admette toute la politique, mais sa confiance est assurée à ces cabinets parce qu'ils réalisent son idéal d'union catholico-libérale ; à partir de 1847, il est dans l'opposition parce qu'il juge que tout ministère homogène favorise trop l'esprit de parti. Les efforts sécularisateurs des ministères de 1847 et de 1857 le confirment dans cette persuasion.

Avant de devenir ministre, il avait pris à la Chambre des positions très remarquées. N'insistons pas sur sa facilité oratoire, sur l'émotion de sa parole, sur son style académique. On s'accordait à trouver en lui un des meilleurs orateurs parlementaires de son temps. Il n'égalait pourtant point Frère-Orban, il n'était pas aussi incisif. Suivant les impulsions de son tempérament et celles de sa volonté de conciliation, il était plus nuancé. Il évitait les mots blessants. Il savait se taire. Il déclarait : « L'assemblée me saura gré de ne pas m'être placé sur le terrain des sarcasmes... Quand on a recours à de tels moyens, c'est qu'on n'est pas bien sûr de la justice et de la bonté de la cause qu'on défend. »

Lorsqu'il entra à la Chambre, la loi communale était en préparation. Le Roi voulait en faire un moyen de pouvoir régalien, un correctif à une constitution trop libérale. Il n'est pas étonnant que les partisans de la souveraineté populaire s'y fussent opposés. Le conflit fut passionné, les débats prolongés. Dechamps, tout en reconnaissant que l'Etat devait exercer sa « force sur les communes », soutint l'opinion que le bourgmestre et les échevins fussent choisis dans le conseil communal, que les conseillers communaux eussent leur résidence dans la commune. Se déclarant partisan de l'autonomie communale, il demeurait fidèle à son idéal de liberté et même de « monarchie républicaine », tel qu'il l'exprimait naguère dans « le Journal des Flandres ».

C'est encore l'esprit de 1830 qui l’animait en 1838-1839 lors des discussions à propos des XXIV articles. Sa solution était qu'il fallait par des habiletés diplomatiques, maintenir le statu quo tel que l'occupation de tout le Limbourg et de tout le Luxembourg l'avait établi. Puis, devant l'insistance des Puissances, il se dégagea des pressions belliqueuses de Mérode et de Gendebien et prôna la résistance passive. Il ne fallait pas faire la guerre, pensait-il, mais lasser les Puissances en n'acceptant pas le traité.

En somme, dans ces deux circonstances, il fut une force de complément : pour les décentralisateurs dans le premier cas, pour la politique internationale de Léopold Ier dans le second.

Sa prise de position en matière économique fut très nette. Il accordait sa faveur au système protectionniste. Il en défendit l'idée à la Chambre et dans « la Revue de Bruxelles ». II comprenait cependant qu'il fallait des débouchés à l'industrie belge et comme, par suite de la rupture de 1830, les marchés hollandais étaient difficilement accessibles, il proposait d'en trouver en France, en Allemagne et outre-Atlantique. En 1837 et en 1839, il se tourne particulièrement vers la France. C'était d'ailleurs un désir du Roi, et Dechamps fit en 1841 partie de la mission qui, dirigée par de Muelenaere, devait traiter avec le gouvernement français la question d'une union douanière. Les exigences économico-politiques de la France empêchèrent tout accord.

Diverses fois au cours des années 1838 à 1840, Dechamps se déclara partisan d'un système qui, espèce de modus vivendi entre le protectionnisme et le libre-échange, eût établi des tarifs douaniers différents d'après les pays.

La question scolaire le préoccupait le plus. Il prit, en cette matière, des initiatives originales.

Sous le régime français et celui de la Hollande, son père, homme d'enseignement, s'était défié de l'instruction donnée par l'Etat ; lui-même, durant la période polémique de sa vie et au cours de ses préparations intellectuelles, s'était, pour s'opposer aux mesures monopolisantes du gouvernement hollandais, laissé séduire par la liberté mennaisienne de l'enseignement. C'est à la suite de ces options préliminaires qu'il interprète la Constitution belge. Tout au long de sa carrière, c'est au nom de cette charte fondamentale qu'il défend la liberté de l'enseignement. Les constituants avaient sans doute voulu cette liberté ; mais tous, même des catholiques, ne la comprenaient pas de la même la façon.

Dechamps, pour sa part, ne reconnaissait à l'Etat qu'un rôle supplétif. Il admettait sans doute que l'Etat avait, en matière d'enseignement, des droits et des devoirs ; mais, à son sens, les pouvoirs publics ne devaient créer un enseignement que si la liberté ne permettait pas de répondre aux besoins d'instruction de la population. Il devait, dès lors, rencontrer l'opposition de tous les libéraux, même unionistes. Ces derniers, dans leur volonté de conciliation, considéraient, avant comme après 1830, que l'Etat devait avoir un rôle primaire : c'est généralement à contre-cœur et au nom d'un unionisme de plus en plus dégradé qu'ils continuèrent après la révolution à soutenir, ne fût-ce que tacitement, les revendications scolaires catholiques. Inutile d'ajouter que les libéraux progressistes y étaient opposés : cela apparut nettement au congrès libéral de 1846.

Dechamps croyait que la formule idéale et constitutionnelle était que les pouvoirs publics subsidient tout enseignement, même engagé doctrinalement : c'était une préparation à ce qu'on appellera plus tard le pluralisme scolaire. Aussi, son souhait était-il qu'on élaborât une loi des subsides. Cette proposition s'inspirait d'ailleurs des habitudes anglaises.

Dechamps est intervenu activement dans les débats qui précédèrent le vote des premières lois organiques sur l'enseignement : en 1835 et 1842, à propos de l'instruction supérieure et primaire ; plus tard, en 1850, lors de l'élaboration de la loi sur l'enseignement moyen.

En 1835, il se fait le défenseur des universités libres parce que, disait-il, « le progrès social surtout dans la sphère de l'intelligence, n'est au fond que l'émancipation graduelle du peuple, en d'autres termes, n'est que la diminution successive de l’intervention de l'Etat dans cet ordre de choses ». Sa solution est celle d'un enseignement universitaire indépendant du pouvoir, mais rétribué par lui. Telle n'était cependant point l'avis du ministre de Theux. Ce dernier fit voter la loi et imposa aux étudiants de toutes les universités, celles de l’Etat et celles de la liberté, l'obligation de présenter leurs examens devant un jury nommé par les pouvoirs publics. Dans le désir de plaire aux évêques qui, pour sauvegarder l'Université catholique, voulaient que l'enseignement universitaire fût organisé le plus rapidement possible, Adolphe Dechamps émit un vote favorable.

Il vota également, en 1842, la loi sur l'instruction primaire.

C'était une loi de transaction ; ce fut l'une des réalisations les plus caractéristiques de l'union catholico-libérale. L'enseignement de la religion ou de la morale était rendu obligatoire ; et, comme, d'après les dispositions de la loi, la religion enseignée devait être celle de la majorité des élèves, laquelle était catholique, les libéraux avaient fait une grande concession. De fait, au lendemain de 1842, surtout à la campagne, l'instruction primaire devint pratiquement un enseignement confessionnel : cela d'autant plus que, sous le ministère de Theux, un règlement d'ordre intérieur accordait en 1846 aux évêques ce que la loi leur avait refusé concernant l'éducation chrétienne.

Dechamps s'était longtemps opposé à ce projet de loi. Il craignait que des correctifs administratifs ne puissent provoquer un monopole de l'Etat.

Rapporteur de la section centrale, il intervint plusieurs fois dans les débats qui furent d'ailleurs très vifs. Il fit montre d'une exceptionnelle compétence. Pour défendre ses idées, il avait fait une enquête très approfondie sur la situation scolaire des différents pays d'Europe. C'est alors qu'il suggéra de faire une loi accordant des subsides à l'enseignement libre.

Il vota pourtant la loi de 1842. Ce qui peut étonner. N’avait-il pas, au sortir d'une audience que l'évêque Van Bommel lui avait accordée, déclaré, à propos de cette loi : « Viendra le jour qu'on s'en repentira » ?

Comment expliquer son vote ? Ce n'est point la discipline de parti qui l'y a engagé, tant il est vrai qu'elle n'existait pas encore ; c'est plutôt la soumission à l'épiscopat. Dechamps répondit d'autant plus facilement au désir des évêques que c'était le moyen de soutenir le gouvernement unioniste alors au pouvoir.

Cela devait particulièrement plaire à Léopold Ier. Il n'est pas étonnant que, lors de difficultés ministérielles surgies en 1843, le souverain, pour assurer la durée de « son » ministère unioniste, ait demandé à Dechamps de devenir ministre.

Abandonnant la charge de gouverneur du Luxembourg qu'il remplissait depuis le 19 juin 1842, Dechamps entra donc le 16 avril 1843 dans le ministère Nothomb.

Il devait, jusqu'en 1847, remplir une charge ministérielle.

Des trois ministères dont il fit partie, si les deux premiers, celui de Nothomb et celui de Van de Weyer peuvent être considérés comme unionistes bien que l'élément libéral y dominât, celui du comte de Theux était ce qu'on pourrait dénommer homogène catholique. Les libéraux le stigmatisèrent en disant qu'il était celui « des six Malou » ; ils jugeaient que Jules Malou était un « clérical ».

Faire partie du ministère de Theux, n'était-ce pas, de la part de Dechamps, se mettre en contradiction avec sa volonté si souvent déclarée de maintenir l'union catholico-libérale ? S'est-il laissé enjôler par la passion du pouvoir ou ses avantages ? L'explication se trouve-t-elle dans la particulière estime que Léopold Ier portait au député d'Ath ? Ou bien, Dechamps a-t-il donné son consentement parce que, du moins au moment de sa formation, le Roi considérait ce ministère comme une rapide transition ? Ou bien le souverain a-t-il vu en Dechamps l'élément modérateur du cabinet ? En tout cas, si on se souvient que ce ministère homogène provoqua le groupement des forces libérales au congrès libéral de 1846, la participation de Dechamps témoigne d'un manque de clairvoyance. Pierre Dedecker avait mieux compris la réalité politique du pays en déclarant que le cabinet de Theux était « un anachronisme ou... un défi ».

Fait assez caractéristique d'ailleurs, après la chute du comte de Theux, Dechamps ne devint plus jamais ministre. Sa présence dans un ministère manifestait-elle désormais aux yeux des libéraux une tendance trop catholique ? Il est significatif que, lors de la formation du ministère centre-gauche de Brouckere en 1852 et même lors de celui de Pierre Dedecker, unioniste cependant, le Roi ne fit pas appel à lui. Ce n'est pourtant pas qu'il eût perdu la confiance royale. Le Roi songea à lui en 1857 pour remplacer Vilain XIIII aux Affaires étrangères et fit appel à sa collaboration en 1864.

Peut-être d'ailleurs qu'éloigné du pouvoir, Dechamps croyait servir d'autant mieux son idéal unioniste. Il écrivait en 1841 : « l'opinion catholique, satisfaite d'exercer son influence toute morale, n'a jamais attaché de prix à la possession du pouvoir » ; et il avait déclaré en 1831 : « Dans la lutte religieuse et philosophique qui va partager inévitablement le monde, j'aimerais de voir partout le catholicisme plus près de l'opposition que du pouvoir ».

Au ministère des Travaux publics (16 avril 1843 - 30 juillet 1845), la gestion de Dechamps fut laborieuse. Il n'avait pas de compétence spéciale pour diriger ce département ; il se rendit cependant compte de certaines nécessités de l'heure. Le progrès de l'industrie demandait, et le Roi y poussait activement, que les voies de communications fussent développées. Attaché au système protectionniste, il était normal que Dechamps voulût, à l'intérieur des frontières belges, assurer un courant commercial d'autant plus facile.

Il n'est pas opportun de souligner toutes les réalisations qui se produisirent sous son ministère, tant il est vrai que s'il en prit la responsabilité - ce qui est cependant important - ce sont ses collaborateurs et le Roi qui l'éclairaient. De 1843 à 1845, plusieurs voies navigables furent créées ou achevées dans les Flandres et dans la province d'Anvers ; mais c'est surtout sur le développement des chemins de fer que le ministre porta son attention. Il avait, à ce propos, une opinion sinon originale du moins particulière : il jugeait qu'il fallait concéder à l'industrie privée la création et l'exploitation de lignes secondaires. Il signa neuf conventions de ce genre. Toutes les provinces - le Luxembourg excepté - furent sillonnées par des voies ferrées qui se rattachaient au réseau primitif exploité par l'Etat.

D'autres intérêts sollicitaient l'attention de Dechamps. Il soutint la politique économique du gouvernement et aida efficacement Nothomb et le Roi pour que fussent votés le traité avec le Zollverein (2 septembre 1844) et la loi sur les tarifs différentiels (21 juillet 1844).

Il eut en outre, lors de la discussion du projet de loi sur les jurys universitaires en 1844, l'occasion d'affirmer une nouvelle fois et, de manière spectaculaire, sa volonté de défendre les droits de l'enseignement libre.

Nothomb avait proposé que le Roi nomme les membres de ce jury. Dechamps n'était pas partisan de ce système : il avait demandé de garder sa liberté de vote. Nothomb y consentit et promit de ne pas faire de ce projet une question de confiance au cabinet.

Dechamps s'opposait au projet parce qu'il craignait un quelconque étatisme mais surtout parce que, d'après lui, il fallait laisser aux universités la liberté et le droit de composer elles-mêmes leurs jurys d'examen.

Au moment où le projet fut mis en discussion, l'opinion libérale, alertée par la presse, fit une vive opposition à la proposition gouvernementale. Cette question prenait une importance majeure : au moment des débats parlementaires, la tribune réservée au corps diplomatique était comble. Ce projet était en Belgique comme en France, en Prusse et en Autriche, une question de principes : la centralisation étatique était en violent conflit avec la liberté d'enseignement. Dechamps l'avait bien compris.

Dans son désir de maintenir l'unionisme, il espérait pourtant pouvoir se contenter de la liberté de vote qu'il avait demandée et obtenue. En prenant une attitude la moins tranchée possible, il s'évertuait à se maintenir dans l'esprit de l'union catholico-libérale. Mais, sa présence au banc des ministres n'était-elle pas équivoque ? Certains catholiques le croyaient et le lui reprochaient, les évêques également. Dechamps paraissait ne pas être troublé par le mécontentement de l'épiscopat et par les campagnes de presse : il déclarait qu'il suivrait les « indications de sa conscience ». Cependant, le 19 mars 1844, il démissionnait et reprenait sa place à son banc de député.

Dans une longue lettre au Roi, il expliquait cette décision. La question débattue ayant, par la faute du ministère, provoqué une opposition violente entre catholiques et libéraux, c'était, écrivait-il, pour défendre l'unionisme qu'il se séparait du cabinet.

Il vota contre le projet. Celui-ci fut d'ailleurs repoussé le 30 mars. Le 10 avril, le Roi refusait la démission de Dechamps.

Il est assez caractéristique que le nonce Pecci, également opposé au projet, subit la disgrâce du Roi et fut rappelé à Rome. Que Dechamps, adversaire aussi résolu que le diplomate pontifical, ait gardé la confiance du Roi mérite d'être souligné. C'est, en tout cas, un hommage tacite à la valeur du député d'Ath ; du moins, quand on connaît l’opportunisme du Roi, c'est la preuve de l'utilité politique, disons unioniste, de Dechamps.

Mais une autre remarque s'impose. Tout en ne mettant pas en doute la sincérité unioniste de Dechamps, il faut reconnaître que, en 1844, comme en 1835, lors du vote de la loi sur l'enseignement supérieur et en 1842 à propos de l'instruction primaire, Dechamps s'est fortement laissé influencé par les évêques. Ce sont, en somme, eux qui ont dicté son vote ; ou, si on préfère, sa conscience.

C'est encore la question scolaire qui embarrasse le ministère Van de Weyer.

L'enseignement moyen n'avait pas encore sa loi organique. Lors de la formation du cabinet en 1845, il avait été convenu que l'accord avec les catholiques participant au ministère, c'est-à-dire, Dechamps et Malou, serait nécessaire pour élaborer cette loi. Van de Weyer pouvait cependant difficilement se soustraire aux résolutions du Congrès libéral qui avait exigé le développement d'un enseignement public dans lequel le clergé ne serait pas admis « à titre d'autorité », comme on disait.

Van de Weyer imagina un projet de loi qui, créant des athénées royaux, appliquait les principes centralisateurs du Congrès libéral. Dechamps jugea ne pas pouvoir accepter. Les craintes déjà manifestées par lui en 1842 s'étaient renforcées : les évêques, désirant plus de garanties que celles accordées dans l'enseignement primaire, étaient d'ailleurs devenus plus exigeants. Dechamps n'eut aucune peine à suivre l'épiscopat. L'entente étant devenue impossible au sein du ministère, Van de Weyer démissionna. Et pourtant, il semble bien que Dechamps se fût rendu compte de la nécessité de légiférer en matière d'enseignement moyen : il soutint en effet le projet, très gouvernemental, que, à « l'ébahissement des évêques », nous dit Edmond Dubus, de Theux suggérait en 1846. Dechamps, admettant ce projet à peine différent de celui de Van de Weyer, a-t-il, malgré sa présence dans un ministère homogène catholique, voulu donner des gages aux libéraux ?

Ministre des Affaires étrangères du 30 juillet 1845 au 12 août 1847, Dechamps était particulièrement aidé par le roi Léopold Ier qui avait fait des relations extérieures son affaire personnelle. Dechamps n'a fait que suivre, avec habileté quelquefois, les impulsions du souverain.

La situation internationale de la Belgique, stabilisée en 1839 par l'acceptation des XXIV articles, resta précaire jusqu'en 1848. Aussi Dechamps veilla-t-il à assurer, sur le terrain diplomatique, la respectabilité du pays.

Lorsque, après l'échec du projet gouvernemental sur les jurys d'examens, le Roi avait demandé le rappel à Rome du nonce Pecci, le Saint-Siège, mécontent, envisageait de remplacer le nonce par un simple chargé d'affaires ou un internonce. Dechamps insista, au cours de laborieux pourparlers, pour que le nouveau représentant pontifical fût un « homme d'Etat et un nonce ». Il réussit.

Au cours de ces tractations surgit une autre difficulté. Le prince de Ligne avait, en 1845, été désigné par le gouvernement pour diriger la représentation diplomatique belge à Rome. Or, ce personnage avait été ambassadeur à Paris. Le secrétaire d'Etat romain, tout en acceptant la désignation du prince lui refusait le titre d'ambassadeur. Dechamps s'entremit avec succès pour obtenir un modus vivendi qui tînt compte de la légitime susceptibilité du diplomate belge.

On le remarque, les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Belgique furent, durant ces années 1844-1847, très difficiles ; elles se compliquèrent encore par la nomination à Rome du baron van der Straten-Ponthoz. Cette désignation avait été faite le 7 juillet 1847, alors que le gouvernement de Theux était démissionnaire. Il est manifeste que Dechamps avait, avant l'accession d'un gouvernement libéral, voulu, in extremis, assurer à Rome la présence d'un catholique ; il est tout aussi clair que, malgré la justification très embarrassée que Dechamps présenta plus tard à la Chambre, cette promotion était irrégulière. Il ne s'agissait pas d'une « affaire courante », mais d'une nomination politique. C'était une faute. Rogier, parvenu au pouvoir, révoqua van der Straten et désigna M. N. Leclercq. Ce fut la cause d'un nouvel incident, car le Saint-Siège refusa tout d'abord d'agréer cette personnalité, à ses yeux, trop libérale.

Sur le terrain économique, Dechamps, qui avait le commerce extérieur dans ses attributions, fit, comme le dira Guizot, preuve de « fermeté et d'habileté ».

Pour consolider l'existence de la Belgique, que pouvait sauvegarder la neutralité accordée en 1831 et en 1839 mais que mettaient en péril la suspicion des Puissances et les volontés d'ingérence politique française, Dechamps crut, comme le Roi d'ailleurs, qu'un des moyens les plus efficaces serait d'obtenir ce qu'il appelait l' « individualité économique de la Belgique ». Il savait que des débouchés étaient nécessaires pour l'industrie belge, mais il restait fidèle aux idées protectionnistes qu'il avait toujours défendues à la Chambre et dans la presse.

Le système des tarifs différentiels, qu'il avait contribué à établir par la loi du 21 juillet 1844, devait, d'après lui, répondre à la double nécessité économique des débouchés et du protectionnisme. Ce système, il le savait et l'avait voulu, devait être complété par des traités de commerce. C'est dans cet esprit qu'il avait été partisan d'une alliance avec le Zollverein.

Au cours de son passage aux Affaires étrangères, il a, continuellement alerté par le Roi, obtenu une convention franco-belge (13 septembre 1845), des traités de commerce avec les Etats-Unis (10 novembre 1845), avec la France (13 décembre 1845), avec la Hollande (29 juillet 1846).

Les discussions pour parvenir à ces deux derniers accords furent laborieuses, tant à cause de l'hostilité de la Hollande que des réticences économico-politiques de la France. L'union douanière franco-belge, qui aurait été un moyen d'ingérence politique française, ayant été repoussée, il fallait bien, à cause de la crise des Flandres et de la nécessité absolue d'avoir des marchés extérieurs pour l'industrie linière, que le gouvernement belge consentît à un traité qui fût en somme très favorable pour la France. Il semble qu'il n'y avait pas moyen de faire mieux à ce moment.

La carrière ministérielle de Dechamps se termina avec la chute du cabinet de Theux le 12 août 1847.

Malgré sa fidélité unioniste, sa participation à ce ministère et sa prise de position en matière scolaire durant le ministère Van de Weyer avaient, aux yeux des libéraux, fait de Dechamps un catholique voué à l'attaque. Il n'est pas étonnant qu'il ait, à partir de 1847, été maintenu dans l'opposition.

De 1847 à 1864, moment où il abandonna la carrière parlementaire, Dechamps se fixe de plus en plus dans une position constitutionnelle. S'il n'a pas activement collaboré avec l'Alliance conservatrice constitutionnelle fondée en 1858, il en a admis certains principes. Il était conservateur, non point parce qu'il repoussait les revendications démocratiques, mais parce qu'il voulait conserver l'esprit de la Constitution : celui de l'union catholico-libérale ; il était constitutionnel dans la persuasion que la fidélité à la charte fondamentale et aux libertés qu'elle proclame empêchait les irritantes querelles entre « cléricaux » et « anticléricaux ». Il croyait que les catholiques anticonstitutionnels étaient, comme les libéraux progressistes, un obstacle à l'entente nécessaire et possible.

Il suivit cette ligne de conduite constitutionnelle dans son action parlementaire, qu'elle fût figée dans l'opposition ou qu'elle se développât dans le soutien au ministère Dedecker. Il fit, en 1859, cette déclaration à la Chambre : « Je voudrais avoir deux votes à émettre ; j'en donnerais un pour le projet (militaire), pour mon pays ; je déposerais l'autre contre vous (le gouvernement libéral) ; mais, comme je n'ai qu'un vote, c'est à mon pays que je le donne. »

Il intervint lors de la discussion de la loi sur l'enseignement moyen en 1850. La maladie l'avait longtemps tenu éloigné de la Chambre. Il fit pourtant, les 22 et 23 avril 1850, un discours brillant dans lequel il défendit une nouvelle fois les droits de l’enseignement libre : il voyait dans le projet de loi le développement de la centralisation ; il regrettait que l’existence des collèges communaux fût désormais soumise à la volonté ministérielle ; il insistait pour que l’enseignement de la religion fût obligatoire dans l'enseignement moyen dirigé par les pouvoirs publics. Cette dernière revendication fut seule admise ; encore était-ce grâce à l'action personnelle du Roi. Puis, lorsque les évêques, après avoir tout d'abord refusé leur concours à la loi, s'engagèrent, à la suite du cardinal Sterckx, dans la voie de la conciliation, il contribua à l'apaisement en soutenant la convention d'Anvers qui, en 1854, permit à l'épiscopat de nommer des prêtres pour enseigner la religion dans les athénées et les écoles moyennes de l'État.

En 1851, lors de la discussion que provoqua à la Chambre le traité de commerce avec la Hollande, il renouvela sa foi dans le protectionnisme, cédant très peu au libre-échange qui avait la faveur du ministère, et qui devait d'ailleurs être la voie de l’avenir,

Après l'effort sécularisateur du gouvernement libéral de 1847-1852, les anciens unionistes n'ayant pu, sous le ministère de Brouckere (1851-1855), pourtant modéré, réaliser leur idéal politique, espéraient pouvoir le faire par la formation du cabinet Dedecker (1855-1857). Il n’est pas étonnant que Dechamps soutînt cette équipe ministérielle.

L'action de P. Dedecker fut cependant embarrassée par deux questions qui, discutées depuis longtemps, demandaient, par suite de l'insistance libérale, une réponse assez rapide : celle de la formation des jurys universitaires et celle de la bienfaisance.

Bien que, comme on l'avait remarqué en 1844 et encore en 1849, les libéraux et les catholiques fussent très sensibilisés par le premier de ces problèmes, ce n'est pas tant lui qui enraya l'action unioniste du ministère Dedecker. En tout cas, le système de nomination, admis en 1835 et repris continuellement depuis lors, fut maintenu en 1857 : les Chambres et le gouvernement, avec prépondérance du Parlement, désigneraient les jurés. Dechamps vota pour ce maintien.

Une délicate affaire provoquée par l'intervention ministérielle à propos de l'enseignement naturaliste de deux professeurs des universités de l'Etat, Laurent et Brasseur, suscita une ardente querelle aux Chambres et dans la presse. Les réactions de l'épiscopat contre l'enseignement officiel furent alors très sévères : la suspicion des libéraux contre les catholiques s'en trouva accrue. Les deux anciens antagonistes s'affrontèrent violemment sur un terrain où les libéraux tenaient, coûte que coûte, à maintenir leur position : celle de la faveur à l'enseignement officiel, pièce maîtresse de leur action sécularisatrice.

Pierre Dedecker soutenu d'ailleurs par Dechamps - ce pourquoi cet incident est rappelé - avait sans doute composé une circulaire ministérielle où il déclarait que « les justes et libres discussions sont de l'essence même de l'enseignement universitaire », mais le blâme et les sanctions portées par Dedecker contre les deux professeurs irritèrent les libéraux. Etant donné l’intervention publique des évêques, ne tenait-on pas la preuve de la soumission du ministère à l'épiscopat ?

Dechamps, au nom de la liberté des cultes qui, à son sens, exigeait, en marge de la neutralité scolaire, le respect de certaines croyances des étudiants, même à l'université, avait engagé son ami Dedecker à la sévérité à l'égard de Laurent et Brasseur. C'était diminuer la valeur du principe de la liberté scientifique admis par la circulaire. Dechamps porte la responsabilité d'avoir voulu soumettre les universités de l'Etat à une certaine influence cultuelle. Ce qui exaspéra les libéraux.

Le climat unioniste se trouvait donc détérioré lorsque se posa la question de la sécularisation de la bienfaisance.

Depuis longtemps, les libéraux s'y étaient attachés et tout particulièrement depuis leur accession au pouvoir en 1847. Déjà en 1849, Dechamps refusa de voter le budget de la justice parce que, à son sens, le ministre de Haussy proposait une solution trop restrictive de la liberté de la charité. En 1850, Dechamps demanda, en vain d'ailleurs, la prise en considération d'un projet de Dumortier qui déclarait : « La charité est libre ».

Cette question de la bienfaisance était très complexe. Plusieurs catholiques - entre autres de Theux - jugeaient qu'il fallait une intervention de l'Etat. On avait cependant, dans un but de pacification, différé de légiférer en la matière. Pierre Dedecker fut bien obligé de le faire.

Il présenta un texte de loi qu'on appellera bientôt « la loi des couvents » : tout en concédant aux pouvoirs publics un droit de regard et d'administration, ce projet laissait aux congrégations religieuses les dons et les legs qui, pour le soulagement de la misère et de la souffrance, avaient été ou seraient faits en leur faveur. Dechamps soutenait le projet, le Roi également.

L’opposition libérale fut vive ; elle se développa au Parlement, dans la presse et puis dans la rue. Les évêques s'étaient alarmés et se préparaient à lancer une lettre pastorale condamnant l'action libérale, le Saint-Siège prenait parti pour l'épiscopat : les libéraux en étaient d'autant plus exacerbés.

Quant à Dedecker, embarrassé par la querelle universitaire, contrarié par beaucoup de ses coreligionnaires, critiqué par la presse ultramontaine, attaqué continuellement par les libéraux qui lui reprochaient de ne pas sauvegarder l'indépendance du pouvoir civil, il se persuadait de plus en plus que l'heure de l'unionisme était passée et voulait démissionner. Dechamps s'y opposa. Il exprimait nettement sa raison : « La retraite du ministère, c'est Frère chef de cabinet, Verhaegen président de la Chambre, c'est une Chambre introuvable et révolutionnaire, issue de la dissolution ».

Pour éviter la dissolution, Dechamps suggéra, même au Roi, de temporiser en décidant l'ajournement de la discussion. Puis, l'opposition libérale se faisant de plus en plus tumultueuse, Dechamps proposa le retrait pur et simple du projet de loi.

Tandis qu'il s'évertuait pour obtenir ce moyen parlementaire d'apaisement, Dechamps agissait en modérateur auprès des évêques ; il « suppliait » le cardinal d'éviter la publication d'une lettre pastorale qui attaquât la politique libérale ; il s'efforçait de calmer le ministre des Affaires étrangères, Vilain XIIII, qui ne voulait pas abandonner la discussion de la loi ; il s'entremettait à Rome, où il fut envoyé par le Roi, pour que le Saint-Siège donnât des conseils de modération aux évêques ; il approuvait chaudement le souverain qui, dans une lettre du 11 juin, demandait l'ajournement. Dechamps jugeait que le Roi avait eu raison de découvrir la couronne.

Puis, à la suite des élections communales de 1857 défavorables aux catholiques, il insista, uni au Roi, pour que Dedecker restât au pouvoir. Ce fut en vain : le ministère, au grand mécontentement du monarque, démissionna le 30 octobre 1857. Léopold Ier, irrité parce que le Saint-Siège n'avait pas voulu, malgré les démarches de Dechamps, empêcher les évêques de prendre position, chargea Rogier de former un nouveau ministère.

L'opinion publique donna raison au Roi ; les élections législatives d'octobre 1857 furent un succès pour le gouvernement libéral ; Dechamps lui-même ne fut pas réélu à Charleroi.

Écarté de la Chambre, très occupé par certaines affaires financières, il n'en continuait pas moins à suivre les débats parlementaires.

Il fut réélu en 1859 à Charleroi. Il prit immédiatement position en faveur des projets militaires du Roi et du gouvernement : « J'ai toujours pensé, déclarait-il le 20 août 1859, que notre neutralité devait être forte, armée, défendue... J'ai toujours pensé... que nous avons des devoirs européens à remplir et que le premier de ces devoirs, c'est de défendre notre neutralité. » Se détachant de la Droite presque entière, il vota le projet ministériel. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'il fut, en 1870, partisan du service militaire obligatoire.

En 1861, lors de la reconnaissance du nouveau royaume d'Italie, il fit, les 12 et 13 décembre, un discours très remarqué au moment de la discussion de l'Adresse. Il en profita pour présenter une synthèse de sa pensée à propos de la sécularisation et du laïcisme dont il voyait une très nette manifestation dans les efforts piémontais.

Il intervint, le 24 juillet 1862, dans le débat qui se développait au sujet des cimetières. Son avis se précisait lorsqu'il déclarait : « Nous voulons des cimetières catholiques, des cimetières israélites, des cimetières protestants, des cimetières pour les cultes professés. Nous voulons, pour ceux qui meurent en dehors des communautés religieuses, un emplacement convenable, décent, respecté, non pas un lieu infâmant et frappé de flétrissure, comme on l'a dit, mais un lieu en rapport avec l'honneur des familles et avec la dignité de la tombe. Voilà notre doctrine ; voici la vôtre : vous voulez un cimetière commun à tous les cultes sans distinction d'opinion, par conséquent sans distinction religieuse, sans caractère religieux. Vous voulez des cimetières sécularisés ». Les principes se trouvaient soulignés. L'affaire des cimetières se compliquait cependant parce qu'il ne s'agissait pas seulement de reconnaître ou de repousser certains droits cultuels, mais également d'affirmer le droit de propriété des cimetières. Dechamps suggérait, à ce propos, de faire une transaction avec le gouvernement. Il écrivait dans ce sens au vicaire général Van Hemel, en mars 1863.

En matière scolaire, il continua à exiger la liberté pour l'enseignement supérieur ; il s'opposa, en 1861, aux correctifs administratifs libéraux apportés à la loi de 1842, et à sa révision. Tout attaché au développement de l'instruction, il suggéra aux évêques de créer, en 1862, une école des mines dans le Hainaut.

Le point aboutissant de sa carrière parlementaire fut le programme qu'il présenta au Roi en 1864, lorsque le souverain fit appel à lui pour former un ministère.

Bien que les libéraux fussent majoritaires à la Chambre et au Sénat, Léopold Ier jugea cependant qu'il était possible de constituer une équipe ministérielle à tendance unioniste. Dechamps qui, déjà en 1857 au moment de la démission de Pierre Dedecker, s'était présenté au souverain pour constituer un ministère, ne voulut pas en 1864 refuser son concours.

A ce moment, sa pensée avait évolué. Sans doute, restait-il fidèle à ses principes unionistes, mais, pour les mieux défendre, il croyait opportun de baser de plus en plus l'action des catholiques et de tous les citoyens sur la fidélité à la Constitution : il lui paraissait qu'en s'opposant les uns aux autres, catholiques et libéraux en négligeaient l'esprit ; il était désormais convaincu que des partis cohérents rendraient l'action parlementaire plus efficace. Deux circonstances hâtèrent cette évolution : le congrès catholique de Malines en 1863, la crainte d'une encyclique condamnant une nouvelle fois le libéralisme.

Devant la relative inefficacité de l'action des catholiques sur le terrain parlementaire, Ducpétiaux, soutenu par l'épiscopat, avait voulu grouper en un congrès toutes les forces catholiques. Son intention était de former un parti politique catholique. Si Dechamps participa à l'assemblée de 1863, il se refusait cependant à admettre un tel parti. Il a pu dire, en 1865, en faisant allusion à un grand nombre de ses coreligionnaires : « Les catholiques ont tout fait pour empêcher la constitution d'un parti catholique chez nous ». Ce que Dechamps voulait c'était un parti constitutionnel démocratique.

Il eut gain de cause. Devant les oppositions qui surgirent, à ce congrès, entre ultramontains et catholiques libéraux, les évêques et surtout le cardinal Sterckx comprirent la nécessité d'empêcher que l'Assemblée générale des catholiques ne s'occupât de questions politiques. Dechamps écrivait à Cochin : « C'est à la Chambre qu'il faut laisser le soin d'y traiter et d'y résoudre ces questions politiques. Sinon on dira, cette fois avec une apparence de raison, que les députés catholiques relèvent directement des évêques, en matière politique ».

Aussi, insistait-il pour qu'on développât plutôt la presse d'inspiration chrétienne et les œuvres de charité, entre autres la Société civile de Crédit et de Charité fondée en 1855 par de Meeus. Il voulait de cette façon obtenir, à défaut des subsides des pouvoirs publics, les fonds nécessaires au développement des écoles catholiques. C'est d'ailleurs au cours des congrès de Malines que furent précisées les revendications catholiques en matière d’enseignement. Les principes continuellement défendus par Dechamps se trouvent codifiés, pourrait-on dire, dans des résolutions qui devinrent le programme scolaire du futur parti confessionnel catholique.

Les inquiétudes que le congrès de 1863 suscita parmi les catholiques et dans les milieux romains expliquent que Dechamps jugea inopportun de réunir un nouveau congrès en 1864. Il ne fut pas écouté.

Le fameux discours prononcé par Montalembert aux assises malinoises de 1863 avait mécontenté le Saint-Siège. On parlait d'une condamnation du publiciste français et même d'une nouvelle encyclique réprouvant le libéralisme. Une pareille intervention devrait nécessairement aviver la querelle entre les libéraux et les catholiques, même entre les catholiques constitutionnels et anticonstitutionnels.

C'est précisément au moment où le Roi venait de faire appel à Dechamps que ces craintes étaient les plus vives. Dechamps vit le danger. On songea à l'envoyer à Rome pour apaiser le Saint-Siège. Ne voulant, au moment où il devait former un ministère, paraître chercher un mot d'ordre politique à Rome, il refusa cette mission. Mais, dans un long mémoire, il expliquait au pape le danger d'une nouvelle condamnation. Il faisait connaître à Montalembert sa position en écrivant : « Nous accepterons le pouvoir, la veille ou le lendemain de l'encyclique, nous déclarerons carrément que nous sommes des ministres belges, attachés à notre Constitution, que nous avons faite librement, que nous aimons, que nous défendrons, qui a produit des résultats merveilleux et que nous avons juré de maintenir non seulement pour aujourd'hui, mais pour demain, comme un pacte auquel notre fidélité de citoyen et de catholique est inviolablement attachée ».

La crainte d'une encyclique a certainement influencé la composition du programme que Dechamps présenta au Roi. « Nous publierons un programme un peu plus nuancé [dans le sens constitutionnel] qu'il ne l'aurait été sans l'encyclique », écrivait-il.

A dire vrai, Dechamps composa deux programmes, l'un le 24 janvier 1864, l'autre le 24 avril de la même année. Il n'y a d'ailleurs guère de différence entre les deux sinon que, dans le premier, Dechamps suggère « peut-être un abaissement du cens électoral pour les élections à la commune » et que, dans le second, il propose nettement cet abaissement.

Cette réforme électorale n'est pas la suggestion la plus importante de ce programme. Est-ce d'ailleurs une volonté véritablement démocratique qui inspiré Dechamps ? Sans doute est-ce ainsi que Léopold Ier l'a compris, en reprochant de faire un steeple chase avec les libéraux progressistes en matière de démocratie. Mais les intentions de Dechamps ne se sont-elles pas renforcées par la conviction et l'espoir qu'en augmentant le nombre des électeurs à la campagne - car c'est là surtout que la réforme devait produire ses effets - on multipliait la présence des catholiques dans les conseils communaux du pays ?

C'est surtout la déclaration initiale du programme qui mérite d'être retenue ; « Le but politique que le ministère aurait surtout en vue serait d’assurer le maintien et le sage développement des libertés constitutionnelles dans l'esprit large et fécond qui a inspiré le Congrès national de 1830 ». C'est le retour à l'idéal unioniste. Dechamps poursuivait : « écarter avec soin les causes qui ont entretenu les luttes irritantes dont le pays est fatigué et qui ont été engagées sur terrain des questions religieuses... offrant à l'activité parlementaire... les intérêts vivants du pays ».

De fait, le programme de Dechamps est un cri de ralliement pour la formation d'un parti constitutionnel démocratique.

Le Roi refusa ce programme. Les catholiques reprochèrent à Dechamps d'avoir laissé passer l'occasion de prendre le pouvoir ; ils auraient préféré qu'il acceptât de constituer une espèce de ministère d'affaires.

On ne soulignera jamais assez l'importance politique de la prise de position de Dechamps en 1864. Au moment où, dans différents milieux politiques belges aussi bien celui des libéraux que celui des catholiques, on songeait à se grouper en fractions politiques organisées - qu'on se rappelle les meetinguistes anversois -, Dechamps est désormais convaincu qu'il faut au Parlement des partis cohérents et il entend pour cela que ceux-ci, dans la mesure où ils veulent intervenir dans la gestion de la cité, doivent présenter un programme non point religieux ; ni politico-religieux, mais politique.

Il ne fut écouté ni par le Roi ni par ses électeurs : il ne fut pas réélu en 1864, et, en 1866, il refusa de se porter candidat.

Toutefois, en se retirant de la vie parlementaire, il n'abandonnait pas la lutte pour défendre son idéal catholique et constitutionnel : il le fit en s'attachant d'autant plus à son activité de publiciste et également en s'occupant d'affaires industrielles et financières.

Son activité de publiciste ou d' « écrivain », comme il disait, fut importante. Il voulut à certains moments s'y consacrer totalement, C'eût été le moyen de vivre plus intimement avec les siens tout en demeurant fidèle à son idéal d'action politique.

Il écrivait facilement dans un style ample, nuancé et académique ; il réfléchissait aux problèmes ; son ardeur au travail était grande et nombreux ses contacts avec les personnages les plus en vue de son temps ; il voyageait beaucoup et sa connaissance des situations internationales était très avertie ; une sensibilité imprégnée de mélancolie colorait, sa pensée et ses phrases.

Il tenait de grands travaux sur le métier : une étude des rapports entre l’Eglise et l’Etat ; une histoire de l’enseignement en Belgique, du catholicisme en France. Il ne put les achever.

Il a cependant publié sur ces sujets, des synthèses partielles et les éléments s'en trouvent dans la volumineuse correspondance qu'il échangeait avec Montalembert, Thiers, Cochin, Dedecker, Dupanloup.

Plutôt qu' « écrivain », il était publiciste avec ce que ce mot suggère de réalisme et d'esprit polémique. Tout au long de ses travaux et de ses lettres, se déclarent deux passions : l'amour de l'Eglise, celui de la patrie : « Je suis de mon pays avant d'être de l'opposition », écrivait-il en 1869.

Sa production littéraire comprend des discours parlementaires, de nombreux articles de journaux et de périodiques, des études historiques. Sa plume y est variée : à la Chambre, il est nuancé et conciliant ; dans la presse, plus combatif et plus incisif ; dans ses études, plus spéculatif.

Certains de ses discours ont été édités : « Les catholiques et la Constitution » (1856).

Malgré les réticences, l'apathie et les hésitations de certains de ses coreligionnaires, il a sans cesse milité pour développer la presse catholique. Il suivait en cela sa lancée de 1829-1830 alors qu'il collaborait activement au « Journal des Flandres » et à « L'Emancipation ». Après avoir échoué dans ses tentatives pour obtenir un quotidien qui manifestât la cohésion des catholiques, il créa et dirigea avec son ami Pierre Dedecker « la Revue de Bruxelles » (1837-1843). Ce périodique d'inspiration unioniste eut une grosse influence : en 1838 il avait dix-huit cents abonnés. Il dut cependant céder la place à un périodique universitaire, « la Revue catholique », et à un autre, aux tendances nettement libérales : « La Revue nationale ».

Au lendemain des premiers congrès de Malines (1863, 1864), il aida efficacement, avec Ducpétiaux, à la transformation du « Journal de Bruxelles ». Il contribua à en faire un organe quotidien des constitutionnels catholiques. Puis en 1865, il collabora immédiatement à « la Revue Générale », fondée cette année-là.

Certains de ses articles les plus importants furent édités en brochure : « Des partis parlementaires » (1848), « L'Ecole dans ses rapports avec l'Etat » (1868) ; il publia également : « Lettres de M. A. Dechamps à ses détracteurs » (1865).

Ces publications se rapportent toutes à la politique intérieure de la Belgique et témoignent de sa fidélité à l'union catholico-libérale.

C'est dans ces articles que se remarque surtout son évolution intellectuelle et politique. Il y paraît plus libre qu'à la tribune parlementaire et plus dégagé de la docilité à l'épiscopat.

Sans doute, tous ses écrits reprennent la distinction qu'il avait jadis établie entre « Les Deux Libéralismes » (Revue de Bruxelles, 1838), l'un fait de conciliation et de tolérance, l'autre d'inspiration sécularisatrice et laïciste. Mais ce sont précisément les progrès du second qui le font réfléchir. Avec l'âge et l'expérience, il abandonne ce qu'il appelle ses premières « idées libérales gallicanes » ; son argumentation ne se base plus tant sur les libertés considérées en elles-mêmes.

Ces considérations, qui tout en se rapportant à la vie belge concernent les mouvements de la politique générale, se retrouvent dans ses études sur les problèmes internationaux. Il y défend la liberté parlementaire et constitutionnelle, mais les éclaire par les situations des pays dont il entreprend l'histoire.

Il fit paraître : « Le second Empire. Dialogues catholiques » (1859), « L'Empire et l'Angleterre » (1860), « La France et l'Allemagne » (1865), « Le Prince de Bismarck et l'entrevue des deux Empereurs » en 1872 (1872).

Certains de ces travaux eurent plusieurs éditions et même, comme « Le Prince de Bismarck », une traduction allemande et anglaise.

Dans ces études à allure historique et éclairées par une riche documentation, il entreprend la défense de l'indépendance du Saint-Siège, celle de la religion catholique contre Bismarck, il veut ramener la France au catholicisme et défendre l'existence de la Belgique face à l'impérialisme de Napoléon III. Emporté par son zèle et un développement logique trop spéculatif, s'il s'est généralement plié, dans son récit, aux faits contemporains qu'il décrivait, il a trop souvent voulu arrêter le cours de l'histoire ou, à la mode prophétique, en signaler le développement futur. Il n'a pas compris la signification humaine et la vigueur du Risorgimento, il n'a pas entrevu que de nouvelles alliances internationales se préparaient, telle celle de la France avec la Russie. Il s'inspirait trop des tendances conservatrices stationnaires de Metternich, avec lequel il avait d'ailleurs entretenu d'étroits rapports.

Il s'est également beaucoup occupé d'affaires industrielles et financières. Il était président du conseil d'administration d'un charbonnage à Manage. Son passage au ministère des Travaux publics et le développement de chemins de fer concédés à des sociétés privées avaient permis à son beau-père, Preud'homme, d'accroître les revenus de son entreprise de construction du matériel des chemins de fer. Il est d'ailleurs assez caractéristique qu'Adophe Dechamps devint administrateur de la Compagnie des Chemins de fer du Nord, de celle des Chemins de fer du Haut et Bas Flénu, de celle du Chemin de fer de Manage-Piéton, de la Compagnie centrale pour Construction et l'Entretien des chemins de fer.

C'est surtout après son échec aux actions législatives de 1857 qu'il s’intéressa particulièrement aux affaires durant les années 1857-1859. A moment, la création et l'exploitation des chemins de fer se développaient un peu partout en Europe. Secondé d'ailleurs par Léopold Ier, il alla au cours de l'année 1859 en Autriche pour aider à établir dans ce pays et dans les Balkans tout un réseau de voies ferrées. Réélu en 1859, il ralentit à peine cette activité.

Il avait, à Vienne, rencontré Langrand-Dumonceau, le grand financier belge qui créa en Belgique et à l'étranger toute une série de sociétés financières dont les activités et les intérêts s'enchevêtraient et quelquefois se contrariaient. En novembre 1860, Adolphe Dechamps devint administrateur de la Banque hypothécaire belge ; il remplira bientôt la même fonction dans d'autres sociétés du complexe Langrand (Banque de Crédit foncier et industriel, Société de Crédit foncier international).

On le sait, les affaires Langrand périclitèrent ; surtout à partir de 1864, la fantaisie, l'esprit de domination, la vanité, les habiletés manœuvrières, pour ne pas dire les escroqueries, de ce « Napoléon de la finance» aboutirent à une faillite retentissante. Adolphe Dechamps avait, dès 1865, prédit à Langrand de grosses difficultés et lui avait reproché de graves imprudences. Il n'eut pas, à ce moment, le courage de se retirer de ses affaires ; il le fit de 1866 à 1869. Sa participation à la gestion de ces entreprises, qui lui avait d'ailleurs valu de gros bénéfices, l'entraîna devant les tribunaux lors des procès que les affaires Langrand provoquèrent. Il fut alors le point de mire d'attaques quelquefois passionnées qui se développèrent dans la presse et à la tribune de la Chambre.

Comment Dechamps a-t-il pu commettre l'imprudence de s'associer à Langrand et puis la faute de collaborer si longtemps avec lui ? Car ce fut une faute : lui-même reconnaît qu'il « a eu tort, grand tort ». Comment lui, qui fait si souvent appel aux devoirs que sa conscience lui impose, a-t-il pu, devenu administrateur, ne pas accomplir les devoirs de cette charge, donner sa caution à ces irrégularités et, néanmoins, toucher de plantureux bénéfices ?

Il déclara plus tard qu'il n'avait aucune compétence financière, que ses occupations politiques, surtout en 1864, ne lui avaient pas permis d'assister régulièrement aux conseils d'administration, qu'il était incapable de lire un bilan. Tout cela est vrai. Mais comment, dès lors, a-t-il pu engager sa responsabilité dans de pareilles affaires ?

Pour répondre à ces questions, il faut éclairer certaines circonstances ; elles permettent d'ailleurs de fixer d'autant mieux la personnalité d'Adolphe Dechamps.

Les catholiques de son temps voulaient, comme ils 1e faisaient sur le terrain politique, assurer une présence chrétienne dans la Finance. Celle-ci, à la suite du développement industriel et commercial, était devenue une très grande puissance. Prosper de Hauteville avait proposé « la christianisation des capitaux », Langrand déclarait vouloir créer une puissance financière catholique qui pût rivaliser avec celle des Israélites. Dechamps partagea ce désir. II se réjouit, dans une de ses lettres, de voir les conservateurs catholiques s'organiser en une force financière.

Avec d'autres hommes politiques et la noblesse catholiques, il aida Langrand de toute son influence dans les milieux ministériels, sacerdotaux et romains. Sans l'appui de ces collaborateurs et surtout d'Adolphe Dechamps considéré comme le leader catholique le plus talentueux, Langrand - et il le savait bien - n'aurait pas eu la large audience dont il a pu jouir.

Ce n'est pas seulement cet idéal conservateur et catholique qui a sollicité Dechamps : il veillait à ses intérêts et tout particulièrement à ceux de sa famille. Il ne le cachait d'ailleurs pas ; sa correspondance le redit, ses justifications lors des procès Langrand le rappellent. Il a voulu procurer à ses fils Léon et Adolphe, à son beau-fils Alfred Hess une « situation honorable qui, comme il leur écrit, vous donne assez de besogne pour occuper vos loisirs et pas assez pour vous absorber trop » ; il ajoute d'ailleurs qu'il veut « donner à ses enfants l'aisance qui débarrasse des soucis matériels et qui permet de faire quelque bien ». Nous nous trouvons devant la conception bourgeoise de l'époque, imprégnée de paternalisme. Pour maintenir la respectabilité familiale et la sienne propre, il entre dans la mentalité de son temps : à la suite de la dépréciation des valeurs domaniales et immobilières, l'aristocratie et la haute bourgeoisie, se refusant à remplir une profession même libérale, trouvaient, dans les postes d'administrateur, profit et dignité sociale.

Ce souci de son intérêt familial, cet attachement à une certaine respectabilité sociale expliquent que, malgré son incompétence et les impératifs de la conscience chrétienne, Adolphe Dechamps se soit engagé et surtout maintenu dans les affaires Langrand.

Pour éclairer sa physionomie morale, il importe, alors qu'on rappelle sa déclaration d'incompétence, de retenir cependant cette affirmation : « J'avais acquis des connaissances spéciales comme ministre du Commerce et des Travaux publics ».

Les dernières années de Dechamps « à moitié ruiné » furent assombries par les répercussions judiciaires de l'affaire Langrand. Il fut humilié. Il écrivait à ses enfants en 1874 : « J'entendais vanter chaque jour l'éminent homme d'Etat, l'orateur illustre, l'écrivain distingué, etc... l'encens... me montait à la tête et le moi était devenu très sensible et très friand. Dieu m'a envoyé Langrand et ses suites et il m'a ouvert le chemin de l'humilité ». Il est peut-être préférable de rappeler son aveu : « J'ai eu tort, grand tort ».

Adolphe Dechamps fut le représentant le plus caractéristique du catholicisme libéral belge. Toutefois, il n'en a point accepté toutes les conséquences, entre autres celle de l'indépendance du pouvoir civil. Sa soumission à l’épiscopat l'en a empêché. En défendant continuellement les droits de l’Eglise au Parlement, il a favorisé l’existence en Belgique d'un véritable catholicisme politique. S'il s'est, de son vivant, opposé à la constitution d'un parti catholique confessionnel, il en a pourtant, plus que quiconque, préparé la formation. Les lignes essentielles du programme de ce parti et tout particulièrement sa préoccupation essentielle de défendre l'école catholique, c'est Dechamps qui les a dictées.

Ainsi, ce talentueux leader catholique a profondément influencé la vie politico-religieuse de la Belgique contemporaine : il a contribué à maintenir une interprétation catholique des libertés constitutionnelles. C'est en cela surtout que consistait son unionisme : ce en quoi il est différent de Pierre Dedecker.

En certains domaines, il a ouvert les voies de l'avenir ; sa fameuse proposition d'une loi de subsides en faveur de l'enseignement libre est une préfigure du pacte scolaire de 1958 ; il fut un des premiers à suggérer que les universités forment elles-mêmes leurs jurys d'examens, sauvegardant ainsi une certaine liberté scientifique ; sa volonté de réserver au Parlement le droit et le devoir de faire respecter la Constitution engage les hommes politiques à se faire, en dehors de tout groupe de pression, une conscience indépendante ; dans l'ordre économique il a, ne fût-ce que par les traités de commerce, essayé de se dégager du protectionnisme stationnaire en le dirigeant vers certains libres-échanges : il préparait, de cette manière, ce qu'on appellera plus tard des marchés communs.

Son âme était généreuse et pénétrée d'idéal, mais, malgré ses velléités d'indépendance et son attachement à ses « chères idées » qui lui tenaient « aux entrailles », il n'a pu éviter des compromissions : les unes intéressées comme celle de sa participation aux affaires Langrand ; les autres idéalisées comme celle de certaines de ses tendances cléricales, ou du moins épiscopaliennes.

Il écrivait en 1857 à l'archevêque de Malines : « Dans l'ordre politique où nous avons une mission à exercer et où nous obtenons, nous devons l'espérer, des grâces d'état, je garderai mes convictions. S'il arrivait qu'elles fussent en désaccord avec les évêques, ce qu'à Dieu ne plaise, je devrais remplir un devoir, celui de renoncer à la carrière politique rendue impossible dans ces conditions ».

N'était-ce pas, pratiquement, soumettre à l'autorité épiscopale l'action politique des catholiques ? Était-ce encore du catholicisme libéral ? Ne serait-ce point du catholicisme politique ?

A. Simon.

_________________

Autres références : DE MOREAU E., « Adolphe Dechamps, 1807-1875 » ; DELHAYE J.-P., « La presse politique d’Ath des origines à 1914 », dans « Cahiers interuniversitaire d’histoire contemporaine », t. 77, 1974, p. 8.

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1833-1834

 

(00) Vérification de ses pouvoirs en tant que membre de la chambre (élections contestées) (27/05/1834)

(01) Organisation communale. Equilibre entre autonomie communale et besoins de la centralisation (notamment nomination du bourgmestre et des échevins) (08/07/1834, 24/07/1834), dispositions électorales (09/07/1834)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1834-1835

 

(01) Organisation des communes. Constitution d’un « comité de commune » composé des contribuables les plus imposés (20/11/1834, (05/02/1835)), police des spectacles (29/11/1834), droit de nomination (dans ou hors du conseil) du bourgmestre par le Roi (10/03/1835, 12/03/1835, 06/05/1835, 07/05/1835), droit de suspension et/ou de révocation du bourgmestre et des échevins (14/03/1835)

(02) Situation diplomatique générale, notamment possession du Luxembourg (26/12/1834)

(03) Indemnités pour dégâts causés par les événements de la révolution (20/01/1835)

(04) Exercice de la pêche nationale à Anvers (14/02/1835)

(05) Personnel de l’administration centrale des finances et des postes (26/02/1835)

(06) Enseignement universitaire (27/03/1835, 01/05/1835, 13/05/1835)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1835-1836

 

(00) Vérification de ses pouvoirs en tant que membre de la chambre (élections non contestées) (05/08/1835)

(01) Election contestée du général Nypels (10/08/1835)

(02) Enseignement et jury universitaire (12/08/1835, 13/08/1835, 14/08/1835, 17/08/1835, 18/08/1835, 19/08/1835, 20/08/1835, 21/08/1835, 22/08/1835)

(03) Soutien à l’industrie cotonnière (notamment mesures protectionnistes) (09/09/1835, 10/09/1835)

(04) Droits d’entrée et de transit sur le bétail hollandais (26/11/1835)

(05) Budget des voies et moyens. Répartition des impôts (contribution personnelle et patentes) (21/12/1835 après-midi), comptabilité militaire (22/12/1835)

(06) Organisation des communes. Mode de nomination ou de désignation du bourgmestre et/ou des échevins, attributions, pouvoir de tutelle, droit de révocation et de suspension du bourgmestre et des échevins, pouvoir d’influence lors des élections nationales (04/02/1836 après-midi, 09/02/1836, 11/02/1836, 12/02/1836, 13/02/1836), police des spectacles (08/03/1836)

(07) Encouragement aux écrivains (16/03/1836), établissements culturels et scientifiques (académie et observatoire) (17/03/1836)

(08) Conseil des mines (22/04/1836, 23/04/1836, 25/04/1836, (+incompatibilité des fonctions judiciaires) 28/04/1836, 09/05/1836)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1836-1837

 

(01) Incompatibilités parlementaires avec la fonction de membre du collège échevinal (11/11/1836)

(02) Projet d’adresse en réponse au discours du trône. Lecture du projet (11/11/1836)

(03) Situation diplomatique de la Belgique (12/11/1836)

(04) Organisation communale (12/11/1836)

(05) Organisation de l’enseignement primaire et moyen (12/11/1836)

(06) Exécution des travaux du chemin de fer (12/11/1836)

(07) Mise à charge de l’Etat du traitement des vicaires (15/11/1836)

(08) Taxe sur les chevaux (23/12/1836, 18/01/1837, 19/01/1837)

(09) Conseil des mines et concessions de mines (17/01/1837, 05/04/1837), exploitation directe des concessions par l’Etat (06/04/1837, 07/04/1837)

(10) Nécessité de réformer le mode de répartition de la contribution personnelle (17/01/1837, 18/01/1837)

(11) Service de santé de l’armée et proposition d’enquête parlementaire (15/03/1837)

(12) Politique commerciale du gouvernement (24/04/1837, 26/04/1837)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1837-1838

 

(01) Politique commerciale du gouvernement. Tarif des douanes, article des bas et bonneteries (20/10/1837, 25/10/1837), des draps de laine (26/10/1837, 30/10/1837, 31/10/837, 03/11/1837, 04/11/1837)

(02) Ecole militaire. Caractère militaire ou mixte (civil-militaire) de l’établissement (études polytechniques) et concurrence avec les universités (20/11/1837, 23/11/1837, 24/11/1837, 25/11/1837)

(03) Rapport général sur les pétitions relatives à la réforme de la législation électorale, notamment en ce qui regarde l’uniformité du cens électoral (16/02/1838)

(04) Jury d’assises. « Epuration des listes » (03/03/1838, 05/03/1838)

(05) Politique commerciale du gouvernement. Droits différentiels (14/03/1838)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1838-1839

 

(01) Enseignement universitaire (18/12/1839) et enseignement moyen (19/12/1838)

(02) Culte catholique et notamment traitement de l’archevêque de Malines (20/12/1838)

(03) Encouragement à l’agriculture (haras, ver à soie, garance…) (21/12/1838)

(04) Communication du gouvernement relative à l’état des négociations sur le traité des 24 articles et proposition de passer à l’ordre du jour (01/02/1839)

(04) Traité des 24 articles. Communication des pièces diplomatiques (13/03/1839), discours « contre » (09/03/1839), fait personnel relatif à un discours imprimé au Moniteur (19/03/1839)

(05) Péage sur l’Escaut et principe des droits différentiels (13/05/1839, 14/05/1839, 18/05/1839)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1839-1840

 

(00) Vérification de ses pouvoirs comme membre de la chambre (13/11/1839)

(01) Elections contestées de l’arrondissement de Termonde (15/11/1839, 20/11/1839)

(02) Traité des 24 articles (05/12/1839)

(03) Homogénéité du gouvernement (05/12/1839)

(04) Droits différentiels et système commercial du transit (05/12/1839)

(05) Attributions du nouveau ministère des affaires étrangères (05/12/1839, 20/12/1839)

(06) Commission d’enquête parlementaire sur la situation économique générale (28/04/1840, 01/05/1840, 05/05/1840, 13/05/1840, 14/05/1840)

(07) Service de bateaux à vapeur transatlantique. Politique économique du gouvernement (11/06/1840 après-midi)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1840-1841

 

(01) Adresse en réponse au discours du trône. Projet d’adresse (Rapporteur) (16/11/1840), exécution du traité du 19 avril 1839, utilité commerciale des chemins de fer et transit, amélioration des voies navigables, instruction publique (17/11/1840)

(02) Mode de nomination des membres des chambres de commerce (19/11/1840)

(03) Question politique générale. Formation du gouvernement, congrès national (17/12/1840), question des partis et confiance à accorder au gouvernement) (26/02/1841, 27/02/1841, 01/03/1841)

(04) Motion d’ordre relative à la composition des sections (22/01/1841)

(05) Avoirs de la société générale (22/01/1841)

(06) Impôt sur les distilleries (23/01/1841)

(07) Loi sur les pensions. Pensions des ministres du culte catholique, pensions des ministres des cultes et des fonctionnaires ayant cessé leurs fonctions avant la promulgation de la constitution (06/02/1841), pension des professeurs d’université (08/02/1841)

(08) Budget de la guerre pour l’exercice 1841 (08/02/1841)

(09) Tarifs ferroviaires (notamment réduction pour le transport de la houille) (24/02/1841, 25/02/1841), travaux sur la ligne de l’Est (24/02/1841)

(10) Rôle de l’enseignement organisé par l’Etat, place de l’éducation (morale et religieuse) dans l’enseignement, concours scolaires (26/02/1841, 27/02/1841)

(11) Réforme électorale (27/02/1841)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1841-1842

 

(00) Vérification de ses pouvoirs comme membre de la chambre (26/07/1842, 27/07/1842)

(01) Débat politique : question des partis et/ ou chute du cabinet Lebeau (18/12/1841)

(02) Intervention relative à l’ambition personnelle d’Adolphe Dechamps (18/12/1841)

(03) Académies des beaux-arts (23/12/1841)

(04) Chemin de fer de l’Entre Sambre et Meuse et/ou garantie d’un minimum d’intérêt en cas de recours à l’initiative privée (25/02/1842, 03/08/1842, 09/09/1842)

(05) Chemin de fer de Jurbise à Tournay (25/02/1842, 09/09/1842)

(06) Péages sur les canaux et rivières (18/03/1842)

(07) Loi électorale (26/04/1842) 

(08) Modifications à la loi communale. Possibilité de nommer le bourgmestre en dehors du conseil communal (11/05/1842, 13/05/1842, 30/05/1842, 01/06/1842)

(09) Instruction primaire. Fixation de l’ordre du jour (26/04/1842, 02/08/1842). enseignement organisé par les communes et tutelle (de la province et/ou de l’Etat) (08/08/1842, 09/08/1842), participation du clergé dans l’enseignement religieux et moral (08/08/1842, 09/08/1842, 16/08/1842, 20/08/1842, 24/08/1842), gratuité de l’enseignement donné aux enfants pauvres (11/08/1842, 12/08/1842), possibilité pour les parents de dispenser leurs enfants de l’enseignement religieux et participation du clergé à l’enseignement moral (13/08/1842), surveillance des écoles et notamment des livres utilisés, tant par l’inspection civile que par l’inspection ecclésiastique (16/08/1842, 17/08/1842, 18/08/1842), inspection cantonale et inspection provinciale (18/08/1842, 30/08/1842), interdiction du cumul de fonctions (18/08/1842), institution de bourses d’études pour les élèves des écoles normales (20/08/1842), organisation des écoles primaires supérieures, enseignement normal, enseignement moyen (23/08/1842, 24/08/1842), enseignement de la morale et de la religion par le clergé dans les écoles normales (24/08/1842, 30/08/1842), nomination des instituteurs par les communes et agréation par le gouvernement des écoles normales (25/08/1842), participation du clergé à l’enseignement moral, droit de suspension et de révocation des instituteurs par le gouvernement  (26/08/1842), nomination et révocation des instituteurs, agréation des écoles normales (+portée générale de la loi et des amendements introduits) (30/08/1842), serment imposé aux instituteurs (30/08/1842)

(10) Convention commerciale avec la France. Droit sur les vins et principe de non-rétroactivité fiscale (23/08/1842)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1842-1843

 

(01) Indemnités pour les inspecteurs ecclésiastiques de l’instruction primaire (21/12/1842)

(02) Chemin de fer de Jurbise à Tournai (19/01/1843)

(03) Question politique générale et influence du clergé (17/03/1843)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1843-1844 (en tant que ministre des travaux publics)

 

(00) Vérification de ses pouvoirs en tant que membre de la chambre (15/11/1843)

(01) Renvoi de pétitions relatives à des mesures protectionnistes en faveur de l’industrie cotonnière (9/02/1844), aux inondations de la Senne (8/03/1844)

(02) Réorganisation de la poste aux chevaux (24/11/1843, 30/01/1844, 1/02/1844, 11/06/1844)

(03) Conclusions de la commission d’enquête parlementaire (commission « de Foere ») et système des droits différentiels. Politique commerciale du gouvernement (11/12/1843, 4/05/1844, 10/05/1844, 8/06/1844)

(04) Reprise par l’Etat de l’administration du canal de Mons à Condé (12/12/1843)

(05) Convention postale avec l’Angleterre et tarifs des postes (13/12/1843)

(06) Coût, tarifs et/ou rentabilité du chemin de fer et/ou contrôle par la cour des comptes (13/12/1843)

(07) Réduction des péages sur les canaux et rivières de l’Etat (notamment tarif de la houille) (21/12/1843)

(08) Polder de Lillo (16/01/1844, 8/02/1844, (+canal de Zelzaete à la mer du Nord) 9/02/1844)

(09) Question politique générale (programme unioniste) (20/01/1844), démission en tant que membre du gouvernement et jury universitaire (25/03/1844, 29/03/1844, 30/03/1844)

(10) Traitements des membres de l’ordre judiciaire (1/02/1844)

(11) Etat de l’arriéré des projets de loi en mesure d’être discutés (13/02/1844)

(12) Budget des travaux publics. Coût d’exploitation et rentabilité du chemin de fer, voies navigable, aliénation des forêts domaniales (réplique générale) (16/02/1844), canalisation de la Campine, constructions de routes (17/02/1844), constructions de routes (21/02/1844), constructions de routes et produit des barrières, canal de Meuse et Moselle, école du génie à Gand et personnel des ponts et chaussées (22/02/1844), voies navigables (notamment, tarif de la Sambre et industrie charbonnière, canalisation de la Campine, chemins de halage, services de la Dendre et du Démer…) (22/02/1844), aménagement des bureaux de l’administration du chemin de fer (24/02/1844), comptabilité de l’Etat et cour des comptes (29/02/1844), postes (29/02/1844), école des mines (1/03/1844)

(13) Chemin de fer (coût, tarif, rentabilité, recours au privé…) (17/02/1844, 26/02/1844, 27/02/1844, 28/02/1844, 29/02/1844, 8/03/1844, 11/06/1844, 20/06/1844, 24/02/1844)

(14) Suppression des suppléments de traitement du personnel de l’Etat (1/03/1844)

(15) Polder de Lillo (23/03/1844, 25/03/1844)

(16) Mode définitif de nomination du jury universitaire (25/03/1844, 29/03/1844, 30/03/1844)

(17) Dérivation de la Meuse à Liége (27/04/1844)

(18) Inondations dans la vallée de l’Escaut (1/05/1844)

(19) Canal de la Campine et défrichement des bruyères (20/06/1844)

(20) Route dans la province de Liége, forêt domaniale d’Hertogenwald (21/06/1844)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1844-1845 (en tant que ministre des travaux publics)

 

(A) Interventions relatives aux chemins de fer

(01) Chemin de fer du Limbourg et  chemin de fer de Tournay à Jurbise (16/01/1845, 20/01/1845, 27/01/1845, 14/04/1845, 23/04/1845, 24/04/1845, 25/04/1845, 26/04/1845, 28/04/1845, 29/04/1845)

(02) Eboulement du tunnel de Cumptich (23/01/1845, 25/01/1845, 8/02/1845, 14/02/1845, 22/02/1845, 24/02/1845, 25/02/1845, 26/02/1845)

(03) Chemin de fer d’Entre-Sambre-et-Meuse (22/02/1845, 25/02/1845, 26/02/1845, 27/02/1845,)

(04) Chemin de fer de l’Etat (4/03/1845, 5/03/1845, 7/03/1845, 10/03/1845, 11/03/1845, 12/03/1845, 14/03/1845)

(05) Chemin de fer de Liège à Namur (7/03/1845)

(06) Présentation des projets de loi portant concession à les sociétés privées de lignes du chemin de fer (14/04/1845)

(07) Chemin de fer de Liège à Maastricht (19/04/1845, 28/04/1845, 30/04/1845, 1/05/1845)

(08) Droit pour le gouvernement d’accorder des concessions (19/04/1845)

(09) Principe de l’intervention de l’Etat dans le transport terrestre (ou maritime) (22/04/1845, 26/04/1845, 9/05/1845 après-midi)

(10) Chemin de fer de Louvain à la Sambre (2/05/1845)

(11) Chemin de fer dans la vallée de la Dendre (8/05/1845)

(12) Chemins de fer de Liége à Namur et de Manage à Mons (9/05/1845 après-midi)

(13) Chemins de fer dans la Flandre occidentale (9/05/1845 soir, 10/05/1845)

 

(B) Interventions relatives aux routes et aux voies navigables

(01) Pétition portant sur le canal de Diest à Vilvorde (7/11/ 1844)

(02) Discussion du budget des travaux publics (6/03/1845, 7/03/1845, 8/03/1845, 13/03/1845

(03) Projet de canal entre Liège et Maestricht et canal latéral à la Meuse (15/03/1845, 30/04/1845, 1/05/1845)

(04) Droit pour le gouvernement d’accorder des concessions (19/04/1845, 21/04/1845)

 

(C) Autres interventions

(01) Adresse en réponse au discours du trône (26/10/ 1844)

(02) Traité conclu le 1er septembre 1844 avec le Zollverein (13/12/ 1844, 20/12/ 1844, 19/12/ 1844, 20/12/ 1844, 21/12/ 1844, 24/01/1845, 27/01/1845, 28/01/1845, 30/01/1845, 31/01/1845)

(03) Postes et, notamment poste aux chevaux (30/11/ 1844, 15/01/1845, 4/04/1845, 22/04/1845, 23/04/1845)

(04) Droit pour l’administration de transiger (30/11/ 1844)

(05) Débat politique général (25/01/1845, 27/01/1845, 28/01/1845, 13/03/1845)

(06) Routes et chaussées (6/03/1845)

(07) Utilisation du fer dans les bâtiments civils, entrepôt d’Anvers (10/03/1845, 13/03/1845)

(08) Service des mines (13/03/1845)

(09) Défrichement des bruyères et wateringues (14/03/1845)

(10) Prise en charge par l’Etat du transport trans-Manche (4/04/1845, 22/04/1845, 23/04/1845)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1845-1846 (en tant que ministre des affaires étrangères)

 

(01) Renvoi d’une pétition relative aux ventes à l’encan (21/01/1846), au projet d’union douanière et au traité de commerce conclu avec la France (12/06/1846)

(02) Rapports sur des pétitions relatives au prix de la viande, au droit sur le bétail (02/06/1846)

(03) Libre entrée et à la prohibition de certaines céréales, par suite de la maladie de la pomme de terre (20/09/1845)

(04) Projet d’adresse en réponse au discours du trône. Discussion politique générale, question de confiance gouvernement et appel à l’unionisme (+ formation du nouveau gouvernement, notamment condition posée par Rogier de pouvoir dissoudre à volonté la chambre) (17/11/1845, 18/11/1845, 21/11/1845), instruction moyenne, organisation communale, jury universitaire (19/11/1845, 22/11/1845)

(05) Traité commercial conclu avec les Etats-Unis (22/11/1845, 25/11/1845, 16/12/1845, 17/12/1845)

(06) Traité commercial conclu avec le Zollverein (08/12/1845)

(07) Politique commerciale du gouvernement et entrepôts francs (10/12/1845, 11/12/1845), tarif des douanes (20/01/1846, 02/03/1846, 09/03/1846), intérêt pour la Belgique de posséder une colonie (21/01/1846), mise en œuvre de la loi sur les droits différentiels (11/08/1846)

(08) Budget du département des affaires étrangères pour l’exercice 1846 (22/12/1845), direction des affaires commerciales (17/01/1846), nécessité de régler la position des employés par des règlements généraux (17/01/1846), agents diplomatiques (notamment position personnel de Van de Weyer) (17/01/1846, 19/01/1846, 20/01/1846, 07/07/1846), négociations commerciales avec la France et l’Espagne, industrie linière (20/01/1846)

(09) Chemin de fer de l’Etat. Péages (22/12/1845), tunnel de Braine-le-Comte et chemin de fer du Hainaut (29/01/1846), comptabilité des administrations du chemin de fer et de la poste (05/03/1846), exploitation et construction (18/03/1846), concession du chemin de fer de Manage à Wavre et accusation de marchandages électoralistes (07/07/1846)

(10) Convention commerciale conclue avec la Hollande (12/05/1846, 07/07/1846, 06/08/1846, 11/08/1846, 12/08/1846). Historique des négociations commerciales avec les Pays-Bas depuis 1839 et politique de représailles (13/01/1846)

(11) Livrets ouvriers, conseils de prud’hommes, inégalité maîtres-ouvriers devant la loi (article 1781 du code civil), travail des enfants (20/01/1846)

(12) Convention commerciale conclue avec la France (02/02/1846, 10/06/1846, 24/06/1846, 30/06/1846, 01/07/1846, 03/07/1846, 04/07/1846, 06/07/1846, 06/08/1846), la mise en œuvre, par la douane française, du contrôle des toiles de lin exportées en France (18/05/1846), explications du gouvernement sur les pétitions demandant une union douanière avec la France et traité commercial conclu avec la France (26/06/1846, 02/07/1846)

(13) Primes pour construction de navires de mer (03/02/1846)

(14) Motion d’ordre portant sur la cohésion du gouvernement et sur les rumeurs de démission (04/03/1846, 09/03/1846)

(15) Concession du chemin de fer de Louvain à la Sambre (06/03/1846), de Landen à Manage et Braine-le-Comte (02/05/1846, 04/05/1846), critique du système de concessions (21/04/1846), concession du Luxembourg et chemin de fer (05/06/1846, 08/06/1846, 09/06/1846)

(16) Voies navigables. Non-exécution du canal et du chemin de fer de Mons à la Sambre (Erquelinnes) (18/03/1846)

(17) Pratiques de vente à l’encan (18/03/1846)

(18) Débat relatif à la formation du nouveau cabinet ministériel. Rejet par le roi du programme libéral en raison essentiellement de l’atteinte à la prérogative royale de dissoudre les chambres, abandon de la politique unioniste, formation d’un gouvernement homogène catholique et antagonisme politique libéraux-catholiques (21/04/1846)

(19) Etablissement de Santo-Tomas au Guatemala (14/05/1846, 04/06/1846, 10/06/1846)

(20) Arrestation, par les autorités prussiennes, d’un officier polonais au service de la Belgique (15/05/1846, 18/05/1846)

(21) Droits sur les sucres (13/06/1846, 18/06/1846, 20/06/1846)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1846-1847 (en tant que ministre des affaires étrangères)

 

(01) Renvoi d’une pétition relative au projet de société d’exportation linière (09/02/1847)

(02) Adresse en réponse au discours du trône. Discussion politique générale. Formation et programme du ministère homogène catholique, organisation de l’enseignement moyen, réforme électorale,  atteinte à la personne royale et liberté de publication, divisions et vivacité de l’opinion libérale, mesures pour alléger les souffrances de la population ouvrière  (notamment de l’industrie linière) (17/11/1846)

(03) Intervention de la Belgique dans les affaires du Portugal, reconnaissance du gouvernement espagnol (20/11/1846),

(04) Relations commerciales avec le Zollverein (industrie linière et cotonnière) et avec la France (houille), situation sociale dans les Flandres (20/11/1846, 21/11/1846), entraves apportées par le gouvernement français aux exportations de toiles en lin (01/05/1847)

(05) Situation sanitaire de l’établissement de Santo-Thomas (24/11/1846, 03/12/1846, 23/02/1847)

(06) Budget du département des affaires étrangères pour 1847. Règlement organique du personnel de l’administration centrale, représentation diplomatique à Rome (prince de Chimay) et indépendance des députés-fonctionnaires (notamment réélection en cas de nomination salariée), convention commerciale avec la France et droits d’octroi, traitements du personnel administratif et du personnel diplomatique (26/11/1846), ordre de Léopold (26/11/1846, 05/05/1847), traitements des agents diplomatiques, négociations commerciales avec le Brésil et avec l’Espagne, opportunité de nommer ou de maintenir certains consuls (Suisse, Mexique, Guatemala et Santo-Thomas, Valparaiso, Alexandrie, Allemagne, etc.), établissement d’une ligne maritime avec les Etats-Unis et suppression du subside de l’Etat (27/11/1846), mise en œuvre de la loi sur les droits différentiels, encouragement pour la navigation de long cours (et notamment vers les Etats-Unis) (28/11/1846), pêche nationale et convention commerciale avec les Pays-Bas, octrois communaux (30/11/1846), recours abusif aux dépenses imprévues (30/11/1846), relations commerciales avec l’Espagne et industrie linière, caractère temporaire ou définitif de la mission du prince de Chimay auprès du saint-siège, traitements diplomatiques et frais de voyages (23/02/1847), droit d’enregistrement pour l’octroi des titres de noblesse (05/05/1847), agents diplomatiques en Espagne (05/05/1847)

(07) Budget du département de la marine pour 1847. Opportunité de maintenir un budget spécifique pour ce département, prise en charge par l’Etat de la navigation sur l’Escaut (Tête de Flandre),  police maritime du port de Bruxelles, pensions et droit de pilotage à Anvers (03/12/1846), opportunité de maintenir un budget spécifique pour ce département, personnel (02/12/1846), prise en charge par l’Etat de la navigation sur l’Escaut (Tête de Flandre) (04/03/1847)

(08) Droits sur le lin (24/12/1846, 04/02/1847)

(09) Budget du département de la justice pour 1847. Nomination à une justice de paix d’un condamné judiciaire (14/01/1847)

(10) Modifications au tarif des douanes (05/03/1847)

(11) Législation électorale. Augmentation du nombre de députés et de sénateurs et réforme électorale (proposition Castiau) (12/03/1847)

(12) Révision des lois sur la milice (17/03/1847)

(13) Fait personnel (candidature de Charleroy) (24/03/1847)

(14) Projet de société d’exportation linière (14/04/1847, 01/05/1847)

(15) Organisation postale (28/04/1847)

(16) Droits sur les céréales (30/04/1847)

(17) Fixation de l’ordre des travaux de la chambre (04/05/1847)

 

INTERVENTIONS AU COURS DE LA SESSION 1847-1848

 

(00) Vérification de ses pouvoirs comme membre nouvellement élu (élection non contestée) (10/11/1847)

(01) Adresse en réponse au discours du trône. Incident diplomatique auprès du Saint-Siège, confiance à accorder au nouveau gouvernement libéral homogène, indépendance réciproque de l’Eglise et de l’Etat,  (élections, enseignement primaire et enseignement normal) (12/11/1847, 17/11/1847, 20/11/1847)

(02) Budget des voies et moyens pour 1848. Redevances sur les mines (22/12/1847), canal de Charleroy et/ou droits sur la Sambre canalisée (23/12/1847, 27/04/1848, 20/05/1848 (après-midi)

(03) Budget du département des affaires étrangères pour 1848. Ordre de Léopold (24/01/1848), traitement des agents consulaires, établissement de Santo-Thomas (25/01/1848, 27/01/1848)

(04) Organisation de la poste internationale (01/02/1848)

(05) Droits sur les sucres (02/02/1848, 03/02/1848)

(06) Budget du département des travaux publics pour 1848. Construction de routes d’intérêt national (04/02/1848), canal latéral à la Meuse (18/03/1848)

(07) Politique commerciale du gouvernement. Droits sur les fils (04/02/1848), soutien du gouvernement à l’industrie linière (03/04/1848, 12/04/1848)

(08) Fixation du cens électoral au minimum constitutionnel (04/03/1848)

(09) Droits de timbre (19/05/1848 (soir))